( 1 mars, 2021 )

Généraux morts en 1814 pour la Patrie

Général d'Empire

Ils sont au nombre de douze : 

AVY, tué devant Anvers, à la défense de Merxem, le 13 janvier 1814.

Le contre-amiral BASTE qui commandait une brigade de la 2ème division de Jeune Garde ; tué le 29 janvier 1814 au combat de Brienne.

BECHAUD, tué à Orthez le 27 févier 1814.

CHATAUX ou mieux HUGUET-CHATAUX, gendre du maréchal Victor, blessé à Montereau le 18 février 1814 et mort à Paris le 8 mai de la même année.

DECOUZ (général de division)  blessé à Brienne le 29 janvier 1814 et mort à Paris le 18 février suivant.

DORNIER, tué au combat de La Guillotière, près Troyes, le 3 mars 1814.

FORESTIER, blessé à  Brienne le 29 janvier 1814 et mort de sa blessure le 5 février suivant.

MARGUET, tué à La Rothière le 1er février 1814.

OSTEN, blessé le 27 février 1814 dans l’île de Wilhelmsbourg, mort de sa blessure le 16 mars suivant à Hambourg.

RONZIER, qui eut, à Craonne, le 7 mars 1814, la cuisse emportée et qui mourut le 19 mars suivant à Fismes.

RUSAC (général de division) blessé sur le rempart de Soissons et mort de sa blessure le 14 février suivant.

TAUPIN (général de division) tué le 10  avril  1814 à la bataille de Toulouse.

 

(Arthur CHUQUET, « L’Année 1814… », Fontemoing et Cie, 1914, p.382).

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( 25 février, 2021 )

Le comte de Lavalette, un grand serviteur de l’Empire…

lavalette

Connu surtout pour son évasion rocambolesque, Antoine-Marie Chamans de Lavalette est né à Paris le 14 octobre 1769, ville dans laquelle son père était limonadier. Après de bonnes études au Collège d’Harcourt, le jeune Antoine devient secrétaire du Bibliothécaire de Louis XVI, un certain Lefèvre d’Ormesson. Face à la Révolution qui éclate, Lavalette, d’abord favorable aux idées nouvelles, est effrayé par les excès qu’elle entraîne. Il se réfugie dans l’armée et sert trois années dans les gardes nationales parisiennes, puis dans la Légion des Alpes et dans l’Armée du Rhin où le fameux Custine le nomme sous-lieutenant et aide de camp du Colonel Baraguey d’Hilliers. La rencontre avec le futur empereur a lieu en 1796. En effet, Baraguey d’Hilliers, promu général en Italie, présente Lavalette à Bonaparte. Lavalette, devenu un des principaux aides de camp du Général Bonaparte, est chargé de plusieurs missions diplomatiques dans le Tyrol et à Léoben. Avant son départ pour l’Egypte, Bonaparte lui fait épouser Emilie de Beauharnais (1781-1855), nièce de Joséphine. Le mariage civil est célébré à Paris le 22 avril 1798. Lavalette participe ensuite à la prise de Malte, puis est expédié de nouveau en mission à Corfou, avant de rejoindre le corps expéditionnaire en Egypte.  Il sera de ceux qui rentreront en France avec Bonaparte. Il participe au coup d’Etat du 18 Brumaire. En janvier 1800, Talleyrand, l’envoie en mission diplomatique en Saxe afin de préparer un traité de paix avec l’Autriche. A son retour, le Premier Consul le nomme administrateur à la Caisse d’amortissement, puis à la direction des Postes, comme commissaire central (1801) et Directeur général (le 19 mars 1804). La même année, Lavalette est nommé Conseiller d’Etat, section de l’Intérieur. En homme de confiance, il accède au contrôle du fameux Cabinet Noir. Cette institution  » non-officielle  » était chargée d’intercepter certains courriers. Il passera onze années au Ministère des Postes et au Cabinet Noir. Lors de la Première Restauration, Lavalette ne rallie pas le camp des Bourbons. En 1815, apprenant le débarquement de l’Empereur, il se rend au Ministère des Postes (alors rue du Coq-Héron, actuel 1er arrondissement de Paris) afin de reprendre ses fonctions. Après Waterloo, Napoléon le reçoit à Malmaison et lui propose de l’accompagner dans l’exil.  » Je refusai de l’accompagner « , écrit Lavalette dans ses  » Mémoires « . Avant de poursuivre :  » J’ai une fille de treize ans, ma femme est enceinte de quatre mois, je ne peux me décider à me séparer d’elle ; donnez-moi quelque temps, et j’irai vous rejoindre partout où vous serez… « . Lavalette n’aura pas cette possibilité : arrêté chez lui le 18 juillet 1815, il est conduit à la Préfecture de police puis incarcéré à la Conciergerie. Il y rencontrera le maréchal Ney prisonnier lui aussi… Traduit devant la Cour d’assises pour conspiration et usurpations de fonctions, il est condamné à mort le 21 novembre 1815. Son, recours en cassation est rejeté et il n’obtient pas la grâce de l’impotent Louis XVIII, trop heureux de répondre aux exigences des  » Ultras « . La veille de l’exécution, Madame de Lavalette et sa fille rendent visite à leur mari et père. Lavalette échange ses vêtements avec ceux de son épouse et sort au bras de sa fille, incognito, un mouchoir lui dissimulant le visage… L’évadé trouve refuge dans les combles du Ministère des Affaires étrangères, puis quitte Paris le 8 janvier 1816 avec la complicité de trois officiers anglais : Bruce, Hutchinson et le Général Wilson. Il revêt l’uniforme britannique et gagne la Belgique. Puis Antoine de Lavalette se dirige seul vers la Bavière, pays où il résidera plusieurs années, avec la bienveillance d’Eugène de Beauharnais, d’Hortense et du Roi Maximilien. Gracié par la suite, il peut enfin rentrer à Paris. Madame de Lavalette, déjà ébranlée par la perte de son second enfant (le 13 octobre 1815), resta emprisonnée à la Conciergerie et ne sera libérée que le 23 janvier 1816. Affaiblie psychologiquement par tant d’épreuves, Emilie de Lavalette disparaîtra le 18 juin 1855. Quelques années auparavant, le 15 février 1830, le comte Antoine de Lavalette était décédé, sans doute d’un cancer des poumons. A l’issue d’une cérémonie qui rassemble les grands noms de l’Empire, il est enterré au Cimetière du Père Lachaise.   Sa sépulture recouverte d’un lierre grimpant ne comporte curieusement aucun accès (ni porte, ni ouverture). Elle est située dans la 36° division, avenue des Acacias, Première ligne).  

Lavalette a laissé d’excellents mémoires dont la dernière édition fut réalisée en 1994 au Mercure de France. 

C.B. 

 

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( 13 février, 2021 )

Un colonel d’Empire…

Ombre 2

Moins connu que le récit du général de Marbot mais tout aussi intéressant, le récit du colonel d’artillerie légère Jean Séruzier fait partie des témoignages sur l’Épopée  qu’il faut avoir lus.  L’auteur est présent notamment aux batailles de Hohenlinden, d’Austerlitz, d’Iéna, d’Eylau, d’Heilsberg, de Friedland, de Thann, de Lanshut, d’Eckmühl, de Ratisbonne, d’Ebersberg, d’Essling et de Wagram ; avant de participer à la mémorable campagne de Russie… Voici quelques mots sur ce personnage haut en couleur. Né à Charmes, dans l’Aisne, en 1769, sa carrière commence tout juste avant la tourmente révolutionnaire. En 1788 il entre comme canonnier au régiment d’artillerie de Toul, qui devient 3 ans plus tard le 7ème régiment d’artillerie ; puis on le retrouve en 1793 maréchal-des-logis à l’Armée du Nord.  Il reçoit sa première blessure lors du combat de Marchiennes, le 30 octobre de cette même année.  Après un passage à l’armée des Pyrénées-Orientales en 1794, il passa en 1795 à celle de Sambre-et-Meuse. Capitaine en 1801 au 7ème régiment d’artillerie à cheval, on retrouve Séruzier commandant l’artillerie de la division Morand au cours de la campagne de 1805 au sein de la Grande-Armée.  Il est blessé à Auerstaedt en 1806, et accède au grade de chef d’escadron  au 5ème régiment d’artillerie à cheval en 1807. Présent durant toute la campagne d’Autriche, affecté au 5ème régiment d’artillerie à pied (en octobre 1809), il passe en 1811 au 5ème régiment d’artillerie à cheval. Il est promu colonel le 29 janvier 1812, après 23 ans de services. Durant la campagne de Russie, Séruzier commande l’artillerie du 2ème corps de la réserve de cavalerie. Il est fait prisonnier près de Kowno en décembre 1812 et ne retrouvera la France que durant l’été de 1814. Il s’éteindra en 1825. Ses « Mémoires » parurent la première fois en 1823, sous les auspices de l’un de ses proches, Lemière de Corvey.

Philibert de BOURDON de SALLENEUVE

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( 5 février, 2021 )

Casimir Hégo et François Bessier, deux pharmaciens de la Grande-Armée…

Casimir Hégo et François Bessier, deux pharmaciens de la Grande-Armée… dans FIGURES D'EMPIRE 97-018506

Image d’illustration.

