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( 4 mai, 2020 )

NAPOLÉON DÉCOUVRE son NOUVEAU ROYAUME…

NAPOLÉON DÉCOUVRE son NOUVEAU ROYAUME… dans TEMOIGNAGES frontispice-laborde

Le 4 mai 1814, l’Empereur pose le pied sur l’île d’Elbe. Son navire, l’Undaunted, avait jeté l’ancre la veille. Il y restera  jusqu’à la fin de février 1815.

C’est de nouveau G. Peyrusse que nous écoutons.

« A deux heures, l’Empereur débarqua. Le général Drouot le salua d’une salve de cent coups de canon. La municipalité et les corps de l’État vinrent le recevoir et le haranguer. Sa Majesté était en culottes blanches, souliers à boucles d’or. Elle portait l’uniforme des chasseurs à cheval de sa Garde. L’Empereur, placé sous le dais, fut conduit à la cathédrale, où un Te Deum fut chanté. Les troupes formaient la haie. Après la cérémonie, le cortège se dirigea vers l’Hôtel de ville. Un Trône impérial avait été élevé à la hâte. Sa Majesté ne s’y plaça pas. Elle donna audience et reçut les hommages de toutes les autorités de l’île et leur adressa le discours suivant :

« La douceur de votre climat, le caractère et les mœurs de vos habitants, m’ont décidé à choisir votre île pour mon séjour ; j’espère que vous m’aimerez comme des enfants ; aussi me trouverez-vous toujours disposé à avoir pour vous la sollicitude d’un père. » La joie la plus vive régnait dans toute la ville. Toutes les fenêtres étaient pavoisées d’étoffes de soie. Les rues étaient jonchées de verdure. Aussitôt après l’audience, l’Empereur monta à cheval, visita les fortifications et promit, d’un air de contentement, beaucoup d’améliorations. Mon logement avait été marqué sur la place, maison Outre.La Garde nationale faisait le service. Une sentinelle fut placée à ma porte. J’examinai son costume ; il était bizarre. Pendant que mon domestique faisait transporter mes effets, je m’amusais à parler avec ce soldat ; mes caisses d’or furent placées dans l’allée de la maison, et, de là, portées dans un caveau. J’allais et je venais, pour m’assurer de leur arrangement ; mais je ne veux pas anticiper sur l’événement dont je fus la victime. Sa Majesté nous fit l’honneur de nous inviter à sa table ; elle ne fit les honneurs avec une liberté d’esprit et des manières si franches, qu’elle acheva de gagner tous les cœurs.

Le soir la ville et les forts furent illuminés. »

(Guillaume Peyrusse , « Mémoires, 1809-1815… » , Editions AKFG, 2018)

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