( 13 novembre, 2020 )

Réflexions de Pons de l’Hérault (1).

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Ce passage extrait de son témoignage sur l’île d’Elbe. Voir mon édition parue chez Les Editeurs Libres en décembre 2005. Rappelons que André Pons de l’Hérault était administrateurs général des mines de l’île depuis 1809. Républicain, d’abord plutôt hostile à la venue de Napoléon à l’île d’Elbe, il apprendra à connaître l’Empereur et rentrera avec lui en France en mars 1815.

C.B.

« L’île d’Elbe jouissait de sa félicité présente, des espérances d’une plus grande félicité future: tout lui souriait, et elle touchait au veuvage de son bonheur. Le fatal congrès de Vienne, tandis qu’il faisait la traite des peuples, avait à l’instigation de l’Angleterre et des agents des Bourbons agité la question d’envoyer l’empereur Napoléon à Sainte-Hélène, et l’Empereur n’avait pas tardé à être instruit de cette infamie. La nouvelle avait transpiré: les Elbois en étaient bouleversés, on aurait dit qu’ils voulaient de suite marcher à l’ennemi. L’Empereur paraissait calme, mais ce calme était silencieux, et cela seul prouvait qu’il n’était qu’apparent. Enlever l’Empereur de l’île d’Elbe n’était pas une entreprise sans danger, et la Sainte-Alliance aurait eu peine à y parvenir par la force. La Garde impériale était dévouée, le peuple elbois ne le lui cédait point: ils formaient un rempart presque indestructible.

L’administrateur général des mines s’était rendu auprès de l’Empereur, et, avec une profonde émotion, il lui avait demandé si ce qu’on disait des grandes puissances avait quelque fondement. Sa Majesté lui avait répondu en l’interrompant: «Elles ne le feront pas. Sainte-Hélène est trop près des Indes.» Ensuite, prenant cet air des champs de bataille qui tant de fois avait imposé des lois à la victoire, il avait ajouté: «Et d’ailleurs, nous pouvons ici nous défendre pendant deux ans.» À dater de cette époque, la conduite de l’Empereur prit une autre direction, et en l’observant il était permis de penser que Sa Majesté ne se croyait plus liée par le traité de Paris qui le reconnaissait souverain de l’île d’Elbe. Sa Majesté avait raison: en effet, la Restauration n’exécutait du traité de Paris que les clauses et conditions qui lui étaient avantageuses, et elle repoussait celles qui avaient été stipulées en faveur de l’empereur Napoléon.

Ainsi la Restauration refusait de payer les subsides auxquels ce traité donnait un droit incontestable. Dès lors, l’empereur Napoléon ne pouvait pas se maintenir dans l’état social que le traité de Paris avait voulu lui constituer. L’engagement des subsides détruit, tous les engagements étaient détruits, et dans cette position insoutenable il fallait nécessairement en revenir au droit du plus fort. Mais il y avait encore autre chose: la vie de l’Empereur était ou semblait être sans cesse menacée. C’était en vain que Sa Majesté affectait de ne pas croire aux tentatives d’assassinat; son incrédulité ne faisait pas des incrédules.

L’Empereur n’était pas seulement tracassé dans la possession souveraine de l’île d’Elbe, mais il l’était encore dans ses proches dont on séquestrait les propriétés, dans ses amis dont on faisait des parias, et dans ses affections les plus chères dont on punissait les sympathies.

L’Empereur était surtout affligé de ce que la Restauration se prêtait complaisamment à ce que la France fût traitée comme une colonie anglaise, russe, autrichienne, prussienne, et dans sa douleur il répétait: «Il n’y a plus de sang français dans les Bourbons.» Sa Majesté répétait également: «On me reproche d’avoir abandonné la patrie. On a peut-être raison.»

