( 15 août, 2019 )

1769-2019… BON ANNIVERSAIRE NAPOLEON !

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Napoléon souffle cette année ses 250 bougies et le devoir de mémoire exige que l’on s’en souvienne. Il n’est pas à la mode mais doit y revenir et personne ne doit oublier ce qu’il a fait pour la France, en établissant surtout l’égalité avec le Code des lois qui sont les mêmes pour tous, Ce fut une grande avancée, de même que l’éducation, à laquelle tout le monde a droit désormais.

La France avait besoin d’un dirigeant honnête et fort, et Bonaparte s’est trouvé propulsé à sa tête à l’âge de 30 ans. Il hérita d’un pays exsangue, ravagé par une révolution d’une violence inouïe ; l’ennemi était aux portes et personne ne pouvait plus gouverner.

Sur ces ruines encore fumantes, sans un sou en caisse, le Premier Consul, créant les impôts pour tous, inventa la France d’aujourd’hui. Il est le père de notre administration, de nos institutions et de notre drapeau.

Jamais le pays ne se trouva dans une telle situation, assailli par les armées des monarchies européennes qui n’admettaient pas que la France n’en fût plus une. Ces souverains, que le Petit Caporal vainquit brillamment la plupart du temps, avaient, dès son accession au pouvoir, juré la perte de cette France qui avait aboli les privilèges et permettait à tous d’accéder aux plus hautes fonctions. Ils finirent par l’emporter.

Napoléon ne fut ni conquérant ni dictateur. Il défendit son pays jusqu’au bout ; c’est le devoir de tout chef d’État. Il rétablit la paix intérieure, et il fallait  une main ferme pour réussir tout cela…

Napoléon n’est pas tombé à cause d’une défaite militaire. Si les Français s’étaient unis, cela ne serait pas arrivé. Mais ces guerres étaient idéologiques, et les anciens privilégiés préférèrent leurs intérêts à ceux de leur pays et s’unirent avec les ennemis. Certains sénateurs usèrent de stratagèmes peu glorieux pour abattre l’homme à qui ils devaient tout…

Pendant quinze ans, l’enfant d’Ajaccio créa, réforma, embellit le pays, construisit ponts et routes, canaux et rades, fonda des villes et rebâtit partout où il passait. Il restaura le patrimoine, érigea des monuments, et fit tout pour le bien-être des Parisiens.

Napoléon fut membre de l’Institut des Sciences : les savants et les artistes trouvèrent en lui un interlocuteur privilégié. La vaccination fut fortement recommandée.

Napoléon est le père de la laïcité. Il rétablit le culte catholique, mais construisit temples et synagogues. Il fit des juifs des citoyens français à part entière et ouvrit les ghettos là où il passait.L’Empereur fut un homme de progrès dont la devise était « tout pour le peuple français ». Il n’a pas si mal réussi, et le peuple l’aimait. Les Français doivent le savoir, chasser les idées reçues, redevenir fiers de lui et toujours se souvenir que Napoléon, quel que soit son titre, fut le premier Président d’une république stable et le seul à avoir quitté l’Élysée alors que le peuple l’implorait de rester. 

                                                                                                                                                                                                                          OSORKI

                                                                                                                                                                                                                   osorki@orange.fr

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( 11 juillet, 2019 )

INCROYABLE ! La tombe du général HEYMES va disparaître !

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Heymès chargeant aux côtés du maréchal Ney à Waterloo.

« Excusez du peu ! », comme on dit familièrement ! 

Un de nos correspondants et fidèle lecteur de « L’Estafette », M. Paul Matzynski, militaire en retraite,  nous a informé hier au  soir que,  au cours d’une visite qu’il a effectuée hier après-midi dans le petit cimetière de l’ancien village d’Auteuil (Paris 16ème [sud]) il a appris que la tombe du général Heymès allait être détruite. La conservatrice de ce ce cimetière lui a dit que la famille Heymès n’avait pas répondu à aucune des trois lettres adressées à elle par l’administration des Cimetière parisiens.

