( 16 décembre, 2018 )

Le capitaine Jean de Schaller…

cdr2

On sait, que les régiments suisses, quatre au total, surent bien s’illustrer lors des campagnes de l’Empire. Quelques uns seulement de ceux qui se firent remarquer dans leurs rangs ont laissé un témoignage. Jean de Schaller (1784-1863), capitaine au 4ème régiment suisse est l’un d’entre eux. Son récit, publié la première fois en 1888 par son descendant, Henri de Schaller, résume parfaitement ce que pouvait être l’existence d’un officier suisse durant cette période.

Ce fribourgeois entre en octobre 1806 comme sous-lieutenant dans le 4ème régiment suisse, nouvellement crée. En janvier 1807, le jeune Schaller après quelques jours de repos à Paris, est expédié avec son régiment en Bretagne. « Menacée d’un débarquement de troupes anglaises, cette région se prêtait avec beaucoup de patriotisme aux mesures de défense prises par l’Empereur. Nos troupes étaient bien vues partout où elles se présentaient, et les meilleures maisons de Rennes étaient ouvertes aux officiers suisses qui leur étaient recommandés », note l’auteur. Il restera deux années en Bretagne, accédant successivement aux grades de premier lieutenant et d’adjudant-major (en avril et juillet 1807) puis en août 1809 à celui de capitaine adjudant-major. Les choses deviennent sérieuses, lorsqu’en février 1810, Schaller pénètre en Espagne avec le 4ème régiment suisse. Ainsi débute véritablement son récit: « La chaleur était insupportable et les sources taries. Souvent je ne savais où abreuver mon cheval. Nous portions un peu d’eau potable pour notre usage dans les outres. La contrée [vers Zamora] nous parut fertile, mais elle était complètement ruinée par la guerre de destruction à laquelle se livraient avec fureur amis et ennemis ». Le 4 juin 1810, Schaller arrive à Astorga. « Notre cavalerie signalait 4 à 5000 hommes solidement établis sur les collines de Bonillos. Le 6, dès la pointe du jour, le bataillon Gœldlin passait le ruisseau pour attaquer le flanc gauche de l’ennemi, ayant comme soutien deux compagnies du 46ème [de ligne].

Le feu de tirailleurs fut très vif pendant une heure et nous perdîmes une vingtaine d’hommes morts ou blessés… ». Tout son témoignage est écrit sur ce même ton, ne laissant aucun répit au lecteur, lorsqu’il poursuit les bandes de guérilleros, souffrant, avec ses hommes, du soleil, de la soif et de la faim. Le 8 mars 1811, le 4ème suisse quitte l’Espagne, après une escale à Burgos.

Arrivé en France, son régiment (ainsi que toutes les troupes suisses) connaît une réorganisation importante. Les effectifs sont réduits. Schaller obtient une permission de trois mois, qu’il passe parmi les siens, en Suisse. En janvier 1812, il est expédié en Allemagne. « … tout notre corps d’armée était concentré à Insterbourg, où nous allions être passé en revue par l’Empereur. Le 18 juin [1812] au matin, nos troupes, auxquelles on avait prescrit depuis leur entrée en campagne de porter la moustache, se mirent en grande tenue, et, vers 10 heures, 40.000 se trouvèrent réunis dans une vaste plaine au-delà de l’Inster ». Nommé capitaine de grenadiers, lors de cette revue, Schaller prend la route de Gumbinen pour s’arrêter à Poniemen. Il traverse le Niémen le 24 juin. « Nous étions en Russie et la campagne était commencée. Comment en reviendrons-nous ? Nul n’y songeait », écrit-il. . Lorsqu’il évoque la bataille de Polotsk, en août 1812, il écrit : « La bataille fut sanglante ; Oudinot, blessé à l’épaule, dut remettre le commandement à Gouvion saint-Cyr.

Celui-ci prit d’habiles dispositions, concentra son armée sur la rive droite de la Polota, et le 18, vers 5 heures du soir, il attaqua l’ennemi avec fureur. Au bruit de la fusillade vint se mêler le ronflement formidable de 200 pièces d’artillerie et bientôt toute l’armée fut engagée. » Plus tard, Schaller évoquera avec précision l’arrivée de la neige, le froid, la Grande-Armée en déroute. « Le 4 novembre, la neige tomba pour la première fois et le 5, le sol en était couvert. Le thermomètre était descendu par un vent âpre et pénétrant à moins 12 degrés. La marche devenait de plus en plus difficile ».