Dans cet ensemble de choses graves, il y avait plus de motifs qu’il n’en était nécessaire pour en appeler à la décision suprême de la nation française, et c’est à quoi l’Empereur se décida. L’Empereur ne rompait pas de ban en quittant l’île d’Elbe: il était souverain, et rien ne limitait les droits de sa souveraineté; il pouvait faire la paix et la guerre; il pouvait surtout prendre les armes contre ceux qui tentaient de détruire son existence, et, assassinats à part, c’était détruire son existence que de refuser l’exécution du traité de Paris.

En fait, comme en droit, par la non-exécution du traité de Paris, le roi de France rétablissait l’empereur des Français, et en le rétablissant il se mettait en état d’hostilité contre lui. C’était le roi Louis XVIII qui déclarait la guerre à l’empereur Napoléon. D’un côté était le pouvoir national, de l’autre les baïonnettes étrangères.

L’empereur Napoléon, convaincu que l’on ne lui paierait pas les subsides qui étaient une des conditions expresses de son abdication, convaincu qu’il y avait le projet de le faire assassiner, convaincu qu’à défaut d’assassinat les grandes puissances poussées par les Anglais et par les

Bourbons voulaient aggraver son sort, et par-dessus tout convaincu que la France était antipathique à la prétendue Restauration, décida cette marche immortelle qui, dans quelques jours, le fit passer du trône elbois au trône français. Dès que Sa Majesté fut décidée à cette vaste entreprise, elle se fit un plan de conduite, et, tout en ne paraissant occupée que de se consolider à l’île d’Elbe, elle préparait ce qui était nécessaire pour faire voile vers la terre sacrée.

L’Empereur accordait sa confiance à l’administrateur général des mines [lui-même, Pons de l’Hérault]; le moment était venu où Sa Majesté devait lui en donner une grande preuve. Ce fonctionnaire avait été marin: l’Empereur lui adressa directement et confidentiellement une lettre dans laquelle il le chargeait de lui faire un rapport «sur les moyens d’organiser une flottille expéditionnaire». L’administrateur général pouvait être étonné de ce que Sa Majesté s’adressait plutôt à lui pour cet objet tout spécial qu’aux officiers de marine qui l’entouraient, et néanmoins il fit le rapport.

Une «flottille expéditionnaire» ! c’était dire: «Je veux partir !» L’administrateur général des mines le comprit ainsi, et, entraîné par cette pensée, il mit dans son rapport cette phrase hasardée: «Et si le ciel enfin plus juste conduisait Votre Majesté à de nouvelles destinées, sans doute nous débarquerions sur un rivage ami»; phrase que l’Empereur laissa passer sans faire aucune observation, quoiqu’elle lui fût la preuve caractérisée que l’administrateur général des mines avait pénétré le secret du départ. Seulement Sa Majesté lui recommanda un silence absolu.

Ce premier projet de flottille expéditionnaire resta sans exécution.

On n’avait pas fait cesser les travaux: toutefois, on ne faisait que des travaux lents, surtout peu coûteux, et qui par leur fracas pouvaient occuper les regards inexpérimentés de la multitude. Les étrangers devaient surtout y être trompés. Ensuite l’Empereur faisait résonner à toutes les oreilles le mot «économie», et il prêchait d’exemple. Il avait réduit sa table, la table de la cour, et tout ce qui n’était pas absolument indispensable à son système de représentation auquel il tenait ou semblait tenir.

Jusque-là les journaux français n’étaient pas répandus dans l’île, l’on y connaissait tard les nouvelles publiques; mais alors les journaux circulèrent, on sut régulièrement ce qui se passait sur le continent. L’Empereur parlait sans gêne de la situation de la France, des fautes que faisait la Restauration, de l’abaissement auquel on réduisait la nation française. Il s’indignait surtout de ce que Louis XVIII avait reconnu tenir sa couronne d’un prince anglais. Sa Majesté Impériale connaissait bien le caractère personnel de tous les princes de la branche aînée des Bourbons, l’esprit sans cœur de Louis XVIII, le cœur sans esprit du comte d’Artois, la bonhomie inoffensive du duc d’Angoulême et les emportements soldatesques du duc de Berry. Elle connaissait aussi la branche cadette…

Toutes les prédictions de l’Empereur se sont accomplies.

