( 3 avril, 2015 )

Marie-Louise après le débarquement de l’Empereur à Golfe-Juan…

Marie-Louise

« La vérité, c’est que si Marie-Louise fut profondément troublée à la nouvelle du débarquement au golfe Jouan, elle ne ressentit qu’une angoisse égoïste. Indifférente à la perte comme au triomphe de Napoléon, elle n’envisageait ces deux alternatives que par rapport à elle-même. Si l’entreprise échouait, elle craignait que la souveraineté de Parme, obtenue avec tant de peine, ne lui fût retirée. Si Napoléon recouvrait l’empire et s’imposait à l’Europe, elle ne s’effrayait guère moins en pensant qu’il lui faudrait monter encore une fois sur le trône instable de France, recommencer la vie d’apparat et d’agitation dont l’éloignaient, sa nature tranquille et ses goûts modestes. En cette femme, fille d’empereur et femme d’empereur, il y avait une petite bourgeoise, née pour vivre dans un intérieur agréable entre un mari, des enfants et un clavecin. Combien elle préférait aux pompes et aux grandeurs soucieuses des Tuileries, l’existence obscure et paisible qu’elle s’était promise de mener avec son bien-aimé, le comte Neipperg, dans le joli ermitage de Parme. Elle n’avait pas la force de se séparer de cet homme fatal. Puis, elle redoutait les indiscrétions de son entourage, elle se rappelait les torts qu’elle avait eus envers l’Empereur. La pensée de se retrouver devant Napoléon la remplissait de crainte et de confusion. Ce fut Neipperg qui apprit le premier à Marie-Louise, au retour d’une sentimentale promenade à cheval, que Napoléon s’était évadé de l’île d’Elbe. On imagine aisément quelle ligne de conduite il suggéra à l’ex-impératrice. S’il fut moins brutal que l’archiduc Jean, qui dit à sa nièce: « -Ma pauvre Louise, je te plains, et ce que je désire, pour toi et pour nous, c’est qu’il se casse le cou, » il n’en fut que plus persuasif. Le 8 mars 1815, la nouvelle s’étant répandue à Schönbrunn, des domestiques français crièrent : « Vive l’Empereur ! » Neipperg les menaça de les faire pendre. On se contenta de les envoyer à la frontière, et la gouvernante du petit prince, Mme de Montesquiou, fut priée de ne point lui parler de l’événement. Le même jour, Metternich eut un entretien avec Marie-Louise qui se rendit une heure après à Vienne, auprès de son père. Neipperg aidant, la cour d’Autriche n’eut point de peine à vaincre les derniers scrupules de l’ex-impératrice. Le 12 mars, elle écrivit à Metternich, sous la dictée de Neipperg, une lettre officielle portant qu’elle était tout à fait étrangère aux projets de Napoléon et qu’elle se mettait sous la protection des puissances. Au dire de Méneval, très véridique en général, cette déclaration, qui fut communiquée aussitôt aux souverains et aux plénipotentiaires, « semblait être attendue par eux pour rédiger le manifeste contre Napoléon ». Ce manifeste fut, en effet, signé le lendemain, 13 mars, et il est possible que Metternich ne se fût pas associé à un acte qui assimilait l’époux de la fille de son souverain à un criminel en rupture de ban, si celle-ci eût déclaré que, comme femme de Napoléon et impératrice des Français, elle voulait rejoindre l’Empereur. Marie-Louise déclara précisément le contraire En récompense, le général Neipperg fut nommé maréchal de la cour, titre qui lui donnait le privilège de monter dans la même voiture que l’archiduchesse. »

(Henry HOUSSAYE, « 1815. La première Restauration.-Le retour de l’île d’Elbe.-Les Cent-Jours », Perrin et Cie, 1893, pp.449-451)

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( 30 mars, 2015 )

