( 18 juillet, 2015 )

En mer, en direction des côtes anglaises…

Bellerophon

« Le Bellérophon prit la mer le 16 juillet, en route pour l’Angleterre. Le vent était calme et le vieux vaisseau avançait lentement. Qu’importe ! Il tenait, désormais, l’ennemi le plus redouté, et Maitland ne devait sans doute point encore être revenu de cette fortune si imprévue. Un auteur anglais, dont nous aurons à parler bientôt, a dit plus tard que, lorsque Maitland reçut l’ordre de conduire le Bellérophon devant les passes de Rochefort, il ne se doutait guère qu’il verrait l’empereur se remettre volontairement entre ses mains. Pour que cet événement se produisît, il avait fallu le concours de circonstances auxquelles on a peine à croire ; mais il faut rendre au capitaine anglais cette justice qu’il a admirablement servi la politique judaïque de son gouvernement. Dans le plaidoyer qu’il a publié, le capitaine Maitland s’est efforcé de donner à ses actes la tournure la plus honorable. Il est difficile de le croire, cependant, on a déjà perdu la terre de vue. Même situation, le 18. Le mardi, 19, le vent fraîchit mais sans être favorable ; on ne file que neuf nœuds, au plus près. On a croisé en mer le Swiftsure, allant, en vertu d’ordres antérieurs, renforcer la croisière, et le navire a été expédié si précipitamment, qu’il n’est qu’à moitié peint. Depuis le départ de l’île d’Aix, Napoléon semble se familiariser avec les habitudes de la mer ; d’un autre côté, les anglais changent d’attitude à son égard. Depuis vingt ans on s’était efforcé d’exciter chez ces gens-là, par des contes absurdes, les sentiments d’une haine poussée jusqu’à l’horreur ; on avait su éveiller dans leur esprit, quand il s’agissait de l’empereur, l’idée d’un monstre des temps fabuleux, et pour se convaincre de ce fait il suffit de lire le « journal » qu’a publié en Angleterre le médecin du Bellérophon. Le bon docteur raconte ses impressions comme ferait un naturaliste décrivant les mœurs d’un animal nouveau, étrange, extraordinaire. Mais à mesure que les officiers et l’équipage du vaisseau anglais se rapprochent de Napoléon, on les voit s’apprivoiser bien vile, se faire à ses habitudes et à celles de sa suite. Quand l’empereur paraît sur le pont, chacun se découvre ; on ne l’aborde que chapeau bas, et ceux qui lui parlent ne manquent jamais de se servir des expressions de « Sire » ou « Votre Majesté ». La table du commandant était la table de l’empereur; il n’y paraissait que ceux qu’il avait invités et, en toute occasion, nul ne négligeait de lui manifester égards et respect, dans les paroles ou les actes. Cette lente navigation laissait naturellement beaucoup de loisirs aux passagers : l’empereur les utilisa en dictant à Las Cases quelques notes sur la situation qu’il venait de traverser, à Rochefort et en rade de l’île d’Aix. Soit à cause de l’influence de son entourage, soit que l’affaiblissement persistant du ressort de la volonté eût produit chez lui un découragement voisin d’un complet abandon, Napoléon affectait une étrange confiance dans la bonne foi britannique. Sa lettre au prince-régent témoigne hautement de ce sentiment, que l’attitude de Maitland, lorsque cette lettre lui fut officiellement communiquée, n’avait pu que confirmer. Le dimanche 23 juillet, au lever du jour, on aperçut l’île d’Ouessant, qu’on avait dépassée pendant la nuit; l’on rencontra quelques frégates courant au sud et un grand mouvement de bâtiments de guerre dans toutes les directions. Si l’empereur s’était décidé à tenter la sortie de vive force, au moment où Ponée lui en avait fait la proposition, ces renforts seraient arrivés trop tard, et ce n’est pas le Bellérophon qui eût pu s’opposer à l’entreprise, étant mauvais marcheur, vieux vaisseau en armement depuis vingt-deux ans. Maitland, qui ne se faisait pas d’illusions sur ce point et qui s’était imaginé qu’on n’avait entamé des négociations que pour endormir sa vigilance, avait pris les dispositions suivantes, en prévision d’un coup de force : Se porter sur les frégates, accabler l’une de tout son feu, l’aborder et jeter à son bord 100 hommes déterminés; courir ensuite sur les traces de l’autre, tâcher de la joindre et de la prendre. Ce plan avait peu de chances de réussir, car Maitland se serait trouvé aux prises avec deux frégates neuves et bonnes voilières et il aurait pu avoir sur les bras, en même temps, le brick l’Épervier et, peut-être, la corvette de Baudin. A la tombée de la nuit, on aperçut les côtes d’Angleterre, et le lendemain, vers huit heures du matin, on jetait l’ancre dans la rade de Torbay. Depuis le point du jour l’empereur était sur la dunette. Aussitôt le vaisseau au mouillage, Maitland expédia un courrier à l’amiral Keith, à Plymouth. Dès que l’on connut, à Torbay, la présence de l’empereur à bord du Bellérophon, la rade se couvrit de barques chargées de curieux; un particulier envoya à l’empereur une corbeille de fruits, et cette affluence se continua toute la journée du mardi, 25. On apprit à ce moment que, depuis plusieurs jours, le Bellérophon était attendu là et qu’on savait que l’empereur serait à son bord. Dans la nuit arriva l’ordre de l’amiral Keith de conduire le vaisseau et son prisonnier à Plymouth, et cet amiral, dont on va lire les assurances favorables, recommandait au capitaine Maitland de redoubler de précautions pour « empêcher toute communication avec la terre ». On a osé dire, après cela, que les officiers anglais ne se doutaient pas de ce qui allait arriver et que l’incertitude était aussi grande chez eux qu’en France. Pour se rendre de Torbay à Plymouth, le Bellérophon dut louvoyer, à cause du vent contraire. Comme ses bordées l’amenaient souvent à ranger la terre, l’empereur fit cette remarque : « Il faut que les officiers de la marine française n’aient pas connu la situation de ces côtes-ci, lorsque dans la construction de la flottille de Boulogne ils ne me demandaient que des bateaux à fond plat. » Le Bellérophon avait appareillé le 26, au point du jour, pour se rendre à Plymouth; il y arriva vers quatre heures après midi, et au même moment on vit monter à bord le général Gourgaud, qui avait quitté l’île d’Aix dans la nuit du 14 au 15. Bien accueilli à bord du Bellérophon, comme nous l’avons raconté, il avait pu partir immédiatement sur la Slany, porteur de la lettre de Napoléon au prince-régent d’Angleterre et avait rallié l’amiral Hotham, qu’il rencontra à la baie de Quiberon. Celui-ci retint la Slany jusqu’à ce qu’il eût expédié un autre navire qui portât le premier la nouvelle à l’Amirauté. Quand Gourgaud arriva à Portsmouth, il fut retenu à bord, en dépit de ses protestations, pendant que le capitaine Sertorius se rendait à terre sans le prévenir, oubliant ainsi ses promesses ; et on ne tint aucun compte de ses réclamations, quelque violentes qu’elles fussent. A l’arrivée du Bellérophon, Gourgaud, prévenu à l’avance, demanda et obtint de se rendre auprès de l’Empereur. »