L’empereur Napoléon ne parlait des Bourbons que d’une manière digne. Jamais une parole déplacée n’échappait à son langage le plus animé. Pourtant il connaissait tous les propos désordonnés que l’on se permettait aux Tuileries.

Un sot se présenta à Portoferraio, et ce sot portait à sa boutonnière un lys qu’il paraissait afficher avec une ostentation insultante. L’inconvenance provocatrice était au moins grossière. Ce chevalier du lys fut bientôt appelé au champ d’honneur: il paraîtrait que sa bravoure n’était pas égale à son étourderie,–on le disait du moins. L’Empereur interposa son autorité pour qu’on ne tirât pas l’épée. Sa Majesté blâma les susceptibilités qui s’étaient trop facilement irritées. Cependant, le malencontreux porteur du lys dut partir.

L’Empereur dit à l’occasion de ce petit événement: «La France de la Restauration est à la France de l’Empire ce que le Lys est à la croix de la Légion d’honneur.» Et cette comparaison fit une grande impression. Alors la croix de la Légion d’honneur était encore vierge de ces distributions honteuses et multipliées qui l’ont ensuite jetée sur des poitrines où elle n’aurait jamais dû se trouver.

Les correspondances particulières occupaient aussi l’esprit de l’Empereur: il témoignait le désir qu’on lui communiquât ce qu’il y avait de relatif aux affaires du temps. Quelquefois il y trouvait des paroles de blâme; alors il discutait pour se défendre. Mais la correspondance générale lui garantissait les sympathies et les vœux de la France pour son retour. Les lettres aux grognards faisaient souvent rire beaucoup de monde, et c’étaient ces lettres dont Sa Majesté se plaisait à commenter le langage.

Les bâtiments de transport attachés aux mines de Rio étaient aussi un grand moyen de relation intime avec le continent italien, et par l’intermédiaire de l’administrateur général, l’Empereur en profitait. Les mines elboises fournissaient le minerai à toutes les usines qui fabriquent le fer dans les États napolitains, dans la Romagne, dans la Toscane, dans la Ligurie, et des bâtiments riais étaient sans cesse à Naples, à Civita-Vecchia, à Livourne, à Gênes, ainsi que dans les ports intermédiaires entre ces villes maritimes.

Le pavillon elbois était un objet d’extrême curiosité pour tous les peuples. Partout l’on accourait pour le voir, pour parler à des gens qui avaient pu approcher l’Empereur. Les capitaines de navires avaient ordre de tout observer. Lucien Bonaparte était propriétaire de grands fourneaux. Les capitaine riais rendaient compte que c’était chez lui où l’on trouvait les ennemis es plus implacables de l’empereur Napoléon. Lucien Bonaparte!… républicain démocrate en France, prince despote à Canino, et qui, tour à tour législateur, ministre, ambassadeur, poète, historien, ne put jamais, malgré l’influence de son nom, s’élever en rien au-dessus des médiocrités de son époque.

L’empereur Napoléon serait mort sur le trône s’il n’avait pas eu des frères et des sœurs… Cependant, nous faisons une honorable exception en faveur de la princesse Pauline. Le dévouement de cette princesse fut toujours exemplaire. Nous en disons autant de Madame Mère; elle se montra digne de son auguste fils.

La princesse Pauline avait opéré un rapprochement entre l’empereur Napoléon et le roi Murat. Il paraîtrait que de ce rapprochement était résulté un traité d’alliance offensive et défensive d’après lequel l’île d’Elbe était cédée aux Deux-Siciles. Nous avons été possesseur d’une lettre du roi de Naples écrite de sa main, dans laquelle ce prince rapportait les clauses et conditions de cette cession.

Les agents allaient et venaient de Portoferraio à Naples. L’Empereur jetait un voile sur les négociations: le voile était transparent.

L’administrateur général des mines avait été deux fois envoyé en Toscane. Ensuite l’Empereur lui avait dit de se «préparer à faire le voyage de Vienne». Le brick l’Inconstant et l’aviso l’Étoile étaient presque toujours à la voile.

