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( 15 janvier, 2020 )

Grouchy…

Grouchy.

Un nom indéniablement lié à la défaite de Waterloo !  Avant la journée historique du 18 juin 1815, Emmanuel marquis de Grouchy, né en 1766,  a eu une longue carrière militaire au plus haut niveau. Entré au service en 1780, comme élève à l’École d’artillerie de Strasbourg, il est nommé six ans plus tard sous-lieutenant dans la Compagnie écossaise des gardes du corps, ce qui lui donne rang de lieutenant-colonel de cavalerie. Réformé en 1787, il reprend du service en 1791. En 1792, Grouchy est colonel du 6ème régiment de hussards. Maréchal de camp, il commande la cavalerie de l’armée des Alpes et participe à la répression de l’insurrection vendéenne. Devenu général de division et chef d’état-major de Hoche il refuse une affectation à l’armée d’Italie en 1796. Commandant le corps de l’armée dirigée par Hoche et  engagé lors de l’expédition en Irlande (afin de prêter main forte aux Irlandais face au Anglais), il fait preuve d’indécision, attendant l’arrivée de la seconde partie de la flotte qui avait séparée par une tempête. On le retrouve en Italie en 1798. Blessé très grièvement lors de la bataille de Novi, Grouchy est fait prisonnier puis libéré après un an de captivité. Il est affecté en 1800 à l’armée du Rhin, sous le général Moreau. Avec l’avènement de l’Empire, il est doté de grands commandements : 2ème division du corps de Marmont en 1805 ; 2ème division de dragons sous Murat en 1806. Présent à Eylau, où il charge de façon héroïque. Il combat  à Friedland.  Grouchy effectue un court séjour à l’armée d’Espagne en 1808, il déploie une grande énergie dans la répression de l’insurrection du 2 mai. En 1809, il est à la tête de la 1ère division de dragons de l’armée d’Italie. Présent à la bataille de La Piave, on le retrouve à Wagram .Durant la campagne de Russie, il dirige le 3ème corps de cavalerie et se bat à Borodino (La Moskowa), à Maloïaroslavets. Fin 1813, il écrit à Napoléon afin de reprendre du service, devant la France menacée d’invasion. L’Empereur le nomme commandant en chef de la cavalerie de la Grande armée. Grouchy se bat avec courage à Saint-Dizier, à Brienne, à La Rothière, à Troyes, à Vauchamps, enfin à Craonne, où grièvement blessé, il doit quitter l’armée. Rallié à Louis XVIII, il est nommé inspecteur général de cavalerie et décoré de la croix de l’ordre de Saint-Louis. Après le retour de Napoléon, il s’oppose dans le sud-est à l’armée du duc d’Angoulême (fils du comte d’Artois, futur Charles X) et accède à la dignité de maréchal. Il participe à la campagne de Belgique. Commandant l’aile droite de l’armée française, , Napoléon le charge, après la bataille de Ligny, de rejeter et de poursuivre avec 30 000 hommes, 100 000 Prussiens. Une mission quasi-impossible. Il ne réussit à retenir que les 25 000 hommes de Thielmann pendant que les autres divisions parviennent à déboucher sur le champ de bataille de Waterloo… Grouchy sauve néanmoins une partie de l’armée française en organisant son repli en bon ordre en direction de Namur et dans des conditions difficiles. Il parviendra à Reims sans avoir connu aucune perte. Après la chute de l’Empire, il doit quitter la France et s’embarque pour les États-Unis. Grouchy en retrouve son pays qu’en 1821. Il s’éteint en 1847.

Son attitude durant la journée du 18 juin 1815 a été longuement et vivement discutée. Refusant de marcher au canon comme le lui indiquait le général Gérard, Grouchy fit preuve d’une passivité incompréhensible, malgré l’envoi d’un message de Napoléon lui ordonnant de se rapprocher du dispositif français. Napoléon déclara à Sainte-Hélène : « … sur ma droite, les manœuvres inouïes de Grouchy, au lieu de me garantir une victoire certaine, ont consommé ma perte et précipité la France dans le gouffre ».

C.B.

 

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( 13 janvier, 2020 )

Méconnu baron de Mesgrigny !

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Adrien-Charles-Marie de Mesgrigny, comte de Briel, baron d’Empire, chevalier de Malte et officier de la  Légion d’honneur, naquit à Troyes, le 4 juin 1778, s’engagea à 16 ans, devint assez rapidement officier, aide de camp d’Augereau, écuyer de l’Empereur. Au baron de Mesgrigny fut confiée la mission d’annoncer à l’empereur d’Autriche, la grossesse de l’impératrice Marie-Louise. C’est en qualité d’écuyer qu’il fit les campagnes de 1812, 1813, 1814, et accompagna l’Empereur jusqu’à son départ de Fontainebleau. La ville de Troyes doit aux instances du baron de Mesgrigny de n’avoir pas été bombardée en 1814. Le 23 février de cette même année, alors que les Français allaient investir la place, le prince de Wrède demandait un armistice pour la nuit, promettant d’évacuer la ville et de la rendre au petit jour ; qu’autrement, il l’incendierait avant de la quitter. Une supplique du maire, M. Piot de Courcelles, qui conjurait d’épargner Troyes des horreurs d’un bombardement, était jointe à la lettre du général allemand. L’Empereur, par sentiment d’humanité et aussi par condescendance pour son écuyer, Adrien de Mesgrigny, qui avait à cœur de sauver sa ville natale, voulut bien céder, et injonction fut donnée au prince de Wrède d’abandonner la place. 

Au retour de l’île d’Elbe, Napoléon fit au baron de Mesgrigny l’honneur de le rappeler auprès de sa personne, faveur d’autant plus grande que, sur dix-huit écuyers qui existaient avant son départ, il n’en nomma que quatre. Le baron de Mesgrigny comme écuyer commandant. Après la bataille de Waterloo, il ramena l’Empereur à L’Élysée-Napoléon, le conduisit ensuite, non sans peine, à la Malmaison, et ne le quitta qu’à son départ de Fontainebleau. Rayé en 1815, du tableau des officiers en activité ; renvoyé ensuite du Conseil général du département de l’Aube, il fut encore destitué de la place de maire de la commune de Briel (Aube). Nommé député de l’Aube en 1834, puis inspecteur général des Haras, il remplit ces fonctions jusqu’à la Révolution de Février.  Le baron de Mesgrigny mourut le 8 mai 1849. Il avait épousé Marie-Antoinette-Éléonore de Barthelot de Rambuteau qui, jusqu’en 1814, fut sous-gouvernante du Roi de Rome. La baronne de Mesgrigny était petite-fille du comte de Narbonne, dernier ministre de la guerre de Louis XVI, ambassadeur à Vienne en 1813, et sœur du comte de Rambuteau, chambellan de l’Empereur, préfet du Simplon en 1813, de la Loire en 1814 et de la Seine de 1833 au 24 février 1849.  