Toute la retraite de Russie est parfaitement décrite par le capitaine de Schaller. « A Kamen, nous vîmes des fourgons de la maison de l’Empereur abandonnés sur la place et je pus remplir ma gourde d’une excellente eau-de-vie. Pris avec précaution, cette liqueur réchauffait mes membres affaiblis et me permettait de continuer la marche, sans succomber à la fatigue ». Schaller manquera de succomber lors de la retraite. Il sera sauvé in-extrémis par un fermier lituanien. Le 23 décembre, le voilà rendu à Marienbourg : « La peau de ma figure se pelait en larges bandes sanguinolentes et me rendait méconnaissable ».

Il retrouvera enfin le dépôt de son régiment à Nancy, le 1er mars 1813. « D’autres étaient restés dans les forteresses de la Prusse, de la Hollande ou à Mayence. Après avoir reçu les témoignages de sympathie de nos camarades et leurs félicitations sur ma promotion à la croix de la Légion d’honneur, j’obtins un congé de six mois pour soigner mes blessures », raconte le capitaine Schaller. 

« Déclaré incapable de servir » suite aux séquelles dues à la campagne de Russie, Schaller est admis à la retraite en octobre 1813. Mais c’était sans compter de la détermination de notre homme… « Je n’avais point renoncé à l’espoir de reprendre du service. Mes blessures s’étant cicatrisées et ma santé était bonne ». Le capitaine de Schaller retrouve donc en novembre 1814 son 4ème régiment suisse. Au retour de l’Empereur de son île d’Elbe, les régiments suisses, liés par un serment de fidélité prêté à Louis XVIII, refusent de reprendre du service « sans avoir reçu les ordres de la Diète ». C’est Schaller lui-même qui est délégué auprès de cette assemblée à Zurich. La Diète ordonne le licenciement des troupes suisses.

C.B.

 

 

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 7 décembre, 2018 )

7 DECEMBRE 1815: La FIN du «BRAVE DES BRAVES»…

7 DECEMBRE 1815: La FIN du «BRAVE DES BRAVES»... dans FIGURES D'EMPIRE ney

Arrêté le 3 août 1815 au château de Bessonnies (Lot), où il avait trouvé refuge, Ney est transféré à Paris, sous la pression des ultras , » Louis XVIII est prié de se monter intraitable », comme l’écrit un de ses biographes, Éric Perrin. Un procès est inévitable et Gouvion Saint-Cyr, ministre de la Guerre prie le ministre de la Police Decazes « de mettre le prince de La Moskowa à sa disposition comme justiciable des tribunaux militaires… ».  Ney arrive à Paris le 19 août 1815, le jour même où est fusillé le brave Labédoyère. Il est enfermé à la Conciergerie. Il faudra attendre le 10 novembre pour que débute son procès. On peut y voir Metternich et le prince Auguste de Prusse. Parmi les 7 juges: les maréchaux Jourdan, Masséna, Augereau, Mortier; les généraux Gazan, Claparède et Villate. Moncey s’est récusé dans une lettre courageuse au Roi. Il a été aussitôt destitué et condamné à une peine de trois mois de prison. Au soir du 6 décembre, la sentence tombe: Ney est condamné à mort par 139 voix contre 5 abstentions et 17 voix pour la déportation. Parmi ceux qui votèrent la mort on note les noms de Marmont, Sérurier, Kellermann, Pérignon, Victor; les généraux Dupont, Latour-Maubourg, Lauriston, Dessolles, et Maison. « Le maréchal, écrit Perrin, qui s’était endormi profondément après avoir dîné, est réveillé à 3 heures du matin, ce 7 décembre 1815. D’une voix tremblante, un fonctionnaire lui communique l’arrêt. Ney est alors rouge de colère… » Ney s’exclame: « C’est digne du règne de Caligula, dit-il, spontanément, on prend un homme, il veut se défendre, on le bâillonne et on l’envoie à la mort ! ». Eglé Ney, son épouse, compte se rendre aux Tuileries afin d’obtenir du Roi sa grâce En vain !… Un peu avant 9 heures du matin, Ney, après avoir accepté les secours de la religion, se rend sur les lieux de son exécution. Il marche d’un pas ferme.  Il sera fusillé au bout de l’avenue de l’Observatoire. Mort, Ney est effectivement redevenu le premier soldat de Napoléon qui se rue à bride abattue sur les carrés ennemis », écrit Éric Perrin au terme de son étude. Une statue, œuvre de Rude, sera inaugurée sous Napoléon III, le 7 décembre 1853, à l’emplacement de son exécution. Plusieurs années après, en 1895, se trouvant sur la trajectoire de la future voie de chemin de fer reliant Paris à Sceaux, elle sera déplacée en face de son endroit initial. C’est là que le passant amoureux de l’Histoire peut la contempler encore aujourd’hui.   