N’oublions pas que l’Empereur avait précédemment chargé l’administrateur général des mines de lui faire un rapport sur l’organisation d’une flottille expéditionnaire, que ce projet n’avait pas eu de suites. Mais tout ce que l’Empereur faisait depuis lors se rattachait plus ou moins à la pensée qui avait voulu préparer les bâtiments légers pour exécuter ce qu’on appela vulgairement un coup de main.

L’administrateur général des mines était prêt à partir dès qu’il lui serait ordonné de se rendre en Autriche, quand l’Empereur, se confiant entièrement à lui, lui dit qu’il était question d’un tout autre voyage, et, sans réticence, il lui demanda s’il ne serait pas possible d’avoir constamment en disponibilité quatre bâtiments riais dont on pourrait se servir à tout moment. L’administrateur général répondit que «oui». Après avoir beaucoup étudié, beaucoup médité, rien n’a pu nous donner le moindre indice que, pour les préparatifs matériels de son retour en France, l’Empereur se fût adressé à toute autre personne qu’à l’administrateur général des mines: distinction honorable dont il est permis de se glorifier à tout jamais!

Et tandis que les instructions données par l’Empereur étaient religieusement exécutées, que Sa Majesté touchait au grand événement qui devait étonner le monde, une visite extraordinaire vint pendant quelques moments jeter la confusion dans Portoferraio.

L’Empereur était depuis deux jours à Marciana. Sa Majesté avait pris peu de suite.

Un bâtiment arriva à Portoferraio après le soleil couché, et, contre l’usage, il fut admis à libre pratique. Ce bâtiment avait à bord une dame polonaise [la comtesse Marie Walewska], mère d’un enfant de l’Empereur, et cette dame débarqua aussitôt. La dame polonaise portait dans ses bras un enfant charmant, et cet enfant, costumé comme le roi de Rome, répétait facilement les paroles que déjà l’opinion avait attribuées au roi de Rome. Bientôt, pour la Garde impériale comme pour les habitants de l’île d’Elbe, la mère et l’enfant furent l’impératrice Marie-Louise et le roi de Rome.

Personne ne doutait de cela, pas même les personnes qui avaient vécu aux Tuileries.

Le nouvel hôte voulut sur-le-champ se rendre auprès de l’Empereur, il partit de suite. Cette dame avait facilement deviné l’erreur dont elle était l’objet; elle ne se prêtait pas directement à la nourrir, elle ne faisait rien pour la détruire. Ainsi, elle ne disait pas qu’elle était l’Impératrice, mais, après avoir dit «le fils de l’Empereur», elle ajoutait «mon fils», et il n’en fallait pas davantage pour faire croire que l’Empereur avait retrouvé sa compagne. La chose était d’autant plus probable que maintes et maintes fois l’on avait annoncé l’arrivée prochaine de Marie-Louise.

La dame polonaise resta trente-six heures avec l’Empereur: pendant ce temps l’Empereur ne voulut recevoir personne, et l’isolement fut absolu. Mais après trente-six heures la dame alla s’embarquer à Longone pour retourner sur le continent, et elle partit par un coup de vent tel que les marins craignaient avec raison qu’il n’y eût danger imminent pour elle. Elle ne voulut écouter aucune représentation: l’Empereur envoya un officier d’ordonnance pour faire retarder le départ de l’intrépide voyageuse; elle était en pleine mer. On fut dans l’anxiété jusqu’à ce que l’on eut appris son arrivée à bon port.

La beauté de la dame polonaise était allée droit au cœur du colonel Campbell: l’envoyé anglais soupirait et faisait assidûment parler ses soupirs. Ce fait n’est pas aussi futile qu’on pourrait d’abord le penser: il eut beaucoup d’influence sur le relâchement de la surveillance britannique. Nous croyons que l’Empereur lui avait donné une place dans sa combinaison.

