( 26 mars, 2014 )

Situation générale…

06-513451

Une lettre de l’archichancelier Cambacérès adressée à Napoléon.

[Paris] 26 mars 1814.

Sire,

Notre situation ne change point. Il n’y a pas de nouvelles de Votre Majesté. L’opinion en est alarmée, malgré toute la confiance qui se rattache à la présence de Votre Majesté.

Dans le midi, le mal s’accroît. Il ne nous vient rien que de fâcheux de Lyon, de Toulouse et de Bordeaux [Bordeaux est aux mains des royalistes, Augereau évacue Lyon où pénètre le prince de Hesse. Soult est replié sur Toulouse; la situation est en effet désastreuse]. Je craindrais d’affliger Votre Majesté en lui retraçant des faits et des renseignements qu’elle sait déjà.

L’esprit de la capitale est encore satisfaisant. Demain, le Roi [Joseph] se prépare à une grande revue de la Garde nationale. Cette disposition ne peut être qu’utile.

(« Cambacérès. Lettres inédites à Napoléon. Tome II, 1808-1814 », Klincksieck, 1973, p.1142, lettre n°1394).

 

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( 24 mars, 2014 )

24 mars 1814…

ML2

Une lettre de Marie-Louise à Napoléon.

Mon cher Ami. Je suis bien tourmentée de n’avoir pas de tes nouvelles depuis deux jours ? Tu n’as pas d’idée comme cela m’inquiète. Je crains que tu ne sois souffrant et qu’on veuille me le cacher, et puis je m’imagine que toutes les communications sont interceptées et que je resterai comme l’année dernière pendant plus de 15 jours sans avoir de tes nouvelles. J’ai demandé au Toi [Joseph] s’il en avait. Il m’a dit que non. J’espère que cette nuit nous serons plus heureux et que nous aurons la nouvelle de quelque grande victoire.

On en a bien besoin à Paris, l’on  y est bien tourmenté. Il y a quantité de femmes qui se sont refugiées hier de Meaux à Paris, ce qui a jeté l’alarme dans tout le monde. Je suis contente de mon courage par rapport aux circonstances dans lesquelles nous nous trouvons. Mais je crois qu’il n’y a à présent guère une personne plus heureuse que ton fils qui t’embrasse et qui est d’une gaieté charmante ; je l’ai vu toute la journée bien occupé, parce qu’il s’imaginait qu’il était un courrier et qu’il t’apportait des nouvelles des armées et qu’il trouvait ton absence bien longue. Ma santé est très bonne, je trouve que je vais beaucoup mieux depuis quelque temps.

Je viens d’apprendre que l’estafette du 22 [mars 1814] a été prise. Quel contretemps fâcheux ! Si tu me donnes quelque ordre par ta lettre que tu m’auras écrite, je te prierai de me les répéter. Je suis bien fâchée que des vilains Cosaques aient interceptés le chemin. Cela m’ôte une grande partie du plaisir que j’éprouve à t’écrire. Je te prie de croire à tous les tendres sentiments de ta fidèle Amie Louise.

[Paris]. Ce 24 mars 1814, à dix heures du soir.

(« Marie-Louise et Napoléon, 1813-1814. Lettres inédites…Réunies et commentées par C.F. Palmstierna », Librairie Stock, s.d. [1955], pp.168-169, lettre n°132.)

 

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( 16 mars, 2014 )

« Nous faisons une rude campagne… »

« Nous faisons une rude campagne… » dans TEMOIGNAGES 1814-2014

Trois nouvelles lettres du jeune Faré, capitaine adjudant-major aux grenadiers de la Garde Impériale. Dans la première, l’auteur confie à ses parents son dénuement mais aussi son désespoir devant les horreurs qu’il croise, les exactions commises par ces hordes de cosaques, puis c’est l’angoisse pour les siens qui monte en lui. Au cours de la seconde, il parle du souhait général : « La paix, le repos ». Faré évoque, selon lui, la mission que devra avoir le nouveau gouvernement s’il veut se faire aimer des Français. La suite est connue…

C.B.

Reims, 16 mars 1814.