C.B. 

 

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 5 décembre, 2018 )

Jean [Jan]Jerzmanowski (1779-1862).

Jerzrmanowski

« Parti pour l’île d’Elbe pour commander les Polonais ayant suivi l’Empereur dans son exil, le 17 avril 1814, il rentre le dernier à Paris le 20 mars 1815. » (B. Quintin, « Dictionnaire des colonels de Napoléon », SPM, 1996, p. 455). Le courageux polonais avait participé à la campagne d’Italie en 1800, à celles d’Espagne, d’Allemagne, de Russie, de Saxe et enfin de France. En 1815, il est engagé dans la campagne de Belgique. Major au régiment de chevau-légers lanciers de la Garde Impériale, 14 avril 1815, puis commandant l’escadron polonais de ce régiment (22 avril 1815). Jerzmanowski sera blessé à Waterloo. Ce personnage était entré en 1800 comme volontaire dans la Légion polonaise au service de la France.

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 2 décembre, 2018 )

Le général comte Durutte, héros de Waterloo…

durutte.jpg

Durutte compte parmi les héros qui s’illustrèrent à Waterloo. Placé au 1er corps, sous les ordres de Drouet d’Erlon, il commanda la 4ème division.  A un certain moment, il fut pris dans une charge de cavaliers anglais, reçut deux violents coups de sabre, l’un sur le visage, le second sur le poignet droit qui dut être amputé le lendemain. La figure toute ensanglantée et ne pouvant plus diriger son cheval, il fut entraîné dans la charge ennemie.  Dans la soirée, il fut retrouvé par un sous-officier qui lui donna les premiers soins et le conduisit à Charleroi.  Ces blessures mirent fin à la carrière de Durutte, qui, né à Douai en 1767, avait débuté sous les armes en 1792, avait été nommé général de division en 1803.  Mis à la retraite le 18 octobre 1815, il se retira à Ypres où il avait contracté alliance avec Marie-Antoinette-Joséphine De Meezemaker, adoptant la sage devise : « Retraite et oubli ».  Le général Durutte s’éteignit dans cette même ville le 18 avril 1827. Ses funérailles furent célébrées en l’église Saint-Martin. Sa famille fit élever sur sa tombe un monument portant cette épitaphe : 

Sa carrière militaire commença à Valmy, 

Et se termina à Waterloo, 

Sous la République, 

Sous le Consulat, 

Sous l’Empire, 

Sous la Monarchie, 

Il ne servit que la France. 

G.de FROISCOURT 

(Article publié en décembre 1963 dans le Bulletin (n°45) de la Société Belge d’Études Napoléoniennes). 

 

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 13 novembre, 2018 )

Une princesse à l’île d’Elbe: Pauline Borghèse…

Pauline

« La princesse Pauline, faisait, chez son frère, le bonheur des réunions, avec cette grâce qui la distinguait d’une manière si éminente. Ces soirées intimes étaient pleines de saillies ; c’étaient de délicieuses causeries toutes pétillantes d’à-propos, toutes chatoyantes d’intrigues. L’Empereur, que l’entraînement général gagnait, devenait alors charmant d’improvisations gracieuses ; il racontait ses impressions du jeune âge ; il disait des scènes de salon ou de bivouac avec cette lucidité colorée qui le caractérisait si bien ! Et c’était véritablement une bonne fortune pour tous quand il s’emparait de la conversation, et qu’il voulait bien descendre des grandes et graves pensées qui l’agitaient au niveau de l’intimité !… » (J. Chautard, « L’île d’Elbe et les Cent-Jours… », p.90). « Dès son arrivée dans l’île [le 1er novembre 1814, après un passage le 1er juin de la même année], la princesse Pauline dînait tous les jours avec l’Empereur, à moins que S.A. ne se trouvât indisposée. Je ne me rappelle pas s’il en était ainsi de Madame Mère mais ce qui est positif, c’est qu’elle dînait au palais tous les dimanches. Dans la semaine, il y avait un jour où l’Empereur allait chez sa mère. Les mets étaient de cuisine italienne… Les amusements ordinaires durant les soirées, étaient les jeux de cartes, les échecs, les dames ; le plus souvent, le temps se passait en causeries ou en promenades.