Nous avions déjà évoqué cette tombe sur « L’Estafette », en soulignant son mauvais état, c’était en 2013:

http://lestafette.unblog.fr/2013/07/29/la-tombe-d%e2%80%99un-colonel-d%e2%80%99empire%e2%80%a6/

Il serait navrant que la sépulture de ce militaire disparaisse !  A deux pas de cette tombe, M. Matzynski a remarqué que celle dans laquelle repose le peintre Hubert Robert (1733-1808) avait été sauvée et restaurée par l’ACMN, une association de sauvegarde des monuments napoléoniens.  Espérons que le général (sous la Monarchie de Juillet) et colonel (d’Empire, aide-de-camp du maréchal Ney) ne sera pas précipité dans le néant anonyme d’une fosse commune.

Rien ne serait pire pour ce militaire ayant servi la France au cours des guerres de la Révolution et de l’Empire ! 

C.B.

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Le général Heymès a fait l’objet d’une biographie

écrite par un de ses descendants.

Elle a été publiée chez Teissèdre en 2006.

 

 

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( 5 mai, 2019 )

« Mes réflexions en apprenant la mort de Sa Majesté »

Napoléon

Paris, 20 mars [année laissée en blanc].

« Napoléon fut appelé grand A peine âgé de vingt-sept ans, pareil à un torrent, il précipita sa course impétueuse du haut des Alpes dans les belles plaines d’Italie. Ces champs, illustrés par les victoires Hannibal et de Marius, reçurent un nouvel éclat de ses trophées.

Empereur des Français, il subjugua le monde. Les rois de la Terre l’entouraient tous et formaient un cortège brillant qui annonçait sa présence. Ses armées assiégeaient Cadix. Quelque temps après, la victoire les conduisait jusque sous les murs de Moscou. Tant de prospérités ne pouvaient durer. Invincible jusque-là, la nature se chargea du soin de venger ses ennemis. Les glaces de l’hiver lui enlevèrent la plus belle armée qu’on eût vue sous le soleil. En une nuit tout changea.

L’étoile de l’Empereur, qui jusqu’alors avait jeté de si vifs rayons, commença à pâlir. Le monde s’ébranla ; des nuées de barbares l’entourèrent. Semblable à un gladiateur, qui, au milieu de l’arène couvert de blessures, porte des coups à tous ses rivaux et les menace encore avant de tomber, l’Empereur les anéantit partout où il put les atteindre.

L’Europe conservera un souvenir éternel de ses désastres et de ses victoires. Mais enfin l’Empereur était homme : il fallut céder à la fortune…

Retiré dans son palais de Fontainebleau, conservant pour tout bien son grand nom, abandonné de tous, il sut encore se faire craindre et respecté.

Il signa son abdication à Fontainebleau. Qui n’admirerait pas les desseins admirables de la Providence sur la destinée des hommes, quand on songe, que dans ce même palais dans cette même salle où l’Empereur signa son abdication, S.M. avait voulu forcer le pape Pie VII à renoncer à son trône. Pouvait-il prévoir que vaincu, abandonné de tous, il abdiquerait sa puissance et verrait le papa entrer dans Rome, rétabli par les Russes et les Anglais qui brûlaient naguères le pape en effigie ?

C’est dans la cour de ce palais que l’Empereur se vit dans cette première période entouré de ses vieux soldats.

 Qui pourrait peindre la douleur qui oppressait dans ce moment l’âme de l’Empereur à la vue de ces hommes intrépides qui, dans cent batailles, avaient contemplé de si près la mort sans rien craindre, versant des larmes à son départ, l’entourant de leurs armes, courbant, leur drapeau sur sa tête !

L’Empereur s’arracha de leurs bras… Il partit !

Un an s’était à peine écoulé. L’Empereur revint. Tout se souleva sur son passage. Le monde s’ébranla encore une fois pour le  vaincre. La France épuisée par tant de guerres ne put résister à tant d’ennemis. Nouveau Thémistocle, Napoléon allait s’asseoir au foyer du peuple britannique, mais ce peuple égoïste le relégua sur un rocher désert au milieu de l’Océan.

Cinq ans après l’Empereur n’existait plus. Quelques pieds de terre recouvraient celui à qui le monde n’avait pu suffire !  »

Guillaume PEYRUSSE.

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( 5 mai, 2019 )

Il y a 198 ans s’éteignait l’Empereur….