Casimir Hégo est né à Valenciennes le 4 mars 1767. Son père, Herménegilde-Joseph Hégo, né lui aussi à Valenciennes, le 20 octobre 1736, était maître-apothicaire dans cette ville. Il fit partie de l’armée de réserve en avril 1792 comme apothicaire-major et fut reçu membre du Conseil de Santé des Armées. Il avait été reçu membre du collège de Pharmacie de Paris par agrégation en avril 1795, en même temps que Vauquelin. Il est mort à son poste en juin 1795. Le fils, Casimir Hégo, était apothicaire sous-aide à Soissons le 1er septembre 1792 à l’armée de réserve où était son père, puis passa pharmacien de 2ème  classe à l’armée du Nord en 1795, puis pharmacien de 1ère clase à l’armée de Mayence en 1798. Il était au camp de Saint-Omer en 1803 et à l’armée expéditionnaire du camp de Boulogne en 1804, enfin, au Grand Quartier-Général de la Grande-Armée en 1805. Il mourut du typhus à l’hôpital de saint-Ulric, à Augsbourg, le 15 janvier 1805. « Généralement regretté pour la douceur des mœurs, pour son zèle et son exactitude au service ».

Coste qui fut médecin de l’armée de Rochambeau en Amérique, à dit de lui : « Le pharmacien de 1ère classe Hego, fils d’un de mes collègues du Conseil de Santé, a payé à Augsbourg, du prix de sa vie, le dévouement avec lequel il avait demandé à faire cette campagne. A l’époque où nous montrâmes nos canonnières à Boulogne, je n’avais pas consenti à ce qu’il fût de la traversée et mon honorable collègue Parmentier avait sanctionné cette défense. Plaignons la digne épouse  qui il a laissé pour tout bien deux enfants en bas âge.

Quant à Claude-Charles-François Bessier, il naquit le 31 mai 1761 à Falaise (Calvados). Voici ses états de service :

Pharmacien-élève à l’hôpital de Lyon le 2 juin 1792.

Passé à l’hôpital de Melun le 28 juin 1793.

Pharmacien de 2ème classe à l’armée des Pyrénées-Orientales le 24 ventôse an 2.

Employé à l’hôpital militaire de Montlibre le 15 ventôse an 4, à l’hôpital de Villefranche le 13 fructidor an 4.

Réformé (mesure générale) le 13 pluviôse en 5.

Remis en activité comme pharmacien de 2ème classe de l’armée du Danube le 12 floréal an 7, passé ensuite à celle du Rhin.

Réformé pour cause de surabondance le 14 floréal an 9.

Réemployé à l’armée de Saint-Domingue le 1er fructidor an 10.

Réformé le 30 fructidor an 12.

Pharmacien de 2ème classe au camp de Bret le 18 brumaire an 13.

Pharmacien-major à la Grande-Armée le 24 juin 1804.

Pharmacien-major disparu à Eylau en 1807.

F. RICHARD

(« Revue d’Histoire de la Pharmacie », n°149, 1956).

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( 3 février, 2021 )

A propos de Planat de la Faye…

Portrait de PlanatPlanat vers la fin de sa vie.

PLANAT DE LA FAYE (Capitaine Nicolas-Louis), 1784-1864. Simple soldat au 8ème bataillon bis du train d’artillerie, Planat est nommé l’année suivante successivement fourrier puis maréchal des logis. En 1808, il est nommé maréchal des logis chef à ce même régiment. En 1809, il devient sous-lieutenant adjoint à l’Inspection générale du train d’Artillerie à la Grande-Armée. Trois ans plus tard, Planat est nommé lieutenant et aide-de-camp du général Lariboisière, occupant alors les fonctions de 1er inspecteur général d’artillerie. En 1813,  il est désigné pour être aide-de-camp du général Drouot ; en octobre de la même année, il est nommé capitaine. Blessé grièvement au combat de Château-Thierry, le 12 février 1814, il ne peut suivre l’Empereur à l’île d’Elbe. En novembre 1814, il est affecté comme capitaine au 1er escadron du train d’Artillerie. Le mois suivant il est nommé aide-de-camp du général Evain.  Fin avril 1815, il est désigné par l’Empereur pour être un de ses officiers d’ordonnance. Planat était en mission à Toulouse quand la nouvelle du désastre de Waterloo lui parvint. Il se précipite à Paris. Napoléon voulut l’emmener avec lui à Sainte-Hélène, mais absent au moment de l’embarquement, c’est le général Gourgaud qui est désigné à sa place. Après le départ de l’Empereur, Planat est expédié à l’île de Malte comme prisonnier de guerre. A sa libération, il s’efforça de rejoindre l’illustre prisonnier. Il obtiendra enfin l’autorisation nécessaire trop tard: Napoléon venait de s’éteindre… L’Empereur, dans son testament lui lègue quarante mille francs. Considéré comme démissionnaire, Planat est rayé des contrôles de l’armée le 3 juillet 1815. Il devint le secrétaire de Jérôme Bonaparte puis celui d’Eugène de Beauharnais. Il avait participé aux campagnes de Prusse, de Pologne, d’Allemagne : à celles de Russie, de Saxe et de France. Chevalier de la Légion d’Honneur le 21 juin 1813 il nommé officier du même ordre le 15 mars 1814.  Planat, fut autorisé, en 1860, à ajouter à son nom celui de « de la Faye ».

C.B.

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( 29 janvier, 2021 )

Louis-François Gille, un conscrit dans la campagne d’Espagne…

Gille

En avril 1807, alors qu’il ne se destine pas à une carrière militaire, Louis-François Gille est compris dans « la levée immédiate de la conscription de 1808 ». Après tirage au sort, et un ultime examen, en vain, auprès de plusieurs officiers de santé, le voici « Bon pour le service » ! Gille est tout d’abord fourrier, à la compagnie des voltigeurs du 6ème bataillon du 121ème régiment d’infanterie. Il se met en route pour Lille où se forme alors la 1ère Légion de réserve à laquelle il va désormais appartenir, reprenant peu de temps après ses fonctions de fourrier. Nous sommes en juin 1807. Quatre mois plus tard, le jeune soldat prend la direction de Bayonne où il arrive le 9 décembre. Gille pénètre en Espagne dans les derniers jours de l’année 1807. Il passe avec son régiment à Burgos, à Valladolid à Ségovie, puis à Madrid avant d’atteindre Aranjuez. Ces étapes donnent à l’auteur l’occasion de raconter de nombreuses anecdotes, et de faire partager au lecteur son quotidien. Il n’y a pas de temps mort dans ce témoignage. Gille, du haut de ses vingt ans note tout, et sait décrire le moindre incident, le moindre combat, le danger omniprésent ! Le 1er mai 1808 il est à Madrid et assiste au sanglant soulèvement qui marquera cette campagne. Le voici ensuite à Tolède, et à Manzanarès avant d’arriver dans les gorges de la Sierra-Morena. Puis c’est la bataille de Baylen à laquelle Gille consacre un long passage. Suite à la capitulation qui suit, l’auteur est expédié sur les sinistres pontons de Cadix avant d’être transféré dans l’île de Cabrera, lieu de déportation de tant de braves, magistral exemple de la cruauté des Espagnols pour leurs adversaires. Son récit passionnant s’achève après son transfert en Angleterre, au château de Porchester, en septembre 1810, afin d’y être enfermé. L’auteur ne revient en France que le 25 mai 1814 et passe au 31ème de ligne (le 26 août 1814).  Le 1er octobre 1815, il entre comme secrétaire des bureaux de l’administration à l’École royale militaire de Saint-Cyr qu’il quitte en 1828, avant de devenir magistrat à Paris; Gille occupera ces fonctions pendant trente ans, avant de s’éteindre le 2 décembre 1863, jour-anniversaire de la bataille d’Austerlitz…

Son témoignage fut publié la première fois en 1892, par son fils, Philippe Gille (1830-1901) qui fut rédacteur au « Figaro ». Ce livre connut à l’époque un certain succès [1].

C.B.


[1]. Première, deuxième et troisième éditions : Paris, Victor-Havard, Éditeur, 168, Boulevard Saint-Germain, 1892 ; quatrième édition, chez le même, en 1893. 

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( 26 janvier, 2021 )

Quelques figures d’Empire (III et fin).

