( 24 février, 2018 )

Une histoire de drapeaux: une lettre de Napoléon en 1814…

Une histoire de drapeaux: une lettre de Napoléon en 1814... dans TEMOIGNAGES 04507287

Adressée à Clarke, duc de Feltre, qui, après la chute de l’Empereur, s’empressera d’oublier ce dernier, j’ai trouvé son texte dans un vieux catalogue d’autographes datant de 1960. La voici. 

Monsieur le duc de Feltre, je vous envoie 4 drapeaux, deux prussiens, un autrichien, et un russe.

Deux doivent être arrivés avec les prisonniers, ce qui fait six. Il y en a quatre autres russes qu’on ne trouve pas, mais on en a pris dix bien comptés. Vous les présenterez à l’Impératrice, mon officier d’ordonnance Mortemart qui les porte, vous accompagnera, mais c’est vous qui parlerez, ensuite on les portera aux Invalides.  On va chercher les 4 autres drapeaux russes, mais si on ne les trouve pas, vous ferez prendre 4 drapeaux russes pour y suppléer.  Vous ferez mettre dans la Gazette que vous présentez un drapeau un drapeau autrichien, 4 drapeaux prussiens et cinq drapeaux russes, en tout dix drapeaux pris sur les trois grandes puissances de l’Europe.  Il me semble convenable qu’il y ait une revue de la Garde Nationale, devant laquelle passeront ces drapeaux avec la Musique Militaire.

Vous direz que ces drapeaux ont été pris à la bataille de Montmirail, à celle de Vauchamp et au combat de Montereau.  

Sur ce, je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. 

Montereau, le 19 février 1814. 

NAPOLEON. 

 

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( 24 février, 2018 )

Un blog à découvrir…

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( 23 février, 2018 )

Une lettre du colonel Bauduin…

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Cet officier sera tué à Waterloo, lors de l’assaut du château d’Hougoumont. Il s’adresse au général Marin, sous-gouverneur des Pages de l’Empereur, à Versailles.

Smolensk, le 8 novembre 1812.

Mon cher général, je profite du revers de la lettre de mon ami Marchal [major du 93ème de ligne] pour vous donner de mes nouvelles et des siennes. Les deux plaies de ma blessure sont cicatrisées, la sienne le serait avant huit jours, si nous étions tranquilles, mais la route en retraite que nous faisons depuis vingt jours, retarde un peu notre parfaite guérison. Nous avons tous deux bon appétit et nous voyageons, moi dans ma voiture et notre major dans une petite calèche du pays, dans laquelle il est étendu comme dans son lit.  Nous attendons ici le corps d’armée [le 3ème corps (Ney) ; le 93ème faisait partie de la 11ème division d’infanterie] ou au moins des nouvelles de la direction qu’il doit prendre après le passage du Borysthène, alors nous nous dirigerons sur le point destiné au régiment, afin d’y terminer au plus tôt notre guérison [à La Moskowa, Bauduin avait eu le bras droit traversé par un coup de feu, il en resta estropié, et le major Marchal avait reçu à la cuisse droite une balle qui ne put être extraite].

Soyez tranquille sur le sort de votre beau-frère : notre destinée est commune et nous ne nous quitterons pas ; au reste d’ci à huit ou dix jours nous serons tous deux hors d’affaire et nous n’aurons plus besoin que de soins pour empêcher nos plaies de se rouvrir.

Si, comme il est probable, on organise le Royaume de Pologne, Smolensk fera sans doute partie de la ligne de défense, comme un point important sur le Borysthène ou Dniepr ; en conséquence je présume que notre quartier d’hiver ne sera pas trop éloigné d’ici ; écrivez-vous souvent.

BAUDUIN.

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( 22 février, 2018 )

Retour sur la campagne de 1815…

Retour sur la campagne de 1815… dans TEMOIGNAGES waterloo-2

Durant la campagne de Belgique, le colonel Rumigny était attaché à l’état-major du général Gérard (commandant le 4ème corps). Ce passage est extrait de ses « Souvenirs » qui furent publiés en 1921.

8 février 1824.

C’est au général [de] Bourmont que les Prussiens sont redevables de leur salut dans la courte guerre de 1815, dont la catastrophe a été si extraordinaire. Le 14 [juin 1815], notre quartier-général arriva à Philippeville ; le 15, au matin, Bourmont déserta. L’ordre de mouvement nous arriva à 8 heures. Nous marchâmes sur le Châtelet, où nous passâmes la Sambre. Les prussiens furent surpris ; certains affirmaient qu’ils ont été prévenus de grand matin, par l’arrivée de l’état-major du général [de] Bourmont, que l’Empereur marchait  sur Charleroi. Sans cela, nous entrions dans Namur le 15 au soir ; le 16, nous les écrasions au moment de leur sortie des cantonnements, et il est hors de doute qu’ils eussent été pris ou dispersés avant leur jonction. Aucun militaire de bon sens ne peut contester ce point. Quand on vint annoncer à Wellington, à Bruxelles que l’Empereur était ne marche sur Charleroi, il était au bal. Il n’en voulut rien croire. Il lui fallait au moins dix-huit heures pour réunir son armée. L’Empereur entrait donc vraisemblablement à Bruxelles au milieu de leur mouvement de concentration, pendant que notre aile droite tombait sur les Prussiens.

