« 28 juin 1812. Arrivés sur le Niémen, où l’on nous fit prendre position près d’un mauvais petit village nommé Silony ; ce petit villag
e est sur une petite hauteur, au pied de laquelle passe le fleuve de Niémen. Le village de Silony est si triste et si pauvre que le prince [Eugène de Beauharnais qui commandait le 4ème corps] et sa suite ne purent y trouver que de mauvais abris. Nous étions toute l’armée en bivouacs par temps de pluie affreux et sans vivres. Le prince vice-roi, commandant notre corps d’armée, fit établir un pont sur ce fleuve. Les chevaux tombaient morts en tas autour de nos bivouacs, le 29 qu’il fit un orage épouvantable. J’étais de garde près le pont que l’on établissait ; où les soldats y firent un peut abri ; il tombait de l’eau le jour et la nuit (qui était aussi froide qu’au mois de novembre en France ».
(Lieutenant Lacorde, du 84ème de ligne, « Journal historique, 1803-1813, Clavreuil, 1992, p.122).