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LABORDE (Lieutenant-colonel Etienne), 1782-1865. Après s’être enrôlé dans le 85ème de ligne, il est sous-lieutenant en 1809, puis passe lieutenant en 1811. Laborde est nommé capitaine le 8 avril 1813. Il participe aux campagnes d’Allemagne, de Prusse et de Russie. Après avoir été blessé à Viazma, il est appelé comme lieutenant en premier au 2ème régiment de chasseurs à pied de la Garde. Engagé dans la mémorable campagne de France, Etienne Laborde est nommé capitaine-adjudant-major dans la Garde le 8 mars 1814. C’est avec ce grade qu’il passe le 13 avril, après l’abdication de Napoléon à Fontainebleau, dans le Bataillon Napoléon qui devait suivre le souverain dans son exil de l’île d’Elbe. Plus tard, Etienne Laborde participe à la campagne de Belgique avec rang de lieutenant-colonel et le grade de chef de bataillon toujours aux chasseurs à pied de la Garde ; il est présent à Waterloo…Durant la seconde Restauration, Laborde, est rétrogradé au rang de capitaine et passe dans la Légion du département de l’Aude, puis dans plusieurs compagnies de fusiliers sédentaires. On le retrouve en 1830 lieutenant-colonel du 45ème de ligne. Après avoir participé à la campagne de Belgique  de 1831, cette fois, il prend le commandement de la place militaire de Cambrai. Etienne Laborde est admis en 1838 à la retraite. En août 1840, il participe à la seconde tentative de soulèvement de Boulogne-sur-Mer, dirigée par le prince Louis-Napoléon, dans laquelle on trouve le comte de Montholon, et plusieurs des combattants des guerres de l’Empire. Notamment le commandant Charles-Denis Parquin, auteur de fameux « Souvenirs », et qui avait déjà participé à la tentative de Strasbourg en 1836, le colonel de cavalerie en retraite Jean-Baptiste Voisin, présent à Austerlitz et en Allemagne en 1813. Arrêté, avec ses comparses, Laborde est condamné par la Cour des Pairs à une peine de « deux années d’emprisonnement » assortis de deux années de surveillance policière. Après avoir échoué, en 1848, aux élections pour entrer à l’Assemblée constituante, il fut élu, le 13 mai 1849, représentant de la Charente-Inférieure (devenue en 1941 la Charente-Maritime) à l’Assemblée législative. Etienne Laborde prit place dans les rangs de la majorité hostile aux institutions républicaines. La même année il occupe également les fonctions de « Commandant supérieur du Palais de Saint-Cloud ». Après le coup d’État du 2 décembre 1851, il est nommé Gouverneur du Palais du Luxembourg.  L’historien Paul Bartel (dans son « Napoléon à l’île d’Elbe… », Perrin, 1947, p.143), juge  « Laborde, brave et bon soldat, est instruit, cultivé. Il admire Napoléon profondément et estime que jamais plus grand homme ne vint au monde. Il est surtout, communicatif, comme tour méridional. Aussi, répond-il avec force détails aux questions précises, embrassant tout ce que l’Empereur fait pleuvoir sur lui. »

LEFOL (Sous-lieutenant Louis-Hercule DUVAL) 1787-1824. Il quitte le Prytanée de Saint-Cyr en novembre 1813 avec le grade de sous-lieutenant et rejoint les rangs du 100ème  régiment d’infanterie de ligne. Louis-Hercule devient, par hasard, aide-de-camp de son oncle, le général Lefol. Il participera à ses côtés à la campagne de 1814 et à celle de 1815.

LEVAVASSEUR (Capitaine Octave), 1781-1866. Après avoir été élève à l’École polytechnique en 1800, puis élève sous-lieutenant à l’École d’application de Metz, en 1802, Levavasseur est nommé lieutenant en second dans les rangs du 2ème régiment d’artillerie à cheval l’année suivante. Il fit la campagne de 1805, fut blessé à Austerlitz, de 1806, présent à Iéna. Il est présent à Friedland en 1807, il sera nommé chevalier de la Légion d’honneur en avril de cette même année. Il se bat lors de la campagne d’Espagne, en 1808-1809. Levavasseur ayant été nommé aide-de-camp du général Seroux en 1806, il occupe quelques mois après cette même fonction auprès du maréchal Ney qu’il suivra jusqu’à sa mort (il sera fusillé en décembre 1815). Il est nommé successivement capitaine et chef de bataillon, tout en restant aide-de-camp du maréchal. Après la première abdication de Napoléon, il est réadmis comme chef de bataillon dans le corps de l’artillerie, puis devient aide-de-camp du général Dessolle ; enfin en cette même année 1815, Levavasseur est nommé capitaine en 1er dans l’artillerie à cheval de la Garde royale. Mis en non-activité en 1816, il est nommé, deux ans plus tard, chef d’escadron d’artillerie à cheval en demi-solde.

MARCHAND (Louis), 1791-1876. Il entre en 1811 dans la maison impériale comme garçon d’appartement. Sa mère est la première des trois berceuses du Roi de Rome, fils de Napoléon. En 1814, après la défection de Constant,  valet de chambre de Napoléon, Louis Marchand est choisi pour le remplacer, par le général Bertrand, grand maréchal du Palais. Marchand suivra Napoléon dans son exil à l’île d’Elbe, sera présent à Waterloo, et fera partie de ceux qui suivront l’Empereur à Sainte-Hélène. D’un dévouement sans borne, discret et efficace, il respectera la volonté de Napoléon en épousant la fille d’un des généraux s’étant illustré durant les guerres de l’Empire : celle du général Brayer.

MARTIN (Jacques-François), 1794-1874.  Il entre à l’École militaire de Saint-Cyr en 1812. L’année suivante, le sous-lieutenant Martin est en Allemagne dans les rangs du 154ème  régiment d’infanterie de ligne ; présent aux batailles de Lützen, à Bautzen, à La Katzbach. Il est nommé lieutenant peu avant celle de Leipzig. Il participe à la campagne de France. Durant la première Restauration, son régiment devient le 42ème de ligne, puis au retour de Napoléon, le 45ème. Le lieutenant Martin combat à Waterloo, son régiment faisant partie du 1er corps (Drouet d’Erlon), 3ème division (général Marcognet).

MAUDUIT (Hyacinthe-Hippolyte de), 1794-1862. À l’âge de 19 ans, ainsi que le lui permettait sa condition, il s’enrôla dans les Gardes d’honneur. Incorporé le 5 juin 1813 au 3ème régiment, il fut nommé fourrier le 24 juillet suivant, et c’est en cette qualité qu’il termina la campagne de 1813 en Allemagne, fit celle de France l’année suivante et fut blessé d’un coup de lance à la cuisse droite dans l’affaire livrée près de Reims le 15 mars 1814. Après l’abdication de l’Empereur, il rentra dans ses foyers avec le grade de sous-lieutenant de cavalerie honoraire. Mais son inaction fut de courte durée. Le nouveau gouvernement ayant réuni les débris des grenadiers de la Vieille Garde pour former le noyau du Corps Royal des Grenadiers de France, le 11 novembre 1814 le jeune Mauduit sacrifia allégrement son grade d’officier de cavalerie et entra comme sergent aux « Grenadiers de France ». Aux Cents-Jours, le 19 avril 1815 ce corps fut dissous et ses éléments servirent à constituer les 1er, 2ème  et 3ème  régiments de grenadiers à pied (Vieille Garde). Mauduit fut affecté au 1er  régiment. Il participa à la bataille de Ligny le 16 juin, à celle de Mont-Saint-Jean [dite de Waterloo] le 18, puis lors du licenciement définitif de la Garde, il retourna dans sa famille. Trois mois après, le 26 novembre 1815, il reprenait du service comme sergent-major au 5ème  régiment d’infanterie de la Garde royale.

MENEVAL (Baron Claude-François de), 1778-1850. Ce personnage fut tout d’abord secrétaire de Joseph Bonaparte (à partir de 1800) et employé pendant les négociations qui précédèrent la paix de Lunéville (1801), le Concordat et la paix d’Amiens (1802). C’est Joseph qui le propose à Napoléon, voulant se séparer de Bourrienne, pour occuper la fonction de secrétaire du Portefeuille ou secrétaire intime. Il restera à ce poste durant onze années, de 1802 à 1813 avant d’être remplacé par le baron Fain. Méneval occupe ensuite les fonctions de secrétaire des commandements de l’impératrice Marie-Louise. En 1810,  il est nommé maître des requêtes au conseil d’État, puis reçoit le titre de baron. Sous la première restauration, il suit la souveraine à Vienne. Méneval revient à Paris durant en mai 1815.

MIOT DE MELITO (Comte André-François), 1762-1841. Il entre dans l’administration militaire la veille de la révolution. En 1795, Miot est envoyé à Florence, puis à Rome et ensuite en Corse comme commissaire du pouvoir exécutif. L’année suivante il est ministre plénipotentiaire au Piémont .Après le coup d’état du dix-huit Brumaire, Miot est nommé  secrétaire général du ministre de la Guerre, le général Berthier. Après avoir occupé les fonctions d’administrateur général en Corse, il réintègre le Conseil d’État, où il avait été nommé une première fois. En 1806, Miot est mis à la disposition de Joseph Bonaparte, roi de Naples. Il occupe dans ce royaume les fonctions de ministre de l’Intérieur et suivra Joseph en Espagne, lorsqu’il est nommé souverain de ce pays. Miot est intendant de la maison du Roi. Il rentre en France avec lui après la chute de son royaume en 1813. En 1814, Miot reprend sa place au Conseil d’État et reçoit le titre de comte de Mélito. Il suivra Joseph, nommé lieutenant-général de l’Empire (chargé de la défense de Paris), lorsque ce dernier part à Blois avec le conseil de régence, alors que la capitale connaît de vifs affrontements, et qu’approchent les troupes alliées…  L’année 1815 sera particulièrement douloureuse pour le comte Miot de Mélito : à Waterloo, le 18 juin 1815, son fils est grièvement blessé (et mourra six mois après) ; son gendre, le général Jamin (major des grenadiers à cheval de la Garde) est tué.