 (J. SILVESTRE, « De Waterloo à Sainte-Hélène… », Félix Alcan, Editeur, 1904, pp.265-270)

 

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( 7 juillet, 2015 )

Juillet 1815…

Napoléon

« Napoléon n’a pas échappé à la loi commune. S’il n’avait pas été vaincu à Waterloo, il l’eût été quelques mois, quelques semaines plus tard. Il ne pouvait plus rien contre l’arrêt du destin. Voyant que la mort ne voulait pas de lui, Napoléon se résignait à la retraite. Après avoir quitté Jemappes, il s’arrêtait quelques heures à Philippeville, arrivait le 10 juin à Laon, où il était accueilli par les acclamations de ses fidèles, et il conçut un moment le projet de rallier les troupes; mais après quelques hésitations, il partait pour Paris. Le 21 juin 1815, à 5 heures et demie du matin, d’après le récit de Montholon, à 8 heures selon le manuscrit de Fain, Napoléon arrivait au palais de l’Elysée, où il était reçu sur le perron par le duc de Vicence, « son censeur dans la prospérité, son ami dans l’infortune », et qui dut lui prêter l’appui de son bras pour gravir les marches qui conduisaient à ses appartements. Il paraissait, dit un de ses secrétaires, succomber à la fatigue, à la douleur; sa poitrine était souffrante, sa respiration oppressée; après un soupir pénible, il dit au duc : « L’armée avait fait des prodiges, une terreur panique l’a saisie, tout a été perdu… je n’en puis plus, il me faut deux heures de repos pour être à mes affaires »; et portant la main sur son cœur : « J’étouffe là ! » (Fleury de Chaboulon, « Vie privée de Napoléon », tome II, p.210) Il ordonna qu’on lui préparât un bain; après quoi, on réunirait à 10 heures le Conseil des ministres, pour délibérer sur la situation.

Il fut un assez long temps à se ressaisir. Lavalette, qui le vit dans cette matinée, conte que, dès qu’il l’aperçut, l’Empereur vint à lui avec un rire épileptique effrayant. « Ah! mon Dieu ! », dit-il en levant les yeux au ciel, et il fit deux ou trois tours de chambre. Ce mouvement fut très court. Il reprit son sang-froid et demanda ce qui se passait à la Chambre des députés. Tandis que les uns conseillaient de dissoudre cette assemblée, d’autres insistaient pour l’abdication; l’Empereur se rallia finalement à ce dernier parti.  On connaît les événements qui suivirent. Après s’être retiré quelques jours à Malmaison, où il reçut la visite, entre autres personnages, de son médecin Corvisart, qui devait le revoir le lendemain, Napoléon reçut l’ordre de quitter la France. Le 3 juillet, il atteignit Rochefort, où il devait s’embarquer, sans délai, pour la destination qu’il pouvait encore choisir. Quelques-uns de ses amis lui proposaient de passer en Amérique, il ne voulut prendre aucune décision, hésitant, repris de son apathie. D’ordinaire si prompt à se décider, il n’osait risquer l’aventure, comme s’il se trouvait « sous l’influence de quelque charme malfaisant ».

Le 13 juillet, il adressait, de Rochefort, au Prince Régent, la lettre fameuse que l’on sait; le 15, au lever du soleil, il se rendait à bord de l’Épervier, pour passer de là sur le Bellérophon.