                                                             

Article paru en 1910 dans le « Carnet de la Sabretache », avec la mention : « Communication de Mme ALLART de MESGRIGNY, sa petite-fille » . 

 

 

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( 12 janvier, 2020 )

Quelques rapides souvenirs… île de Cabrera-Auerstaedt…

J’ai conservé le souvenir d’un bon vieillard, le père Bouchard, un soldat du Premier Empire, fait prisonnier à la capitulation de Baylen (1) en 1808, et exilé dans l’île de Cabrera, sur ce rocherQuelques rapides souvenirs... île de Cabrera-Auerstaedt... dans TEMOIGNAGES 06-513471-300x83 des Baléares près duquel je suis passé en naviguant vers Palma. Le père Bouchard est revenu de cet enfer après cinq ans de captivité ; je lui ai entendu narrer ses souffrances et ses angoisses, ainsi que celles de ses camarades d’infortune.Sur six mille français débarqués sur cette île maudite, quelques centaines seulement ont revu leurs foyers en 1814 ! C’était un fervent admirateur du Grand Empereur ; je l’ai vu souvent assis sur un banc de pierre, devant sa maison, son livre de campagnes à la main, lisant et relisant les passages qui l’intéressaient. Il avait un camarade de son âge vétéran comme lui, mais plus heureux dans ses campagnes, habitant les environs de Grimault : ce dernier était connu de Davout, dont la famille avait une propriété à Annoux, village voisin, et y séjournait souvent.

Un jour que ce vieillard était venu voir son ami, j’eus le plaisir de les rencontrer et je profitais de l’occasion pour questionner le vieux voisin sur ses campagnes. Dans son patois il me dit : j’étais à Auerstaedt, où nous avons eu chaud ; la bataille marchait bien, mon régiment venait d’entrer dans lebourg lorsque tout à coup nous sommes suivis par un corps prussien en retraite : chacun se gare comme il peut, nous nous réfugions plusieurs dans un poulailler ; les Prussiens, pressés, passent sans nous découvrir, et derrière eux arrivent les français à leur poursuite. Le maréchal Davout passe, et me reconnaît au moment où nous sortions de notre cachette, il me demande d’où je viens ; je lui réponds que nous étions en sûreté dans un poulailler. Davout sourit et file en avant ; nous suivons et continuons notre marche en avant, jusqu’à notre entrée à Berlin.

Émile Marsigny

(1) – Quand Napoléon impose son frère Joseph comme roi d’Espagne, le pays entier se soulève, isolant les garnisons françaises. Les forces françaises tentent de briser l’encerclement sans succès. Manquant d’eau, elles capitulent trois jours plus tard (22 juillet 1808) contre la promesse d’une reconduite en France. Mais les troupes espagnoles, composées en grande partie d’irréguliers indisciplinés, massacrent la plupart des Français désarmés. Les survivants mourront presque tous en prison. La généralisation de ce type d’atrocités va pousser les Français à réagir avec tout autant de violence contre la guérilla espagnole. Sur le plan stratégique, cette capitulation place en mauvaise posture les forces de Junot au Portugal, notamment après leur défaite à Vimeiro.

Source: site de la ville de Cheny, dans le département de l’Yonne (89) : http://www.cheny.net/

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( 12 janvier, 2020 )

Napoléon en janvier 1814…

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« 16 janvier. Il dicte une longue note pour Metternich.

17 janvier. Il confie « Je vais porter mon quartier-général à Châlons-sur-Marne. »

18 janvier. Revue du Carrousel.

19 janvier. Revue au Carrousel.

20 janvier. Revue de plusieurs régiments de cavalerie à 11 heures au Carrousel.

21 janvier. Il sort des Tuileries à 14 heures et se rend au Faubourg Saint-Antoine.

22 janvier. Notes pour Clarke et Drouot.

23 janvier. Avant la messe, il reçoit dans le salon des Maréchaux les officiers de la Garde nationale et leur présente son fils. Il signe les lettres patentes qui confèrent la régence à l’Impératrice. Il reçoit les derniers serments de fonctionnaires.

24 janvier. Il nomme le roi Joseph lieutenant général de l’Empire. Dans la nuit, il brûle ses papiers les plus secrets ; il embrasse sa femme et son fils ; il ne les reverra jamais.

25 janvier. Départ de Paris à 6 heures du matin. Déjeuner à Château-Thierry, dîner à Châlons. Il couche à la préfecture… »

(J. TULARD et L. GARROS, « Itinéraire de Napoléon au jour le jour, 1769-1821 », Tallandier, 1992, pp.435-436).

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( 10 janvier, 2020 )

A propos du général Rampon…

Général Rampon.

« Ce n’est pas au général Rampon qu’il faut recommander d’attaquer ; il ne sait point faire autre chose… Le général Rampon est incapable d’un système de prudence et de combinaison de cette espèce »

(Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre, de Schönbrunn, 9 août 1809. Ces observations concernent à l’origine le plan de défense recommandé par l’Empereur contre les Anglais qui étaient débarqués dans l’île de Walcheren et menaçaient Anvers).

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( 10 janvier, 2020 )

La liquidation d’une légende: la survivance de Ney en Amérique (2ème partie et fin).

La liquidation d’une légende: la survivance de Ney en Amérique (2ème partie et fin). dans FIGURES D'EMPIRE 76004264D’après la légende, le duc de Wellington aurait sauvé Ney en ordonnant une fausse exécution. Nous savons aujourd’hui que pour éviter les incidents, le Gouvernement français avait choisi pour l’exécution un terrain, près du Luxembourg, où le Maréchal était prisonnier.  Quant à l’enterrement, la police avait exigé qu’il ait lieu avant l’aube. Toutes ces précautions ont été considérées par les amis de Peter Ney comme le témoignage d’une fausse exécution et la preuve que le cercueil a dû être vide.  Si le maréchal n’avait pas été tué, il est invraisemblable que la foule qui arrivait d tous côtés n’en eût pas eu connaissance. Un officier hollandais, au service de la Russie, après avoir assisté au procès, s’est habillé en grand uniforme, a attendu toute la nuit près du Palais du Luxembourg, et enfin a suivi les troupes au lieu d’exécution.  Les observateurs de la Police ont parlé de « plus de cinq cents Anglais qui sont venus pour voir le corps ». Un autre observateur, dans un rapport, déclare que des Pairs de France, des généraux, des officiers étrangers et des attachés des légations étaient venus voir si c’était bien le maréchal Ney qu’on avait fusillé.En somme, il n’y a aucun document ni témoignage contemporain qui permette le moindre  doute sur la mort de Ney.  Les soi-disant témoignages ne sont basés sur rien de précis et ont sûrement été inventés par des gens qui n’ont pas lu les documents contemporains, qui ne connaissent pas la France de 1815 et ne savent peut-être pas bien la langue française d’aujourd’hui. En général les amis de Peter Ney étaient des amis bien intentionnés mais mal renseignés. On a de Peter Ney plusieurs œuvres. Il a publié beaucoup de vers dans les journaux du pays, dont  plusieurs ont été copiés par le pasteur Weston. On n’a qu’à lire quelques-uns de ces vers convaincu que l’auteur avait une formation entièrement anglaise, une éducation classique genre XVII° siècle. Beaucoup de ces vers ont pour sujet ls guerres de Napoléon, mais la langue et les images poétiques que l’on y trouve n’ont rien de français. Un officier français qui n’aurait pas eu de culture anglaise classique n’aurait jamais pu écrire ces vers, surtout les quelques lignes sur la mort du poète anglais, Sir Philip Sydney. Beaucoup de gens ont dit que Peter Ney parlait parfaitement bien le français. Pourtant, aucune de ces personnes ne parlait cette langue, et nous savons que Peter Ney s’est beaucoup fâché quand un de ses élèves lui demanda de lui enseigner un peu de français. Dans tous les écrits que nous avons de lui, il n’y a pas une seule lettre en français, rien que de petites phrases et surtout des maximes- comme « Le sage parle à demi-mot ».  Peter Ney possédait plusieurs livres sur Napoléon et son temps, et il avait l’habitude d’écrire là-dedans des commentaires.