MONTHOLON  (Comtesse Albine-Hélène de, née VASSAL), 1779-1848. Après un premier mariage elle épouse en 1812 le fameux général Charles-Tristan, comte de Montholon (1783-1853), ce qui déplaira à Napoléon, par la mauvaise réputation. Le couple suit l’Empereur à Sainte-Hélène. Dans ce huis-clos particulier qu’est la captivité de Napoléon, elle aurait adouci le séjour du plus célèbre prisonnier du monde… En juillet 1819, sous prétexte médical, la comtesse de Montholon quitte Sainte-Hélène, laissant son époux. Il convient de préciser que, quelques mois auparavant, son chemin avait croisé celui de Basil Jackson (1795-1889), lieutenant de l’état-major de Hudson Lowe. Elle le retrouvera bientôt à Bruxelles.

PASQUIER (Etienne-Denis, baron), 1767-1862.  Napoléon le choisit en 1810 comme Préfet de police, en remplacement de Dubois. Après le départ de l’Impératrice le 29 mars 1814,  il représente la seule autorité avec le Préfet de la Seine. Pasquier parvint à y maintenir l’ordre tout en favorisant  les intrigues de Talleyrand en faveur de Louis XVIII. Renvoyé le 21 mai 1814, le poste de Préfet de police ayant été supprimé, il se retrouve la direction des Ponts et Chaussées. Écarté durant les Cent-Jours et exilé de Paris, Pasquier devient par la suite garde des Sceaux et ministre de l’Intérieur par intérim dans le gouvernement Talleyrand-Fouché en juillet 1815. 

PAULIN (Général Jules-Antoine), 1782-1876.  Élève à l’École Polytechnique en 1799 puis élève sous-lieutenant du génie à l’École d’application de Metz en 1801. Il est nommé à sa sortie, quelques mois plus tard,  lieutenant au corps impérial du génie. Nommé capitaine en 1804, il devient deux ans plus tard, aide-de-camp du maréchal Augereau, puis occupe les mêmes fonctions auprès du général Bertrand. Il servira auprès de ce dernier en Espagne puis à l’armée d’Allemagne, avant de le retrouver en 1813 en Saxe. Nommé major du génie en novembre 1813 puis envoyé en mission de reconnaissance sur la frontière suisse à la fin de cette même année. Directeur du génie de l’armée de Champagne en 1814, Paulin occupe à nouveau les fonctions d’aide-de-camp auprès du général Bertrand (ce dernier occupe également depuis l’année précédente les fonctions de grand maréchal du Palais). Il est nommé colonel le 15 mars 1814. Sous la première Restauration on le retrouve directeur des fortifications à Antibes. Affecté à l’état-major du génie du 7ème corps d’observation en avril 1815, il devient par la suite directeur des travaux de défense de Lyon. Dans un premier temps mis en non-activité après la chute de l’Empire, Paulin reprend du service en 1816 puis accède au poste de directeur des fortifications de Paris en 1818. Maréchal de camp en 1839, il est nommé membre du comité des fortifications, puis inspecteur général du génie. Il obtient sa retraite en 1848 mais sera affecté  à la 2ème  section du cadre de l’état-major général en 1852.  Paulin était chevalier de la Légion d’honneur depuis 1807 ; nommé officier (en 1815) puis commandeur (en 1831) du même ordre. En outre, il était chevalier de l’ordre de Saint-Louis depuis 1814. Ce brillant officier prit part à toutes les campagnes de l’Empire, sauf à celle de Russie.

PEYRUSSE (Guillaume-Joseph-Roux), 1776-1860. Engagé dès l’âge de dix-sept ans dans la « Compagnie de chasseurs du bataillon de la masse de Carcassonne », on le retrouve durant plusieurs années au sein de l’Armée des Pyrénées-Orientales. Entre l’automne 1793 et l’année 1800, le jeune Peyrusse y occupe les fonctions de soldat ou, alternativement, celles de secrétaire dans les bureaux de l’état-major. En l’an II (1794), il demande un congé pour maladie et reçoit son congé définitif le 5 thermidor an VIII (24 août 1800). Jusqu’à l’automne 1805, Peyrusse restera au sein de sa famille. Plus tard, grâce à  son frère André, déjà dans la place,  il intègre les bureaux du Trésor de la Couronne. L’année 1809, celle de la campagne d’Autriche, marque un tournant dans sa carrière. Il est nommé successivement, le 1er février et le 7 mars de cette même année, « inspecteur et seul inspecteur du Trésor de la Couronne ». Puis le 24 mars, il est désigné par son supérieur, le Trésorier général Estève, pour faire « le service de Payeur du Trésor général de la Couronne à la suite du Quartier-Général impérial ». Dès le lendemain de sa nomination, Guillaume Peyrusse suit la Grande Armée qui part pour l’Autriche. Il retrouve l’Autriche en février 1810, pacifiquement cette fois: il est désigné pour aller au-devant de Marie-Louise, la future impératrice des Français. Le 5 mars 1812, peu après sa nomination de Payeur du Trésor de la Couronne à la suite de l’Empereur, il prend la route de l’est. Peyrusse traverse l’Allemagne et en profite pour visiter de nombreux lieux et monuments. Tout au long de sa vie, il est animé par une soif de curiosité intellectuelle, cette volonté d’en apprendre chaque jour un peu plus.  L’année 1813 le trouve en Allemagne, se remettant lentement de son retour de Russie et découvrant Berlin. Peyrusse s’embarque pour la campagne de Saxe, qui verra la mort tragique de Duroc, son protecteur. Le général de Caulaincourt, Grand-Écuyer de l’Empereur et le baron Fain, secrétaire de Napoléon, prennent le relais et l’assurent de leur bienveillance. «Vers la fin de la campagne de Saxe », il est nommé cette fois « Payeur de l’Empereur », mais ce titre ne sera jamais officialisé.  Peyrusse assiste en témoin observateur à la campagne de France. Présent à Fontainebleau lors de la première abdication de l’Empereur, il est encore là lors de la scène mémorable des Adieux. Volontaire pour suivre le souverain dans son minuscule empire de l’île d’Elbe, il en sera un des acteurs les plus importants et un collaborateur de Napoléon incontournable. En toute logique c’est lui qui occupe les fonctions de « Trésorier général de l’Empereur et Receveur général de l’île ». Celui que Napoléon aime à appeler, avec son accent si particulier, Peyrousse, a su obtenir  la confiance du souverain. Le 26 février 1815, Peyrusse suit l’Aigle dans son envol historique vers les côtes de France. « Napoléon à l’île d’Elbe, n’avait pas perdu son Empire ; il y rentrait après onze mois d’absence, et déjà il régnait dans tous les lieux où pénétrait la nouvelle de cet étonnant retour. », écrit notre témoin. Napoléon le nomme, le 23 mars 1815, Trésorier général de la Couronne. Puis, quelques jours après, Peyrusse est fait Baron de l’Empire. Resté à Paris, il ne participe pas à la campagne de Belgique. Le 21 juin 1815, à trois heures du matin, il apprend la défaite de Waterloo… Il est nommé officier de la Légion d’honneur ce même jour. Cinq jours plus tard, au château de Malmaison, Guillaume Peyrusse rencontre le souverain déchu qui lui dicte ses ultimes instructions. A Sainte-Hélène, L’Empereur, confie aussi à ses compagnons de captivité, ses opinions sur les centaines de personnages qu’il a rencontrés durant son règne. Son jugement est quelquefois sévère ou erroné. Aussi Guillaume Peyrusse est-il accusé à tort, par Napoléon d’avoir détourné « 2 à 300 000 francs en lettres de change » Après la mort de l’Empereur, Peyrusse n’a de cesse de se justifier, chiffres à l’appui. Il est soutenu dans son combat par d’autres proches de Napoléon. Les  compagnons de la Captivité, les généraux Bertrand et Montholon, le baron Fain, ou encore Louis Marchand, valet de chambre du souverain, et Louis-Etienne Saint-Denis, le fameux mameluck Ali, assurent Peyrusse de son bon droit. Sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, Peyrusse réside dans sa ville de Carcassonne. Il se marie et une fille, Louise, vient combler son existence. De 1832 à 1835, il en est le premier magistrat et sera, par la suite, durant neuf années, membre du Conseil général du Département de l’Aude. Le 1er juillet 1853, Guillaume Peyrusse est fait Commandeur de la Légion d’honneur. Napoléon III, en lui remettant cette haute distinction, lave ainsi l’accusation de l’Empereur, son oncle.