On raconte qu’il s’assoupit sur le pont du navire, en lisant une page d’Ossian, son auteur favori; son énergie physique et morale, au dire de personnages de sa suite, l’avait complètement abandonné. Une fois seulement au cours du voyage, il parut secouer sa léthargie: quand on fut en vue de la côte d’Ouessant, il sortit de sa cabine, prit un télescope et demeura les yeux fixés vers la terre, immobile, de 7 heures à midi; nul ne s’avisa de troubler ses douloureuses méditations. Le 24 juillet, le Bellérophon jetait l’ancre dans la rade de Torbay ; le 30, le cabinet de Saint-James notifiait au souverain déchu la volonté des alliés: l’île de Sainte-Hélène lui était fixée comme résidence; le 7 août, vers 2 heures de l’après-midi. Napoléon passait du Bellérophon sur le Northumberland, qui appareilla pour Sainte-Hélène. »

(Docteur Cabanès, « Au chevet de l’empereur », Albin Michel, Editeur, s.d. [vers 1920], pp.283-287)

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( 19 juin, 2015 )

Napoléon le 19 juin 1815…

« 19 juin 1815. Napoléon est aux Quatre-Bras vers 1 heure. Il est vu par un officier, arrêté dans une clairière du Bossu, pleurant auprès d’un feu. Il passe par Gosselies et Lodelissart. Il est à  Charleroi entre 5 heures et 7 heures. Il passe la Sambre et s’arrête quelque temps  dans la prairie du débouché du  pont, à droite, cherchant à rallier des fuyards. Il mange. Il demande une calèche. On lui fait observer que les routes sont trop encombrées et que la cavalerie légère prussienne peut survenir d’un moment à  l’autre. Il remonte à cheval, marche sur Philippeville où il est à  9 heures. Là, il annonce le désastre à Joseph, en deux lettres. Il passe ensuite par Marienbourg, Rocroi, les Censes-Corbineau (halte), Maubert-Fontaine et Mézières (22 h30  à minuit). Il voyage dans la voiture du général Dupuy commandant la place de Philippeville. »

(Garros et Tulard, « Napoléon au jour le jour… », Tallandier, 1992, p.472)

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( 14 juin, 2015 )

Proclamation de la campagne de Belgique en 1815.

Napoléon

Avesnes, 14 juin 1815.

A l’Armée du Nord.

Soldats, c’est aujourd’hui l’anniversaire de Marengo et de Friedland qui décidèrent deux fois du destin de l’Europe. Alors, comme après Austerlitz, comme après Wagram, nous fûmes trop généreux ;nous crûmes aux protestations et aux serments des princes que nous laissâmes sur le trône  ! Aujourd’hui, cependant, coalisés contre nous, ils en veulent à l’indépendance et aux droits les plus sacrés de la France. Ils ont commencé la plus injuste des agressions. Marchons donc à leur rencontre: eux et nous ne sommes-nous plus les mêmes hommes ?

Soldats, à Iéna, contre les mêmes Prussiens aujourd’hui si arrogants, vous étiez un contre trois; à Montmirail, un contre six. Que ceux d’entre vous qui ont été prisonniers des Anglais vous fassent le récit de leurs pontons et des maux affreux qu’ils ont soufferts ! Les Saxons, les Belges, les Hanovriens, les soldats de la confédération du Rhin, gémissent d’être obligés de prêter leurs bras à la cause des princes ennemis de la justice et des droits de tous les peuples, lls savent que cette coalition est insatiable. Après avoir dévoré douze millions de Polonais, douze millions d’Italiens, un million de Saxons, six millions de Belges, elle devra dévorer les Etats de deuxième ordre de l’Allemagne. Les insensés ! Un moment de prospérité les aveugle. L’oppression et l’humiliation du peuple français sont hors de leur pouvoir. S’ils entrent en France, ils y trouveront leur tombeau.

Soldats, nous avons des marches forcées à faire, des batailles à livrer, des périls à courir ; mais avec de la constance, la victoire sera à nous : les droits, l’honneur et le bonheur de la patrie seront reconquis.

Pour tout Français qui a du cœur, le moment est arrivé de vaincre ou de périr !

NAPOLEON.

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( 1 mai, 2015 )

Napoléon en mai 1815…

Napoléon 6 semaines avant Waterloo

« 1er mai. Conseil des ministres.

2-3 mai. Travail à l’Élysée.

4 mai. Spectacle chez l’Empereur.

5 mai. A l’Élysée.

6 mai. Il visite l’atelier d’armes installé dans l’ancien couvent de la Croix, rue de Charonne. Richard Lenoir vient le saluer et le conduit dans sa manufacture. Il visite également les travaux de la barrière de Charonne.

7 mai. Revue, aux Tuileries, de plusieurs divisions d’infanterie et de cavalerie. Cette parade dure jusqu’à 17 h. Elle avait débuté après la messe. Il regagne l’Élysée à 17 h30. Conseil des ministres.

8 mai. Conseil des finances. Son frère Lucien arrive à Paris.

9 mai. Napoléon nomme Soult major général.

10 mai. A l’Élysée.

11 mai. Il visite les Invalides, puis le Champ-de-Mars, avant midi.

12-13 mai. Travail à l’Élysée.