Mes chers parents, je profite d’un moment de repos qu’on nous accorde enfin pour vous donner de mes nouvelles. Au milieu de nos marches forcées et de nos bivouacs continuels, il m’a été impossible de trouver une seule occasion de vous écrire. Je ne me suis jamais trouvé dans une semblable situation. Je n’ai plus ni bottes ni pantalon. Jamais nous n’avons tant marché et avec si peu de repos. Nous faisons une rude campagne et, si nous parvenons enfin à chasser l’ennemi de notre patrie, je crois que nous aurons bien mérité d’elle. Que je vous félicite de n’avoir point encore eu à recevoir ces hôtes féroces ! On dit que dans l’intérieur on ne veut pas croire à l’atrocité de leur conduite. Certes, je ne désire pas aux incrédules d’être convaincus par leurs yeux. Je ne fais point de gazette et je dis ce que j’ai vu. Vingt fois des larmes de rages ont coulé de mes yeux à la vue et au récit des horreurs qu’ils ont commises. Le pillage le plus éhonté est le moindre de leurs forfaits. L’incendie le viol, la mort, voilà des biens qu’apportent les libérateurs de la France. Il semble que le sexe et l’âge, au lieu d’être pour eux un objet de respect, en soit un de fureur. Bien entendu, c’est dans les campagnes que se commettent les grandes horreurs. Pour les villes, où l’on observe une espèce d’ordre, ils ont une gentillesse. Ils rencontrent un bourgeois dans la rue, le jettent à terre et lui prennent ses bottes, ses boucles, ses souliers, sa montre. Ils entrent dans une maison, s’y font donner les couverts que l’on n’a pas eu le temps de cacher. Ils on surtout pour habitude de ne laisser aucun rideau dans les chambres où ils couchent. MM. Les officiers voient tout cela, et, loin de s’y opposer, en font autant.

Si le malheur voulait donc-ce qui, j’espère, n’arrivera pas, que ces monstres menaçassent la Touraine, cachez tout ce que vous trouverez en argent, linge, meubles, etc., et réfugiez-vous à la ville où l’on est toujours plus en sûreté. Mais par grâce, ne restez pas aux Amandières !

L’idée de les voir ravager nos belles contrées me rend furieux. Ah ! Pourquoi tous les Français n’entent-ils pas mieux leurs intérêts ? En moins d’un mois, tous ces brigands auraient repassé le Rhin. Ils sont pourtant parvenus à force d’horreurs, à animer les paysans de ces contrées-ci qui commencent à leur donner la chasse avec vigueur. Quand la saison sera moins rigoureuse, j’espère que tous se lèveront.

———-

Au bivouac près d’Essonnes, 5 avril 1814.

Mes chers parents, je me porte bien physiquement, et c’est beaucoup dans ces tristes circonstances. Du courage, de la santé, c’est ce que vous désire.

———

Egreville, 16 avril 1814.

Mes chers et bon parents, enfin, après bien des peines, biens des fatigues, je jouis d’un peu de clame et de repos. Lorsque je vous écrivis quelques mots au bivouac le 5 avril, nous ignorions encore les événements qui s’étaient passés à Paris [capitulation de la ville le 30 mars ; entrée des troupes alliées le lendemain] et nous nous attendions à  marcher sur cette ville. C’est le même jour qu’eut lieu la défection du maréchal Marmont, en suite de laquelle on nous fit revenir à Fontainebleau où nous apprîmes tout par les journaux. Que de trahisons ! Que de lâchetés ! Que d’ingratitude ! En vérité les hommes font horreurs et pitié tout ensemble. Quels ont été les premiers à abandonner l’Empereur ? Ceux qu’il avait comblés de biens et de dignités. Quels sont ceux qui lui sont resté fidèles jusqu’au dernier moment, qui presque tous ont demandé à l’accompagner dans son exil ? Nous, officiers subalternes de la Garde, et plus encore nos soldats dont une grande partie a déserté depuis que nous avons donné notre adhésion au nouveau gouvernement. Quelles faveurs avions-nous obtenues, quelle grâces particulières, que nos services ne nous eussent méritées sous quelque gouvernement que ce fût ?

Et nos braves grenadiers, sans solde depuis six mois, beaucoup sans souliers, sans pantalons, marchant sans cesse au milieu de la saison lap lus rigoureuse, volant d’une armée à l’autre, fixant la victoire par leur présence, est-ce l’intérêt qui les a guidés ? Non. C’est l’honneur fuyant les cordons, les plaques, les broderies et se réfugiant dans nos rangs.