PLANAT DE LA FAYE (Capitaine Nicolas-Louis), 1784-1864. Simple soldat au 8ème bataillon bis du train d’artillerie, Planat est nommé l’année suivante successivement fourrier puis maréchal des logis. En 1808, il est nommé maréchal des logis chef à ce même régiment. En 1809, il devient sous-lieutenant adjoint à l’Inspection générale du train d’Artillerie à la Grande-Armée. Trois ans plus tard, Planat est nommé lieutenant et aide-de-camp du général Lariboisière, occupant alors les fonctions de 1er inspecteur général d’artillerie. En 1813,  il est désigné pour être aide-de-camp du général Drouot ; en octobre de la même année, il est nommé capitaine. Blessé grièvement au combat de Château-Thierry, le 12 février 1814, il ne peut suivre l’Empereur à l’île d’Elbe. En novembre 1814, il est affecté comme capitaine au 1er escadron du train d’Artillerie. Le mois suivant il est nommé aide-de-camp du général Evain.  Fin avril 1815, il est désigné par l’Empereur pour être un de ses officiers d’ordonnance. Planat était en mission à Toulouse quand la nouvelle du désastre de Waterloo lui parvint. Il se précipite à Paris. Napoléon voulut l’emmener avec lui à Sainte-Hélène, mais absent au moment de l’embarquement, c’est le général Gourgaud qui est désigné à sa place. Après le départ de l’Empereur, Planat est expédié à l’île de Malte comme prisonnier de guerre. A sa libération, il s’efforça de rejoindre l’illustre prisonnier. Il obtiendra enfin l’autorisation nécessaire trop tard : Napoléon venait de s’éteindre… L’Empereur, dans son testament lui lègue quarante mille francs. Considéré comme démissionnaire, Planat est rayé des contrôles de l’armée le 3 juillet 1815. Il devint le secrétaire de Jérôme Bonaparte puis celui d’Eugène de Beauharnais. Il avait participé aux campagnes de Prusse, de Pologne, d’Allemagne : à celles de Russie, de Saxe et de France. Chevalier de la Légion d’Honneur le 21 juin 1813 il nommé officier du même ordre le 15 mars 1814.  Planat, fut autorisé, en 1860, à ajouter à son nom celui de « de la Faye ».

ROEDERER (Baron Antoine-Marie), 1782-1865. Second fils du conseiller d’État Pierre-Louis Roederer, ce personnage fut d’abord attaché au ministère des Relations extérieures, puis auditeur au conseil d’État. Détaché au royaume de Naples, sous le règne de Joseph Bonaparte, il occupe de hautes fonctions administratives. Rentré à Paris après le remplacement de Joseph par Joachim Murat, sur le trône du Royaume de Naples, il est nommé en 1810 préfet du département du Trasimène (Italie), puis début 1814, il devient celui de l’Aube. Roederer est obligé d’évacuer son département avec l’avancée des troupes ennemies. Le jeune fonctionnaire n’hésitera pas à embrasser une carrière militaire lors de la campagne de France. Il retrouve sa préfecture durant les Cent-Jours et la Seconde Restauration. Ce personnage fut nommé officier dans l’ordre de la Légion d’honneur en 1811, puis chevalier en 1858. Napoléon Ier  l’avait nommé baron de l’Empire en 1810.

RUMIGNY (Colonel Théodore de GUEULLUI de) 1789-1860.  Issu d’une famille d’émigrés, autorisée à rentrer en France après le dix-huit brumaire, le jeune Rumigny débute une carrière dans les bureaux du ministère des Affaires étrangères, avec la bienveillance du Premier Consul.  Plus tard, il est admis en 1805 à l’École militaire de Fontainebleau. Théodore de Rumigny en sort avec le grade de sous-lieutenant l’année suivante. C’est durant la campagne de Prusse, qu’il fait ses premières armes sous les ordres du général Gudin. Remarqué au combat de  Presbourg, où il est blessé, Rumigny est nommé lieutenant dans les rangs du 12ème régiment d’infanterie de ligne. Il est de nouveau blessé à Wagram. Nommé adjudant-major en juillet 1809 puis capitaine en 1811 au même régiment, il participe à la campagne de Russie et devient aide-de-camp du général Gérard, début janvier 1813.. Chef de bataillon en juillet 1813, tout en gardant ses fonctions d’aide-de-camp, il participe à la campagne d’Allemagne et à celle de France.En avril 1814, Rumigny est nommé colonel. Durant la campagne de Belgique, il est attaché à l’état-major du général Gérard (commandant le 4ème corps). Il avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur en août 1812, puis officier du même ordre en septembre 1813.

TOUSTAIN-FRONTEBOSC (Victor-Louis-Alexandre, marquis de), 1774-1829. Admis fort jeune à l’école d’artillerie de Metz, il entre, quatre ans après, dans les gardes du corps, compagnie de Luxembourg. Toustain obtient le brevet de sous-lieutenant de remplacement aux chasseurs de Flandres. Il émigre en 1791, passe à l’armée des Princes. Toustain passe en Russie dans les rangs de l’armée de Condé. Plus tard, de 1801 à 1807, on le retrouve en Angleterre à l’état-major de celle du Portugal. En 1814, le marquis de Toustain réside à Chartres, où il est depuis l’année précédente, capitaine de la Garde urbaine. Il assiste à une étape de l’impératrice Marie-Louise qui passe une nuit dans cette ville,  ayant fui  Paris (le 29 mars) pour Blois (où elle arrivera le 2 avril). Toustain se croyant être plus utile à Paris, « pour la cause royale », se rendra plusieurs fois dans la capitale. Après la Première restauration, il fit partie de la compagnie de Wagram,  mise sur pied par le Roi et confiée au maréchal Berthier, prince de Wagram, et ancien serviteur de l’Empereur. Pendant les Cent-Jours, le marquis de Toustain suit Louis XVIII à Gand, en Belgique.

C.B.

 

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( 12 janvier, 2021 )

Quelques figures d’Empire (II).

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CANLER (Louis), 1797-1865. Très jeune, il suit son père, officier des armées de la République. Enfant de troupe, Canler est nommé tambour  par l’Empereur en personne, en juin 1805. En 1811, il s’engage au 28ème de ligne toujours en tant que tambour. Cinq ans plus tard, comme il l’écrit lui-même dans ses « Mémoires », « je quittai les baguettes pour le fusil. Je venais d’être nommé caporal… » C’est dans les rangs de ce régiment qu’il participera à la campagne de Belgique de 1815. En 1820, il entame une brillante carrière dans la police et deviendra, par ses compétences, chef du Service de Sûreté.

CAULAINCOURT (Général Armand-Augustin, marquis de). Grand-Écuyer de l’Empereur, duc de Vicence, 1773-1827. Entré à l’âge de quatorze ans au Royal-Étranger, sous-lieutenant en 1789, Caulaincourt est nommé capitaine au début de la Révolution. Il grimpe rapidement les échelons. En 1797, il est chef d’escadron. Colonel en 1801, il rencontre la même année Bonaparte ce qui marquera le début d’une nouvelle carrière. En 1802, le Premier Consul le nomme aide-de-camp. Caulaincourt est fait général de brigade en 1803.  Il participe à l’enlèvement du duc d’Enghien en mars 1804, en territoire étranger. Grand-Écuyer de l’Empereur en juin 1804, Caulaincourt est nommé général de division en février 1805. Nommé ambassadeur de France en Russie, en 1807, il s’avère être un diplomate confirmé. Il suit Napoléon en Russie, revient avec lui en France en décembre 1812, au terme d’un voyage mémorable de Smorgoni à Paris. Caulaincourt en profitera pour prendre quotidiennement des notes, à l’insu de l’Empereur. Ces derniers formeront un passage de ces Mémoires qui ne paraîtront qu’en 1933. Il participe aux négociations diplomatiques entourant la campagne de Saxe en 1813. Il est nommé ministre des affaires étrangères en novembre de la même année. En 1814, son rôle est primordial lors de la campagne de France et lors du Congrès de Châtillon. Après Waterloo, Caulaincourt est désigné pour siéger au gouvernement provisoire (du 22 juin 1815 au 9 juillet 1815). Cet homme de qualité, fin diplomate et grand serviteur de l’Empire, s’éteint en 1827.

CHASTENAY (Louise-Marie-Victorine de), 1771-1855. Issue d’une famille royaliste, poursuivie par la Révolution, la jeune Victorine se préoccupe de politique. Elle côtoie Bonaparte, Barras, Fouché et d’autres personnages appelés à prendre une importance. Parfaitement à son aise en fréquentant le monde aristocratique et littéraire, elle rencontre madame de Genlis et madame de Staël. Cultivée, très aux faits des événements, elle laissa des « Mémoires » qui témoignent de son esprit d’observation.

DAUTANCOURT (Général Pierre), 1771-1832. Ayant embrassé la carrière des armes en 1792, comme volontaire dans les rangs du 2ème bataillon de Vervins (Aisne), Dautancourt grimpe rapidement les échelons. En 1800, il est capitaine de cavalerie dans la gendarmerie d’élite, en 1804, chef d’escadron et en 1807 major du 1er régiment de chevau-légers lanciers polonais de la Garde Impériale. Nommé général de brigade en 1813, il commande, durant la campagne de France, la 2ème brigade de cavalerie de la Garde. De la campagne de Prusse à celle de France, en passant par la campagne d’Autriche, Dautancourt se bat courageusement. Il est mis en non-activité en septembre 1814, puis reprend du service durant les Cent-Jours en tant que commandant de la Gendarmerie de la Garde Impériale. De nouveau licencié au retour du Roi, en 1815, il sera admis à la retraite comme maréchal-de-camp en 1825 et ne reprendra qu’une brève activité dans les années 1830-1832, occupant les fonctions de commandant de la 1ère subdivision et de la 15ème division militaires.

