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( 21 novembre, 2019 )

Le général baron de Pamplona…

Le général baron de Pamplona... dans FIGURES D'EMPIRE 06513473

Emmanuel-Ignace de Pamplona  né le 8 mai 1766 à Angra, dans l’île Tercère, une des Açores, était brigadier des armées en Portugal depuis 1802 lorsqu’il fut nommé (27 mars 1808) général de brigade au service de France. Il commanda la brigade de chasseurs à cheval de la Légion portugaise (14 juillet 1808), puis la place de Mayence (22 mars 1812). Il fît la campagne de Russie, dans la division Legrand, au 2ème corps de la Grande Armée, et il relate ainsi ce qu’il fît alors : « A couvert la retraite des 2ème et 6ème  corps à Polotsk; à la tête d’un régiment suisse a repoussé l’ennemi qui le serrait dans les rues de la ville sans pouvoir l’entamer; fit couper les ponts sur la Dvina, sous le feu de l’ennemi, après avoir fait passer toute l’artillerie et les bagages de l’armée. » A Borissov, il reçut une légère blessure à la cuisse gauche, et quelques jours auparavant, le 18 novembre 1812, il envoyait à Oudinot de précieux renseignements qu’il avait reçus du sous-préfet de Tolotchin. Ce fut lui qui, venant de Borissov, annonça à Bobr au duc de Reggio que les Russes venaient de nous enlever notre unique pont sur la Bérésina. Aussi, de Berlin, le 3 janvier 1813, Oudinot le recommandait ainsi à Berthier : « J’ai l’honneur d’envoyer à V. A. S. une lettre à son adresse, que je reçois de M. le général Pamplona. Je la prie d’y avoir égard et de traiter cet officier général comme digne de son intérêt. Sa conduite militaire pendant la campagne mérite la bienveillance de Sa Majesté à laquelle j’ai l’honneur de le recommander. » Pamplona resta au service de France; il suivit Louis XVIII à Gand, commanda le département de Loir-et-Cher et celui de la Côte-d’Or, et il était à la retraite depuis 1818 lorsqu’il fut nommé, en 1822, lieutenant général honoraire. 

(Arthur Chuquet, « 1812.La Guerre de Russie. Notes et Documents. Troisième série », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1912, pp. 378-379).

 

 

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( 21 novembre, 2019 )

Un portrait méconnu de Guillaume Peyrusse…

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Voici un gros plan du fameux (et très beau) tableau de Joseph Beaume représentant le départ de Napoléon de l’île d’Elbe le 27 février 1815. Et si le personnage dont j’ai grossi l’image était Guillaume Peyrusse ? . Hypothèse séduisante et même troublante car en effet, cet homme qui se trouve derrière l’Empereur, entre Cambronne et le vertueux Drouot, ressemble beaucoup au portrait de Peyrusse figurant dans mon édition de ses « Mémoires , (Editions AKFG, 2018 ). On sait que Guillaume Peyrusse, personnage de qualité, suivit Napoléon durant les 300 jours de son exil elbois. Il fut en charge de toute la trésorerie du souverain et même des finances publiques. Il est donc très probable que l’anonyme du tableau soit celui que l’Empereur appelait avec son accent méditerranéen « Peyrousse ».

C.B.

Un témoignage émanant d'un personnage qui fit partie des collaborateurs de Napoléon.