Napoléon le Grand

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( 23 mars, 2019 )

A propos du livre « Lettres de grognards » et paru en librairie le 14 février 2019 (Editions du Cerf)…

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( 21 février, 2019 )

A propos de mon édition « Mémoires » de G. Peyrusse…

Un GRAND témoignage sur NAPOLEON et ses campagnes.

Cet ouvrage a fait l’objet d’une recension, dans le dernier numéro de la « Revue du Souvenir Napoléonien » (une publication que l’on trouve désormais en kiosque)

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( 10 décembre, 2018 )

Paru récemment…

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« Il arrive parfois, qu’au détour des pages glorieuses de l’Epopée, apparaisse un personnage oublié ou méconnu. Guillaume Peyrusse, qui fut un des collaborateurs de Napoléon, en fait partie. Entré en 1805, l’année d’Austerlitz, dans les bureaux du Trésor de la Couronne, Peyrusse va débuter une carrière fulgurante. En 1809, alors que se prépare la campagne d’Autriche, Peyrusse est nommé Payeur du Trésor de la Couronne à la suite de l’Empereur.  Dès le lendemain de cette nomination, qui le rapproche de Napoléon, il suit la Grande-Armée. 

C’est là que débute son passionnant témoignage.

Il va raconter notamment toutes les campagnes auxquelles il participe, les batailles dont il est témoin, toujours placé non-loin de Napoléon.

En 1812, débute une des plus fameuses campagnes de Napoléon : celle de Russie. G. Peyrusse suit l’Empereur, toujours en tant que Payeur du Trésor de la Couronne. Cette fonction lui va décidément à ravir, lui, dont la rectitude dans les comptes est légendaire. Aux batailles menées par Napoléon, il oppose des batailles de nombres. Son armée est composée de milliers d’opérations, de colonnes noircies à la plume par des combats d’additions et de soustractions qui doivent donner en finalité un résultat exact. C’est quelquefois pour lui un vrai casse-tête. Mais il n’oublie pas relater tout ce qu’il voit : la bataille de Borodino, Moscou, la ville aux mille clochers, l’incendie dantesque dont elle sera la proie et plus tard l’enfer blanc, ce froid, cette neige qui décimeront la Grande-Armée de l’Empereur, et le fameux passage de la Bérézina qui a tant marqué les esprits !

G. Peyrusse fait partie des survivants. Le voici en Allemagne, où il aura à peine le temps de se reposer. En ce début 1813, il doit suivre Napoléon dans la nouvelle campagne qui commence. En avril, il est à Mayence ; en mai, Peyrusse assiste aux batailles de Lützen et de Bautzen ; en août, il est témoin de la bataille de Dresde qui verra la mort du fameux général Moreau dans les rangs ennemis. Puis ce sera celle de Leipzig, le 16 octobre 1813, que Peyrusse qualifie « d’effroyable boucherie ». En janvier 1814, il est de retour à Paris. L’Empire est menacé. L’héroïque campagne de France commence. Elle est ponctuée par des noms de lieux, qui sont autant de combats et de batailles menés avec courage par les troupes de l’Empereur : Brienne, Champaubert, Montmirail, Vauchamps…

Mais tout est bientôt fini. Napoléon doit abdiquer. G. Peyrusse assiste aux émouvants Adieux de Fontainebleau, le 20 avril 1814, puis c’est le départ pour l’exil: l’île d’Elbe.

Durant cet intermède, il joue un rôle capital auprès de Napoléon : c’est lui qui occupe les fonctions de « Trésorier général de l’Empereur et Receveur général de l’île ». Celui que Napoléon aime à appeler, avec son accent si particulier, Peyrousse, a su obtenir la confiance du souverain.

Le 26 février 1815, lorsque l’Aigle prend soudain son envol, lorsque Napoléon décide de revenir en France, G. Peyrusse le suit et note tout, depuis le débarquement de la petite armée de l’Empereur à Golfe-Juan jusqu’ à son arrivée triomphale à Paris. Au soir du 21 mars, aux Tuileries,  Napoléon est accueilli par une foule en délire; moments d’une intensité incommensurable !