(« Lettre de Saint-Denis, ancien mameluck de l’Empereur », in « Documents sur le séjour de Napoléon 1er à l’île d’Elbe », dans la « Nouvelle Revue Rétrospective », 1895. Cette lettre datée de « Sens, le 7 octobre 1847 » est adressée à André Pons de l’Hérault en réponse à plusieurs questions formulées par ce dernier sur le séjour elbois de l’Empereur).

Publié dans FIGURES D'EMPIRE,TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 2 novembre, 2018 )

Le général de Beurmann en 1814…

Beurmann

Jean-Ernest de Beurmann, né à Strasbourg le 20 octobre 1775, sous-lieutenant au régiment de Salm-Salm en 1790, lieutenant (en 1791) et capitaine (en 1792) au 19ème ci-devant Flandre, adjoint aux adjudants généraux (1794), chef de bataillon à la 20ème légère (1800) , adjudant commandant (1803), général de brigade (23 octobre 1811) avait été détaché de l’armée de Catalogne le 14 mars 1814 avec un division composée d’un bataillon du 32ème, des 79ème, 102ème, 115ème et 116ème régiment de ligne et d’une compagnie d’artillerie pour l’armée de Lyon. Il a ainsi retracé son rôle à l’armée.

Arthur CHUQUET.

 « J’arrivai en poste le 19 mars 1814 avec la tête de la colonne que je commandais, à Lyon. Le maréchal Augereau m’ordonna de suite de prendre position à Grange-Blanche avec un bataillon du 32ème de ligne, le troisième du 116ème et le troisième du 115ème. L’ennemi, se trouvant en présence, attaqua la ligne, le 20, à la pointe du jour, força la droite et le centre de l’armée, de manière à être près du faubourg de la ville. Malgré ses efforts réitérés et toutes ses forces, j’ai conservé ma position avec les troupes désignées et huit bouches à feu que le maréchal avait mises à ma disposition. Cette journée a eu pour résultat l’évacuation de la ville de Lyon sans désordre le lendemain 21, sans que l’ennemi osât nous entamer ; nous lui avions causé une grande perte et fait 500 prisonniers. »

 Quelques jours plus tard, Beurmann était envoyé de Lyon avec sa division à l’armée de la Garonne, à Libourne. C’est là qu’il fit son adhésion aux Bourbons…

 (Arthur CHUQUET, « L’Année 1814… », Fontemoing et Cie, 1914, p.280).

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 31 octobre, 2018 )

Grouchy…

Grouchy.

