( 29 mars, 2017 )

La DEFENSE de PARIS (29 et 30 mars 1814) racontée par le GENERAL DAUTANCOURT…

La DEFENSE de PARIS (29 et 30 mars 1814) racontée par le GENERAL DAUTANCOURT... dans TEMOIGNAGES 1814 Ce témoignage fut publié en 1894 dans le « Carnet de la Sabretache » et inclus dans un article portant le titre de :  « Le 1er régiment des chevau-légers lanciers polonais de la Garde Impériale ».

Le 14 mars 1814, après l’affaire de Reims, le général Dautancourt, malade depuis quelque temps, partit pour Paris afin surtout d’y presser l’organisation des éclaireurs polonais attachés à son régiment sous la dénomination de 3ème régiment d’éclaireurs de la Garde par le décret impérial du 9 décembre 1813, et dont une partie des quatre premières compagnies seulement était à l’armée. Le 28 au soir, le général de division d’Ornano, commandant les dépôts de la Garde, le chargea du commandement de la cavalerie disponible dans les mêmes dépôts. La force totale de cette cavalerie s’élevait à environ 800 chevaux. Le général Dautancourt avait fait partir dans la même journée, pour Claye, route de Meaux, un détachement sous les ordres du capitaine Zaiaczek. Ce détachement déduit, il ne restait qu’environ 660 chevaux ; mais dans la nuit du 28 au 29, la moitié de cette force fut détachée pour l’escorte de l’Impératrice. Il resta donc définitivement environ 320 à 330 chevaux composés de grenadiers, dragons, chasseurs, mamelucks et Polonais. Voici l’analyse des opérations de cette faible brigade extraite du rapport que le général remit au général de division Koch. Vers neuf heures du matin du 29, cette brigade prit position en avant de Pantin, à droite de la route de Bondy, ayant devant elle le chemin qui traverse cette route et le canal de l’Ourcq, pour aller de Noisy-le-Sec à Baubigny [Bobigny]. Des reconnaissances furent poussées sur Noisy, Rosny, Villemomble, etc. Le roi Joseph passa une heure après, se portant en avant. A son retour, le général d’Ornano qui l’accompagnait dit au général Dautancourt que les lanciers polonais qu’il avait envoyés la veille à Claye sous les ordres du capitaine Zaiaczek, au lieu de rentrer à sa brigade, avaient reçu ordre de rester à la division Compans. 

Vers midi, une patrouille ayant rapporté qu’on voyait de la cavalerie ennemie sur la route dites « des Petits-Ponts » et vers Le Bourget, la brigade passa sur la droite du canal et se forma en arrière de Baubigny [Bobigny]. Sa gauche communiquait avec une brigade de Polonais, dit « les Krakus », sous les ordres du général Vincent. On donna la chasse à de misérables cosaques qui poursuivaient des habitants à la campagne, conduisant à Paris leurs bestiaux et leurs meubles. Cependant une grosse colonne ennemie arrivait lentement par la route du Bourget : elle eut à peine dépassé le ruisseau  de Montfort qu’elle canonna assez vivement les deux brigades qui reçurent au même moment l’ordre de repasser sur la rive gauche du canal. Le général Vincent le repassa sur le pont de la route des Petits-Ponts au-dessous de Pantin et se porte en arrière. Le général Dautancourt le repassa par le pont du Moulin-de-la-Folie, traversa Pantin et se forma en arrière entre la route des Petits-Ponts et celles de Meaux, en face du pont, appuyant deux pièces d’artillerie qui la défendaient ; un peloton de tirailleurs  fut de nouveau poussé au-delà de ce pont. L’ennemi dirigea sur ce point quelques volées de son canon qui fit peu d’effet. Il n’y avait pas une demi-heure que la brigade était dans cette position lorsqu’elle reçut l’ordre de se rendre à La Villette. Elle y arriva par le pont qui traverse le canal près du bassin, à la nuit tombante. Elle établit ses bivouacs à la gauche de la tête du faubourg de La Villette, prolongeant sa gauche vers La Chapelle, en-deçà du canal de Saint-Denis. Le 30 mars 1814, à 7 heures de matin, elle était à cheval sur le même terrain, ayant à se droite quelques escadrons de cavalerie sous les ordres du général Roussel d’Hurbal. Le général Dautancourt reçut l’avis qu’il était placé sous ceux du général Belliard. Le feu était commencé entre les batteries de La Villette et celles de l’ennemi. Afin de connaître ce qui se passait dans la plaine, le général Dautancourt envoya un sous-officier avec cinq chasseurs sur le canal avec ordre de  pousser jusqu’à Saint-Denis. Pendant ce temps, la brigade manœuvra vers la route qui conduit de La Chapelle à cette dernière ville. La patrouille de chasseurs rentra au grand galop, après avoir déjà fait un léger détour pour éviter les tirailleurs ennemis qui se présentaient en-deçà du canal  et rapporta que le commandant de Saint-Denis l’avait chargée de dire au général qu’il lui était arrivé le matin six pièces de canon mais sans munitions et qu’il lui en fallait sur-le-champ.