Ainsi la trahison nous a arraché la victoire, et le héros de notre siècle est allé  mourir empoisonné sur un rocher, après une agonie de quatre ans [de près de six ans], pendant laquelle le bourreau l’a torturé au moral et au physique.

Un officier fut envoyé au quartier-général du prince d’Eckmühl [maréchal Davout] à Savigny, quand l’armée marcha sur Orléans. Sa mission était de se rendre auprès du duc d’Otrante [Fouché, ministre de la police]. Il arriva chez le ministre à minuit, il était porteur d’une lettre annonçant que le prince d’Eckmühl avait chargé l’officier d’une communication verbale au nom de l’armée.

Le duc d’Otrante joua l’armée et l’officier fut tenté de lui passer son sabre au travers du corps. L’armée fut trahie, abandonnée, licenciée, et les ennemis, décorés du nom d’alliés, furent les maîtres de notre triste pays. Ceci se passa en 1815, après la capitulation de Paris, faite par le général Guilleminot, ainsi que par bourgeois, des Relations extérieures, le préfet de Paris, etc…

Je fus nommé par le prince d’Eckmühl pour accompagner les commissaires, mais les Prussiens m’arrêtèrent aux avant-postes et, à mon retour au quartier-général du général Vichery, je manquai d’être assassiné par des gardes nationaux qui me prirent, et qui regardaient tous les officiers supérieurs comme des traîtres.

 

 

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( 21 février, 2018 )

Extrait d’une lettre inédite de John Perceval sur le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe.

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J’en reproduis le passage le  plus intéressant. Cette lettre fut diffusée la première fois dans la « Revue Historique de la Révolution Française et de l’Empire » (janvier-juin 1916), dans sa version originale en anglais suivie d’une traduction en français. Écrite par un des six fils de Spencer Perceval, le ministre britannique, elle est adressée à Francis d’Ivernois, alors représentant de Genève au Congrès de Vienne.

C.B.

[…] Je crois qu’une [dernière] lettre vous fut écrite avant mon voyage à Elbe. Le colonel Campbell  [Officier anglais chargé de la surveillance de l’Empereur] me présenta à Napoléon, dans sa propre demeure (où, par chance, nous tombâmes sur lui]. Il nous reçut très poliment, nous montra toute sa maison, nous désignant toutes les améliorations qu’il y avait faites, etc. Il m’adressa la parole plusieurs fois, me demanda si j’étais le fils du Chancelier, remarqua que celui-ci avait été un grand antagoniste de la France. En somme, je fus très favorisé dans mon voyage. Il semble être ne parfaite santé, physiquement et moralement ; s’occupe de meubler son cottage [sic], qui n’est pas encore achevé. Ses gardes sont très mécontents de leur situation : 50 d’entre eux avaient envoyé une pétition pour qu’il leur permis de retourner en France, à laquelle l’Empereur n’a pas répondu [fait imaginaire]. Ils sont au nombre de 600 environ avec 50 lanciers Polonais, et à peu près 300 Corses, que les officiers sont très occupés à dresser [sic]. Chaque dimanche, il tient un lever. Porto-Ferrajo [Portoferraio] est très bien fortifié à la fois par terre et par mer.

Croyez-moi, je vous prie, très sincèrement et profondément votre.

John PERCEVAL.

Rome, vendredi 18 novembre 1814.

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( 21 février, 2018 )

En kiosque le 23 février…

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« Dans la première partie de la campagne de Russie, celle qui mène Napoléon jusqu’à Moscou, une bataille a particulièrement retenu l’attention des historiens. Pour la première fois depuis le passage du Niémen, la Grande Armée parvient en effet à affronter l’armée russe qui s’était jusqu’alors systématiquement dérobée, entraînant les Français et leurs alliés toujours plus loin de leurs bases. C’est le 7 septembre, à proximité du village de Borodino et à deux pas de la rivière Moskova, que Napoléon retiendra pour le désigner, qu’a lieu cet affrontement qui a toutes les raisons d’être décisif. Comme on pouvait s’y attendre, la bataille est spectaculaire, mettant en jeu des forces considérables, appuyées par une extraordinaire artillerie. Face à des Russes protégés par des fortifications sommairement bâties sur un terrain vallonné soigneusement choisi, les Français et leurs alliés, en nette supériorité numérique, obtiennent rapidement leurs premiers succès. Mais la défense russe est particulièrement acharnée et les attaquants mettent beaucoup de temps à faire la différence. Dans les deux camps, les victimes sont très nombreuses et il faut des actes de courage insensés pour qu’enfin tombent les dernières défenses. Au final, la victoire est incontestablement française mais elle est bien trop chèrement acquise et l’armée russe, qui déserte le champ de bataille et fait route vers Moscou à la fin de cette terrible journée, est loin d’être complètement anéantie. En dépit de pertes énormes, elle est encore largement capable d’inquiéter l’Empereur et le prouvera quelques semaines plus tard. Il n’empêche, pour les Français et leurs alliés, la route de Moscou est désormais largement ouverte… et ils font leur entrée dans l’ancienne capitale une semaine plus tard. L’un des moments forts de cette lutte sans merci est évidemment la charge des cuirassiers menés par le général Auguste de Caulaincourt contre la fameuse Grande redoute, pièce centrale de la défense russe. La mort du jeune frère du duc de Vicence, grand écuyer de l’Empereur, a largement marqué les esprits et nombreuses sont les représentations et les évocations de cette mort héroïque. Mais que savons-nous en réalité sur les âpres combats qui se sont déroulés autour de cette redoute que les Russes désignent souvent sous le nom de « batterie Raïevski » ? Comme fréquemment dès qu’il s’agit de témoignages humains, les récits des participants sont tellement contradictoires qu’il est difficile de s’y retrouver, chacun d’entre eux ne connaissant logiquement qu’une vue fragmentaire de l’action. Même s’il ne sera jamais possible d’éliminer toutes les zones d’ombre, les historiens russes ont confronté à notre demande toutes les sources disponibles dans les deux camps, étudié le terrain où se déroulèrent les combats et ses transformations dans le temps, pour tenter de rétablir l’enchaînement des combats menés durant cette journée autour de la Grande redoute. Le résultat est fascinant par le luxe de détails qu’il fournit : il donne la formidable impression de pénétrer au cœur des combats. »