Deux jours après, l’Empereur nomme G. Peyrusse, Trésorier général de la Couronne. Il s’installe non loin du cabinet du souverain, se tenant toujours prêt à répondre à ses sollicitations. Peyrusse, travailleur infatigable, entreprend alors de remettre en ordre les comptes fastidieux de l’Empire. Resté à Paris, il ne participe pas à la campagne de Belgique. Le 21 juin 1815, à trois heures du matin, il apprend la défaite de Waterloo… Tôt ce même jour, Napoléon arrive à l’Élysée et convoque aussitôt Peyrusse afin de remettre de l’ordre dans ses finances. Mais l’Histoire suit son cours inexorable : l’Empereur  doit abdiquer pour la seconde fois.

 « Je rentrai aux Tuileries le cœur navré », écrit-il, après avoir rencontré Napoléon une ultime fois au château de Malmaison et assisté à son départ pour un exil, cette fois, définitif…

Ce sont les « Mémoires » de ce personnage attachant que nous vous proposons de découvrir, et ce dans une version intégrale. En effet, Christophe Bourachot, commentateur de cette nouvelle édition, a pu avoir accès au manuscrit original écrit de la main de Guillaume Peyrusse. L’ensemble a été complété par de nombreuses notes qui viennent éclairer cet important témoignage. »

Site internet de l’éditeur AKFG: http://akfgedition.com/product/baron-guillaume-peyrusse

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( 2 décembre, 2018 )

Il y a 213 ans: AUSTERLITZ…

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« Le 2 décembre [1805], ou 11 frimaire an XIV, à la pointe du jour, on battit la générale partout, la cavalerie monta à cheval ; chacun prit son rang et se disposa à combattre. L’ennemi avança dans le lointain, par division, en colonnes serrées et commença l’attaque ; le canon ronfle partout ; la lutte s’engage ; et ce jour fut donnée la fameuse bataille d’Austerlitz, où les empereurs de France, de Russie et d’Autriche commandaient en personne ; la bataille des Trois Empereurs ! Chacun fit son devoir. L’armée française s’est immortalisé là par son intrépidité en luttant contre deux armées coalisées, de force supérieures. L’affaire a été générale, et, en moins de quatre heures, l’armée ennemie fut coupée ou dispersée et noyée dans les lacs [on sait qu’il s’agit d’une légende]. Le succès de cette journée nous a valu quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canons, vingt généraux et plus de trente mille prisonniers [en fait 9 767 prisonniers russes et 1 686 prisonniers autrichiens, soit 11 453 hommes au total, selon Alain Pigeard].

Jamais on n’a combattu avec tant d’acharnements de part et d’autre. Nous avons bivaqué sur le champ de bataille. ».

(Georges Bangofsky, du 7ème hussards, « Mes campagnes (1797-1815) », Editions du Grenadier, 2012).

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( 25 novembre, 2018 )

Merci !

… A tous les visiteurs qui sont venus me voir lors du Salon du Livre d’Histoire de Versailles hier et aujourd’hui.

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( 15 août, 2018 )

« Il n’est pas de NOM plus GLORIEUX que celui de NAPOLEON. »

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Il y a tout juste 249 ans, Napoléon Bonaparte ouvrait les yeux sur un monde qu’il allait marquer durablement de son empreinte impériale. Près de deux siècles et demi après sa naissance, l’Empereur peut être satisfait: on parle toujours de LUI… ! Voici un discours que prononça à la fin des années 1960, le Président de la République Georges Pompidou (1911-1974). Ajaccio était alors le théâtre en ce 15 août 1969, d’importantes festivités commémorant le bicentenaire de la naissance de Napoléon.

C.B.

Ce jeune Corse sans fortune et sans ressources»

En ce jour où la Corse et avec elle la France entière célèbrent le deuxième centenaire de la naissance de Napoléon, remontons le cours de l’Histoire, suivons ce jeune Corse sans fortune et sans ressources, voyons-le prendre conscience de ses immenses possibilités puis, progressivement, les orienter vers la France jusqu’à s’identifier avec la Nation, la lier à son sort, la façonner à sa mesure, la marquer d’une empreinte aujourd’hui ineffacée. 15 août 1769, Un an plutôt, jour pour jour, Louis XV a proclamé la Corse partie intégrante de la couronne de France. Trois mois plus tôt, en Angleterre, est né le petit Arthur Wellesley, qui sera duc de Wellington. Ainsi le veut l’Histoire. Dans Ajaccio, petit bourg de 5 à 6000 habitants, Laetitia Ramolino, épouse de Charles Bonaparte, met au monde un fils pour lequel on ressuscite un vieux prénom peu usité, Napoléon.