Nous avons donné notre adhésion le 11. Nous ne pouvions pas faire plus pour l’Empereur qu’il ne voulait lui-même. Nous voilà donc sujets d’un nouveau gouvernement qui, quand nous aurons une fois prêté serment, pourra plus compter sur notre fidélité que sur cette foule de lâches dont l’intérêt et la crainte sont les seuls mobiles et qui ont si souvent brisé l’idole qu’ils avaient adorée la veille. Napoléon mérite une partie de ce qui lui est arrivé ; il a commis de grandes fautes ; chacun les dit. Une de celles que je lui reproche le plus, est d’avoir appelé ou souffert auprès de lui des gens qui n’étaient pas dignes de cet honneur. Il aurait pu et dû mieux choisir.

Si le nouveau gouvernement est prudent et ferme tout ensemble, il lui sera facile de se faire adorer. La paix. Le repos, c’est le cri général. Celui qui la donnera, cette paix tant désirée, sera un dieu pour la France. Heureux habitants des bords de la Loire, vous ignorez encore les maux de la guerre, vous ne les connaissez que par ouï-dire. Je vous ne félicité. Que mon père a bien fait de venir poser ses pénates dans notre belle et tranquille Touraine !

Nous sommes ici cantonnés à quatre lieues de Nemours, huit de Fontainebleau. Notre village, Egreville, est assez gentil. Nous attendons d’abord que la paix soit faite, ensuite ce que le nouveau gouvernement voudra faire de nous.

Toute votre société doit bien être triomphante, bien joyeuse de ce qui se passe. Eh bien, moi aussi, je serai content si le bien de la France en est la suite. Fidèle à l’honneur, j’ai fait tout ce que mon devoir exigeait de moi, sans animosité, sans passion. Que mon pays soit heureux et j’adorerai celui qui le rendra tel.

(Arthur CHUQUET, « L’Année 1814. Lettres et Mémoires », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914, pp.123-126).

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( 15 mars, 2014 )

« Sa Majesté fait feu des quatre pieds… »

Meissonier 1814

Une lettre de Guillaume Peyrusse à son frère André.

Rappelons que Peyrusse était, durant la campagne de 1814, Payeur de l’Empereur. J’ai détaché les deux passages les plus intéressants de cette longue lettre qui est, majoritairement de par son contenu, à caractère domestique.

C.B.

A Meaux, le 15 mars 1814.

Détaché du quartier-général de l’Empereur, j’ai été fort longtemps, mon cher André, sans avoir de tes nouvelle ; je viens de recevoir aujourd’hui tes deux lettres des 25 [février ? ] et 2 mars…Nous sommes ici sans rien savoir de l’Empereur, parce que nous ne sommes pas sur la route de l’estafette ; nous étions à Château-Thierry ; par suite de son mouvement sur Soissons, nous sommes revenus à Meaux, mais nous n’y resterons pas longtemps, si, comme on nous l’assure, Sa Majesté se porte sur Reims. Sa Majesté fait feu des quatre pieds pour déjouer et anéantir les projets de l’ennemi. Et de vos côtés quelles sont vos craintes et vos espérances ?…

(« Lettres inédites du baron Guillaume Peyrusse, écrites à son frère André pendant les campagnes de l’Empire. De 1809 à 1814… », Perrin et Cie, Libraires-Éditeurs, 1894, pages 194 et 196).

 

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( 15 mars, 2014 )

Récupération…

Récupération… dans TEMOIGNAGES 1814-2014

Quelque peu étonnante est cette courte lettre de Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre.

Reims, 15 mars 1814.

Vous pouvez ordonner qu’à mesure que les prisonniers passent, on leur ôte leurs shakos et leurs bonnes capotes, pour les donner aux soldats et gardes nationaux qui en manquent

(« Lettres inédites de Napoléon 1er (An VIII-1815). Publiés par Léon Lecestre » Plon, 1897, tome II, p.321).

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( 15 mars, 2014 )

Reims,15 mars 1814…

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Le maréchal Berthier.

[Pièce n°2838]. Instructions du maréchal Berthier au général Vincent.

L’Empereur ordonne que vous vous rendiez avec les gardes d’honneurs et tous vos isolés à Epernay. A votre arrivée, vous ferez travailler sur-le-champ à faire des tambours au pont, vous lèverez la Garde nationale d’Epernay et vous l’organiserez. Sa Majesté vous recommande de voir s’il est possible de laisser dans le château de Château-Thierry quelques pièces de canon et quelques centaines d’hommes à l’abri de l’attaque des troupes légères et qui puissent garder le pont .

(Arthur CHUQUET, « Inédits napoléoniens. Tome second », E. de Boccard, Editeur, 1914-1919, p.331).

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( 6 mars, 2014 )

6 mars 1814…

Laubressel 3 mars 1814

Une lettre de l’archichancelier Cambacérès adressée à Napoléon…

[Paris] 6 mars 1814.