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( 20 février, 2018 )

Troisième lettre du caporal Charles-Joseph Vanesse, du 8ème de ligne.

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Closter-Eilbronn [Heilbronn], 23 Juillet 1806. 

A Monsieur et Madame VANESSE.  

Voilà mes chers Parents ! Que nous venons de quitter la ville d’Anspach, pour aller cantonner dans les villages du même pays, où il n’y règne que la plus grande misère accompagnée d’une malpropreté sans égal ; nous avons resté l’espace de 3 mois et ½ dans cette ville où nous étions divinement bien et, actuellement nous sommes très mal, ce qui nous en légume !  L’état-major du régiment est dans un bourg à 4 lieues d’Anspach sur la route de Neurenberg, où nous sommes un peu mieux que le Régiment, mais je n’ai plus la bouteille de vin à chaque repas comme j’avais à la ville, ni toutes les douceurs que me prodiguaient les gens de ce logement que j’ai quitté avec regret. Il me paraît que l’on veut nous faire rester ici pour quelques temps, car il n’y a point question de départ, nous n’entendons rien dire, et tout est de la plus grande tranquillité. Je présume cher Papa, que vous oubliez tout à fait votre fils Charles [Vanesse parle ici de lui à la 3ème personne], voilà dix mois passés que vous ne lui avez fait l’honneur de lui écrire. Il ne sait, en vérité, à quoi attribuer un silence qu’il désirerait vous faire cesser ; il ne croit cependant pas vous avoir offensé ni ne donner aucun sujet de mécontentement.

Enfin il vous engage, sans délai, de lui écrire, sinon vous aurez un duel, depuis quelque temps il apprend à tirer les armes, et ma foi il ne fait pas bon d’avoir querelle avec lui, il pourrait même tôt ou tard venir vous chercher dispute et se battre à bras col avec vous ; vous voyez, Papa, de la manière qu’il se vengerait si vous le privez plus longtemps du bonheur de recevoir une de vos lettres. Vous voudrez bien me mander, dans la première lettre, si vous êtes totalement acquitté de l’arriéré de votre pension, si l’on paye exactement et de la manière que l’on a agit envers tous les pensionnés du prince Charles. 

Veuillez aussi me faire connaître si la conscription a toujours lieu et si mon frère Joseph a déjà atteint l’âge pour tirer au sort. Il y a ici quelques militaires à qui leurs Parents on demandé un Certificat constatant qu’ils existaient au Corps, pour servir à exempter leurs frères qui ont atteint l’âge de la conscription et d’après ce que j’ai entendu dire, il doit y avoir une loi pour ce sujet, mais je ne sais point si elle exige, que, soit le Père ou la Mère doit être décédé ou non ; en conséquence je vous prie de vous en informer et tacher, s’il est possible d’en exempter mon frère Joseph.  Monsieur Pineaud, notre gros Major, parti d’Anspach le 1er Avril dernier pour rejoindre le dépôt du régiment, a eu le malheur de se tuer dans sa chambre le 24 dudit, avec un pistolet, on ne sait le motif de cette folie, il est remplacé par monsieur Juillet sortant du 50ème Régiment de ligne. 