14 mai. Revue aux Tuileries de 15 000 confédérés et gardes nationaux.

15 mai. Il apprend l’insurrection de la Vendée.

16 mai. Conseil des ministres.

17 mai. Les nouvelles en provenance d’Italie sont mauvaises.

18 mai. Revue de troupes dans les Champs-Élysées.

19-20 mai. Travail à l’Élysée.

21 mai. Audiences aux Tuileries.

22-25 mai. A l’Élysée. Il nomme Lamarque à la tête des troupes envoyées en Vendée.

26 mai. A partir de 6 h., il fait le retour des travaux en cours depuis Montmartre jusqu’à Belleville et Charonne, puis jusqu’à Vincennes. Il est de retour à l’Élysée à 14 h.

27 mai. On apprend le débarquement à Cannes de Murat. Napoléon refusera ses services.

28 mai. Il va entendre la messe aux Tuileries, puis passe une grande revue qui dure jusqu’à 18h15. »

(L. GARROS et J. TULARD, « Itinéraire de Napoléon au jour le jour, 1769-1821 »,  Tallandier, 1992, pp.466-467).

 

 

 

 

 

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( 30 avril, 2015 )

1815. Quelques repères…

Visuel 1815-2015

5 avril. Les troupes anglaises arrivent en Belgique, commandées par Arthur Wellesley, duc de Wellington.

22 avril. Proclamation de l’Acte additionnel aux constitutions de l’Empire, rédigé par Benjamin Constant.

26 mai. Le tsar de Russie, le roi de Prusse et l’empereur d’Autriche quittent Vienne pour se mettre à la tête de leurs armées et lutter contre la France.

1er juin. Cérémonie du Champ-de-Mai, à Paris.

9 juin. L’acte final du Congrès de Vienne est signé par les plénipotentiaires des grandes puissances alliées présentes. Il avait été ouvert le 1er novembre 1814.

12 juin. Napoléon quitte Paris pour la Belgique.

15 juin. Napoléon chasse les Prussiens de Charleroi et décide de s’attaquer à Blücher pendant que Ney est prié d’occuper les Quatre-Bras, carrefour stratégique routier.

16 juin. Bataille de Ligny et bataille des Quatre-Bras.

18 juin. Bataille de Mont-Saint-Jean, appelée par les Anglais « Bataille de Waterloo » et par les Prussiens « Bataille de La Belle-Alliance ».

21 juin. Napoléon est de retour à Paris.

22 juin. L’Empereur abdique en faveur de son fils.

25 juin. Napoléon arrive au château de Malmaison.

29 juin. Après un court séjour, Napoléon prend le chemin de l’exil.

3 juillet. L’Empereur est à Rochefort-sur-Mer.

8 juillet. Louis XVIII revient à Paris.

12 juillet. Arrivé sur la frégate la Saale, Napoléon s’installe provisoirement à l’île d’Aix.

15 juillet. Il s’embarque à bord du brick de guerre l’Épervier, sous pavillon parlementaire qui le conduit jusqu’au Bellérophon, navire britannique. « Je suis venu me placer sous la protection de votre prince et de vos lois », déclare l’Empereur.

7 août. En rade de Plymouth, Napoléon est transféré sur le Northumberland  qui le conduira à l’île de Sainte-Hélène.

15 octobre. Arrivée de l’Empereur à Sainte-Hélène.

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( 9 avril, 2015 )

Et à Paris et en Europe…

« A Paris, le café Montansier, auprès du Palais-Royal, était devenu depuis le 20 mars « le rendez-vous de tous les amis de la gloire nationale », parmi lesquels se voyaient de nombreux officiers . Le 23 mars on y chantait des vers improvisés, qui révèlent avec une simplicité pittoresque les sentiments des bonapartistes parisiens :

L’île d’Elbe à noire espérance

A rendu l’objet de nos vœux:

Il reparaît, et de la France

Tous les habitants sont heureux.

Pour les Français ah! Quelle fête!

Ils ont, dans la même saison,

Vu revenir la violette,

Le printemps et Napoléon.

Les Bourbons voulaient à la France

Rendre leurs anciens préjugés.

C’était un acte de démence :

Ils sont partis, ils sont jugés.

O Providence ! Ainsi lu règles

Le sort de notre nation.

La France est faite pour les Aigles,

Les Français pour Napoléon !