À peu près à la même époque, plus tard cependant, l’Empereur eut également la visite de M. Fleury de Chaboulon, qui dans le temps avait été attaché au secrétariat impérial et que Sa Majesté revit avec intérêt. On a cru que M. Fleury de Chaboulon avait décidé le départ de l’île d’Elbe: on s’est trompé, beaucoup trompé. Cet ancien employé impérial était parti de Paris au commencement de novembre, il arrivait à Portoferraio vers la fin de février: c’était près de quatre mois qu’il avait mis en route. Quatre mois, dans un temps de fièvre politique, quand chaque jour les hommes et les choses recevaient de nouvelles impulsions, équivalaient à quatre siècles, et lorsqu’il aborda l’Empereur, M. Fleury de Chaboulon ne pouvait lui apprendre que des vieilleries, il ne savait rien de ce qui se passait alors en France. L’Empereur était bien mieux instruit que lui. M. Fleury de Chaboulon a écrit longuement à cet égard: ce n’est ici ni le temps ni le lieu de commenter un ouvrage que l’Empereur a blâmé. Peut-être que M. Fleury de Chaboulon ne fut pas le maître de dire toute la vérité; il l’aurait dite plus tard, nous en sommes convaincu. Mais nous devons assurer que lorsque M. Fleury de Chaboulon arriva à Portoferraio, l’expédition était prête, et que ce n’est pas lui qui fit hâter la mise en mer.

L’Empereur fit partir M. Fleury de Chaboulon pour Naples: un bâtiment riais fut mis à sa disposition. Le même jour, Sa Majesté envoyait M. J… en France. M. J… était Corse, mais infiniment moins que ne le sont ordinairement ses compatriotes; il n’arriva à Paris qu’après l’Empereur, et il était permis de penser que son retard avait été volontaire.

L’heure du départ allait sonner… Et l’Empereur venait d’assigner un terrain inculte à chaque compagnie de la Garde pour que la compagnie le cultivât, l’embellît et lui donnât son nom ! Et les grognards rivalisaient de zèle, de goût, allant partout quêter des arbres et des fleurs qu’on se plaisait à leur prodiguer, faisaient des merveilles que Le Nôtre n’aurait pas désavouées ! Et les Elbois qui se pâmaient d’aise en voyant les miracles des soldats agriculteurs ! Et la princesse Pauline qui allait encourager et récompenser les braves! Les terrains étaient contigus; leur ensemble devait former un parterre impérial.

Les bâtiments riais destinés à faire partie de l’expédition étaient à Longone où ils chargeaient des munitions et des approvisionnements de guerre, et l’administrateur général des mines avait reçu l’ordre de les faire rentrer à Portoferraio. Mais au moment où ces bâtiments sortaient du port, la frégate anglaise, sur laquelle était le colonel Campbell, débouchait à l’est du canal de Piombino, ayant le cap sur le mont Argental, et l’Empereur instruit de ce contretemps prescrivait à l’administrateur général des mines de faire retourner les bâtiments riais à Longone, ce qui n’était plus possible sans s’exposer aux soupçons de l’Argus britannique. L’administrateur prit un autre parti. Il écrivit au colonel Campbell «pour l’inviter à un grand dîner qu’il devait donner la semaine suivante». Une embarcation fut dépêchée pour porter l’invitation confiée à un employé intelligent; le colonel demanda où allaient les bâtiments qui étaient à la voile. L’administrateur avait prévu cette demande: l’employé répondit que ces bâtiments allaient charger du minerai pour la Romagne. Plus ne fut dit, la frégate anglaise continua sa route, les bâtiments riais suivirent la leur.

La frégate anglaise ne pouvait pas empêcher le départ si elle venait mouiller sur la rade de Portoferraio (car alors on l’aurait certainement faite prisonnière), mais elle pouvait attendre en pleine mer, et, dans ce cas, malgré que tout le monde fût bien décidé à se sacrifier, l’expédition n’était pas de force à surmonter un pareil obstacle. De toutes les manières possibles, c’eût été une perturbation ,effroyable, et le sang aurait coulé en abondance. »

 A suivre…

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