Un nom indéniablement lié à la défaite de Waterloo !  Avant la journée historique du 18 juin 1815, Emmanuel marquis de Grouchy, né en 1766,  a eu une longue carrière militaire au plus haut niveau. Entré au service en 1780, comme élève à l’École d’artillerie de Strasbourg, il est nommé six ans plus tard sous-lieutenant dans la Compagnie écossaise des gardes du corps, ce qui lui donne rang de lieutenant-colonel de cavalerie. Réformé en 1787, il reprend du service en 1791. En 1792, Grouchy est colonel du 6ème régiment de hussards. Maréchal de camp, il commande la cavalerie de l’armée des Alpes et participe à la répression de l’insurrection vendéenne. Devenu général de division et chef d’état-major de Hoche il refuse une affectation à l’armée d’Italie en 1796. Commandant le corps de l’armée dirigée par Hoche et  engagé lors de l’expédition en Irlande (afin de prêter main forte aux Irlandais face au Anglais), il fait preuve d’indécision, attendant l’arrivée de la seconde partie de la flotte qui avait séparée par une tempête. On le retrouve en Italie en 1798. Blessé très grièvement lors de la bataille de Novi, Grouchy est fait prisonnier puis libéré après un an de captivité. Il est affecté en 1800 à l’armée du Rhin, sous le général Moreau. Avec l’avènement de l’Empire, il est doté de grands commandements : 2ème division du corps de Marmont en 1805 ; 2ème division de dragons sous Murat en 1806. Présent à Eylau, où il charge de façon héroïque. Il combat  à Friedland.  Grouchy effectue un court séjour à l’armée d’Espagne en 1808, il déploie une grande énergie dans la répression de l’insurrection du 2 mai. En 1809, il est à la tête de la 1ère division de dragons de l’armée d’Italie. Présent à la bataille de La Piave, on le retrouve à Wagram .Durant la campagne de Russie, il dirige le 3ème corps de cavalerie et se bat à Borodino (La Moskowa), à Maloïaroslavets. Fin 1813, il écrit à Napoléon afin de reprendre du service, devant la France menacée d’invasion. L’Empereur le nomme commandant en chef de la cavalerie de la Grande armée. Grouchy se bat avec courage à Saint-Dizier, à Brienne, à La Rothière, à Troyes, à Vauchamps, enfin à Craonne, où grièvement blessé, il doit quitter l’armée. Rallié à Louis XVIII, il est nommé inspecteur général de cavalerie et décoré de la croix de l’ordre de Saint-Louis. Après le retour de Napoléon, il s’oppose dans le sud-est à l’armée du duc d’Angoulême (fils du comte d’Artois, futur Charles X) et accède à la dignité de maréchal. Il participe à la campagne de Belgique. Commandant l’aile droite de l’armée française, , Napoléon le charge, après la bataille de Ligny, de rejeter et de poursuivre avec 30 000 hommes, 100 000 Prussiens. Une mission quasi-impossible. Il ne réussit à retenir que les 25 000 hommes de Thielmann pendant que les autres divisions parviennent à déboucher sur le champ de bataille de Waterloo… Grouchy sauve néanmoins une partie de l’armée française en organisant son repli en bon ordre en direction de Namur et dans des conditions difficiles. Il parviendra à Reims sans avoir connu aucune perte. Après la chute de l’Empire, il doit quitter la France et s’embarque pour les États-Unis. Grouchy en retrouve son pays qu’en 1821. Il s’éteint en 1847.

Son attitude durant la journée du 18 juin 1815 a été longuement et vivement discutée. Refusant de marcher au canon comme le lui indiquait le général Gérard, Grouchy fit preuve d’une passivité incompréhensible, malgré l’envoi d’un message de Napoléon lui ordonnant de se rapprocher du dispositif français. Napoléon déclara à Sainte-Hélène : « … sur ma droite, les manœuvres inouïes de Grouchy, au lieu de me garantir une victoire certaine, ont consommé ma perte et précipité la France dans le gouffre ».

C.B.

 

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 29 juillet, 2018 )

« Ce malheureux Vandamme… »

« Ce malheureux Vandamme... » dans FIGURES D'EMPIRE vandamme

Une lettre de l’Empereur adressée au maréchal Gouvion Saint-Cyr, commandant le 4ème corps de la Grande-Armée.

Dresde, 1er septembre 1813.

Le duc de Tarente [maréchal Macdonald] s’est laissé pousser sur Görlitz. Il sera possible que je sois obligé de marcher sur Bautzen demain ou après-demain. Occupez donc promptement les positions défensives. afin que le duc de Raguse [maréchal Marmont] et ma Garde soient disponibles pour marcher avec moi de ce côté.

Ce malheureux Vandamme, qui paraît s’être tué, n’avait pas laissé une sentinelle sur les montagnes, ni une réserve nulle part ; il s’était engouffré dans un fond, sans s’éclairer en aucune façon. S’il avait seulement eu 4 batillons et 4 pièces de canon sur les hauteurs en réserve, ce malheur ne serait pas arrivé [allusion à la bataille de Kulm (30 août 1813) au cours de laquelle le général Vandamme fut fait prisonnier ] . Je lui avais donné ordre positivement de se retrancher sur les hauteurs, d’y camper son corps, et de n’envoyer en Bohême que des partis isolés, pour inquiéter l’ennemi et avoir des nouvelles.

Indépendamment des hommes qui vous sont arrivés de son corps, il en est arrivé beaucoup et il en arrive encore à Dresde.