Dans ces inscriptions on trouve énormément d’erreurs, surtout de genre et d’accent, des erreurs qu’un français n’aurait jamais pu faire.  Un autre respect de l’affaire, qui affaiblit beaucoup la légende, c’est la conduite de Peter Ney à l’égard des amis et des parents que le Maréchal avait eu aux Etats-Unis. Pourquoi aurait-il évité le groupe des Bonapartistes de Philadelphie, y compris le frère de Napoléon qui s’y trouvait à ce moment-là ? Pourquoi n’aurait-il pas vu l’oncle de sa femme, Edmond-Charles Genet, qui a joué aux Etats-Unis un certain rôle politique ?

Pourquoi ne serait-il pas allé à La Nouvelle-Orléans dans la famille de Pontalba, où l’on était tout prêt à le recevoir ? 

La vérité semble être- et je suis d’accord avec un certain Wiseman qui, déjà en 1885, avait écrit au bibliothécaire en chef de l’Université du Wisconsin, que Ney « était un Ecossais et un grand admirateur de Napoléon, qu’il avait peut-être même été dans l’armée impériale et que, beaucoup plus tard, se trouvant pris pour le maréchal Ney, il avait accepté de jouer ce rôle qui flattait sa vanité ».  Pendant toute sa vie, il aurait donné l’impression d’être un méconnu et il a dû vivre dans la peur d’être démasqué.  Si le maréchal Ney avait voulu passer inaperçu en Amérique, il aurait plutôt choisi le nom de Dupont ou de Durand. 

Dorothy MACKAY-QUYNN 

Docteur de l’Université de Paris. 

Cet article est paru dans la «  Revue de l’Institut Napoléon » n°125,en 1972. 

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( 9 janvier, 2020 )

Réflexions de Napoléon à propos de la campagne de 1813…

Napoléon« Après la campagne de Russie, j’ai commis une grande faute en ne renvoyant pas Ferdinand en Espagne. Cela m’eût rendu 180,000 bons soldats. Si  je ne  les avais eux, durant la  campagne de Lützen, que n’aurais-je pas fait avec eux ? » (Journal de Gourgaud à Sainte-Hélène).

« Je crois bien que j’ai mal fait, mais j’espérais m’arranger avec l’Autriche ; mon armée était fatiguée ! Il faut rendre justice à Soult, il approuvait mon idée de ne pas signer l’armistice, mais Berthier, qui radotait, et Caulaincourt m’ont pressé. » (Gourgaud).

« Quand je reporte ma pensée sur les fautes que j’ai faites et qui ont amené les alliés en France, je me sens accablé de remords. Quelles fautes d‘avoir accordé une suspension d’armes après la victoire ! Si j’avais donné un coup de collier de plus, l’armée russe et l’armée prussienne étaient anéanties, et je dictais la paix. » (A Montholon à Sainte-Hélène).

« Voyez-vous, les malheurs se suivent à la file et, quand on est dans le malheur, tout tourne mal. Encore, si cette bataille de Vitoria était venue plus tôt, j’aurais signé la paix, mais elle est arrivée juste au moment où il ne fallait pas ! Quand les alliés ont vu que j’avais perdu la bataille, mes canons, mes bagages, et que les Anglais entraient en France, ils me jugèrent perdu. Les Français se sont, alors bien mal conduits pour moi. Les Romains, lors de Cannes, ont redoublé d’efforts, mais c’est qu’alors tout le monde avait peur pour soi d’être violé, égorgé, pillé. C’est faire la guerre, tandis que dans les campagnes modernes, tout se passe à  l’eau de rose ». (Gourgaud).

« Si j’ai commis des fautes, les Autrichiens risquaient bien plus en m’attaquant à Dresde sur la rive gauche que sur la rive droite ». (Gourgaud).

« Marmont qui était un faiseur, n’a pas voulu occuper ni fortifier la position que je lui avais indiquée à Leipzig » (Gourgaud).

——-

Toutes ces réflexions sont extraites de l’ouvrage : « Préceptes et Jugements de Napoléon. Recueillis et classé par le lieutenant-colonel Ernest Picard », Berger-Levrault, Éditeur, 1913, pp.303-304.

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( 9 janvier, 2020 )

Phrase prémonitoire !

N1

« Je suis persuadé qu’un long repos est impossible à Bonaparte et, qu’après qu’il aura cessé de craindre le Congrès [de Vienne], il machinera quelque plan pour sortir de son île et pour troubler encore le monde ! »

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814 d’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie, Editeur, 1897, p.167, 3 décembre 1814).

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( 8 janvier, 2020 )

Un soldat de la Grande-Armée écrit à sa mère…

Un soldat de la Grande-Armée écrit à sa mère... dans TEMOIGNAGES gal008Cette lettre a été rédigée par François Bondu, soldat à la 1ère compagnie du train du génie du 1er corps, attachée au parc du génie du 1er corps, à sa mère, à Morvan [Montevrault], Maine-et-Loire. L’auteur est né en 1782, à Saint-Pierre-Montlimard (Maine-et-Loire). Il entre en 1807 dans le train du génie. Bondu sera fait prisonnier le 22 novembre 1812.  

Moscou, le 28 septembre 1812. 