Les partisans de Napoléon, dans la capitale, étaient si émus devant « le prodige » du retour qu’ils croyaient de bonne foi à une France unanime dans le culte impérial . L’Empire était rétabli. Cet événement entrainerait-il nécessairement la guerre avec l’Europe, n’impliquait-il point, au contraire, la certitude d’une ère pacifique? C’est sur ce problème que s’exerçaient, au lendemain du 20 mars, les imaginations des Français. Dans la masse de la population parisienne la confiance dans l’Autriche et même dans l’Angleterre se manifestait avec force. Certains bonapartistes s’abusaient complaisamment. Le 22 mars en effet Soulanges-Rodin écrivait de Paris au prince Eugène : « … Déjà même nous ne regardons plus ici l’Autriche comme une puissance étrangère, puisque c’est d’elle que nous nous attendons à recevoir bientôt et l’épouse de l’Empereur et l’héritier de l’Empire» . On parlait d’un sérieux accord entre Napoléon, l’Autriche et l’Angleterre, ou d’une trêve de vingt ans en Europe, et le silence de plusieurs personnages officiels, qui n’osaient sans doute se prononcer, affermissait ces erreurs. On produisait encore des raisonnements presque aussi rassurants : ni l’Autriche, résolument acquise à Napoléon, ni l’Angleterre, malgré ses tenaces jalousies envers la France, ni la Russie, sans argent et absorbée par ses embarras intérieurs, ne songeaient à entrer en lutte avec la France : restait la Prusse, et une guerre avec la Prusse « offrait peu de dangers ». Marie-Louise et le roi de Rome étaient attendus avec obstination. Une brochure, Du Retour de S. M. l’Impératrice Marie-Louise et le roi de Rome, publiée le 3 avril, enregistrait débonnairement le vœu public : Marie-Louise et son fils «ont déjà, sans doute, franchi la barrière qui les sépare du plus cher des époux, du plus tendre des pères… Illustres voyageurs…, votre retour dans la capitale va donner le signal d’une concorde universelle ». Diverses conversations, il est vrai, s’alimentaient de renseignements opposés : on disait que Marie-Louise était «gardée à vue à Presbourg », et que l’empereur d’Autriche avait « livré en otages, comme garants de sa conduite envers les Alliés, le roi de Home et le prince Eugène». De plus on raconte à la fin de mars, parmi le monde de la finance et dans les cafés, que l’armée prussienne entoure Metz, que l’avant-garde du général Zieten a dépassé Liège qu’enfin l’Empereur veut incorporer 300.000 conscrits. Dans la haute société parisienne Napoléon sentit tout de suite de la froideur et du découragement, beaucoup de Parisiens notables, en effet, nourrissaient les plus démoralisantes conjectures sur les événements prochains, et la Déclaration du 13 mars les frappait d’une commune angoisse-.. Il s’y mêlait contre Napoléon une colère faite d’humiliation patriotique : reconnaître le traité de Paris, le réclamer «à genoux », c’était là une altitude non seulement indigne de la France, mais qui ne procurait même pas le moyen d’arrêter la ruée des troupes alliées. Loin de satisfaire à l’orgueil national, Napoléon n’étalait qu’un misérable égoïsme, auquel il sacrifiait criminellement la patrie.

Et certains regrettaient qu’il n’eût point adopté le seul parti qui put sauver la France, en occupant à la fin de mars la Belgique pour organiser à l’abri du Rhin un solide rempart défensif. A Davout qui, pour le rallier, se servait des dires de Napoléon sur l’Autriche, Macdonald répliquait en tendant la Déclaration du 13 mars, dont il avait rapporté du Nord plusieurs exemplaires. Avec Rapp, Napoléon eut deux entrevues à la fin de mars. Dans la première, comme le général laissait entrevoir quelque souci de l’avenir, Napoléon parla vaguement de ses alliances, mit en relief ses intentions pacifiques, se frappa sur le ventre en s’écriant : « Est-on gros comme moi quand on a de l’ambition ? », puis, au milieu d’éloges et d’embrassades, sans proscrire absolument l’éventualité d’une guerre, il donna à Rapp le commandement de l’armée du Rhin, disant qu’il traiterait avec la Prusse et la Russie, et ajoutant : « J’espère que, d’ici un mois, lu recevras ma femme et mon fils à Strasbourg. »   Le 29 mars 1815, l’Empereur revit Rapp, qui lui objecta la faiblesse numérique de son corps d’armée, alors que la Déclaration du 13 mars « nous menaçait d’un déluge de soldats ». Napoléon repartit avec humeur que cette Déclaration était ,fausse, qu’elle avait été « fabriquée à Paris », mais son langage indiquait, cette fois, la vraisemblance d’une guerre et l’extrême difficulté de négocier 1.Le général Foy appelait  un problème » la révolution du 20 mars, et ne se dissimulait pas que l’Europe « allait se conjurer » contre Napoléon .Le colonel d’artillerie Noël, apprenant l’entrée de Napoléon à Paris et le départ du Roi, concluait de ces deux faits à « une guerre d’invasion ». Les illusions sur l’Autriche persistaient dans les départements. A la fin de mars les habitants de Mulhouse « paraissent persuadés que l’empereur d’Autriche est d’accord avec l’empereur de France, et que, dans tous les cas, il ne nous fera pas la guerre ». A Metz, à Sarrebruck, le retour de Marie-Louise est considéré comme très prochain, bien que son voyage, dit-on, ait été interrompu. Malgré ces espérances se répandait la persuasion que les puissances étrangères et la France entreraient encore une fois en lutte. A Recey-sur-Ource, en Côte-d’Or, le maire, devant ses administrés, interprète la Déclaration du 13 mars comme le signal d’une guerre prochaine. A Lille la présence du maréchal Ney, le 26 mars, donne à penser qu’il « précède un corps d’armée qui se portera sans doute sur le Brabant». Des alarmistes publient à Calais que « tous les vaisseaux anglais sont sortis des ports pour fondre sur notre marine marchande, comme après le traité d’Amiens ». La proximité et l’accroissement des troupes alliées jettent de l’anxiété dans les départements du Nord et du Mont- Blanc. A Metz,  la haine contre Prussiens et Russes est portée « au plus haut degré », et, autour de Metz, « le peuple des campagnes est disposé à se battre jusqu’à la mort si la guerre recommence. Les résolutions du gouvernement impérial attestaient elles-mêmes que la paix ne durerait pas. Le 28 mars Napoléon ordonnait que tous les sous-officiers et soldats absents de leurs corps « par quelque raison que ce soit » les rejoindraient sans délai pour t courir à la défense de la patrie ». Simultanément il créait de nouveaux régiments, augmentait le personnel des manufactures d’armes, prohibait l’exportation des armes à feu. Carnot, en outre, était chargé de l’organisation des gardes nationales, qui, commencée dès la fin de mars, fut réglée par deux décrets du 10 avril. Activité militaire d’autant plus significative que l’Europe, unie contre la France par le traité du 25 mars, refusait de recevoir courriers diplomatiques et émissaires, et que déjà les royalistes, préludant à l’entrée en campagne des Alliés, s’insurgeaient «contre l’Empereur. »