Sire,

Aujourd’hui, d’assez bonne heure, Sa Majesté  l’impératrice a daigné me faire savoir que votre Majesté lui annonçait, par sa lettre d’hier, écrite de Fismes qu’elle marchait sur Berry-au-Bac, après avoir délivré Reims, fait 4.000 prisonniers et pris 600 voitures de bagages. Je me suis empressé d’aller remercier et féliciter Sa Majesté l’Impératrice. Là, j’ai appris que le succès aurait été plus grand, si la ville de Soissons n’avait pas été rendue. Votre Majesté ayant écrit à 10 heures du matin, nous devons espérer ce soir un courrier qui annoncera de nouveaux avantages. En attendant, le canon a tiré sur le midi, ainsi que Votre Majesté l’avait prescrit. Ce signe d’allégresse publique n’a pu que produire de bons effets.

Notre satisfaction aurait été plus complète, si nous n’avions appris l’évacuation de Troyes, et que l’on se repliait sur Nogent. La fortune paraît nous sourire partout où est Votre Majesté : elle nous abandonne, Sire, là où vous n’êtes pas. Cela peut tenir aussi à d’autres motifs. On disait assez ouvertement que le mouvement rétrograde qui vient de s’opérer était le résultat d’un défaut d’accord et d’harmonie entre les ducs de Reggio [maréchal Oudinot] et de Tarente [maréchal Macdonald]

 

(Cambacérès, « Lettres inédites à Napoléon 1802-1814. Tome II. Avril 1808-Avril 1814. Présentation et notes par Jean Tulard », Editions Klincksieck, 1973, pp.1127-1128, lettre n° 1369). 

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( 5 mars, 2014 )

Lettres de l’Empereur…

L'Empereur !

En voici une adressée au comte Daru, Ministre-directeur de l’Administration de la Guerre, à Paris.

Berry-au-Bac, 5 mars 1814.

Vous verrez par mon décret que j’ordonne que les gardes nationaux des levées en masse soient vêtus de blouses, ce qui est un assez bel habillement qui couvre tout. Ces gardes nationaux auront des schakos et des souliers. Comme cela, ils seront parfaitement habillés. Faites en sorte que les villes se procurent ces effets sur-le-champ. Vous pourrez en fournit aux gardes nationaux qui n’en auraient pas. Vous ferez faire plusieurs milliers de ces blouses. Cela ne doit pas coûter cher. Quant aux gibernes, elles seront de buffleteries noires.

————-

Celle-ci est écrite au comte de Montalivet, Ministre de l’Intérieur.

Fismes, 5 mars 1814.

Donnez ordre au préfet de Châlons de se rendre sur-le-champ à Reims. J’espère que nous ne tarderons pas à être maîtres aussi de Châlons. Il sera nécessaire que le préfet de Laon soit prêt à s’y rendre, si nous y rentrons demain ou après.

————-

Et cette dernière s’adresse à Maret, duc de Bassano, Ministre Secrétaire d’Etat, à Paris.

Berry-au-Bac, 5 mars 1814.

Expédiez sur-le-champ au sous-préfet de Reims les décrets qui les concernent. Faites-lui également passer les décrets relatifs à la levée en masse, pour que tout cela soit imprimé et affiché, ainsi que les bulletins. Il y a aussi une séance de la présentation des drapeaux à l’Impératrice. Je voudrais qu’elle fût également imprimée et affichée.

Faites expédier tout cela dans la nuit au sous-préfet.

 

(« Lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne », Honoré Champion, Libraire, 1908, pp.539-540, Lettres n°1337,1338 et 1339).

 

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( 23 février, 2014 )

Mais que fait Augereau ?

Augereau

Il est inactif si on en juge la teneur de cette lettre de Napoléon adressée à Marie-Louise. « Chargé de tomber avec l’armée de Lyon sur les derrières de Schwartzenberg. Il reste inerte ». 

« Mon amie. Fais appeler la duchesse de Castiglione [maréchale Augereau]. Dis-lui qu’elle écrive à son mari qu’il dort, qu’il devrait déjà avoir délivré le [département] du Mont-Blanc, l’Ain et culbuté l’ennemi. Qu’elle lui écrive dans ce sens et l’invite à se bien battre… »

Nogent, le 23 février 1814, à 9 heures du matin.

