( 29 octobre, 2020 )

29 octobre 1812…

« Le 29 octobre, traversée du champ de bataille de La Moskowa. Mille débris d’armes et de matériel appartenant aux deux armées se trouvaient sous nos pas. Cà et là, les restes de nos camarades tombés au champ d’honneur. Les redoutes, bien qu’ébréchées, étaient encore debout et nous rappelaient les alternatives de ce combat de géants. Celle-ci, nous l’avions enlevée à la baïonnette, celles-là nous avait repoussés. Souvenirs glorieux mais douloureux ! Une heure après que nous avions traversé ce terrain, l’ennemi nous attaque, en forces. Le 7ème léger, extrême arrière-garde, prend position à l’abbaye de Koloskoïé, qui avait servi d’ambulance aux deux armées. Cet engagement nous coûta quelques tués et blessés. Ces derniers ne reparurent plus au drapeau, ce qui, à partir de ce moment, devint la règle invariable. Les quelques blessés à peu près guéris que renfermait encore l’abbaye furent également abandonnés. Lorsque nous quittâmes cette position, nous avions à nos trousses du canon, ainsi que les cosaques irréguliers, barbares, qui s’unissaient aux paysans pour nous faire le plus de mal possible. Ceux-ci, montés sur de lamentables haridelles, étaient armés d’un long bâton, à l’extrémité duquel ils fixaient un fer de lance ou un long clou. A partir de ce moment il fallut combattre un contre dix. »

(Capitaine Vincent Bertrand, « Mémoires. Grande-Armée, 1805-1815… », A la Librairie des Deux Empires, 1998, pp.140-141).

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« Malgré le désordre qui régnait dans l’armée nous marchâmes rapidement sur Mojaïsk. Le 29, Napoléon à la tête de sa Garde traversa cette ville, devenue si célèbre dans l’histoire par la bataille du 7 septembre 1812. Avant d’y arriver, l’Empereur fut rejoint le 28 par le maréchal Mortier et ses troupes.  Nous retrouvâmes à Mojaïsk les polonais qui formaient le cinquième corps, et les Westphaliens qui formaient la huitième. Ces corps y avaient été laissés en position lors de notre marche sur Moscou. Mojaïsk fourmillait encore de blessés et de malades, qui avaient résisté aux privations et à l’action délétères des miasmes putrides. »

(Joseph de KERCKHOVE, « Mémoires sur les campagnes de Russie et d’Allemagne (1812-1813) », Édité par un Demi-Solde, 2011, p.103).  

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