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( 4 septembre, 2019 )

Wellington et ses Anglais…

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Un extrait du témoignage du si observateur Poumiès de la Siboutie. Il se situe durant la seconde Restauration.

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« En général, les Anglais, à quelque rang qu’ils appartinssent, se montraient ce qu’ils sont toujours et partout : rogues et hautains. Wellington leur donnait en cela l’exemple. Il ne parlait de la France, de notre armée, de Napoléon, qu’avec mépris. Cependant, comme il faut être juste avec tout le monde, même avec ses ennemis, on ne peut s’empêcher de reconnaître en lui de grandes qualités militaires. Pendant la guerre d’Espagne, nos officiers étaient les premiers à reconnaître sa grande habileté. Il n’acceptait le combat que lorsque toutes les chances étaient pour lui; lorsqu’elles lui paraissaient contraires, il ne craignait pas de se retirer devant l’ennemi. Avant tout, avare du sang de ses soldats, il ne les exposait jamais inutilement, bien différent en cela de mauvais généraux qui attaquent toujours. Dans sa retraite de Miranda, il ne laissa sur la route qu’une charrette dont l’essieu était cassé. Ses soldats étaient toujours parfaitement nourris, habillés, entretenus de tout, tandis que ses adversaires n’avaient pas même le strict nécessaire. Est-ce une raison pour comparer Wellington à Napoléon, pour le mettre au-dessus comme le font les Anglais ? Il ne lui va pas à la cheville. »

(Dr POUMIES DE LA SIBOUTIE, « Souvenirs d’un médecin de Paris … », Plon , 1910, p.171)

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( 4 septembre, 2019 )

Une lettre méconnue de Guillaume Peyrusse…

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La lettre qui suit ne figure pas dans mon édition critique des  « Mémoires » de ce personnage, publiée en 2018,  ni dans le volume des lettres échangées entre Guillaume et André son frère, paru en 1894. Elle est extraite de l’ouvrage publié (par la société historique La Sabretache) en 1912 et intitulé « Lettres interceptées par les Russes durant la campagne de 1812 ». 

C.B. 

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A Leroux, agent de change, rue Bergère, n°14, à Paris. 

Smolensk, le 11 novembre 1812. 

Monsieur, je suis fâché que vous ayez donné connaissance à M. Chambellan [caissier d’André Peyrusse, frère de Guillaume] de l’envoi que je vous ai fait. Il en a parlé à mon frère et voici ce qu’il m’écrit : « J’ai vu avec bien de la peine que tu ne mets pas assez de mystère dans tes opérations et que les envois de fonds, que tu fais à M. Leroux et dont il a l’imprudence de parler, peuvent donner des préventions contre toi, quoique ces fonds t’appartiennent bien. Tu connaîs Chambellan. J’ai été le voir dans son bureau, et la première chose qu’il m’a dit : « Eh bien, je savais que votre frère fait là-bas de très bonne opérations, il vient d’envoyer à Leroux 20.000 francs qu’il a gagnés dans une opération. Il a écrit à Leroux que c’était le fruit de ses économies, mai  nous savons bien ce que cela veut dire, et s’il continue sur ce pied il n’aura certainement pas besoin de place. Au surplus, je le désire pour lui. Voilà ce qu’il m’a dit, mon cher, et tu peux penser ce qu’il doit dire aux autres, et quelle étendue il doit donner à ses sentiments de jalousie ! »  Je ne vous fais pas de reproches, mais je vous prie de ne plus dire à l’avenir ce que nous ferons ensemble. Je ne crains les observations de personne, mas je n’aime pas qu’on sache mes affaires, parce qu’on est toujours disposé à des préventions fâcheuses contre un comptable. Vous avez vu par les journaux que nous avons quitté Moscou le 19 octobre [1812]. Ce n’était p lus qu’un amas de ruines fumantes. En quittant, on a fait sauter le château impérial et mis le feu aux édifices que les flammes avaient respectés. Nous usons avec ces barbares de justes représailles. S.M. étant décidée à opérer la retraite pour aller hiverner en Pologne, a voulu avant de partir donner encore aux Russes la mesure de ses forces, elle a été à leur rencontre à Berowsk, les a chassés dans la ville de Maloïaroslavets, a enlevé leur position et, pendant soixante heures, leur a tué et mis hors de combat 8.000 hommes.

On a mis le feu à la ville et après cet adieu nous avons fait volte-face pour opérer notre retraite. Elle se fait en bon ordre malgré la dureté de la saison. Les cosaques nous suivent, mais on les éloigne à coups de canon.  J’ignore dans quelle ville de Pologne nous hivernerons ; je crains bien que ma rentrée à Paris ne soit pas prochaine. S.M. jouit d’une santé parfaite. L’armée, en opérant sa retraite, la voit tous les jours dans ses rangs. Nous ne faisons que 6 lieues par jour pour ne rien laisser en arrière. Tous les blessés, tous les malades sont transportés. Chacun en a pris dans ses voitures, nous en avons 32 dans notre convoi. 

Agréez l’assurance, etc. 

Guillaume PEYRUSSE. 

 

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