DURAND (Jean-Baptiste-Alexis), 1794-1853. Originaire de Fontainebleau, d’abord apprenti-menuisier à Paris, il décide d’embrasser la carrière des armes en rejoignant les rangs du 1er régiment des Gardes d’honneur. En 1814, après la première abdication, Durand est à Nantes puis à Bordeaux, cherchant à s’embarquer pour l’Amérique. En mars 1815, avec le retour de Napoléon, il devient sous-lieutenant dans la Garde nationale. Arrêté par les Vendéens insurgés à Saint-Maixent, délivré par la gendarmerie au bout de trois semaines, Durand rejoint l’armée. Au moment de la bataille de Waterloo, il est à Soissons. Après la chute de Napoléon on le retrouve à Bordeaux, puis parcourant le midi de la France, en Suisse et en Italie. Expulsé de Rome à cause de sa pauvreté, Alexis Durand s’installe à Fontainebleau, se marie, et exerce son premier métier de menuisier tout en s’adonnant à sa grande passion de l’écriture.

DURAND (Sophie, née COHONSET).  Épouse du général Durand, elle occupait les fonctions de première dame de l’impératrice. 

FAIN (Agathon-Jean-François, baron), 1778-1837. Lorsque le 27 octobre 1795, le général Bonaparte s’installe à l’hôtel de la première division militaire, rue des Capucines, à Paris, il y trouve un jeune garçon de dix-sept ans, « commis dans les bureaux de la Convention ». C’est Fain. C’est à lui que Bonaparte dicta ses premiers ordres de général en chef.  Par la suite il est chargé de la division des archives à la Secrétairerie d’État aux Tuileries. Par la suite il suivra Maret, secrétaire d’État, tous ses voyages officiels, approchant ainsi le Premier Consul, puis l’Empereur. Début 1806, Fain accède au cabinet de Napoléon en tant que secrétaire-archiviste. Nommé baron en 1809, commandeur de la Légion d’honneur et maître des requêtes au Conseil d’État en 1811, il remplace Méneval en mars 1813, alors secrétaire du Portefeuille. Après la première abdication, Fain se fait plus discret, en se retirant en province, dans sa propriété du Loiret. Après son retour de l’île d’Elbe, Napoléon le réintègre dans ses fonctions. Il suivra l’Empereur à Waterloo.

FÉE (Antoine-Laurent-Apollinaire), 1789-1874.  Nommé pharmacien sous-aide en octobre 1809, il participe à la campagne d’Espagne, à propos de laquelle, il laissera d’intéressants  « Souvenirs ».  En 1815, après avoir été reçu Maître en pharmacie au sein de l’École de pharmacie de Strasbourg, Antoine Fée participe à la campagne de Belgique. En avril de la même année, il est nommé pharmacien aide-major à la 3ème division (général Marcognet) du 1er corps d’armée (général Drouet d’Erlon).

FRANCONIN (Commandant François), 1788-1857. Entré au service en 1807 aux fusiliers-grenadiers, il passe caporal en 1810 au  1er régiment de tirailleurs, puis fourrier au même régiment, en mai 1811. Quelques mois plus tard on le retrouve dans les rangs du 2ème régiment de grenadiers avec ce même grade. En  avril 1813, Franconin est nommé sergent-major au 1er régiment de grenadiers, puis lieutenant en deuxième second en mars 1814.  Passé au fameux Bataillon de l’île d’Elbe (4ème compagnie) en mai de la même année, il est nommé après le retour de Napoléon à Paris lieutenant en premier, sous-adjudant-major.

GIROD DE L’AIN (Général Félix) 1789-1874. En décembre 1805, le jeune Girod de l’Ain entre à l’École militaire de Fontainebleau. A sa sortie, il est nommé sous-lieutenant et affecté à titre provisoire au 9ème régiment d’infanterie légère. Il se bat en Pologne et en Espagne. Il sera nommé en 1810 adjudant-major. Début 1812, il quitte le 9ème léger et devient capitaine aide-de-camp du général Dessaix. L’année suivante nous le retrouvons comme aide-de-camp du général Curial. Il participe à la campagne de 1813 en Allemagne et devient chef de bataillon. Girod de l’Ain est engagé dans la campagne de France avec ce même grade. Durant les Cent-Jours, il suit le général Curial nommé par l’Empereur commandant de la 7ème division militaire. Mis en demi-solde après l’Empire, il est néanmoins réintégré dans l’armée dès 1818.

GOURGAUD (Général Gaspard), 1783-1852. Il entre en 1799 à l’École polytechnique, puis rejoint en 1801 l’école d’artillerie de Châlons comme sous-lieutenant. Affecté comme lieutenant en second en 1802 au 7ème régiment d’artillerie à pied Gourgaud devient au début de l’année suivante adjoint au professeur de fortification de l’École d’artillerie de Metz. Mais quelques mois plus tard, il passe au 6ème régiment d’artillerie à cheval. Gourgaud participera à toutes les campagnes de l’Empire. Il est à Ulm, à Vienne, à Austerlitz. Il combat en Prusse et en Pologne. En 1808 il est nommé capitaine, après avoir reçu l’année suivante la croix de la Légion d’honneur. Il se bat en Autriche dans les rangs de son 6ème régiment d’artillerie à cheval. Après un passage en 1810 à la manufacture d’armes de Versailles où il travaille à l’élaboration d’un nouveau fusil, Gourgaud part en Espagne. Il se distingue au siège de Saragosse, puis est rappelé et expédié en mission à Dantzig. Le 3 juillet 1811, Gourgaud est nommé officier d’ordonnance de l’Empereur.  Présent lors de la campagne de Russie, il sauve (une première fois) la vie de Napoléon en découvrant lors de l’incendie de Moscou, un énorme dépôt de poudre dans le Kremlin, où résidait l’Empereur et son état-major. En récompense il reçoit le titre de baron d’Empire alors qu’il n’est encore qu’un simple capitaine. Lors du passage de la Bérézina, Gourgaud traversa par deux fois à la nage ce cours d’eau glacé, afin de reconnaître les rives et permettent ainsi l’établissement des ponts  qui permirent le passage de l’armée. Cet exploit lui valut le grade de chef d’escadron et le titre de premier officier d’ordonnance de l’Empereur ; un titre crée spécialement pour lui.  En 1813, en Saxe, il est non loin de l’Empereur. Lors de la campagne de France, à Brienne, le 29 janvier 1814, il sauve une seconde fois l’Empereur en tuant d’un coup de pistolet un cosaque qui était sur le point de transpercer le souverain de sa lance. Il est nommé par la suite colonel et commandeur de la Légion d’honneur. Après la première abdication, Gourgaud  est admis dans les gardes du corps de Louis XVIII et reçoit la croix de Saint-Louis, puis nommé chef d’état-major de la 1ère division militaire. Au retour de l’Empereur, il participe à la campagne de 1815. Nommé général de brigade et aide-de-camp de l’Empereur le 21 juin 1815, il le suivra dans son exil à Sainte-Hélène. Toutefois, ce personnage, militaire courageux et tout dévoué, est d’un caractère ombrageux, impulsif et jaloux. Le huit-clos si particulier de Sainte-Hélène lui deviendra rapidement insupportable. Il en part le 14 mars 1818.

GRIOIS (Général Charles), 1772-1839. Après avoir achevé ses études, Griois décide d’embrasser la carrière des armes et passe le concours d’entrée de l’École d’artillerie de Châlons en 1792. Il est reçu 26ème sur 47. Nommé lieutenant au 4ème régiment d’artillerie, il est dans les Pyrénées-Orientales en mars 1793, puis regagne la vie civile. En mai 1800, Griois est nommé capitaine en second au 4ème d’artillerie et rejoint  l’état-major de l’artillerie à l’Armée de réserve. Il participe à la campagne d’Italie, puis est nommé capitaine en premier et tient garnison à Brest, à Grenoble et à l’île d’Elbe. Premier chef d’escadron au 1er régiment d’artillerie à cheval en 1803, il est nommé major quelques mois plus tard. Au début de l’année 1806 Griois est chef d’état-major de l’Armée de Naples, nous le retrouvons trois ans plus tard en Autriche. Il y arrive alors que la campagne est achevée et regagne l’Italie. En juin 1811, il est nommé colonel du 4ème régiment d’artilleur à cheval et prend part à la campagne de Russie. En 1813, Griois accède au grade de major de l’artillerie de la Garde et participe à la  campagne d’Allemagne. L’année suivante, il est attaché à la cavalerie de la Garde, placée sous les ordres de Nansouty, puis de Belliard et enfin de Sébastiani. Nommé directeur de l’artillerie à Mézières, durant la Première Restauration, il est chargé au  retour de l’Empereur en mars 1815, d’organiser la défense des places de l’Ardenne, sous les ordres du général Vandamme. A la fin de 1815 Griois occupe les fonctions de directeur d’artillerie au Havre. Il était commandeur de l’ordre de la Légion d’honneur (12 août 1813) et chevalier de l’ordre royal de Saint-Louis. Griois était également chevalier de la Couronne de Fer et enfin baron de l’Empire depuis le 16 août 1813.