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( 21 novembre, 2019 )

Propos de demi-soldes et attitude des militaires…

DS

« 26 janvier 1815.- Hier, vers quatre heures après midi, on aperçut neuf officiers se promenant ensemble dans le jardin des Tuileries. On s’approcha d’eux pour entendre leurs discours qui respiraient le fiel, l’amertume et la menace même. « Pourquoi, se disaient les plus animés parmi eux, n’entrerions-nous pas dans ce château, en montrant les Tuileries ?  » . »Pourquoi n’irions-nous pas y demander notre solde arriérée, notre pension entière de la Légion d’honneur ? Faut-il donc nous dépouiller ainsi au profit des émigrés, des chouans et des prêtres ?  » Si j’en crois les rapports que j’ai sous les yeux, ils finirent par convenir, entre eux, de chercher un certain nombre de camarades, dans le même cas qu’eux, de se porter ensemble au château, l’un de ces jours, à l’heure, de la messe, non avec des desseins criminels, mais pour présenter une pétition au Roi et tâcher d’en obtenir, ainsi, ce qu’ils ne peuvent obtenir du ministère. L’agent qui m’a rapporté ces propos assure ne connaître aucun de ceux auxquels il les attribue. Ils disparurent et se dispersèrent, pendant qu’il allait chercher quelques personnes qui pussent l’aider à les suivre. Tout en le blâmant de n’avoir pas, au moins, su me signaler quelqu’un de ces officiers, j’ai donné des ordres pour rechercher, avec soin, s’il existait réellement, parmi les militaires, quelques traces d’un projet tendant à se porter vers le château. Une pareille idée, si elle se combinait entre un certain nombre, ne pourrait manquer de percer, par le besoin même de se concerter à cet égard et, si elle n’était que la conception de quelques-uns, seulement, elle ne serait pas dangereuse, puisqu’il y aurait toujours des moyens suffisants pour les écarter, s’ils se présentaient aux Tuileries. Aussi bien, je dois reconnaître que les militaires sont toujours animés d’un mauvais esprit; je n’en veux d’autre preuve qu’une scène qui vient de se passer au Palais-Royal et qui est digne d’attention, moins par elle-même que par quelques-uns de ces mots qui peuvent n’être que des indiscrétions et qui sont une indication de projets cachés. Un officier, cédant à un besoin naturel, s’était arrêté auprès de la galerie de Bois [galerie se trouvant alors au centre du Palais-Royal près de nos colonnes de Buren] ; un marchand, occupant une boutique voisine, sortit alors en l’engageant à s’éloigner. L’officier se retirait, lorsqu’un de ses camarades lui dit : »Quoi ! Tu te laisserais mener ainsi par un pékin ?  » (Injure ordinaire des militaires contre les bourgeois.) De là, une violente altercation, à la suite de laquelle, des inspecteurs de police sont accourus et ont requis les deux militaires de se rendre au corps de garde. Mais ceux-ci ont refusé d’obéir et beaucoup de leurs camarades se sont rassemblés en prenant leur parti. « Non, s’écriaient-ils, on ne les arrêtera pas. Si l’on ose toucher un de nous, le branle commencera et tout sera bientôt fini. Nous ne sommes pas nobles, mais si l’on nous vexe, nous saurons nous soutenir ». Enfin, l’officier a été conduit au corps de garde, puis relâché. Mauvaise attitude des militaires. Ces propos m’ont paru remarquables, en les rapprochant de l’humeur plus sombre et plus mystérieuse qui, depuis quelques jours, perce parmi les militaires, comme s’il existait entre eux un système. Ils semblent, la plupart, avoir cessé de croire à la stabilité du gouvernement qu’ils accusent de marcher en opposition avec l’opinion de la majorité de la nation et de l’armée. Ils prédisent, même vaguement, des révolutions, sans en assigner ni l’époque, ni l’objet. »

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814 d’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, 1897, pp.241-244).

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( 21 novembre, 2019 )

Quand un ex-capitaine de gendarmerie rencontre Napoléon à l’île d’Elbe

Vue Portoferraio

« Ajaccio, 1er juillet 1814.