«Ce nom mystérieux, dira plus tard l’Empereur, j’étais le seul à le porter en France. Il était doué d’une vertu virile, poétique et redondante.».

Qui donc, en ce 15 août 1769, aurait imaginé non seulement le génie de l’enfant qui venait de naître, mais que son destin se confondrait avec celui de la France à laquelle la Corse ne se sentait encore guère attachée ?  

« Je naquis quand la Patrie périssait. »

Charles Bonaparte avait participé passionnément à la lutte contre la domination génoise. Il se rallie, il est vrai, à l’autorité française, ce qui lui vaudra d’obtenir des bourses pour Joseph et pour Napoléon. Mais le patriotisme est puissant, la nation corse une réalité et il faudra de longues années pour que Napoléon, malgré et peut-être à cause de ses dissentiments avec Paoli, renonce à la tentation de jouer un rôle de premier plan dans une Corse indépendante. «Je naquis, écrit-il, en 1789, à Paoli, quand la patrie périssait». Et pourtant, il a été «écolier du Roi», c’est-à-dire boursier, en 1779 au collège d’Autun où il apprend le français puis à l’école de Brienne où il reste cinq ans, et en 1784 à l’École militaire de Paris. En 1785, son père meurt. La même année, il sort de l’École militaire avec le grade de lieutenant en second et est affecté au régiment d’artillerie de La Fère, qu’il a choisi probablement parce qu’il est en garnison à Valence, sur le chemin de la Corse. 

« Napoléon Bonaparte, âgé de vingt-quatre ans, est nommé général de brigade. »

En France, c’est la Révolution. Mais Napoléon ne se soucie que de la Corse. Il obtient permission sur permission qu’il prolonge sans scrupule à Ajaccio où il est en contact permanent avec les «patriotes».  En quatre ans, il passe trente-cinq mois dans l’Ile, indifférent, semble-t-il, aux événements qui bouleversent la France, ne prenant le parti des Montagnards que par amitié pour Saliceti et par hostilité pour Paoli avec qui les Bonaparte se sont définitivement brouillés. C’est même cette brouille qui oblige la famille à partir pour la France en juin 1793 et qui va orienter différemment la vie de Napoléon. La protection de Saliceti lui vaut d’être nommé chef de bataillon et de commander l’artillerie au siège de Toulon. Le 19 décembre 1793 son action permet aux armées de la République de s’emparer de la ville. Trois jours plus tard, Napoléon Bonaparte, âgé de vingt-quatre ans, est nommé général de brigade. 

« De ce jour un grand destin commence.»

Mais la France traverse de nouvelles épreuves. C’est la grande terreur, puis le 9 thermidor et l’exécution de Robespierre. Napoléon, un moment arrêté, doit à Barras de rentrer en grâce. C’est encore Barras qui lui confie la répression de l’insurrection parisienne du 13 vendémiaire. Le succès lui vaut d’être nommé général de division et enfin, le 2 mars 1796, commandant en chef de l’armée d’Italie. De ce jour, un grand destin commence.La prodigieuse campagne d’Italie va révéler à Napoléon son propre génie….Où se déroulera le destin pressenti ?La France n’en constitue pas encore l’objectif nécessaire, même si, par le commandement de l’armée d’Italie, elle lui en a insufflé la résolution et donné les moyens. Au moment même d’Arcole et de Rivoli, quand, ayant écrasé les Sardes, il chasse et pourchasse les armées de l’Autriche, Bonaparte lisant Machiavel écrit en marge : «Moi aussi je suis italien.». L’Italie a enfin reconnu son rédempteur.Sans aucun doute, le rêve du royaume d’Italie, qu’il réalisera d’ailleurs plus tard mais de surcroît, est-il à ce moment plus présent à son imagination que la domination de la France. Plus présent que tout ailleurs, l’attrait de l’aventure personnelle, donc pour un Méditerranéen féru d’histoire, la tentation de l’Orient et des grands espaces où se lancèrent et se perdirent souvent tous les grands conquérants, de Cyrus à Alexandre jusqu’à Tamerlan. C’est elle qui va le saisir lorsque, rentré en France, couvert de gloire, adulé du peuple parisien, chargé de préparer, déjà, le débarquement en Angleterre, il s’arrache tout à coup aux intrigues du Directoire, fait décider l’étrange expédition d’Égypte, s’embarque pour Alexandrie. Et c’est la victoire des Pyramides, l’entrée au Caire, la campagne de Syrie, la prise de Jaffa, la victoire du Mont-Thabor… 