Ma chère mère, ma situation passée et celle actuelle ne m’a jamais permis de pouvoir vous donner de mes nouvelles. La première, j’étais attaqué d’une fluxion de poitrine qui m’a duré très longtemps, et l’autre fut un accident malheureux qui par blessure me ravit la santé. J’ai dans cette campagne été à la bataille du 7 de ce mois [celle de La Moskowa, le 7 septembre 1812], poursuivi de 5 cosaques qui la première fois me criblèrent de coups de lance et de balles, ne m’ont cependant donné que trois blessures, non dangereuses malgré le sang qui m’inondait. J’eus l’audace de les courir à grands coups de sabre et je réussis. La bravoure d’un soldat comme moi ne sert que le cœur d’un vrai français dévoué, comme pour la patrie doit valoir l’Empereur même. 

Je finis en vous embrassant. 

Votre fils, 

François BONDU. 

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( 8 janvier, 2020 )

LA CAMPAGNE DE FRANCE VÉCUE PAR UN CHEF D’ESCADRON…(2)

Laubressel 3 mars 1814

Le 28 au matin, nous reprîmes Saint-Dizier et nous fîmes une pointe sur Bar-le-Duc, où nous couchâmes le 28 janvier 1814.

Le 29 au soir, nous partîmes de Bar pour venir dans la nuit à Vassy, où nous arrivâmes à lap ointe du jour.

Nous nous battîmes toute la journée du 30.

Le soir, en retraite sur Montierender, où nous arrivâmes le matin du 31 par une boue épouvantable. On fit la soupe. Le maréchal Marmont me donne l’ordre de doubler les attelages ; je ne l’exécutai pas et je fis bien, car l’artillerie à pied, qui avait laissé la moitié de son matériel à Montiernder, le vit entre les mains des Russes lorsqu’on vint pour le prendre. Nous marchâmes jusqu’à 2 heures du matin pour arriver dans un beau village au-dessus de Brienne, où nous n’étions pas beau, il s’en fallait out.

A la pointe du jour, la bataille de Brienne commence. Nous n’y prîmes aucune part. Nous finîmes par arriver à l’entrée de la nuit près Brienne.

Je reçus l’ordre formel de partir à minuit pour me rendre au pont de Lesmont, où j’arrivai à 8 heures du matin, avec ordre de prendre les ordres du maréchal Ney. Il me dit : « Que voulez-vous que je fasse de vous avec le peu de troupes que j’ai ? Partez et suivez la colonne. ».

Je couchai le 3 février à un village pas loin de Troyes.

Le 4 et le 5, à Troyes.

Le 6, à Nogent-sur-Seine.

Le 7, à Sézanne.

Le 8 et le 9, dans une ferme à quelques lieues de là.

Le 10, la fameuse affaire de Champaubert, où je fus blessé pour la septième fois d’une balle dans la cuisse droite, et le cheval que je montais [fut] tué de deux balles au flanc droit.

Le 11, nous restâmes à Etoges, où je souffrais bien de ma blessure.

Le 12 et 13, idem.

Le 14, sur Montmirail.

Le 15 eut lieu l’affaire de Vauchamps. Le soir couché à Bergères.

Le 17, à Vertus. Parti de là à 10 heures du soir. Marché toute la nuit et, le 18, nous prîmes Montmirail ; je reçus deux balles dans mes vêtements en chargeant sur des tirailleurs russes ; j’en amenai trois à ma batterie !  Le maréchal me dit :

« Vous ne voulez donc pas que nous finissions la campagne ensemble ?  Voyez combien peu il s’en est fallu que nous soyons privés de vos bons services. « 

Nous restâmes là les 19, 20 et 21. [C’est le 19 février 1814 que le capitaine Mathieu fut nommé chef d’escadron. Note de Camille Lévi, 1910.]

Le 22, nous nous portâmes sur Sézanne les 23, 24 et 25.

Le 26, nous nous dirigeâmes sur La Ferté-Gaucher.

Le 27, à la Ferté-Gaucher.

Le 27, à La Ferté-sous-Jouarre.

Le 28, au pont sur la marne ;

Depuis le 18, nous n’eûmes rien avec l’ennemi.

A SUIVRE…

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( 8 janvier, 2020 )

Un visiteur mystérieux à l’île d’Elbe…

Drapeau ile d'Elbe

7 décembre 1814. Un étranger était arrivé dans l’île ; il avait été mystérieusement introduit dans le cabinet de Sa Majesté. Quelques heures après, il était revenu coucher à son bord, et, au point du jour, il avait mis sous voile[1]. Dès ce jour, le caractère de Sa Majesté avait paru changé ; sa parole était brève, ses soirées courtes, son humeur visible. Le brick eut ordre de mettre à son bord 100,000 Fr. et de me mettre en rapport avec M. Torlonia, de Rome, pour un achat de blé, dont M. le cardinal Fesch était chargé de procurer l’achat[2]Il y avait encore à quelques distances des fortifications un autre petit fortin dominant la plage, qui depuis fort longtemps n’avait pas été armé. Sa Majesté s’y rendit et ordonna les réparations et l’armement nécessaires ; en même temps, une visite eut lieu dans les magasins des forts. Les provisions avariées furent vendues ; les canons, les affûts, les projectiles hors d’usage furent vendus ; quelques masures trop rapprochées des fortifications furent payées et rasées. L’artillerie fit de fréquents exercices à boulets rouges. Ce changement subit dans les habitudes, dans le caractère de Sa Majesté, découvrait assez que son existence dans l’île était menacée. Il résultait de nos conversations avec les étrangers qui abordaient Porto-Ferrajo [Portoferraio], de la lecture des journaux français et étrangers, que notre position à l’île d’Elbe, notre voisinage du continent, la facilité de nos communications, inspiraient des craintes sérieuses au congrès de Vienne ; que le projet de nous enlever et de nous déporter à Sainte-Hélène avait été formé. L’arrivée du personnage mystérieux introduit auprès de Sa Majesté donnait à ces diverses suppositions une consistance alarmante. Le brick arriva avec quatre mille sacs de blé. Après son déchargement, il reçut l’ordre de prendre à son bord deux officiers de la Garde, chargés par Sa Majesté d’aller acheter des draps et des toiles à Gênes. J’eus l’ordre de leur ouvrir un crédit sur une maison de cette ville.

(Extrait des mémoires de Guillaume Peyrusse, trésorier de l’Empereur à l’île d’Elbe, Editions AKFG, novembre 2018)


[1] Il est difficile d’identifier ce mystérieux personnage. Nous avons pensé tout d’abord à Fleury de Chaboulon, mais il semblerait que ce dernier se soit rendu plutôt vers la fin du mois de février 1815 à l’île d’Elbe. (Cf. pp.80-112 de ses « Mémoires », tome I,).