Le petit roi de Rome…

Roi de Rome« Bien avant le retour de l’île d’Elbe, et à l’insu de l’empereur, Fouché, paraît-il, avait conçu le projet de faire enlever le roi de Rome. Selon Méneval, des émissaires étaient même venus à Vienne dans ce dessein. Quoi qu’il en soit, la cour d’Autriche appréhendait un complot. Le 18 mars, l’empereur François déclara à sa fille que dans les circonstances présentes le jeune prince devait résider à Vienne. Marie-Louise, qui avait déjà accepté d’abandonner son fils pour obtenir la souveraineté de Parme, consentit sans peine à cette séparation anticipée. L’enfant fut conduit au palais impérial de Vienne. Deux jours plus tard, à la suite d’une fausse alerte qui fit soupçonner à tort le colonel de Montesquiou d’une tentative d’enlèvement dont sa mère aurait été complice, le grand-chambellan Vrbna signifia à celle-ci l’ordre de l’empereur de cesser incontinent ses fonctions. Malgré ses prières et ses protestations, madame de Montesquiou dut obéir et livrer à une gouvernante autrichienne l’enfant qu’elle n’avait pas quitté un seul instant depuis sa naissance. Redoutant quelque horrible projet, elle exigea l’attestation, signée de deux médecins, que le fils de Napoléon sortait de ses mains en bonne santé. Le petit prince pleura beaucoup. A toute minute, il appelait « maman Quiou ». Quand Meneval partit pour Paris, au commencement de mai, il vint le voir une dernière fois et lui demanda s’il avait quelque chose à faire dire à son père. L’auguste enfant jeta un regard de défiance sur sa nouvelle gouvernante et sur les Autrichiens qui se trouvaient là, puis il se retira silencieusement à l’autre extrémité de la pièce, dans l’embrasure d’une fenêtre. Meneval l’y suivit. Alors le petit prince, l’attirant tout contre la croisée, lui dit très bas: « -Monsieur Méva, vous lui direz que je l’aime toujours bien. »

(Henry HOUSSAYE, « 1815. La première Restauration.-Le retour de l’île d’Elbe.-Les Cent-Jours », Perrin et Cie, 1893, pp.451-453)

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( 21 novembre, 2014 )

A propos du maréchal Marmont…

Marmont

Né en 1774, c’est au siège de Toulon  (en 1793), que Marmont rencontre Bonaparte dont il devient l’intime et le compagnon inséparable. Il suit le général puis le Premier consul et l’Empereur dans toutes les grandes campagnes. Il accède à la dignité de Maréchal d’Empire en 1804. A l’issue de la campagne de France en 1814, il négocie avec les Alliés et trahit ainsi Napoléon, livrant Paris. La postérité donnera à cet événement le nom de « ragusade » (d’après son titre de duc de Raguse), synonyme de trahison. Louis XVIII accueille Marmont à bras ouverts. Il le nomme pair de France en juin 1814. En mars 1815, Marmont suit le souverain en exil à Gand (Belgique). Balayé par la révolution de 1830, il suit Charles X exilé en Angleterre, puis en Autriche. Le duc de Raguse s’éteint à Venise le 3 mars 1852.

C.B.

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( 23 juin, 2014 )

« NE DITES RIEN…»

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Desaix naquit en 1768, dans le département du Puy-de-Dôme.

Il fut tué à Marengo [le 14 juin 1800]. On lui a fait prononcer une belle phrase au moment de sa mort [« La bataille est perdue, il est trois heures. Il reste encore le temps d’en gagner une autre »] mais des témoins oculaires assurent que, frappé du coup mortel, il ne prononça que ces mots : « Ne dites rien ». Cette recommandation de cacher sa mort aux soldats qui pouvaient en être découragés, nous paraît plus sublime, plus digne de Desaix, que les adieux à S. M. [Napoléon] qu’on a mis dans sa bouche. » 

(« Le Spectateur militaire », tome 1er, 1826). 

 

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( 2 juin, 2014 )

Un mot en 5 lettres…

Cambronne

S’il y a un général  connu dans la Grande-Armée pour son « mot » c’est bien le général Pierre Cambronne (1770-1842). Au soir de la journée mémorable de Waterloo  en réponse aux Anglais qui le sommaient de se rendre,  il aurait lancé à la figure de l’ennemi ce mot violent, tel un dernier coup de canon. Mais rien n’est moins sûr ! En effet l’intéressé s’est toujours défendu de l’avoir prononcé ; mais le cœur y était certainement ! Et voilà Cambronne, vaillant officier ayant connu le baptême du feu à Jemappes en 1792, s’étant illustré sur presque tous les champs de batailles de l’Empire, qui entre dans l’Histoire. Lui qui commandait le 1er régiment des chasseurs à pied de la Garde le 18 juin 1815 et qui se retrouva dans un des derniers carrés face aux Britanniques, épousera plus tard une… Anglaise après avoir été nommé vicomte par Louis XVIII.

C.B.

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( 16 mai, 2014 )

A propos du maréchal Poniatowski…

Poniatowski

« On ne saurait trop faire l’éloge de la conduite du comte Lauriston et du prince Poniatowski dans cette journée [celle de Leipzig]. Pour donner à ce dernier une preuve de sa satisfaction, l’Empereur l’a nommé, sur le champ de bataille, maréchal de France, et a accordé un grand nombre de décorations aux régiments de son corps ».

(Bulletin de la Grande Armée, Leipzig, 16 octobre 1813, au soir).

« Le prince Poniatowski est mort glorieusement [en cherchant à franchir l’Elster, le 19 octobre 1813] après m’avoir rendu de grands services, pour lesquels je l’avais nommé maréchal de France.

(Napoléon à la comtesse Tyskewicz, Mayence, 6 novembre 1813).

 

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