« Je pourrais quelquefois te faire mentir ».

Ici se situe l’affaire de Saint-Jean d’Acre. Phélippeaux, camarade de Bonaparte à Brienne, et émigré, organise la défense contre l’armée française qui, privée de son artillerie lourde, ne peut enlever la place. Napoléon revient au Caire, décide de rentrer en France. « Les hommes ne font qu’imiter leurs prédécesseurs », disait Machiavel. «Je pourrais quelquefois te faire mentir.» commentait Bonaparte. Quelle part dans sa décision a pu avoir l’échec de Saint-Jean d’Acre ? Faut-il y voir la cause du renoncement au mirage oriental que Napoléon a si souvent évoqué ?Saint-Jean d’Acre a peut-être changé le cap de la destinée napoléonienne.Si cela est vrai, alors Phélippeaux fut l’agent de la Providence : car le retour d’Égypte, c’est vraiment le mariage de Napoléon avec la France. A partir du moment où il débarque à Fréjus de la frégate Muiron, le sort est jeté. C’est en France qu’il réalisera la haute ambition conçue après Lodi. C’est à la France qu’il imprimera sa marque. C’est avec la France et les Français qu’il conduira sa grande aventure. Du même coup et à sa suite la Corse deviendra française non plus par l’effet du traité entre Louis XV et gênes mais par le cœur et par l’épopée.Désormais Napoléon peut dire : «Je n’ai qu’une passion, qu’une maîtresse, c’est la France.» La France est d’ailleurs prête à se donner. Le Directoire sombre dans le désordre, l’impuissance et la corruption. Tout le monde complote, tout le monde attend un coup d’État. «Voilà notre homme !» s’écrie Moreau apprenant le retour d’Égypte. 

 « Il sera maître et seul maître ».

Bonaparte, de fait, n’hésite ni se dissimule. Ce n’est pas pour Sieyès qu’il travaille. «L’occasion viendra, soyons prêts à la saisir», avait-il écrit. Elle est venue. Il sera maître et seul maître. La France se livre à lui plus encore par passion de la gloire que par lassitude du désordre et de l’anarchie.Entre elle et lui tout est clair. «Ni elle, ni moi nous ne nous trompons plus.», dit-il superbement. Il sait qu’il a à sa disposition le pays le plus peuplé d’Europe, la meilleure armée du monde et une nation convaincue d’être la première. Il sait l’immense réservoir de forces révélé par la Révolution et qu’il peut tout demander à la France à condition de la faire rêver. 

«Je n’agis, dit-il, que sur les imaginations de la Nation. Lorsque ce moyen me manquera, je ne serai plus rien 

Là est le secret de la longue marche qui mènera Napoléon et les armées françaises à Rome et à Vienne, à Madrid et à Berlin, à Varsovie et à Moscou.Et si forte sera l’emprise sur les esprits qu’en dépit des pertes humaines, de la conscription et des impôts, en dépit même des défaites, après la retraite de Russie, et la campagne d’Allemagne, et l’invasion, et les Alliés à Paris malgré la merveilleuse campagne de France, il suffira que l’exilé de l’île d’Elbe débarque à Golfe-Juan pour qu’à nouveau la nation toute entière se rallie à lui et que l’aigle vole de clocher en clocher jusqu’à Notre-Dame. 

« De la victoire à la défaite, il n’y a qu’un pas ».