[2] « [Napoléon] Au trésorier Peyrusse (1er novembre 1814). L’Etoile est arrivée avec un chargement de bled [blé] que je crois [être] de quatre cent rubbi [sic] ou de quinze cents sacs ou deux mille quintaux poids de marc [sic]. Je crois que Torlonia a payé  ce bled [blé] douze piastres et demie, ce qui ferait dix-sept livres dix sous le sac ou treize livres deux sous six deniers le quintal, poids de marc. Le bled [blé] doit être mis en magasin à Porto-Ferrajo [Portoferraio]. Faites-vous remettre le procès-verbal de réception qui servira à régler vos comptes avec Rome [avec le banquier Torlonia]. Faites-vous également remettre par le Grand-Maréchal [Bertrand] toutes les lettres relatives à cette affaire, afin que vous puissiez vous mettre au fait. Le bâtiment doit retourner de suite prendre un autre chargement. Donnez-en avis à Rome. Faites vérifier tous les calculs, et tâchez de me dire combien ce bled [blé] se vendrait aujourd’hui ici ou à Longone. Faites-en voir la qualité. Mon intention est de le garder en réserve pour la fin de l’année comme magasin d’abondance » (« Le Registre de l’île d’Elbe », pp.190-191).

 

 

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( 7 janvier, 2020 )

Contrastes …

 

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Quels contrastes ! Moscou et Paris ! La retraite avec ses misères et ses épouvantes, cette retraite qui fait dire à  un des acteurs : « Ah ! Certes nous avons le spectacle de grandes horreurs, pareille chose ne se reverra plus ! «  et le retour dans la patrie qui semblait si loin ! Castellane, qui consacre une partie du 1er volume de son « Journal » à la campagne de Russie, ne peut cacher son étonnement. Quelle différence ! A Paris, il fait des visites, et trois mois auparavant, sur les bords du Niémen, sans souliers, un pied nu et l’autre enveloppé dans un morceau de couverture lié avec une corde ! Il croît rêver. De même, Hochberg [le margrave Guillaume de Bade]. Au sortir des neiges et du froid le plus intense et le plus cruel, le voilà dans les salons du palais de Weimar. Il était naguère au bivouac et souffrait les privations les plus grandes, et il est maintenant dans une cour élégante, « au milieu des jouissances les plus délicates de la vie ! ». De même le colonel Combe, tombant dans le salon paternel, et pressant ses parents sur son cœur, goûtant une de ces joies inoubliables « dont la douceur dédommage de toutes les peines antérieures » et « qui rendent heureux même de ce qu’on a souffert. » De même, le fameux général Lejeune, peintre militaire de grand talent. Il rentre chez lui, il dort dans son lit, il cherche à s’endormir, et la campagne lui revient confuse comme un long cauchemar, il croit entendre encore le bruit du canon et voir ce terrible Tchitchagov qu’il na pas jamais vu et dont le nom faisait plus de peur que de mal, il a des rêves qui « rappellent les tourments de l’appétit » ; mais le lendemain il reçoit les caresses de ses amis et il oublierait ses maux s’il ne devait les raconter. Tous ces revenants de Moscou sont, en effet entourés, pressés de questions. A Weimar, tout le monde se précipite sur Hochberg pour avoir des nouvelles de l’armée. A Paris, Mme Fusil entend dire autour d’elle : « Elle a passé la Bérézina », et Ney se voit regardé, admiré, suivi comme un héros. Autre contraste. Les récits de ces réchappés de l’immense théâtre jettent l’effroi dans Paris qui, chaque jour, apprend avec un pénible étonnement une perte, une calamité nouvelle. L’Empereur donne des fêtes aux Tuileries, mais on trouve qu’il insulte à la douleur publique. Des officiers valsent le bras en écharpe. « Ces bal sont lugubres, dit un jeune colonel, et je crois voir danser sur les tombeaux. »

Arthur CHUQUET

(« 1812.La Guerre de Russie. Notes et Documents. Troisième série » Fontemoing et Cie, Editeurs, 1912,  pp.412-413).

 

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( 6 janvier, 2020 )

Une lettre d’un officier de la Grande-Armée à sa femme…

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Celle-ci émane de Barriès (Jean-Pierre-Michel), né le 22 novembre 1768, à Albi (Tarn). Chef de bataillon au 17ème de ligne en 1810 ; colonel commandant d’armes à la suite du quartier-général, le 8 octobre 1812. Il commandait à Vilna lors de la prise de la ville par les Russes. Barriès parvint à s’échapper le 19 décembre 1812 et mourut à Gumbinnen en janvier 1813. Au moment où il écrit à son épouse, il est officier à la 1ère division du 1er corps. 

Arthur CHUQUET. 

Moscou, le 24 septembre 1812.

Réjouis-toi, ma bonne et chère amie, me voilà arrivé sain et sauf à Moscou après une bataille des plus sérieuses et où l’ennemi, battu et dispersé sur tous les ponts, a perdu, sans exagérer, près de quarante mille hommes tant tués, blessés que prisonniers de guerre. Je ne raconterai pas tous les hauts faits qui ont signalé cette journée, ils sont sans nombre ; soldats, officiers, généraux, tous ont rivalisé d’audace et de bravoure, aussi il a en a tenu à bien près que l’Europe étonnée n’ai vu s’écrouler, ce même jour, cette puissance colossale qui, depuis environ douze ou quinze ans, menaçait d’envahir nos provinces, si elle n’eut eu pour barrière les mauvais chemins et la saison qui, dans ce climat, se trouve beaucoup plus précoce que dans le reste de l’Europe, ce qui n’a pas peu contribué à arrêter notre marche. Notre Empereur commandait en personne.

Sa présence électrisait les esprits ; rien n’échappait aussi à son œil observateur ; était-ce le cas de lui appliquer ces deux vers : Fière de t’obéir, ta redoutable armée 

Ne suit que les transports dont tu l’as animée. 

Notre régiment qui a été constamment à la  tête de toutes les attaques, a  beaucoup souffert. Nous avons eu beaucoup d’officiers blessés ou tués, dont parmi ces derniers trois chefs de bataillon sur cinq. J’en ai été quitte moi-même pour une légère contusion qui m’a un peu gêné pendant huit à dix jours, mais dont je suis entièrement remis. Que je te parle de Moscou, cette capitale de toutes les Russies, anciennes résidence des tsars qui, par la grandeur, la magnificence et la splendeur des palais qu’elle renfermait, l’emportait sur les premières villes du monde, mais qu’un incendie de cinq à six jours a entièrement consumé, sauf quelques palais qui ont échappé  à la fureur des flammes, que nous occupons. Voici, en peu de mots, ce qui y a donné lieu :  ces barbares, se voyant vivement poursuivis par nos légions, envoyèrent, à la suite d’une forte canonnade qui avait lieu à deux fortes lieues de Moscou, leur général commandant l’arrière-garde pour prier notre empereur de cesser le feu afin d’épargner la ville qu’ils nous livreraient intacte, lorsque, par une de ces perfidies qui n’a pas d’exemple et qu’on n’aurait pu attribuer qu’aux plus fourbes de l’ancienne Grèce, à un Zénon, ils lâchèrent le même soir tous les fous et les scélérats qui étaient dans les maisons de force qui, réunis à cinq ou six mille Russes qu’ils trouvaient cachés dans la ville, l’incendièrent entièrement, dans la certitude qu’ils nous croiraient assez maladroits pour l’aller occuper de suite sur la bonne fois des traités, et de nous y griller tous. Il est bon que je te dise que, sur une population de 300.000 âmes, il n’en reste pas plus de 30.000. Tous les autres s’étant sauvés avant notre entrée, en sorte que ce qui reste aujourd’hui n’est qu’un ramassis des malheureux n’emportant avec eux que ce qu’ils ont pu sauver sur leurs épaules. Vois par conséquent ce que nous sommes à plaindre sous le rapport de la société, puisque nous ne voyons personne. Notre Souverain [Napoléon] occupe le palais des tsars [le Kremlin] avec une partie de sa Garde. Il paraît, selon toutes les probabilités, que nous passerons l’hiver ici ou du moins une partie, tant que le pays nous offrira quelque ressource. 