(Emile LE GALLO, « Les Cent-Jours. Essai sur l’histoire intérieure de la France  depuis le retour de l’île d’Elbe jusqu’à la nouvelle de Waterloo », Librairie Félix Alcan, 1923, pp.134-139).

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( 8 avril, 2015 )

En France, après le retour de Napoléon…

08-500529

« L’Empire était rétabli. Cet événement entrainerait-il nécessairement la guerre avec l’Europe, n’impliquait-il point, au contraire, la certitude d’une ère pacifique ? C’est sur ce problème que s’exerçaient, au lendemain du 20 mars, les imaginations des Français. Dans la masse de la population parisienne la confiance dans l’Autriche et même dans l’Angleterre se manifestait chanter à l’office Domine, salvum fac Regem, 300 manifestants bonapartistes, excités par la nouvelle du 20 mars, abîment les fenêtres du curé aux cris de « A bas la calotte ! » A Moulins, aigles et drapeaux tricolores ont reparu aux cris « réitérés » de « Vive l’Empereur ! » « le peuple a forcé le préfet de lire lui-même les proclamations de l’Empereur on lui a placé une grande cocarde à son chapeau et on l’a promené dans la ville, avec le drapeau national ». Le 23 mars 1815, à Bar-le-Duc et dans les localités environnantes, la population, « malgré des torrents de pluie », se répand dans les rues et sur les places, elle crie « Vive l’Empereur ! », allume des feux de joie, tire des coups de canon, brûle des pétards. A Rennes le peuple illumine pendant plusieurs jours. A Strasbourg retentissent les cris de « Vive Napoléon ! Vive le Père La Violette ! A bas la calotte ! » A Metz, le peuple et les soldats s’ameutent contre le maréchal Oudinot, et le 24 mars, tandis que le drapeau tricolore, salué avec allégresse, brille sur la cathédrale, le maréchal, renonçant à défendre la cause du Roi, s’apprête à quitter la ville avec sa femme. A Orléans le général Dupont, qui commandait un corps d’environ 12.000 hommes, laisse ses soldats, le 21 mars, arborer la cocarde tricolore, mais le soir même le maréchal de Gouvion Saint-Cyr, nommé à sa place, blâme Dupont avec virulence, fait garder à vue le général Pajol et reprendre aux troupes la cocarde blanche. Peine perdue : le 23 mars les soldats se mutinent, portent à nouveau la cocarde tricolore, réclament qu’on les conduise à Paris, et même un régiment de dragons se met en route pour la capitale. Menacé d’être arrêté, Gouvion Saint-Cyr se déguise et s’échappe en barque sur la Loire. A Valenciennes, les 23 et 24 mars, soldats et officiers fêtèrent Napoléon par des libations répétées, brisèrent les enseignes décorées d’emblèmes monarchiques, brûlèrent des drapeaux blancs, crièrent « Vive l’Empereur ! A bas les royalistes ! », forcèrent même des passants à crier « Vive l’Empereur ! » A peine le 20 mars est-il connu qu’au Puy deux officiers sont assaillis par « une multitude de misérables en haillons », qui, en criant « Vive l’Empereur ! A bas la cocarde blanche ! », s’emparent de leurs shakos pour les dépouiller de la cocarde détestée. A Cahors, le 28 mars, soldats et gendarmes, aux cris de « Vive l’Empereur ! » , arborent les premiers le drapeau tricolore. Les populations rurales du Puy-de-Dôme « se réjouissent de n’être plus sous la dépendance des nobles qui commençaient déjà à les regarder comme leurs vassaux ». De Clermont- Ferrand à Brioude des feux de joie sont allumés « sur les hauteurs ». Les paysans de la Creuse illuminent, font des feux de joie.