(« Lettres inédites de Napoléon 1er (An VIII-1815). Publiés par Léon Lecestre » Plon, 1897, tome II,p.288).

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 22 juillet, 2018 )

L’impératrice Marie-Louise…

ML

Née en 1791, l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, est élevée dans la haine et la terreur des Français, elle assiste aux deux grandes invasions de 1805 et de 1809. Lorsqu’en décembre 1809, l’Europe apprend le divorce de Napoléon et de Joséphine, et son intention d’épouser une princesse de sang royal, Marie-Louise écrit : « Je plains la pauvre princesse qu’il choisira. ». Ce sera elle…

Elle doit prendre le chemin de la France en mars 1810. En avril elle devient l’épouse de l’Empereur des Français et lui donne un héritier le 20 mars 1811 : Napoléon II, le roi de Rome.  En 1813, elle est nommée régente par Napoléon, ayant pour finalité d’assurer l’accession au trône de leur fils au cas où il arriverait malheur à l’Empereur. A la fin de la campagne de France, Paris étant menacée, Marie-Louise quitte la capitale le 29 mars 1814, sur l’insistance de Joseph, lieutenant-général de l’Empire qui fait état d’une lettre de Napoléon stipulant que l’Impératrice et son fils ne doivent jamais tomber au pouvoir des ennemis de la France. Réfugiée à Blois puis à Rambouillet elle prend le chemin de l’Autriche, après l’abdication de Napoléon. Marie-Louise espère pouvoir rejoindre l’Empereur dans son exil de l’île d’Elbe. En août 1814, son père, François II, empereur d’Autriche, lui adjoint pour la surveiller, le comte de Neipperg (1775-1829), qui a perdu un œil en combattant les Français à Dolen en 1794. Séduite par cet officier prévenant et malgré tout encore d’une belle prestance, une liaison débute. L’île d’Elbe est oubliée !

Elle épouse Neipperg en 1821, après la mort de l’Empereur à Sainte-Hélène. De cette union naissent quatre enfants ; dont deux avant son mariage, alors qu’elle est encore légalement l’épouse de Napoléon. Son entourage autrichien mettant tout en œuvre pour la détacher de ce dernier, pas un seul instant, en 1815, elle ne songe à son impérial époux et au malheur qui s’abat sur la France. Duchesse de Parme, de Plaisance et de Guastalla, en 1816, blessée dans sa chair par la mort de son fils, l’Aiglon, en 1832, elle épouse en 1834 le comte Charles-René de Bombelles (1785-1856), son premier gentilhomme de la Cour et s’éteint à Vienne en 1847.

C.B.

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 21 avril, 2015 )

Le Brave Letort…

letort.jpg

« 6669. — Paris, 21 avril 1815.

Le lieutenant-général Letort est nommé notre aide-de-camp.

NAPOLEON. »

———

(On sait qu’il devait être tué le 15 juin sur la chaussée de Charleroi et Napoléon écrivait le lendemain à Joseph : « Je regrette beaucoup sa perte. ». Note d’A. Chuquet).

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, p.547).

Publié dans FIGURES D'EMPIRE,TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 16 avril, 2015 )

A propos de J. Hobhouse…

Hob2

« Hobhouse [1786-1869] détestait les Bourbons réactionnaires autant que le gouvernement britannique, son ministre Castlereagh et l’autrichien Metternich. Quand Napoléon rentra de l’île d’Elbe, Hobhouse se précipita à Paris pour voir son héros. Il écrivit un livre sur les Cent-Jours dont les épreuves furent lues par Benjamin Constant et Charles de Flahaut. Edité en français  en 1816 [1816 est l’année de publication pour la version anglaise (Londres, Ridgways, 2 volumes, selon le catalogue de la BnF.  Une première édition en langue française a  paru à Gand (Belgique) en 1817 (en 2 volumes); puis une autre à Paris en 1819], il fut traduit en français et publié à Pari: le traducteur  [un certain Moreau,] et l’éditeur [Domère pour la version en français (en un fort volume)] furent emprisonnés. Hobhouse envoya un exemplaire à Sainte-Hélène à Napoléon, qui le lut avec plaisir et qui dicte des notes à son sujet: notes qui ne furent jamais envoyées à Hobhouse. Las Cases lui envoya une lettre de félicitations de Liège le 20 avril 1820.