Adieu, ma chère épouse. 

BARRIES. 

   

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( 4 janvier, 2020 )

La liquidation d’une légende:la survivance de Ney en Amérique (1ère partie)

Le 29 septembre 1946, dans un petit village de Caroline du Nord, il y eut une cérémonie religieuse et militaire en l’honneur d’un Maréchal de France. Sur un certain tombeau on déposa des couronnes, on étendit des drapeaux, il y eut un défilé militaire. Sur ce tombeau on lit (je traduis) : 

Ci-gît PETER STEWART NEY 

Soldat de La liquidation d’une légende:la survivance de Ney en Amérique (1ère partie) dans FIGURES D'EMPIRE 02008334la Révolution Française et de Napoléon Bonaparte 

Mort le 15 novembre 1846, âgé de 77 ans. 

Pour beaucoup d’habitants du pays, comme pour ceux de certaines autres régions, le Maréchal aurait échappé à l’exécution pour finir ses jours dans la Caroline du Nord.  Aucun historien sérieux n’a traité ce sujet en anglais, et ceux qui croient à notre légende n’ont jamais vu de documents sur ce point et ne savent que des histoires plus ou moins authentiques et mal traduites. Sans aucun doute, le maréchal Ney, au moment de son arrestation, était déjà sur le chemin de l’Amérique. Evidemment il avait des passeports pour Lausanne en Suisse et aussi un laissez-passer pour Toulon. Mais son passeport de date la plus récente,établi au nom de ses domestiques, était pour La Nouvelle-Orléans, par Bordeaux.Si on étudie l’itinéraire du Maréchal entre son départ de Paris, le 6 juillet 1815, et son arrestation le 3 août, on voit bien qu’il ne se dirigeait pas surla Suisse. Il se cachait dans le Massif Central pour prendre son passeport pour l’Amérique qui a probablement été envoyé par sa femme, et peut-être aussi des lettres.

Puis il a essayé plusieurs fois de s’échapper du côté de Bordeaux, mais il était entouré dans un réseau de dénonciateurs et l’on a fini par le prendre dans un château dans le département du Lot, a quelques kilomètres d’Aurillac. Peter Stewart Ney a vécu dans les Carolines du Nord et du Sud entre 1819 et 1846. C’était un maître d’école qui a joui d’une grande réputation, à en juger d’après les témoignages de plusieurs de ses anciens élèves.

Malheureusement les documents- sauf un daté de 1827- n’ont paru qu’après la mort de Peter Ney en 1846.

Malgré le manque de documents, il sûr que des bruits coururent pendant la vie de Peter Ney. Quelques mois après sa mort, il y eut plusieurs lettres publiées à ce sujet dans le « Southern Litterary Messenger ». Pendant la dernière moitié du XIX°siècle, d’anciens élèves de Peter Ney ont insisté sur le fait qu’ils avaient, dans leur jeunesse, profité de l’enseignement d’un Maréchal de France. Un pasteur du pays, un certain Weston, et un docteur en médecine du nom de Smoot, ont ramassé et publié des centaines de pages de témoignages de ces élèves, de leurs enfants et de leurs familles. Certains ont dit que le maître d’école, désormais devenu fameux, leur avait affirmé en classe qu’il avait été maréchal. Les uns prétendaient qu’il le disait quand il était sobre ; d’autres, au contraire, quand il était ivre. Ces derniers ont expliqué qu’étant ivre, Ney avait l’habitude d’agir comme un général sur le champ de bataille, donnant des ordres, et surtout demandant à monter à cheval.  Lorsqu’il était dans le monde, il voulait faire croire qu’il connaissait la haute société de l’époque impériale. Il obtint un jour un gros succès en disant à une dame : « Ne me regardez pas ainsi, car c’est la façon dont Mme de Staël me regardait. » Il parlait des deux Impératrices en donnant tort à Napoléon d’avoir répudié Joséphine. Chaque fois que venaient de France de grandes nouvelles : celle de la mort de l’Empereur, celle de la mort du duc de Reichstadt, celle de l’accession au trône de Louis-Philippe, il noyait avec ostentation son désespoir dans l’alcool et souffrait ensuite, comme on peut aisément l’imaginer, de dépressions nerveuses.

Tout cela a beaucoup impressionné ses amis, et les années passant, ils ont vu de pus en plus une ressemblance entre le vieux maître d’école et le Maréchal, sans aucune documentation, sans même connaître le caractère du Maréchal.

A suivre…

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( 3 janvier, 2020 )

1815, une année décisive !

Napoléon le Grand

Depuis début mai 1814, Napoléon est à l’île d’Elbe. Louis XVIII règne pour la première fois de son existence sur le trône de France. Le gouvernement royal, de par sa politique, est devenu progressivement impopulaire.

26 février 1815. Napoléon quitte l’île d’Elbe à bord du navire L’Inconstant.

1er mars. L’Empereur débarque à Golfe Juan.

6 mars. Les Parisiens apprennent le débarquement de Napoléon.

7 mars. Napoléon arrive à Grenoble.

10 mars. L’Empereur arrive à Lyon.

19 mars. Louis XVIII quitte Paris pour la Belgique.

20 mars. Entrée de Napoléon à Paris.

5 avril. Les troupes anglaises arrivent en Belgique, commandées par Arthur Wellesley, duc de Wellington.

22 avril. Proclamation de l’Acte additionnel aux constitutions de l’Empire, rédigé par Benjamin Constant.

26 mai. Le tsar de Russie, le roi de Prusse et l’empereur d’Autriche quittent Vienne pour se mettre à la tête de leurs armées et lutter contre la France.

1er juin. Cérémonie du Champ-de-Mai, à Paris.

9 juin. L’acte final du Congrès de Vienne est signé par les plénipotentiaires des grandes puissances alliées présentes. Il avait été ouvert le 1er novembre 1814.