C.B. 

A suivre.

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( 7 janvier, 2021 )

La liquidation d’une légende: la survivance de Ney en Amérique (2ème partie et fin).

La liquidation d’une légende: la survivance de Ney en Amérique (2ème partie et fin). dans FIGURES D'EMPIRE 76004264D’après la légende, le duc de Wellington aurait sauvé Ney en ordonnant une fausse exécution. Nous savons aujourd’hui que pour éviter les incidents, le Gouvernement français avait choisi pour l’exécution un terrain, près du Luxembourg, où le Maréchal était prisonnier.  Quant à l’enterrement, la police avait exigé qu’il ait lieu avant l’aube. Toutes ces précautions ont été considérées par les amis de Peter Ney comme le témoignage d’une fausse exécution et la preuve que le cercueil a dû être vide.  Si le maréchal n’avait pas été tué, il est invraisemblable que la foule qui arrivait d tous côtés n’en eût pas eu connaissance. Un officier hollandais, au service de la Russie, après avoir assisté au procès, s’est habillé en grand uniforme, a attendu toute la nuit près du Palais du Luxembourg, et enfin a suivi les troupes au lieu d’exécution.  Les observateurs de la Police ont parlé de « plus de cinq cents Anglais qui sont venus pour voir le corps ». Un autre observateur, dans un rapport, déclare que des Pairs de France, des généraux, des officiers étrangers et des attachés des légations étaient venus voir si c’était bien le maréchal Ney qu’on avait fusillé.En somme, il n’y a aucun document ni témoignage contemporain qui permette le moindre  doute sur la mort de Ney.  Les soi-disant témoignages ne sont basés sur rien de précis et ont sûrement été inventés par des gens qui n’ont pas lu les documents contemporains, qui ne connaissent pas la France de 1815 et ne savent peut-être pas bien la langue française d’aujourd’hui. En général les amis de Peter Ney étaient des amis bien intentionnés mais mal renseignés. On a de Peter Ney plusieurs œuvres. Il a publié beaucoup de vers dans les journaux du pays, dont  plusieurs ont été copiés par le pasteur Weston. On n’a qu’à lire quelques-uns de ces vers convaincu que l’auteur avait une formation entièrement anglaise, une éducation classique genre XVII° siècle. Beaucoup de ces vers ont pour sujet ls guerres de Napoléon, mais la langue et les images poétiques que l’on y trouve n’ont rien de français. Un officier français qui n’aurait pas eu de culture anglaise classique n’aurait jamais pu écrire ces vers, surtout les quelques lignes sur la mort du poète anglais, Sir Philip Sydney. Beaucoup de gens ont dit que Peter Ney parlait parfaitement bien le français. Pourtant, aucune de ces personnes ne parlait cette langue, et nous savons que Peter Ney s’est beaucoup fâché quand un de ses élèves lui demanda de lui enseigner un peu de français. Dans tous les écrits que nous avons de lui, il n’y a pas une seule lettre en français, rien que de petites phrases et surtout des maximes- comme « Le sage parle à demi-mot ».  Peter Ney possédait plusieurs livres sur Napoléon et son temps, et il avait l’habitude d’écrire là-dedans des commentaires.

Dans ces inscriptions on trouve énormément d’erreurs, surtout de genre et d’accent, des erreurs qu’un français n’aurait jamais pu faire.  Un autre respect de l’affaire, qui affaiblit beaucoup la légende, c’est la conduite de Peter Ney à l’égard des amis et des parents que le Maréchal avait eu aux Etats-Unis. Pourquoi aurait-il évité le groupe des Bonapartistes de Philadelphie, y compris le frère de Napoléon qui s’y trouvait à ce moment-là ? Pourquoi n’aurait-il pas vu l’oncle de sa femme, Edmond-Charles Genet, qui a joué aux Etats-Unis un certain rôle politique ?

Pourquoi ne serait-il pas allé à La Nouvelle-Orléans dans la famille de Pontalba, où l’on était tout prêt à le recevoir ? 

La vérité semble être- et je suis d’accord avec un certain Wiseman qui, déjà en 1885, avait écrit au bibliothécaire en chef de l’Université du Wisconsin, que Ney « était un Ecossais et un grand admirateur de Napoléon, qu’il avait peut-être même été dans l’armée impériale et que, beaucoup plus tard, se trouvant pris pour le maréchal Ney, il avait accepté de jouer ce rôle qui flattait sa vanité ».  Pendant toute sa vie, il aurait donné l’impression d’être un méconnu et il a dû vivre dans la peur d’être démasqué.  Si le maréchal Ney avait voulu passer inaperçu en Amérique, il aurait plutôt choisi le nom de Dupont ou de Durand. 

Dorothy MACKAY-QUYNN 

Docteur de l’Université de Paris. 

Cet article est paru dans la «  Revue de l’Institut Napoléon » n°125,en 1972. 

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( 4 janvier, 2021 )

La liquidation d’une légende:la survivance de Ney en Amérique (1ère partie)

Le 29 septembre 1946, dans un petit village de Caroline du Nord, il y eut une cérémonie religieuse et militaire en l’honneur d’un Maréchal de France. Sur un certain tombeau on déposa des couronnes, on étendit des drapeaux, il y eut un défilé militaire. Sur ce tombeau on lit (je traduis) : 

Ci-gît PETER STEWART NEY 

Soldat de La liquidation d’une légende:la survivance de Ney en Amérique (1ère partie) dans FIGURES D'EMPIRE 02008334la Révolution Française et de Napoléon Bonaparte 

Mort le 15 novembre 1846, âgé de 77 ans. 

Pour beaucoup d’habitants du pays, comme pour ceux de certaines autres régions, le Maréchal aurait échappé à l’exécution pour finir ses jours dans la Caroline du Nord.  Aucun historien sérieux n’a traité ce sujet en anglais, et ceux qui croient à notre légende n’ont jamais vu de documents sur ce point et ne savent que des histoires plus ou moins authentiques et mal traduites. Sans aucun doute, le maréchal Ney, au moment de son arrestation, était déjà sur le chemin de l’Amérique. Evidemment il avait des passeports pour Lausanne en Suisse et aussi un laissez-passer pour Toulon. Mais son passeport de date la plus récente,établi au nom de ses domestiques, était pour La Nouvelle-Orléans, par Bordeaux.Si on étudie l’itinéraire du Maréchal entre son départ de Paris, le 6 juillet 1815, et son arrestation le 3 août, on voit bien qu’il ne se dirigeait pas surla Suisse. Il se cachait dans le Massif Central pour prendre son passeport pour l’Amérique qui a probablement été envoyé par sa femme, et peut-être aussi des lettres.

Puis il a essayé plusieurs fois de s’échapper du côté de Bordeaux, mais il était entouré dans un réseau de dénonciateurs et l’on a fini par le prendre dans un château dans le département du Lot, a quelques kilomètres d’Aurillac. Peter Stewart Ney a vécu dans les Carolines du Nord et du Sud entre 1819 et 1846. C’était un maître d’école qui a joui d’une grande réputation, à en juger d’après les témoignages de plusieurs de ses anciens élèves.

Malheureusement les documents- sauf un daté de 1827- n’ont paru qu’après la mort de Peter Ney en 1846.

Malgré le manque de documents, il sûr que des bruits coururent pendant la vie de Peter Ney. Quelques mois après sa mort, il y eut plusieurs lettres publiées à ce sujet dans le « Southern Litterary Messenger ». Pendant la dernière moitié du XIX°siècle, d’anciens élèves de Peter Ney ont insisté sur le fait qu’ils avaient, dans leur jeunesse, profité de l’enseignement d’un Maréchal de France. Un pasteur du pays, un certain Weston, et un docteur en médecine du nom de Smoot, ont ramassé et publié des centaines de pages de témoignages de ces élèves, de leurs enfants et de leurs familles. Certains ont dit que le maître d’école, désormais devenu fameux, leur avait affirmé en classe qu’il avait été maréchal. Les uns prétendaient qu’il le disait quand il était sobre ; d’autres, au contraire, quand il était ivre. Ces derniers ont expliqué qu’étant ivre, Ney avait l’habitude d’agir comme un général sur le champ de bataille, donnant des ordres, et surtout demandant à monter à cheval.  Lorsqu’il était dans le monde, il voulait faire croire qu’il connaissait la haute société de l’époque impériale. Il obtint un jour un gros succès en disant à une dame : « Ne me regardez pas ainsi, car c’est la façon dont Mme de Staël me regardait. » Il parlait des deux Impératrices en donnant tort à Napoléon d’avoir répudié Joséphine. Chaque fois que venaient de France de grandes nouvelles : celle de la mort de l’Empereur, celle de la mort du duc de Reichstadt, celle de l’accession au trône de Louis-Philippe, il noyait avec ostentation son désespoir dans l’alcool et souffrait ensuite, comme on peut aisément l’imaginer, de dépressions nerveuses.

Tout cela a beaucoup impressionné ses amis, et les années passant, ils ont vu de pus en plus une ressemblance entre le vieux maître d’école et le Maréchal, sans aucune documentation, sans même connaître le caractère du Maréchal.