Pendant la campagne de Waterloo, Hobhouse souffrit de ses sympathies partagées. Son frère combattait dans l’armée anglaise, mais il ne voulait pas voir la défaite de Napoléon et la disparition finale des idéaux de la Révolution. Son frère fut tué aux Quatre-Bras ».

(Morna DANIELS, in « Revue de l’Institut Napoléon », n°156, 1991-I, pp.53-54).

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 3 avril, 2015 )

Marie-Louise après le débarquement de l’Empereur à Golfe-Juan…

Marie-Louise

« La vérité, c’est que si Marie-Louise fut profondément troublée à la nouvelle du débarquement au golfe Jouan, elle ne ressentit qu’une angoisse égoïste. Indifférente à la perte comme au triomphe de Napoléon, elle n’envisageait ces deux alternatives que par rapport à elle-même. Si l’entreprise échouait, elle craignait que la souveraineté de Parme, obtenue avec tant de peine, ne lui fût retirée. Si Napoléon recouvrait l’empire et s’imposait à l’Europe, elle ne s’effrayait guère moins en pensant qu’il lui faudrait monter encore une fois sur le trône instable de France, recommencer la vie d’apparat et d’agitation dont l’éloignaient, sa nature tranquille et ses goûts modestes. En cette femme, fille d’empereur et femme d’empereur, il y avait une petite bourgeoise, née pour vivre dans un intérieur agréable entre un mari, des enfants et un clavecin. Combien elle préférait aux pompes et aux grandeurs soucieuses des Tuileries, l’existence obscure et paisible qu’elle s’était promise de mener avec son bien-aimé, le comte Neipperg, dans le joli ermitage de Parme. Elle n’avait pas la force de se séparer de cet homme fatal. Puis, elle redoutait les indiscrétions de son entourage, elle se rappelait les torts qu’elle avait eus envers l’Empereur. La pensée de se retrouver devant Napoléon la remplissait de crainte et de confusion. Ce fut Neipperg qui apprit le premier à Marie-Louise, au retour d’une sentimentale promenade à cheval, que Napoléon s’était évadé de l’île d’Elbe. On imagine aisément quelle ligne de conduite il suggéra à l’ex-impératrice. S’il fut moins brutal que l’archiduc Jean, qui dit à sa nièce: « -Ma pauvre Louise, je te plains, et ce que je désire, pour toi et pour nous, c’est qu’il se casse le cou, » il n’en fut que plus persuasif. Le 8 mars 1815, la nouvelle s’étant répandue à Schönbrunn, des domestiques français crièrent : « Vive l’Empereur ! » Neipperg les menaça de les faire pendre. On se contenta de les envoyer à la frontière, et la gouvernante du petit prince, Mme de Montesquiou, fut priée de ne point lui parler de l’événement. Le même jour, Metternich eut un entretien avec Marie-Louise qui se rendit une heure après à Vienne, auprès de son père. Neipperg aidant, la cour d’Autriche n’eut point de peine à vaincre les derniers scrupules de l’ex-impératrice. Le 12 mars, elle écrivit à Metternich, sous la dictée de Neipperg, une lettre officielle portant qu’elle était tout à fait étrangère aux projets de Napoléon et qu’elle se mettait sous la protection des puissances. Au dire de Méneval, très véridique en général, cette déclaration, qui fut communiquée aussitôt aux souverains et aux plénipotentiaires, « semblait être attendue par eux pour rédiger le manifeste contre Napoléon ». Ce manifeste fut, en effet, signé le lendemain, 13 mars, et il est possible que Metternich ne se fût pas associé à un acte qui assimilait l’époux de la fille de son souverain à un criminel en rupture de ban, si celle-ci eût déclaré que, comme femme de Napoléon et impératrice des Français, elle voulait rejoindre l’Empereur. Marie-Louise déclara précisément le contraire En récompense, le général Neipperg fut nommé maréchal de la cour, titre qui lui donnait le privilège de monter dans la même voiture que l’archiduchesse. »

(Henry HOUSSAYE, « 1815. La première Restauration.-Le retour de l’île d’Elbe.-Les Cent-Jours », Perrin et Cie, 1893, pp.449-451)

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
1...89101112
« Page Précédente  Page Suivante »
|