12 juin. Napoléon quitte Paris pour la Belgique.

15 juin. Napoléon chasse les Prussiens de Charleroi et décide de s’attaquer à Blücher pendant que Ney est prié d’occuper les Quatre-Bras, carrefour stratégique routier.

16 juin. Bataille de Ligny et bataille des Quatre-Bras.

18 juin. Bataille de Mont-Saint-Jean, appelée par les Anglais « Bataille de Waterloo » et par les Prussiens « Bataille de La Belle-Alliance ».

21 juin. Napoléon est de retour à Paris.

22 juin. L’Empereur abdique en faveur de son fils.

25 juin. Napoléon arrive au château de Malmaison.

29 juin. Après un court séjour, Napoléon prend le chemin de l’exil.

3 juillet. L’Empereur est à Rochefort-sur-Mer.

8 juillet. Louis XVIII revient à Paris.

12 juillet. Arrivé sur la frégate la Saale, Napoléon s’installe provisoirement à  l’île d’Aix.

15 juillet. Il s’embarque à bord du brick de guerre l’Épervier, sous pavillon parlementaire qui le conduit jusqu’au Bellérophon, navire britannique. « Je suis venu me placer sous la protection de votre prince et de vos lois », déclare l’Empereur.

7 août. En rade de Plymouth, Napoléon est transféré sur le Northumberland  qui le conduira à l’île de Sainte-Hélène.

15 octobre. Arrivée de l’Empereur à Sainte-Hélène.

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( 3 janvier, 2020 )

Les PREMIERS JOURS de la CAMPAGNE de FRANCE…

Claye 28mars1814

Guillaume Peyrusse, est un de mes témoins préférés de l’Épopée. A cette époque, il occupe les fonctions de Payeur de l’Empereur. Le 24 février 1814, Peyrusse sera nommé sous-inspecteur aux revues de la Garde, tout en restant Payeur. Voici un extrait de ses « Mémoires ».

C.B.

« Janvier 1814.  Les ennemis ont franchi le Rhin ; nos troupes sont en pleine retraite devant lui. L’Empereur est à Paris depuis le 9 novembre. La réorganisation de l’armée s’effectue avec une activité continue. Une levée de 300,000 hommes a été décrétée ; des commissaires extraordinaires sont envoyés dans les départements pour présider aux levées d’hommes et activer les mesures de défense ; de nombreux bataillons sont passés en revue. Le jour même de mon arrivée, je fus prévenu de me tenir prêt à rentrer en campagne. M. le duc de Vicence [général de Caulaincourt] était à Châtillon-sur-Seine ; des négociateurs pour la paix allaient s’y réunir. L’ouverture du Corps législatif avait eu lieu le 19 décembre ; Napoléon n’avait pu rien dire sur la négociation qui était le sujet de l’attente générale, si ce n’est « que rien ne s’oppose de sa part au rétablissement de la paix. » La négociation ne suspend pas les mouvements militaires de l’ennemi, qui, déjà, se montre à Nancy, Langres et Verdun. Nos divers corps s’établissent dans la Champagne.

Du 18 au 26 janvier. Mon ordre porte de me rendre à Châlons-sur-Marne. Je suis rendu le 20. Nos avant-postes sont à Vitry. Sa Majesté est entrée dans Châlons le 26 à minuit ; elle ne s’y est point arrêtée. Toute la maison a eu ordre de se rendre à Vitry.

27 janvier. Nous nous dirigeons sur St-Dizier. Dès le matin, on était aux prises avec les Russes ; l’Empereur s’y était porté ; l’ennemi avait fui à son approche et nous avait laissé maîtres de la ville. Les habitants de Saint-Dizier font éclater de vifs transports de joie à la vue de l’Empereur ; l’ennemi, pendant son court séjour, s’était appesanti sur eux.

28 janvier. L’Empereur s’arrête un moment au bourg d’Eclaron, pendant que les sapeurs en rétablissent le pont. On a pris dans la nuit quelques Cosaques. La pluie rend notre marche pénible dans les bois que nous traversons. On arrive à Montier-en-Der.

29 janvier. Au point du jour, Sa Majesté est en marche dans la direction de Brienne. Devant nous éclate une vive fusillade. On arrive à Mézières. En traversant le bois, on voit çà et là des cadavres d’hommes et de chevaux. Le service de Sa Majesté a ordre de s’établir dans ce village. Notre avant-garde a déjà paru devant Brienne ; le duc de Bellune [Maréchal Victor] est aux prises avec l’ennemi ; bientôt l’engagement devient général. Nos troupes attaquent avec fureur; les Russes s’opiniâtrent à garder le château ; ils sont en forces sur toutes les terrasses. A l’attaque du soir, la mêlée devient affreuse ; chaque maison, vivement défendue, est prise et reprise plusieurs fois. Tous les corps se trouvent confondus, et Brienne, éclairée par les feux de la mousqueterie et l’incendie de ses maisons, offre moins le spectacle d’un combat que celui d’une horrible boucherie. Le château fut occupé par le duc de Bellune qui s’y maintint. Nous étions à Mézières, dans l’attente du résultat de la journée, lorsque sur les dix heures du soir quelques coups de pistolets éclatent à quelque distance du quartier impérial. On se porte sur la route et on ne tarde pas d’apprendre qu’un petit parti de Cosaques s’est trouvé sur le passage de Sa Majesté au moment où elle rentrait à Mézières. Le général Corbineau et le colonel Gourgaud ont tué d’un coup de pistolet le Cosaque qui s’était déjà lancé sur l’Empereur, Sa Majesté est rentrée à dix heures à Mézières.

30 janvier. On arrive à Brienne ; cette ville est traversée par deux rues principales qui se coupent à angle droit. Les murs, les maisons portent l’empreinte d’un combat de nuit ; des cadavres nus, horriblement mutilés, jonchent les rues ; plus loin, des pièces d’artillerie démontées, des caissons éclatés, des casaques, des cuirasses embarrassent notre passage. On s’établit au château. Tout y est saccagé. Les souterrains servent encore d’asile aux principaux habitants. L’attaque la plus vive a eu lieu sur les terrasses et dans les jardins ; ils sont couverts de morts.

31 janvier.  Séjour. Je descends en ville. Tout y est haché ; il n’existe pas un seul carreau aux croisées ; l’incendie a dévoré quelques maisons. Les rues sont jonchées de débris. Sa Majesté est allée au pont de Lesmont pour en presser la reconstruction. Les deux armées sont sur la défensive. Sa Majesté paraît fort contente de son début, qui dégage Troyes et nous met en communication avec le duc de Trévise [Maréchal Mortier]. Ce début est, en effet, d’un heureux augure. L’ennemi se retire sur Bar-sur-Aube. S’il veut se retirer, tant mieux ; mais s’il résiste, nous avons encore plus de baïonnettes qu’il n’en faut pour le forcer. »

(Guillaume Peyrusse, « Mémoires »)

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( 2 janvier, 2020 )

LA CAMPAGNE DE FRANCE VÉCUE PAR UN CHEF D’ESCADRON…(1)

Meissonier 1814

Le dénommé Hubert Mathieu (1767-1844) était chef d’escadron d’artillerie à cheval. Voici un extrait de son témoignage sur la campagne de 1814.