J’espère que vous êtes tous en bonne santé, quant à moi je me porte toujours bien, Grâce à Dieu, malgré que j’ai essuyé quelques chagrins pour une charmante demoiselle, (Amélie est son nom), que j’ai dû quitter en partant d’Anspach, vous me direz qu’un militaire de mon espèce ne peut que très peu de choses de la connaissance d’une demoiselle, mais je vous assure, qu’elle portait parasol et réticule, ainsi ce n’était point de la petite bière.  Parlons de ma chère Maman, après que vous aurez lu l’article de Mademoiselle Amélie, elle dira que je suis un jeune homme perdu, que cette connaissance m’aura débauché, et que je suis dans le cas de faire une folie, enfin, il me paraît que je la voie joindre les mains en disant : « Mijn zoon die is verloren ». Mais vous pouvez la rassurer qu’aucun sujet de ce genre est capable de me mettre hors le chemin de la bonne conduite. S’il y a quelques petites nouvelles ou accidents survenus entre la famille et amis, je vous prie de m’en faire part. Adieu Cher Papa, je vous embrasse de tout mon cœur et demande de tous les deux la bénédiction. 

Votre très affectionné fils, VANESSE Charles.                                                                                                     

P.S. Bien des choses honnêtes de ma part à toute la famille et amis.     

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( 19 février, 2018 )

Un méconnu. Nicolas Raoul…

Un méconnu. Nicolas Raoul… dans FIGURES D'EMPIRE grenadier-ile-delbe

Nicolas Raoul (1788-1850) à ne pas confondre avec un autre officier, Jacques Roul (1775-1840). Raoul, enfant de troupe au 5ème régiment d’artillerie à pied le 21 mai 1802, entre le 1er octobre 1806 à l’École polytechnique et passe comme élève sous-lieutenant au 5ème régiment d’artillerie à pied le 27 juin 1809 pour prendre part aux campagnes d’Allemagne de 1809 à 1811. Il sert au siège de Riga pour être promu capitaine le 22 juillet 1812. Nicolas Raoul participe à la campagne de Russie et entre dans l’artillerie de la Garde Impériale, comme lieutenant le 1er octobre 1812. Il est à Bautzen, Dresde et à Leipzig, en 1813. Il a un cheval tué sous lui à Hanau. En 1814, Raoul se bat à Brienne, Montereau, et à Arcis-sur-Aube. Lors de la première abdication de l’Empereur, il suit le général Drouot, avec le grade de capitaine de la Vieille Garde, à l’île d’Elbe. Il sera notamment chargé de fortifier la petite île de la Pianosa et d’aménager la résidence impériale de San Martino. Au retour de Napoléon, qu’il a suivi jusqu’à Paris, Raoul est nommé chef de bataillon dans l’artillerie de la Garde, avec rang de major dans ligne. Il participe à la campagne de Belgique. Grièvement blessé à Waterloo, il reste sur le champ de bataille, la cuisse brisée. Il est fait prisonnier. Soigné probablement à Bruxelles, Raoul est libéré sur parole et rentre des foyers à Neufchâteau (Vosges) en septembre 1815. Plus tard, il devra fuir la France pour les États-Unis d’Amérique, puis le Guatemala ou il œuvra, afin que ce pays reste indépendant, tout en exploitant une importante propriété agricole. Début 1833, Nicolas Raoul rentre en France. Sur les recommandations des généraux Drouot et Bertrand, Raoul avait été nommé par Louis-Philippe lieutenant-colonel et réintégré sur les contrôles de l’artillerie française. Il occupe donc des postes à Douai, à Lyon, Perpignan et Besançon. Le 19 juillet 1845, il est nommé maréchal de camp, puis le 24 octobre 1848, commandeur de la Légion d’honneur. Enfin, le 7 janvier 1849, Raoul est nommé commandant de l’artillerie de la 1ère division militaire à Vincennes. Il s’éteint le 20 mars 1850, date-anniversaire du retour de Napoléon à Paris…

Concernant Jacques Roul, dont le nom est parfois orthographié Ruhl, cet « officier casseur d’assiettes et tapageur » Napoléon transmet une note à son sujet au grand maréchal Bertrand : « Longone, le 11 septembre 1814. Fonctions du chef d’escadron Roul. Le sieur Roul aura le commandement de toute ma cavalerie : en conséquence, les Polonais, chasseurs, Mamelucks, tant à pied qu’à cheval, seront sous ses ordres ; il m’accompagnera constamment à cheval, et il lui sera donné un cheval de mon écurie  avec deux pistolets ; il commandera mes escortes et prendra les mesures de sûreté convenables ; il se concertera avec le commandant de gendarmerie pour le placement des gendarmes dans les lieux de passage, mais jamais les gendarmes ne devront me suivre… » (Léon-G. Pélissier, « Le Registre de l’île d’Elbe… », pp.113-114). A noter que Roul était «  arrivé à l’île d’Elbe après le débarquement de Napoléon, il se disait chef d’escadron d’artillerie et manifestait une exaltation débordante pour l’Empereur à qui il avait offert ses services. Les soldats de la Garde l’accueillirent avec empressement et Napoléon le nomma premier officier d’ordonnance. On sut rapidement qu’il n’était que capitaine d’où des explications violentes avec des officiers de la Garde. Bien qu’aucun document officiel ne parle de ce premier officier d’ordonnance il est pourtant repris comme tel dans des lettres de l’Empereur ».

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( 18 février, 2018 )

EN LIBRAIRIE LE 8 MARS 2018…

Un excellent témoignage, jamais réédité depuis sa première publication en 1914 !

