( 17 novembre, 2019 )

Le général Simmer en mars 1815…

Un des généraux qui se prononcèrent le plus vivement en faveur de Napoléon, fut le général de brigade Simmer. Il commandait au 1er mars 1815 le Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand, et à la suite d’un voyage que la duchesse d’Angoulême fit dans ce département, elle recommanda particulièrement Simmer au Ministre de la guerre, et, en décembre 1814, le désigna comme très dévoué au Roi et servant bien Sa Majesté. Mais lorsque, d’après les instructions de Monsieur, Simmer se rendit à Lyon pour joindre Macdonald avec le 72ème régiment de ligne, il ne cacha pas à ses soldats son bonapartisme, et le 10 mars, quand il rencontra sur la route de Roanne à Lyon le duc d’Orléans qui rebroussait chemin, il montra sans crainte quels étaient ses sentiments véritables. Le duc lui ordonnait de rétrograder sur Roanne. Le général répondit que ses hommes étaient fatigués, qu’il allait les cantonner dans le prochain village, elle duc comprit au ton et à la mine de Simmer qu’il ne fallait pas insister. Simmer fît mieux ; il ouvrit la portière de la voiture au moment où le duc se disposait à partir : « Monseigneur, dit-il, je ne sais si je vous reverrai jamais, mais je veux vous assurer que mes camarades et moi, nous nous souvenons de votre accueil au Palais-Royal et que jamais, dans aucun cas, nous ne voulons vous confondre avec ces bougres d’émigrés qui ont perdu les princes, vos parents. »

Il reçut le commandement de la division d’avant-garde qui marchait de Lyon sur Paris, et le 24 mars, il écrivait à l’Empereur: « Sire, je suis assez heureux pour être connu de V. M. J’étais le dernier à Fontainebleau et le premier à Lyon ».Le 30 mars, il demandait l’expédition de son brevet de lieutenant-général en annonçant qu’il avait été promu la veille, sur la proposition du général Girard. Mais le décret qui lui donnait ce grade. Ne fut rendu que le 21 avril et ne lui fut notifié que le 27. Aussi, le 24, dans son impatience, avait-il rédigé cette note : « On m’a ôté le commandement du Puy-de-Dôme, on m’a ôté celui de la 1ère brigade d’avant-garde que je commandais depuis Lyon, et je me trouve à Paris sans ordres. Comme il paraît que l’Empereur n’a plus besoin de mes services, je demande à S. M. de rentrer dans mes foyers jusqu’à ce qu’il lui plaise de me donner des ordres et de mettre encore une fois mon dévouement à l’épreuve. » Mais il eut bientôt le commandement dune division : au mois d’août, on le trouve derrière la Loire, et Macdonald lui prescrit alors de se rendre à Clermont- Ferrand, dans ses foyers, sur une plainte portée par le préfet d’Indre-et-Loire: «Le général Simmer est un homme d’une grande violence de caractère ; au mois de mars dernier, il quitta la ville de Clermont-Ferrand, où il commandait, pour aller prendre les ordres de Bonaparte, dès qu’il connut son débarquement. »

Arthur Chuquet, « Lettres de 1815. Première Série [seule parue] », Librairie Ancienne, Honoré Champion,  Editeur, 1911, pp.204-206.

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