Que reste-t-il de cette longue suite de victoires qui débouche sur Waterloo dont on peut penser qu’il était inscrit dans les faits depuis Trafalgar ?C’est bien à tort que l’on reproche à Napoléon l’esprit de conquête. La suprématie maritime acquise par l’Angleterre condamnait littéralement l’Empereur à attaquer et à vaincre sans cesse, dans une lutte que son seul génie empêcha l’Europe entière, et à certains moments le Gouvernement anglais lui-même, de comprendre qu’elle était, dès le départ, désespérée. Mais malgré l’échec final, Napoléon n’a pas légué à la France que l’éclat d’une prodigieuse épopée militaire ; c’est ici qu’il faut rappeler que le Premier consul puis l’empereur a de ses mains pétri littéralement notre pays et nous a légué une nation où tout porte encore sa marque. 

 « Il n’est pas de nom plus glorieux que celui de Napoléon ».

C’est à lui que nous devons l’essentiel des institutions qui, au travers des siècles et en dépit des évolutions indispensables, constituent encore l’armature de notre pays. C’est lui qui a contraint les Français, déchirés et coupés les uns des autres par la tourmente révolutionnaire, non pas à oublier leurs divisions mais à les dominer et à refaire l’unité nationale. Et c’est pourquoi aujourd’hui, dans cette ville où il est né, dans cette île dont il est l’orgueil, le Président de la République célèbre la mémoire de l’Empereur en présence de celui sur qui repose l’héritage d’un nom prestigieux [Le Prince Napoléon (1914-1997)].

Car nos gloires n’appartiennent qu’à la France et il n’est pas de nom plus glorieux que celui de Napoléon.» 

GEORGES POMPIDOU 

Président de la République Française. Ajaccio, le 15 août 1969. 

 

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( 8 juin, 2018 )

Où l’on parle des « Souvenirs » du major LE ROY…

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( 7 mai, 2018 )

Un témoignage à lire: « Dans les armées de NAPOLÉON. Souvenirs du major LE ROY »

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( 30 avril, 2018 )

Suite à la découverte récente de lettres de Napoléon, à Ajaccio…

Lettres.

Je ne pense pas que ce soient des lettres inédites, comme le suppose un peu hâtivement la personne qui les a découvertes.

La première lettre que l’on peut voir (en partie) sur cette photo et signalée par une flèche, pourrait être celle-ci, adressée au général Clarke, duc de Feltre,  Ministre la Guerre :

« Dresde, 27 juin 1813.

Je vous envoie l’état des déserteurs de la guerre. Je vous prie de faire mettre des garnisaires chez leurs parents et de faire en sorte que ces hommes soient retrouvés. »

D’après la minute. Arch. Nat. AF IV, 900. 

Elle a été publiée sous le n°2046, dans l’ouvrage intitulé : « Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de BROTONNE. Tome II », Paris, Honoré Champion, Libraire, 1903, p.406.

C.B.

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( 28 avril, 2018 )

Dernier avis de lecture sur le témoignage du major Le Roy.

Ultime conclusion de Bernard, lecteur attentif,  à propos de mon ouvrage:

« Ayant terminé cet ouvrage, je voudrais y revenir un instant pour souligner la grande humanité du major Le Roy, un homme qui forge le respect. Le récit de la retraite est poignant, la relation du passage de la Bérézina un modèle du genre (certains points sont quand même discutables)… Nommé major du 85e avec l’ordre de rejoindre le dépôt à Coblence, peu avant le départ de Moscou. Voilà notre homme obligé de suivre l’armée et qui en vit le quotidien, échappant tant bien que mal aux pièges et tracas, parvenant même à Vilna avec son cheval. Il a perdu dans la campagne son fils et son domestique, il a connu le pire, les privations mais son témoignage montre aussi que l’armée n’a jamais été totalement abandonnée. Même aux pires moments, il y a eu des distributions de vivres… le reste relève de la débrouille ! On vit avec lui les pires moments de la campagne, les hommes capables du pire et, malgré tout, de solidarité. C’est une grande leçon de vie que cet ouvrage ! Il mérite qu’on s’y attarde… Merci, Christophe, de l’avoir publié. »

8 MARS 2018

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