8 MARS 2018

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( 17 février, 2018 )

Une lettre du colonel Zaepffel au maréchal Davout en 1815…

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Pendant que Napoléon marche de Cannes sur Paris [après son débarquement à Golfe-Juan le 1er mars 1815], un régiment, le 6ème régiment d’infanterie légère, commandé par le colonel Zaepffel, s’achemine, par ordre du ministre [de la Guerre] Soult, de Phalsbourg où il tenait garnison sur Lons-le-Saulnier. Le colonel a reçu cet ordre le 6 mars 1815 ; il quitte Phalsbourg le 8 mars ; il arrive à Besançon où le général refuse de lui donner des instructions. Zaepffel arrive à Lons-le-Saulnier où il n’y a plus de général ; il écrit alors au nouveau ministre de la guerre, le maréchal Davout, en remarquant que tout le monde, militaire et civil, acclame Napoléon.

Arthur CHUQUET.

Lons-le-Saulnier, 24 mars 1815

Monseigneur, j’ai l’honneur de rendre compte à Votre Excellence que, d’après les ordres de M. le maréchal duc de Dalmatie [Soult] qui me sont parvenus le 6 de ce mois, j’ai quitté Phalsbourg le 8 avec mes deux premiers bataillons pour me diriger sur Lons-le-Saulnier et y rester stationné. Arrivé à Besançon, je me suis présenté avec deux officiers supérieurs chez M. le général Bessières qui nous adit qu’il ne se trouvait là que pour le maintien du bon ordre et qu’il n’avait aucun ordre à me donner. J’ai donc continué ma route jusqu’ici où j’ai trouvé le général Jarry, commandant le département ; cet officier général est parti ce matin sans m’en prévenir ; j’ignore s’il reviendra bientôt. Je crois, par conséquent, [être] de mon devoir de m’adresser directement à Votre Excellence et de lui demander ses ordres. L’esprit de la troupe et de tous les habitants est entièrement prononcé pour l’Empereur ; tous montrent le plus vif enthousiasme pour Sa Majesté.

(Témoignage extrait de l’ouvrage d’Arthur Chuquet, « Lettres de 1815. Première Série [seule parue] », Paris, Librairie ancienne, Honoré Champion, Editeur, 1911.)

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( 17 février, 2018 )

Une page Facebook incontournable: celle dédiée au régiment des fusiliers-grenadiers !

Aigle, modéle 1804...

Bravo à Alain pour le travail accompli !

C’est ici:

https://fr-fr.facebook.com/fusiliergrenadier/

 

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( 17 février, 2018 )

Les lectures russes de Napoléon…

Les lectures russes de Napoléon… dans HORS-SERIE napoleonAvant de partir pour la Russie, Napoléon voulut connaître le pays. Nous le voyons demander à son bibliothécaire Barbier, au mois de décembre 1811, les livres les plus propres à le renseigner sur la topographie de la Russie et surtout de la Lituanie « sous le rapport des marais, rivières, bois et chemins », ainsi que tout ce qui a paru de plus détaillé en français sur la campagne de Charles XIII et sur les opérations militaires dont ces contrées ont été le théâtre. Au mois de janvier 1812, il demande une histoire de la Courlande et tout ce qu’il y a de topographique, de géographique et d’historique sur Riga et la Livonie. 

Au mois de mai, il demande des traductions manuscrites, faites au bureau de Mounier, d’ouvrages sur l’armée russe : l’ouvrage du colonel Wilson, l’ouvrage du capitaine prussien Plotho, et d’autres : ces traductions, dit-il, pourront lui être utiles « dans le voyage ». 

Arthur CHUQUET (« 1812. La guerre de Russie. Notes et Documents », 3ème série, Fontemoing, 1912). 

 

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( 15 février, 2018 )

Un film incontournable ! « Waterloo » de S. Bondarchuk (1970).

Waterloo

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( 15 février, 2018 )

La rencontre historique et émouvante de Laffrey (7 mars 1815).