A suivre…

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( 26 novembre, 2020 )

En pleine campagne d’Espagne…

Espagne7Henry de Saint-Simon en 1782 (et mort en 1865), s’engage à dix-huit ans dans un régiment de hussards et gagnera tous ses grades à la pointe de l’épée. En 1805, il est nommé capitaine et désigné comme aide-de-camp par le maréchal Ney. En 1808, Saint-Simon part combattre en Espagne comme chef d’escadron à la tête du 29ème régiment de chasseurs à cheval. Il a laissé un témoignage qui fut publié la première fois en 1899.

« Parti de Paris le 21 octobre 1808, à midi et demie, je me suis arrêté à Rambouillet d’où j’ai écrit à Paris. J’ai été assez bien jusqu’à la Dordogne, mais là, j’ai trouvé tout le grand parc, les équipages du quartier-général du 6ème corps, la Garde impériale et beaucoup d’autres voitures. J’y étais à deux heures du matin et je fus très heureux, en me disant chargé de dépêches, de passer à midi; à la Gironde, même difficulté et même expédient, c’est-à-dire force d’argent et déclaration que je portais des dépêches de l’Empereur pour l’armée; enfin, je fus assez heureux pour arriver à Bordeaux le soir. Je m’arrêtai une heure et repartis, mais dans la lande il n’y avait pas de chevaux aux postes et il fallait à chacune attendre deux ou trois heures; enfin, je restai quatre jours et quatre nuits sans m’arrêter et j’arrivai le 29 à Bayonne, au milieu de la nuit. Je m’y suis arrêté quelques jours pour réparer mes chevaux, acheter un mulet et son équipage et prendre un domestique, ce que je fis», note le jeune officier dès le début de son « Carnet de campagne». Dès lors, tout son récit ne va connaître aucun temps mort. Le 5 novembre 1808, lors d’une étape à Tolosa, il remarque que les soldats ont « des distributions exactement faites de pain et de viande ». Le 8, il rencontre le maréchal Ney à Vittoria. Le 13, il est à Burgos. Dix jours plus tard le voici à Suria : « Toute la nuit avait été coupée par un incendie affreux, nous eûmes à peine le temps de vider un magasin à poudre qui était à six maisons de là; la ville aurait été consumée, si on n’avait pas pris le parti de faire démolir les maisons avoisinantes. Nous étions les aides-de-camp du Maréchal; à la tête, des sapeurs montaient sur les toits, étouffant de fumée et conduisant les hommes et travaillant nous-mêmes. Il y eut un quartier entier de brûlé… »

Saint-Simon note scrupuleusement chaque jour ce qu’il voit. Ainsi le 4 décembre 1808, il écrit, non sans une certaine émotion : «  Nous eûmes le spectacle affreux de l’agonie d’un soldat français au service d’Espagne. Le maréchal Ney était dans une chaumière et son escorte et nous, au bivouac, sur la place qui était très petite ; il y avait devant un feu éteint ce malheureux, qui avait plusieurs blessures très graves; je le questionnai cependant et il me répondit tout juste. Il était là depuis cinq jours, sans secours ni nourriture; je lui amenai notre chirurgien qui lui trouva le tétanos et le jugea sans ressource, de sorte qu’il resta agonisant au milieu des hussards qui faisaient leur soupe… »

Quinze jours plus tard, voici notre jeune aide-de-camp assistant à une revue passée par l’Empereur : « …en grande et superbe tenue, nous nous rendîmes dans la plaine entre Madrid et Chamartin. C’était un spectacle superbe : 50.000 hommes couvraient la plaine. L’Empereur vit tous les régiments, y donna beaucoup d’avancement et nous fit défiler, mais par un vent et une poussière qui nous rendaient aveugles. » En 1809, le chef d’escadron Henry de Saint-Simon sera encore en Espagne, notant encore dans son « Carnet de campagne » de nombreux détails.

C.B.

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( 1 novembre, 2020 )

Antoine et Barthélémy Bacheville.

ANTOINE Antoine et Barthélémy Bacheville.

45492_3En novembre 1815, alors que Napoléon est à Sainte-Hélène, Antoine et Barthélemy Bacheville, deux frères ayant servi de l’ex-Garde impériale, n’aspirent qu’à  la tranquillité. Licenciés de l’armée, ils se sont retirés  dans la petite ville de Trévoux, dans l’Ain, dont ils sont originaires. Leurs ennuis commencent avec une ordonnance royale, en date du 11 novembre 1815, qui prive l’aîné de son maigre traitement d’ancien militaire. Il n’est donc plus considéré comme demi-solde. Les deux frères s’aperçoivent  alors qu’ils font l’objet d’une surveillance de la part de la gendarmerie royale. Peu après, alors qu’ils se rendent dans leur petite maison de Villefranche-sur-Saône, un maréchal des logis, voulant peut-être faire du zèle, leur demande leur passeport, ce document exigé des demi-soldes pour tout déplacement. Barthélémy ne le possède plus, n’étant plis considéré, par la suppression de sa pension, comme ancien militaire.  Le gendarme veut l’arrêter et met la main à son sabre. Barthélémy sort  un des deux pistolets dont il ne se séparait plus.  Le gendarme recule, apeuré, ce qui permet aux deux frères de prendre la fuite. Va alors commencer pour eux un incroyable périple. Les voici à Lyon, où ils apprennent qu’ils sont désormais recherchés, leurs noms figurent sur des affiches. Convoqués par la Cour Prévôtale du Rhône pour « conspiration pour renverser le Gouvernement », Antoine et Barthelemy passent en Suisse, après avoir crié à la frontière, avec un grand soulagement : « Vive la France ! », « Vive la liberté ! » et… « Vive l’Empereur ! ». Mais Dans les auberges leur signalement est affiché.  Le duc de Decazes, ministre de la police de Louis XVIII a expédié des agents pour les retrouver. A Genève, un autre exilé bonapartiste, le colonel Combes, leur procure de faux papiers. Ils atteignent Constance puis Schaffhouse. Les frères Barthélémy veulent aller à Munich où réside le  prince Eugène de Beauharnais, fils de l’impératrice Joséphine.  Ce dernier leur fait remettre la somme de deux cents francs.  Barthélémy apprend alors qu’il est condamné à mort par la Cour Prévôtale de Lyon et Antoine écope de deux ans de prison ! Au risque d’être arrêtés, même en territoire étranger, il leur faut fuir de nouveau ! Les voici en Saxe, en Pologne… A Cracovie ils rencontrent le général Jermanowski, ancvien commandant de l’escadron des  lanciers polonais de la Garde à l’île d’Elbe ; exilé lui aussi…  Nous retrouvons les frères Bacheville en Moldavie turque, à Jassy (actuellement en Roumanie).  Là, on leur parle de la création du « Champ d’Asile », cette colonie fondée en 1818 au Texas par des officiers bonapartistes. Antoine presse alors son frère afin qu’il parte pour Constantinople afin de trouver un navire pour l’Amérique ou… pour la Perse ! Les deux frères se séparent. Ils ne se reverront plus.  Barthélémy part alors pour la Grèce, il sera un temps au servie du fameux Pacha de Janina avant de s’enfuir au vu des horreurs commises par ce tyran.  On le retrouve à l’île de Corfou, puis à Trieste, où il rencontre Maret, duc de Bassano et Pons de l’Hérault, deux bonapartistes exilés eux-aussi.   Barthélémy Bacheville est à Ancône puis à Rome. Là, d’autres fidèles de l’Empereur, le colonel Roul et le capitaine Laborde (officiers qu’il a connu à l’île d’Elbe) lui donnent des nouvelles de l’Empereur, relégué tout là-bas sur l’île de Sainte-Hélène… Barthélémy rencontre Madame Mère, Lucien et Louis, frères de l’Empereur. Il n’ira jamais en Amérique, l’épopée du Champ d’Asile venant de prendre fin. Il finira par se rendre aux autorités françaises en 1819, non sans avoir appris la suppression des Cours Prévôtales.  Emprisonné, il apprend « qu’il n’y avait pas lieu à poursuites contre le condamné à mort de 1816 ! ».

Antoine, quant à lui s’était retrouvé à Tripoli et avait refait la connaissance  de deux officiers français et d’un italienne rendant à Bagdad et « allant prendre du service des troupes du fils aîné du Shah de Perse. ». En octobre 1819,  les voyageurs sont signalés à Alep, puis sont attaqués par des pillards. Barthélémy est alors soigné par un certain Barrachin, chirurgien de l’ex-Garde (celle de Napoléon) et instructeur dans l’armée perse.  Antoine serte un temps dans l’armée du fils du Shah  puis prend la route de Mascate où le souverain qui réorganise sa petite armée a besoin d’instructeurs. Il n’y parviendra jamais. On perd sa trace vers le détroit d’Ormuz.

Quel parcours atypique que celui des frères Bacheville, anciens combattants de la Grande-Armée ![1]

 

 C.B. 


[1]  Antoine Bacheville a laissé un témoignage qui fut réédité il y a quelques années : « Itinéraire d’un officier de la Garde. Présentation et notes par Laurent Nagy », La Louve Editions, 2013.

 

 

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