 

(« Marie-Louise et Napoléon, 1813-1814. Lettres inédites… », Librairie Stock, s.d. [1955], pp.101-102)

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( 22 février, 2014 )

« Il doit se livrer une bataille qui fixera le sort de la France… »

Claye 28mars1814

L’auteur de cette lettre, François Franconin (1788-1857) est sergent-major au 1er régiment des Grenadiers de la Garde.

 Nogent-sur-Seine, 22 février 1814.

Je saisis l’occasion d’un officier logé dans la même maison que moi, qui va en dépêche à Paris, pour vous apprendre que ma santé est aussi bonne que vous pouvez la désirer et que je me suis retiré sain et sauf de différentes affaires qui ont eu lieu aux environs de Montmirail et de Château-Thierry et dont la Garde a presque fait tous les frais. Nous n’avons pas donné à Nangis et à Montereau.

Avant tous ces succès, l’ennemi se croyait maître de la France et pouvait, encore quelques jours, l’être en effet. Maintenant, à notre approche, il se retire avec la plus grande précipitation. Le bruit court que les débris de l’armée coalisée cherchent à se réunir à l’armée encore intacte que commande le prince de Schwartzenberg ; on dit que, dans deux ou trois jours, il doit se livrer une bataille qui fixera le sort de la France et l’illustrera à jamais.

Si nous sommes heureux, et je n’en doute pas, je vous écrirai de suite afin de diminuer le plus tôt possible l’appréhension affreuse qui, naturellement, viendra peser sur votre cœur sensible.

Je vous embrasse…

J’attends le résultat de cette nouvelle campagne pour remercier aussi amplement que je le dois notre cher parent et son aimable épouse de l’intérêt qu’ils n’ont cessé de prendre à mon sort.

Adieu…

P.-S. – Adressez toujours mes lettres au grand quartier-général.

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( 16 février, 2014 )

Une lettre de l’impératrice Marie-Louise à Napoléon. Extrait.

ML2

Paris, le 16 février 1814, à 6 heures du soir.

Mon cher Ami.

Je t’ai déjà écrit ce matin par l’estafette. Je vais t’écrire par un courrier du Roi [Joseph, sans doute] qui, je l’espère, t’apportera ma lettre plus promptement. Les estafettes mettent depuis quelques temps un temps infini à apporter des lettres. Je vais essayer si par ce moyen tu recevras plus vite de mes nouvelles.

J’ai tenu ce matin le conseil des Ministres, il a été court. Quand tu n’y es pas, ils ne sont jamais bien longs, l’Archichancelier [Cambacérès] ne les aime pas plus que moi. J’ai bien parlé de toi ce matin avec le Roi [Joseph très certainement], tu sais que c’est ma conversation favorite, car penser à toi  sont mes seules occupations pour le moment…

Ta fidèle amie Louise.

(« Marie-Louise et Napoléon, 1813-1814. Lettres inédites… », Librairie Stock, s.d. [1955], pp.84-85).

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( 4 février, 2014 )

Début février 1814…

Laubressel 3 mars 1814

[Pièce n°1324]. Napoléon au maréchal Berthier.

Brienne, 1er février 1814.

Donnez ordre que le 1er régiment de gardes d’honneur qui est à Dienville, rejoigne la division Defrance. Ce régiment pourra se rendre directement à Piney aussitôt qu’on saura que le général Defrance est arrivé. Faites-moi connaître les généraux de brigade qui se trouvent avec les gardes d’honneur ; il doit y avoir trois colonels en second généraux de brigade ; c’est plus qu’il n’en faut ; je désire en tirer un pour le service de la Garde.

——–

[Pièce n°1325]. Napoléon à Daru.

Brienne, 2 février 1814.

Vous recevrez copie d’un ordre du jour dans lequel vous verrez mon intention est que le centre de l’administration de l’armée soit établi à Sézanne. Il y a ici beaucoup de soldats qui n’ont pas de shakos ; Nous marchons toujours dans les boues ; il sera donc nécessaire que vous nous envoyiez des souliers ; mais ne faites rien partir de Paris sans mon ordre.

——–

[Pièce n°1326]. Napoléon au maréchal Mortier.

Piney, 2 février 1814, au soir.

J’arrive ici. Je serai demain à Troyes. Je désire que vous me donniez des renseignements positifs sur la situation des ennemis et sur tout ce qu’ils sont et ce qu’ils font du côté de Sens. Venez demain à ma rencontre et soyez en état de me dire ce qu’il en est.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens [Tome I] », Fontemoing et Cie, 1913, pp.358-359)

 

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