Laffrey Le trésorier Guillaume Peyrusse témoigne:   »6 mars [7 mars 1815] . Le général Cambronne, avec sa troupe, après avoir assuré le passage de Sisteron, se porta sur La Mure. A la première nouvelle de notre débarquement, le général Marchand [1], commandant à Grenoble, avait lancé une avant-garde sur nous ; elle était venue prendre position dans un défilé entre des lacs et près le village de La Mure. Instruite de cette circonstance, Sa Majesté fait faire halte, rallia la Garde et la mit en ordre de bataille. Mes habitudes ne m’avaient pas familiarisé avec ces dispositions hostiles. Je devenais embarrassant. Je me mis sur un des côtés de la route et j’attendis l’issue de cette rencontre avec anxiété ; je ne crains pas d’en faire l’aveu. L’Empereur envoya son officier d’ordonnance, le capitaine Raoul [2], pour parlementer avec cette troupe et lui faire connaître la nouvelle de son arrivée ; mais cet officier ne put ni communiquer ni se faire entendre. Il fallait faire bonne contenance ; l’Empereur mit pied à terre et alla droit au bataillon, suivi de quelques grenadiers portant l’arme sous le bras, et s’approchant à la distance de la voix : – « Me voilà, soldats du 5e, reconnaissez-moi… S’il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son Empereur (déboutonnant sa capote grise), il peut le faire. Une étincelle électrique frappa toute la troupe ; le cri unanime de vive l’Empereur ! fut sa réponse. Sa Majesté fut à l’instant même entourée, pressée ; la Garde et le bataillon s’embrassèrent, se communiquèrent et burent à la santé de l’Empereur. La cocarde tricolore parut bientôt sur tous les schakos ; les soldats s’étaient aperçus que leur ancienne cocarde n’avait été couverte que d’une couche de blanc, qu’un peu d’eau eut bientôt enlevée. Je sortis triomphant de mon champ de bataille et pris part à l’ivresse commune. La figure de Sa Majesté était rayonnante de joie. Soldats et officiers, tous écoutèrent avec un empressement silencieux toutes les circonstances de notre départ, de notre débarquement, de notre marche ; ils connurent tout l’enthousiasme que la marche et la présence de Sa Majesté avaient excité parmi les populations que nous avions traversées. Cette scène eut lieu en avant du village de l’Offraye [Laffrey][3]. Les braves du bataillon du 5e demandèrent à marcher les premiers sur la division qui couvrait Grenoble ; mais, avant de se mettre en route, on battit un ban et Sa Majesté fit lire la proclamation de la Garde à l’armée, proclamation ainsi conçue :

Les généraux, officiers et soldats de la Garde Impériale aux généraux, officiers et soldats de l’armée.

« Soldats, camarades !

Nous vous avons conservé votre Empereur, malgré les nombreuses embûches qu’on lui a tendues ; nous vous le ramenons au travers des mers, au milieu de mille dangers ; nous avons abordé sur la terre sacrée de la patrie avec la cocarde blanche ; elle est le signe de la honte et du joug imposé par l’étranger et la trahison. Nous aurions inutilement versé notre sang, si nous souffrions que les vaincus nous donnassent la loi !!!

Depuis le peu de mois que les Bourbons règnent, ils vous ont convaincus qu’ils n’ont rien oublié ni rien appris. Ils sont toujours gouvernés par des préjugés ennemis de nos droits et de ceux du peuple. Ceux qui ont porté les armes contre leur pays, contre nous, sont des héros ; vous, vous êtes des rebelles à qui on veut bien pardonner jusqu’à ce qu’on soit assez consolidé pour la formation d’un corps d’armée d’émigrés, par l’introduction à Paris d’une garde Suisse, et par le remplacement successif de nouveau officiers dans vos rangs. Alors, il faudra avoir porté les armes contre sa patrie pour pouvoir prétendre aux honneurs et aux récompenses ; il faudra avoir une naissance conforme à leurs préjugés pour être officier. Le soldat devra toujours rester soldats ; le peuple aura les charges et eux les honneurs. En attendant le moment où ils oseraient détruire la Légion d’honneur, ils l’ont donnée à tous les traîtres et l’ont prodiguée pour l’avilir ; ils lui ont ôté toutes les prérogatives politiques que nous avions gagnées au prix de notre sang.

Les 400 millions du Domaine extraordinaire, sur lequel étaient assignées nos dotations, qui étaient le patrimoine de l’armée et le prix des nos sœurs, ils se les sont appropriés.

Soldats de la grande Nation, soldats du grand Napoléon, consentirez-vous à l’être d’un prince qui, [durant] vingt ans, fut l’ennemi de la France, et qui se vante de devoir son trône à un prince régent d’Angleterre ?

Tout ce qui a été fait sans le consentement du peuple et le nôtre, et sans nous avoir consulté, est illégitime.

Soldats, officiers en retraite, vétérans de nos armées, venez avec nous conquérir le Trône, palladium de nos droits, et que la postérité dise un jour : Les étrangers, secondés par des traîtres, avaient imposé un joug honteux à la France ; les braves se sont levés, et les ennemis du peuple, de l’armée, ont disparu et  sont rentrés dans le néant.

Soldats, la générale bat, nous marchons ; courez aux armes ! Venez nous rejoindre, joindre notre Empereur et nos aigles tricolores !

Signé à l’original :

Le général de brigade, baron Cambronne, major du 1er régiment des chasseurs à pied de la Garde ; le lieutenant-colonel, chevalier Mallet. – Artillerie de la Garde : Cornuel, Raoul, capitaines ; Lanoue, Demons, lieutenants. – Infanterie de la Garde : Loubert, Lamourette, Monpez, Combes, capitaines ; Dequeux, Thibault, Chaumet, Franconnin, Mallet, lieutenants ; Laborde, Eméry, Noisot, Arnauld. – Chevau-légers de la Garde : Le baron Jerzmanowski, major ; Balinski, Schultz, capitaines ; Fintoski et Skoronski, lieutenants.

Signé : le général de division aide-de-camp de Sa Majesté l’Empereur, aide-major général de la Garde,

 Comte Drouot.