Cet officier a rapporté avoir vu deux fois l’empereur napoléon pendant son séjour à l’île d’Elbe. Il l’a trouvé dans sa chambre, sans bas ni habit, l’air assez gai, mais marquant de temps en temps un esprit préoccupé et triste. Bonaparte lui a fait beaucoup de question sur la dernière révolution de la Corse en disant que les corses avaient eu tort, qu’ils devaient rester tranquilles et servir Louis XVIII avec fidélité. Il a ajouté qu’il désirait former un bataillon corse et il demanda au capitaine Costa s’il pouvait compter sur quelques recrues du pays ; ce à quoi ce dernier lui répondit qu’il craignait que le gouvernement français n’y consentit pas.

« Il ne peut pas l’empêcher. Qu’est-ce que cela lui fait » 

Il demanda ensuite s’il voulait entrer à son service ; il lui aurait donné le commandement de ce bataillon.  L’ex-capitaine Costa le remercia en disant qu’il voulait entrer à son service ; il lui aurait donné le commandement de ce bataillon. L’ex-capitaine Costa le remercia en disant qu’il voulait rester tranquille et qu’il avait déjà dans le temps refusé le commandement d’un bataillon et qu’il ne pouvait d’ailleurs servir que dans son pays. Napoléon le fit asseoir et prendre une glace. M. Costa  rapporte que le général Bertrand paraît être très indisposé contre les Corses et qu’il les reçoit très mal; que la plupart des hommes qui ont été enrôlés en Corse pour l’Elbe en désertent au premier moment : ils disent que ce n’était pas la peine de s’expatrier pour n’avoir que neuf sous par jour et le pain. Napoléon fait bâtir une maison de campagne sur une hauteur. Il attend la princesse Borghèse. On dit à l’Elbe que le pape n’a pas voulu  recevoir le prince Borghèse dans ses états, mais qu’il a très bien reçu Lucien Bonaparte et sa mère. On dit que Louis Bonaparte se fait moine [encore une rumeur stupide !] et que Joseph est en Suisse. Napoléon Bonaparte a répété en quittant le capitaine Costa que les Corses devaient rester tranquilles et fidèles à Louis XVIII, qu’ils n’avaient que cela à faire ».

(Arthur CHUQUET, « L’année 1814… », Fontemoing et Cie, 1914, pp.397-398)

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( 21 novembre, 2019 )

En quittant SMOLENSK…

En quittant SMOLENSK... dans TEMOIGNAGES Mailly« Après avoir passé trois jours francs à Smolensk, nous ne partîmes le matin vers huit heures, et nous [nous] dirigeâmes sur Vilna par Minsk. En sortant de cette triste ville, nous vîmes la terre absolument couverte de cadavres d’hommes et de chevaux dont les boyaux sortaient du ventre et dont on avait arraché les membres pour les manger. Nous y retrouvâmes encore les tristes débris des combattants qui avaient été tués à la prise de cette ville, ou qui étaient morts de froid et d’inanition. Tout cela gisait amoncelé dans un affreux pêle-mêle, ou bien éparpillé le long du chemin, et l’on ne pouvait marcher sans faire rouler des ossements et sans affaisser des chairs corrompues. Les canons étaient entassés les uns sur les autres, et malgré les efforts des malheureux canonniers, les chevaux tombaient et nez pouvaient plus se relever. Les roues avec leurs essieux étaient mastiqués ou plutôt maçonnés par le gelée ; il faisait un verglas détestable et sur lequel toutes les roues glissaient sans pouvoir tourner. Il en résultait un gémissement continu, lequel était produit par le frottement du fer des jantes. »

Adrien de MAILLY, « Souvenirs de la campagne de Russie en 1812. Présentés par Christophe Bourachot », Editions du Grenadier, 2012. L’auteur était sous-lieutenant au 2ème régiment de carabiniers .

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Ce régiment faisait partie du 2ème corps d’armée de cavalerie (général Montbrun), 4ème division de cuirassiers (général Defrance), 2ème brigade (général Chouard) et appartenant à la Réserve de cavalerie commandée par Murat. (Source: François Houdecek,  «La Grande Armée de 1812. Organisation à l’entrée en campagne », Fondation Napoléon, 1812, p.53).

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