Ce rapport fut fait au général Belliard et par lui envoyé par un officier polonais au roi Joseph, sur la butte Montmartre. Il parut que l’ordre avait été donné d’envoyer trois caissons d’artillerie qu’on vit trop longtemps après être sorti de La Chapelle. Un bataillon d’infanterie fut envoyé pour les escorter et le général Dautancourt détacha pour le même objet le major Kozietulski, des éclaireurs polonais de la Garde, avec 80 chevaux. Mais il s’était écoulé un trop long temps pour toutes les allées et venues faites afin d’obtenir l’envoi de ces munitions et déjà elles ne pouvaient plus être introduites dans Saint-Denis. A la hauteur d’Aubervilliers, les éclaireurs donnèrent sur un gros corps ennemi qui, ayant passé le canal, coupait la route. Ils furent brusquement ramenés. Le général Dautancourt portait le restant de sa brigade à leur soutien. Mais il reçut l’ordre de demeurer en position, la gauche à la route. Les munitions rentrèrent ; le petit bataillon d’infanterie se replia lentement et en belle contenance ; une forte partie des éclaireurs de la brigade restèrent engagés en tirailleurs avec ceux très nombreux de l’ennemi. Vers midi, la cavalerie continua à manœuvrer par son flanc gauche parallèlement aux mouvements de l’ennemi. Elle se porte au-dessous de Clignancourt en avant de la ligne d’anciennes redoutes qui se trouvent dans la plaine (le général Belliard se trouvait sur l’une de ces redoutes). Les éclaireurs, les mamelucks et quelques chasseurs de la Garde étaient toujours aux prises avec la ligne des tirailleurs ennemis, qui, chargés, se retiraient sous la protection de leurs masses. On remarqua alors au milieu de nos tirailleurs plusieurs Parisiens, à pied, qui faisaient le coup de fusil d’une manière fort meurtrière pour l’ennemi. En manoeuvrant de la sorte, on arriva en avant d’une plâtrière située à gauche de Clignancourt et séparée de la montagne de Montmartre par un chemin qui conduit à Clichy. La brigade appuya sa gauche aux vignes qui bordent la route des Batignolles à Saint-Ouen. Les grenadiers à cheval, offrant sur ce lieu élevé un point de mire trop sûr aux coups d’une batterie de quatre pièces que l’ennemi avait placée dans la plaine près de l’embranchement de la route des Batignolles dans celle dite « de la Révolte », furent placés en réserve dans le fond, au-dessous et entre la plâtrière et la route. Cette batterie nous fit beaucoup de mal. A la vérité, le canon de Montmartre essaya de lui riposter de quelques coups en distance. Loin de lui en imposer, ce canon, mal servi devenait dangereux pour nos tirailleurs, lorsque deux pièces d’artillerie légère de la division du général Roussel, se plaçant entre cette division et notre droite, tirèrent avec une telle précision qu’en un instant elles forcèrent cette artillerie ennemie à se retirer. Ce ne fut que pour un moment. Cependant l’ennemi continuait lentement son mouvement vers le bois de Boulogne ; bientôt il parvint aisément à s’emparer des vignes qui se trouvent dans le triangle formé par les routes des Batignolles à Saint-Ouen et à Clichy et par celle de  la Révolte. Ces vignes, à défaut d’infanterie, ne furent disputées à la sienne que par les éclaireurs, les mamelucks et les chasseurs de la Garde qui furent forcés de les abandonner avec perte de plusieurs de ces braves qui s’étaient acharnés à les défendre avec une audace qui tenait du désespoir.

Au milieu de ces tirailleurs, le général Dautancourt eut à ses côtés un de ses adjudants blessé assez grièvement (il se nommait Pélissier, jeune officier français, sous-adjudant-major des lanciers polonais). Alors la position de la brigade n’était plus tenable. L’ennemi la fusillait à portée de pistolet. En ce moment, le maréchal duc de Conegliano envoya le brave colonel Moncey, son fils, prévenir le général Dautancourt des dispositions qu’il prenait à la barrière de Clichy, qu’il faisait fermer. Il fallait de l’infanterie: en vain le commandant de la brigade en demandait au général Belliard, on n’en avait point. Le feu de l’ennemi partant des vignes, celui de son canon, devenaient de plus en plus meurtrier. Quelques charges étaient demeurées sans résultat et si elles avaient fait éprouver quelques pertes à l’ennemi, elles avaient augmenté les nôtres dans une proportion accablante. La brigade se retirait cependant lentement, lorsqu’elle reçut l’ordre de se rapprocher de la cavalerie du général Roussel près de la plâtrière. Elle y appuya sa gauche et se forma le long du chemin qui, de cette plâtrière, conduit à Clignancourt.