A peine la lecture de l’adresse eût-elle était terminée, qu’une salve de Vive l’Empereur ! retentit ; des poignées de main furent échangées ; on se mit en marche. Je fus placé sur les derrières ; mon bagage n’était pas brillant. Les Polonais firent l’avant-garde. Sa Majesté marcha au milieu du 5e. Le bourg de Vizille, que nous traversâmes, se distingua par son enthousiasme. « 

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[1] Le général Marchand (1765-1851) commandait la 7ème division militaire à Grenoble. Il essaya de s’opposer à Napoléon mais dû évacuer la ville, le 7 mars 1815. Fin 1815, il sera accusé  par le pouvoir royal d’avoir livré cette ville à l’Empereur, puis traduit devant un conseil de guerre (en juin 1816) et acquitté.

[2] Le capitaine Nicolas Raoul (1788-1850), suit Napoléon à l’île d’Elbe. Pons (ibid., p. 332)  précise que « …l’Empereur avait nommé le capitaine Raoul au commandement du génie militaire de l’île d’Elbe, quoique cet officier appartînt à l’artillerie ».  Par la suite, cet officier est nommé capitaine en second de la compagnie d’artillerie de la Garde Impériale elboise. Il est nommé en avril 1815 chef de bataillon de l’artillerie de la Garde. Blessé très grièvement à Waterloo, il est fait prisonnier. « Le capitaine en second Raoul était le fils du général Raoul [1759-1824], débris de cette armée de Sambre et Meuse qui a fourni des généraux à toutes nos armées et dont on ne semple plus se rappeler. » (Pons, ibid., pp.339-340).

[3] « Cependant les troupes venues de Grenoble avaient rétrogradé, et pris position à trois lieues de Gorp [Corps], entre les lacs et près d’un village [celui de Laffrey]. L’Empereur fut les reconnaître ; il trouva sur la ligne opposée un bataillon du cinquième régiment de ligne ; une compagnie de mineurs, en tout sept à huit cent hommes : il leur envoya le chef d’escadron Roul [Ruhl] ; elles refusèrent de l’entendre…Aussitôt mettant pied à terre, il marcha droit au détachement, suivi de sa Garde, l’arme baissée : « Eh : Quoi, mes amis, leur dit-il, vous ne me reconnaissez pas ? Je suis votre Empereur ; s’il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son général, son empereur, il le peut : me voilà (en effaçant sa poitrine)… Le cri unanime de «Vive l’Empereur ! », fut leur réponse. » (Fleury de Chaboulon, « Mémoires »., tome I, p.138).

 

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( 14 février, 2018 )

Louis Lemarchant, chirurgien-major à Waterloo…

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(Image d’illustration)

Louis Lemarchant est né à Saint-Jouan de l’Isle (Côtes d’Armor) le 9 octobre 1780.  A l’âge de vingt-ans il se décide à étudier la médecine, à l’image de son père qui était chirurgien.  Après avoir suivi les cours, à Rennes, de l’Ecole spéciale de Médecine en 1803, il obtient le prix de cette école. Afin de se soustraire à  la conscription, le jeune Lemarchant s’oriente vers la chirurgie militaire. Il se fait admettre comme « chirurgien surnuméraire » au tout nouvel hôpital militaire de  Rennes. 

Après un passage au camp d’Etaples, près de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) où il occupe les fonctions de chirurgien sous-aide dans les rangs du 6ème régiment d’infanterie. Plus tard, Louis Lemarchant sera présent à Eylau, de 1808 à 1813, il est en Espagne et au Portugal. Il participe à la bataille de Toulouse le 10 avril 1814. Nommé chirurgien-major en 1811, par décret impérial, il prépare son doctorat en médecine durant le Première Restauration, n’étant plus employé à son régiment, durant cette période. Reçu docteur à Strasbourg le 4 novembre 1814, il s’en retourne dans ses foyers à Saint-Jouan de l’Isle. Lors de la campagne de Belgique, en 1815, Lemarchant reprend du service, en étant attaché au grand parc d’artillerie. Après la chute de l’Empire, il se est mis pendant quelque temps en inactivité avant d’être nommé en décembre 1816, chirurgien-major à la Légion de la Seine-Inférieure [Seine-Maritime], en garnison à Calais. En septembre 1817, nous le retrouvons dans les rangs de la Légion de la Seine qui devient en 1820 le 55ème de ligne. Lemarchant achève sa carrière militaire à Strasbourg dans le 1er escadron du train des parcs d’artillerie. Il est admis à la retraite le 20 mai 1835. Sa date de décès reste inconnue.

Louis Lemarchant a laissé des souvenirs jusqu’à présents toujours inédits et qui portent le titre original de « Mémorial historique des Campagnes… » dont le manuscrit se trouve à la Bibliothèque Nationale de Biélorussie, à Minsk. Mais laissons parler l’auteur au travers d’un extrait de son témoignage.

C.B.

Me  trouvant sans emploi et voisin de l’École de Médecine de Strasbourg, ayant en outre toutes mes inscriptions de Paris, je profitai de ces circonstances, en attendant mon licenciement définitif, pour aller soutenir ma thèse à Strasbourg, ce qui eut lieu le 4 novembre 1814.