Dans le Cantal « cette révolution terminée sans désordres et sans violence contente le plus grand nombre et tend à obtenir successivement l’assentiment du reste »! Dans le Doubs, dans la Haute-Marne, dans la Meurtrie, le dévouement à l’Empereur, l’enthousiasme, l’ivresse même éclatent avec force. Partout dans l’Est ce sont feux de joie et coups de fusil en l’honneur de Napoléon’. Autour de Nancy, dès que les laboureurs aperçoivent « une voiture sur la route », ils crient « Vive l’Empereur ! » Mêmes témoignages naïfs de contentement dans l’Yonne. Le 26 mars 1815, jour de Pâques, les habitants de Villevallier, près Joigny, demandent au curé de chanter après vêpres un Te Deum solennel, et la cérémonie se déroule « avec le recueillement religieux et l’enthousiasme de tous les assistants ». Le maire de Villeneuve-la-Guyard, près de Pont-sur-Yonne, écrit à Napoléon, le 31 mars:«Napoléon est à nous, nous sommes à Napoléon, il fera notre bonheur, et nous travaillerons à assurer le sien ». Aux cultivateurs du Tarn le triomphe de Napoléon parait être « un bienfait du Ciel qui les a sauvés de l’oppression dont ils étaient menacés » Empereur des soldats, des paysans, des ouvriers, Napoléon est exalté par le clergé constitutionnel, qui voyait dans le 20 mars une pleine revanche sur la Restauration. L’archevêque de Besançon Le Coz salue le nouveau souverain en termes dithyrambiques. « Vous êtes vraiment un homme prodigieux… Certes, un ange du Seigneur vous couvre de son immortelle égide », lui écrivait-il le 25 mars, et il lui promettait en même temps qu’un jour viendrait où tous les Français, répétant les louanges décernées à César par Cicéron, le jugeraient « semblable à la Divinité même… simillimum Deo » Et  aussitôt, par une circulaire adressée aux curés de son diocèse, Le Coz donna libre carrière à sa ferveur adulatrice : comme toutes les puissances, celle de Napoléon venait de Dieu ; la respecter était un devoir de la religion; aux grand’messes des dimanches et fêtes, et lors des bénédictions habituelles du Saint-Sacrement, les prêtres prieront solennellement pour l’Empereur . A Cosne le curé Leblanc célébra « Napoléon le Grand » le 26 mars, jour de Pâques, et fit imprimer sa harangue : selon cet ex-deuxième vicaire de l’évêque constitutionnel de la Nièvre, Louis XVIII n’avait dû sa courte restauration qu’aux armées étrangères et à la trahison; il était « repoussé par l’opinion publique »; Napoléon avait été donné, puis ramené à la France par le Très-Haut; il avait «rétabli la religion, rappelé ses ministres », doté la France d’une gloire immense, de lois excellentes, de « monuments » et d’ «établissements admirables ». Les prêtres constitutionnels des cantons de Thann, Saint-Amarin et Massevaux disaient dans une adresse à l’Empereur : « Vos ennemis sont les nôtres; les prêtres constitutionnels furent de tout temps un objet de haine à la caste nobiliaire. Mettez en vigueur les libertés de l’Eglise gallicane, ce boulevard contre l’ultramontanisme et ce palladium du trône. »

(Emile LE GALLO, « Les Cent-Jours. Essai sur l’histoire intérieure de la France  depuis le retour de l’île d’Elbe jusqu’à la nouvelle de Waterloo », Librairie Félix Alcan, 1923, pp.130-134).

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( 6 avril, 2015 )

L’Empereur en avril 1815…

N14

« 1er avril. Il passe tout le mois à Paris. Premières sorties dans la capitale. Il se rend à Bagatelle.

2 avril. Il reçoit une députation des Invalides. L’Institut lui envoie une adresse. Le soir, à dîner, Joseph et sa famille, et Hortense.

3 avril. Il reçoit à dîner la maréchale Masséna.

4 avril. Il écrit une lettre aux souverains des États européens.

5 avril. Conseil des ministres.

6 avril. Visite au Jardin des Plantes et au Muséum. Visite à l’atelier de David.

7 avril. Réception de députations des Gardes nationales de Metz, Laon, Château-Thierry.*8 avril. Visite du musée Napoléon au Louvre. 9 avril. Revue de huit régiments.

10 avril. Il raye de la liste des maréchaux Marmont, Augereau (qu’il rétablira), Berthier, Victor et Pérignon.

11 avril. Il se rend au Conseil d’État.

12 avril. Déjeuner à Malmaison, avec Hortense.

13 avril. Spectacle dans les petits appartements. On joue « La Nièce supposée ».

14 avril. Il reçoit Benjamin Constant.

15 avril. Il passe en revue, sur le Carrousel, les fédérés des faubourg Saint-Antoine et Sain-Marceau.

16 avril. Il passe en revue 30 000 hommes de la Garde nationale. Il reçoit le maréchal Soult.

17 avril. Il quitte les Tuileries et s’installe à l’Élysée.

18 avril. A l’Opéra, il assiste à une représentation. Au programme : « La Vestale » et « Psyché ».

19 avril. Conseil des Ministres.

20 avril. Il travaille à l’Élysée.

21 avril. Séance au Conseil d’État. Au Théâtre-Français, il assiste à la représentation d’ « Hector ». Le public lui fait une ovation. Talma et Mlle Duchesnois jouaient.

22 avril. Promulgation de l’Acte additionnel convoquant pour le 26 mai l’assemblée qui doit modifier la Constitution de l’Empire.

23 avril. Revue de la Garde, des gendarmes et des pompiers de paris.

24 avril. Travail à l’Élysée.

25 avril. Il donne audience à Benjamin constant.

26-27 avril. A l’Élysée.

28 avril. A 14 heures, il visite l’École Polytechnique.

