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( 20 novembre, 2019 )

Une LETTRE de RUSSIE…

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Elle émane d’Alphonse de Vergennes, capitaine aide-de-camp du général Doumerc et est adressée à son père. 

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Oulianovitschi, le 4 novembre 1812. 

Depuis que je ne t’ai écrit, il nous est arrivé tant d’événements désagréables que je suis trop heureux de jouir de quelques instants de tranquillité pour te mettre un peu au courant. Il faut que je remonte un peu haut. Tu sauras donc que le 18 octobre 1812, nous étions encore à Polotsk avec notre petit corps d’armée, fort de 20.000 hommes. Mais depuis quelque temps l’ennemi ayant reçu des renforts, se trouvait avoir 52.000 hommes sous les armes. Avec renfort, fier de sa supériorité il nous chagrinait continuellement. Enfin, le 18 octobre, il se décida à attaquer et à prendre Polotsk. M. le maréchal Gouvion Saint-Cyr fit la plus belle défense et tint pendant quatre jours avec une résistance qui peut passer pour le plus beau fait d’armes de l’armée française, mais enfin nous fûmes obligés d’évacuer et nous quittâmes les bords de la Dwina, poursuivis continuellement. L’ennemi perdit dans cette défense 18 à 20.000 hommes. Etant trop faibles pour tenir seuls la campagne, nous cherchâmes à nous retirer sur le corps du maréchal Victor  [le 9ème corps] et malgré l’armée russe, nous le joignîmes il y a quatre jours. Dans notre retraite, notre division [le général Doumerc commandait la 5ème division de cuirassiers, attachée au 2ème corps de la Grande Armée] a eu de très brillantes affaires de cavalerie et plusieurs fois nous avons fait voir aux Russes que nous étions peu, mais bon bons. Nous avons beaucoup souffert, mais le passé s’oublie et ne devient pénible que par les souvenirs tristes et affligeants qu’il nous laisse. Nous regrettons tous le colonel Lebrun [du 3ème chevau-légers, tué en avant de Lepel le 26 octobre 1812], fils cadet du prince archi-trésorier, jeune homme de la plus grande espérance. 

Je t’embrasse. 

Alexandre de VERGENNES. 

 

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( 20 novembre, 2019 )

Les prophéties du Général de Dedem de Gelder…

Dedem

Ce diplomate hollandais, passé au service de France, avait conservé des relations politiques en Allemagne et, de Rostock où il commandait, il écrivait au duc de Bassano (cf. ses « Mémoires » [Plon, 1900], p. 194) que l’Allemagne était aigrie par les vexations, que les peuples se révolteraient sans attendre le consentement de leurs pusillanimes souverains, que l’ombre du major Schill suffirait pour donner le signal dans le Mecklembourg et en Prusse, qu’au moindre revers en Russie l’armée impériale risquait d’être coupée d’avec la France, que les Allemands se lèveraient en masse pour se soustraire à notre domination et que ce feu s’étendrait jusqu’en Hollande. Il annonçait même que l’intention des Russes était de tout brûler, de tout dévaster et d’attirer l’adversaire dans un désert où  il périrait de misère et de faim.

Arthur CHUQUET (« 1812. La Guerre de Russie. Notes et Documents. Deuxième Série », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1912, p.5).

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