Janvier 1815. Rentré dans ma famille le 6 de ce mois, après une absence de 11 années consécutives et toujours dans une service actif à l’armée pendant lequel je n’ai pas eu un jour de maladie, quoique exposé à des températures bien opposées, en plus ou en moins, accompagnées de fatigues et de privations des choses les plus nécessaires à l’existence, souvent entretenue par des alimentations bien variées que le besoin faisait trouver bonnes. Demeuré dans ma famille jusqu’au 15 avril [1815], Napoléon débarqué dans les premiers jours de mars au Golfe-Juan avec une partie du bataillon de sa Garde. Il marcha sur Paris entouré des régiments de toutes armes qui allaient le rejoindre avec empressement, avec ou sans leurs chefs. Il entra à  Paris le 20 mars. Louis XVIII l’avait quitté le 19 avec sa famille. Napoléon réorganisait son armée. Je reçus un ordre ministériel de me rendre à Vincennes pour être attaché comme chirurgien-major au grand parc d’artillerie et 8ème escadron du train de cette arme.

Parti de Paris les premiers jours de juin pour Douai et le 10 pour l’armée, j’ai assisté à la bataille de Fleurus (ou de Ligny), le 16 juin, où l’armée prussienne fut battue complètement, puis à Waterloo le 18 juin : l’armée anglo-hollandaise, forte de 115.000 homme fut attaquée à son tour par 65.000 français. Battu toute la journée, la victoire était assurée lorsque la trahison et, d’un autre côté, la désertion de chefs de corps et de généraux contribuèrent à décider une division prussienne à passer dans un intervalle de nos lignes pour se porter sur nos derrières pour s’amuser que nous n’avions point de réserve à leur opposer ; ce que l’ennemi ignorait. Ce mouvement de la part des Prussiens fut la cause de notre perte et c’est à tort que l’on donne la gloire de cette bataille aux anglais, car ils étaient en pleine retraite. Dans Bruxelles même, lorsqu’on apprit la nôtre par les motifs ci-dessus indiqués, événement malheureux que le général Grouchy, avec 20.000 hommes, dans l’inaction devant Namur, pouvait prévenir en appuyant sa gauche à notre droite, au moins par quelques régiments en observation, faute qui lui a été bien reprochée. Profitant de la nuit, on effectua la retraite en ordre jusqu’à Soissons que le maréchal Soult rassembla sur la route les corps en leur faisant sentir, pour l’honneur de l’armée, combien il était important de marcher en ordre. Nous rentrâmes à Paris et prîmes position sur les deux rives de la Seine, la plaine de Montrouge et Vincennes. Je suis parti de cette dernière position avec toute notre artillerie pour passer la Loire. Pris des cantonnements à La Rochefoucauld, Angoulême et Limoges pendant les mois de fin juillet, août et septembre ; une partie d’octobre. Ayant quitté Limoges le 20, avec un parc nombreux d’artillerie pour le conduire à Grenoble, passant par Saint-Léonard, Aubusson (loup affamé), Pont-Gibaud [Pontgibaud, dans le département du Puy-de-Dôme], grande et bonne auberge au pied de la montagne, Clermont, Thiers, Roanne, Lyon, Vienne, Valence, destination où je restai jusqu’au 15 novembre. Je fus remplacé à l’escadron par M. Sauveur.

Parti pour Paris, le 20 novembre 1815, après un très beau dîner donné par les officiers d’artillerie à Saint-Pérez [Saint-Péray, dans l’Ardèche], de l’autre côté du Rhône, en face de Valence, vins renommés. 

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( 13 février, 2018 )

Un nouveau blog consacré à celle qui joua le rôle de Joséphine dans le film « Austerlitz » d’Abel Gance (1960)

Austerlitz

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( 13 février, 2018 )

Guillaume de Hochberg, Margrave de Bade…

« Guillaume-Louis-Auguste, margrave de Bade, second fils du grand-duc Charles de Bade et de la comtesse de Hochberg, né le 8 avril 1792 à Karlsruhe, entré dans l’armée en 1805, colonel au quartier-général de Masséna (1809), commandant de la brigade badoise en Russie (1812), lieutenant-général en janvier 1813, capitule à Leipzig le 19 octobre, mais refuse de se joindre aux Alliés, prend part aux campagnes de 1814 et de 1815, reçoit le titre de margrave de Bade (4 octobre 1817), devient président de la première Chambre (1819), général en chef du corps d’armée badois (1825), renonce à ses fonctions après 1848, meurt le 11 octobre 1859. »

(Arthur Chuquet, « L’Alsace en 1814 », Plon, 1900, p.470.)

Le margrave de Bade a laissé des  « Mémoires » dont la partie sur la campagne de 1812 fut traduite en français et publiée par Arthur Chuquet en 1912 (chez Fontemoing et Cie). En 1812, Hochberg et ses 6000 badois sont intégrés au sein du 9ème corps d’armée (maréchal Victor). Ce témoignage a été réédité en 2009 par le Livre chez Vous sous le label « A la Librairie des Deux Empires ».

Guillaume de Hochberg, Margrave de Bade… dans FIGURES D'EMPIRE guillaume-de-hochberg-margrave-de-bade

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