29 avril. Il passe en revue aux Tuileries, à 7h30 une vingtaine de bataillons.

30 avril. Conseil des ministres après la messe ;,

(Louis GARROS et Jean TULARD, « Itinéraire de Napoléon au jour le jour, (1769-1821) », Tallandier, 1992, pp.465-466).

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En complément.

« 12 avril. Rapport du duc de Vicence [général de Caulaincourt] sur les armements faits par les puissances étrangères.

13 avril. Marseille arbore les couleurs nationales.

17 avril. Grouchy est fait maréchal d’Empire.

18 avril. Chaptal est nommé ministre d’Etat.

20 avril. Cent coups de canons annoncent que le drapeau tricolore flotte sur toutes les villes de France. 

25 avril. Engagement entre les alliés de ne déposer les armes qu’après avoir abattu Napoléon.

30 avril. L’Angleterre s’engage à fournir aux Alliés pendant trois ans 100 millions de Francs. » .

(A.-M. PERROT, « Itinéraire général de Napoléon. Chronologie du Consulat et de l’Empire », Gennequin aîné, Libraire, s.d. [vers1841] pp.434-435)

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( 21 mars, 2015 )

Dans les prochaines semaines…

Visuel 1815-2015

5 avril 1815. Les troupes anglaises arrivent en Belgique, commandées par Arthur Wellesley, duc de Wellington.

22 avril. Proclamation de l’Acte additionnel aux constitutions de l’Empire, rédigé par Benjamin Constant.

26 mai. Le tsar de Russie, le roi de Prusse et l’empereur d’Autriche quittent Vienne pour se mettre à la tête de leurs armées et lutter contre la France.

1er juin. Cérémonie du Champ-de-Mai, à Paris.

9 juin. L’acte final du Congrès de Vienne est signé par les plénipotentiaires des grandes puissances alliées présentes. Il avait été ouvert le 1er novembre 1814.

12 juin. Napoléon quitte Paris pour la Belgique.

15 juin. Napoléon chasse les Prussiens de Charleroi et décide de s’attaquer à Blücher pendant que Ney est prié d’occuper les Quatre-Bras, carrefour stratégique routier.

16 juin. Bataille de Ligny et bataille des Quatre-Bras.

18 juin. Bataille de Mont-Saint-Jean, appelée par les Anglais « Bataille de Waterloo » et par les Prussiens « Bataille de La Belle-Alliance ».

21 juin. Napoléon est de retour à Paris.

22 juin. L’Empereur abdique en faveur de son fils.

25 juin. Napoléon arrive au château de Malmaison.

29 juin. Après un court séjour, Napoléon prend le chemin de l’exil.

3 juillet. L’Empereur est à Rochefort-sur-Mer.

8 juillet. Louis XVIII revient à Paris.

12 juillet. Arrivé sur la frégate la Saale, Napoléon s’installe provisoirement à l’île d’Aix.

15 juillet. Il s’embarque à bord du brick de guerre l’Épervier, sous pavillon parlementaire qui le conduit jusqu’au Bellérophon, navire britannique. « Je suis venu me placer sous la protection de votre prince et de vos lois », déclare l’Empereur.

7 août. En rade de Plymouth, Napoléon est transféré sur le Northumberland qui le conduira à l’île de Sainte-Hélène.

15 octobre. Arrivée de l’Empereur à Sainte-Hélène.
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Mais ne grillons pas les étapes !

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( 21 mars, 2015 )

Napoléon à Paris…

Napoléon. Retour

« 21 mars 1815. Il se lève à 6 heures. Il met de l’ordre dans ses papiers. On l’entend répéter : « Pauvre France ! ». A 13 heures, revue de toutes les troupes de la garnison et de la Garde nationale place du Carrousel et place du Châtelet.

23 mars. Il reçoit son frère Joseph.

24 mars. Revue de la Vieille Garde. Décrets qui suppriment la censure, la Direction générale de l’imprimerie et de la librairie.

26 mars. Audience solennelle à 9 h30 : ministres , Conseil d’Etat, Cour des comptes, cour impériale, préfet, conseil municipal. A dîner, il reçoit Joseph, la reine Julie et la reine Hortense.

31 mars 1815. Il se rend à Saint-Denis, visite les orphelines de la Légion d’honneur. Les jeunes filles étaient enthousiasmées. »

(L. GARROS et J. TULARD, « Itinéraire.. », Tallandier, 1992, p.492.)

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( 23 février, 2015 )

Derniers jours…

10-510292

« 21 février 1815. Tandis qu’il [Napoléon] se promène, les capitaines d’habillement s’occupent de fournir des uniformes complets à la troupe et deux paires de souliers à chaque soldat.
22 février. Il va se promener à Porto-Longone. Il visite dans le port le brick l’Inconstant. Il donne ordre de retirer de la Pianosa les chevaux de la cavalerie polonaise. A la nuit tombée, on commence à embarquer les caisses de cartouches et les ballots d’équipements sur l’Inconstant et le chébec l’Etoile.
23 février. Les embarquements sont terminés.
24 février 1815. La frégate anglaise qui a emmené Campbell revient sans le colonel, mais avec six touristes anglais que Napoléon reçoit.»

(MM. Garros et Tulard, « Itinéraire de Napoléon au jour le jour, 1769-1821 », Tallandier, 1993, p.458).

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