Le 1er janvier 1814, vers les 2 heures de l’après-midi, par un beau dimanche, au moment où nous allions arriver dans nos cantonnements [ceux de Landau, en Allemagne], nous fûmes attaqués, sans nous y attendre le moins du monde, par la cavalerie ennemie. Nous ne concevions pas comment un maréchal d’Empire ne savait pas que l’ennemi était, faut-il dire, au milieu de son corps d’armée, ou s’il le savait, chose que j’ai toujours crue, il était bien coupable en nous exposant ainsi devant un ennemi que nous comptions de l’autre côté du Rhin [Il s’agit du maréchal Marmont, qui avait sous ses ordres le 6ème corps et le 1er corps de cavalerie. Note de Camille Lévi, 1910].

On prit les armes, on se porta à la rencontre de l’ennemi qui ne fit pas de résistance de suite ; mais, ayant vu que notre cavalerie s’engageait dans le premier village en sortant de Neustadt, il la laissa poursuivre ce qui se trouvait engagé et qui avait sans doute l’ordre de nous attirer au-delà du village.

Il était presque nuit, on ne vit pas une réserve de cavalerie ennemies qui attendait, pour fondre sur les derrières de la nôtre, qu’elle fût tour à fait dehors du village. Notre malheureuse cavalerie se voyant attaquée par derrière, il s’ensuivit un désordre épouvantable ; on coucha dans le village où l’échauffourée venait d’avoir lieu et chacun lécha ses plaies.

Le 2, on fit une reconnaissance sur le chemin de Maheim (?)

Notre cavalerie fut ramenée d’une manière à nous faire tous prisonniers.

Votant que si je bougeais je serais pris avec tout mon matériel, je pris le parti de disposer mes pièces de manière à bien me défendre. Je croyais que notre cavalerie, battant en retraite sur ma droite, s’arrêterait à ma hauteur, mais pas du tout.  L’ennemi, l’ayant imprudemment suivie, me présentait son flanc droit, où je faisais des brèches épouvantables à coups de mitrailles. Elle fut obligée de rétrograder sans avoir osé me charger. Ce fut alors que notre cavalerie vint, un peu honteuse, se mettre à ma hauteur. L’ennemi fut déconcerté de la résistance de notre artillerie ; il se reforma et s’approcha de manière à faire croire à une nouvelle charge, mais elle n’eut pas lieu et, la nuit étant venue, nous couchâmes près de Türckheim (Durkheim), sur la route qui va à Bliescastel. Le 3, nous nous dirigeâmes sur cette dernière ville et on se battit dans la ville; ce ne fut pas grand’chose.

Le 4, nous vînmes sur Pirmasens.

Le 5, à Hombourg [Tout ceci est un peu confus, le 5, le maréchal était à Hombourg. Note de Camille Lévi, 1910.]

Le 6, à Sarreguemines, où nous restâmes deux jours. Nous avions l’air de vouloir défendre les bords de la Sarre, mais ce n’était qu’un feu de paille ; il commençait à faire froid.

Le 8, nous quittâmes Sarreguemines pour venir à Saint-Avold.

Nous y restâmes le 9.

Le 10, dans un village près de Forbach.

Le 11, au-dessus de Metz.

Dans ces quatre dernières journées, on ne se battit pas.

Le 12, nous traversâmes Metz et nous vînmes sur la route de Thionville. J’étais dans le village de Richemont, où j’avais été campé en août 1792.

Nous restâmes là les 13, 14, 15 et 16 février 1814.

Le 17, nous nous mîmes en marche pour venir à Gravelotte, sur la route de Metz à Verdun, au moment de nous coucher, nous marchâmes toute la nuit par un verglas épouvantable. Nos chevaux ne pouvaient pas se tenir sur leurs jambes. Sur les 8 heures du 18, une forte pluie qui fit disparaître le verglas. Nous arrivâmes sur les 4 heures à Verdun. Nous n’entrâmes pas en ville. On fit rafraîchir et les hommes et les chevaux, et nous nous remîmes en marche sur Saint-Mihiel, où nous arrivâmes à 1 heure du matin. On y surprit le parti ennemi qui s’y trouvait. On tua et fit quelques prisonniers. [C’est le fameux colonel Fabvier qui dirigeait la surprise. Note de Camille Lévi, 1910].

Le lendemain 20, nous étions bien fatigués ; le dégel et les jours de pluie avaient grossi la Meuse, de sorte que, le 22, mes pièces de canon étaient dans l’eau, et nous eûmes de la peine à les en sortir.

Nous partîmes de là le 23 pour nous diriger sur Void où nous couchâmes.

Le 24, à Bar-le-Duc.

Le 25, à Jean-d’Heurs (sur la Saulx, au sud de Robert-Espagne).

Le 26, à Vitry-sur-Marne.

Le 27, au moment où nous nous mettons en route pour nous diriger sur Châlons, l’empereur nous rejoignit venant de Paris , nous fit faire demi-tour et attaquer l’ennemi de suite. Nous nous battîmes bien toute la journée. On coucha dans la plaine entre Vitry et Saint-Dizier.

A SUIVRE…

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( 1 janvier, 2020 )

« Une terreur panique a fait tourner la tête à tout le monde… »

« Une terreur panique a fait tourner la tête à tout le monde… » dans TEMOIGNAGES 1814c

Le général Dupas-qui venait d’être mis à la retraite par un décret du 23 mai 1813- était retiré en Savoie, et, fuyant devant l’invasion étrangère, il avait gagné Grenoble. De là, il écrit au Ministre de la Guerre [le général Clarke, duc de Feltre]. On remarquera dans sa lettre ces mots qui s’appliquent aux provinces du Nord et de l’Est comme au Dauphiné : « une terreur panique fait tourner la tête à tout le monde ».

Grenoble, 1er janvier 1814.

Monseigneur, les circonstances du jour m’ayant forcé d’abandonner ma propriété en toute hâte avec ma famille, j’ai l’honneur de prévenir V.E. que je suis à Grenoble où j’attends ses ordres, si l’on croit que je puisse rendre quelques services dans un pays où une terreur panique a fait tourner la tête généralement à tout le monde. J’ai reçu la lettre de votre Excellence qui m’annonce ma retraite ; quoique je ne l’ai point sollicitée, je ne laisserai pas que de m’y  conformer, quelque sensible que soit pour moi cette nouvelle humiliation.

(Arthur CHUQUET, « L’Année 1814. Lettres et Mémoires », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914, p.4).

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