C’est alors qu’il arriva à notre soutien un beau détachement de sapeurs-pompiers ; mais le moment opportun de retarder les progrès de l’ennemi était passé. Maître des vignes, il s’élança, parvint à cette même plâtrière et présenta une masse d’infanterie à portée de pistolet.  A la tête des chasseurs que commandait le chef d’escadron Laffitte, des Polonais et des mamelucks (les grenadiers et les dragons étant à gauche de la plâtrière opposés à d’autres forces ennemies), le général Dautancourt s’élança sur cette masse. Il fut ramené par son feu et celui de son artillerie. La cavalerie du général Roussel ne fut pas plus heureuse. Ce furent nos derniers efforts et nous y survécûmes !… 

Acculés sous Montmartre, dans le petit espace entre la plâtrière et Clignancourt, ne pouvant plus manœuvrer et foudroyés par le feu de l’ennemi, une partie de la cavalerie de ligne se retira par Clignancourt, tandis que le général Roussel, le général Dautancourt et le restant de ses braves opérèrent leur retraite en montant à Montmartre par un chemin rapide qui, quoique encaissé, les laissa encore un moment exposés au feu de l’ennemi. La brigade entra dans Paris par la barrière des Martyrs et se rallia sur le boulevard des Italiens. A dix heures, elle traversa silencieusement cette capitale de l’Empire, qu’elle abandonnait, et prit, vers minuit, position à Villejuif où elle bivouaqua. Pendant cette nuit, d’après un ordre du général Belliard, le général Dautancourt envoya un détachement de ses Polonais au pont de Choisy-le-Roi. 

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( 28 mars, 2017 )

Brève histoire de l’organisation des soins dispensés aux blessés militaires dans les hôpitaux belges, après la dernière campagne napoléonienne (juin 1815) (1ère partie).

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Cet article magistral, rédigé par Edgar EVRARD fut publié la première fois dans la revue de l’Histoire des Sciences médicales en 1993 (Tome XXVII, n°1). Les chiffres entre parenthèses renvoient à la numérotation de la bibliographie se trouvant à la fin de cet article.

La dernière campagne de Napoléon se déroula en Belgique en juin 1815. Elle ne dura que quatre jours.

L’armée française franchit la frontière, le 15 juin à l’aube. Le 16 juin, à Ligny, elle infligea une défaite aux Prussiens de Blücher. Le même jour, au carrefour des Quatre- Bras, le maréchal Ney livra une bataille indécise aux troupes britanniques et hollando-belges rassemblées en toute hâte par Wellington. Le 18 juin, près de Waterloo, à l’issue de neuf heures de furieux combats, l’armée française fut défaite par celle de Wellington, secondée par l’intervention progressive de deux Corps prussiens. Le soir du m ê m e jour, à Wavre, Grouchy attaquait le 3ème Corps prussien. Dans sa retraite, les jours suivants, il réussissait à ramener à Givet 1 000 de ses 1 800 blessés.

Sur le plan médical, – le seul qui nous occupe -, la campagne de Belgique est caractérisée par des pertes particulièrement élevées dans les deux camps.

Pour des effectifs globaux, légèrement inférieurs à 300 000 hommes, environ 89 000 hommes (29,7 % ) furent mis hors de combat : 23 700 tués et 65 300 blessés (1).

Pour ce qui concerne la bataille de Waterloo, si l’on se réfère aux sources les plus sérieuses, sur un total de 188 680 combattants, on compte 10 813 tués (5,73 % ) et 35 295 blessés (18,70 % ) (1) (2). Le pourcentage des pertes par rapport à l’ensemble des effectifs réellement engagés, s’élève donc à 24,43 %. Chez les Alliés, il est de 14,71 % et, chez les Français, de 40,57 %.

Pendant six mois au moins, une partie importante du territoire belge actuel fut le siège d’une activité médicale intense. Dans le langage du droit humanitaire d’aujour d’hui, certaines villes, notamment Bruxelles et Louvain, auraient mérité l’appellation de « ville sanitaire ». Dans la rhétorique ampoulée de l’époque, la Belgique fut m ê m e appelée « la sœur de charité de l’Europe guerrière ».

Selon quels principes, fut résolue, en 1815, une situation critique liée à l’afflux massif de blessés ? Pour répondre à cette question, que la plupart des historiens escamotent, je me propose de décrire, d’une manière très brève et très schématique les trois points suivants :

I. les moyens des services médicaux des belligérants, à partir du 19 juin 1815 ;

II. l’activité des hôpitaux de Belgique, durant le semestre consécutif à la bataille de Waterloo ;

III. l’esquisse d’un bilan général des mesures prises.

I. Les moyens des services médicaux des belligérants à partir du 19 juin 1815

a. Service de santé de l’armée de Wellington . Ce service est sous les ordres de l’Inspecteur général des hôpitaux James Robert Grant. Chez les Britanniques, théoriquement, les 224 chirurgiens et aides-chirurgiens attachés aux divisions des deux Corps et à la réserve générale doivent le 19 juin, suivre leurs unités dans leur marche vers la France. Il en est de m ê m e des 93 chirurgiens et aides-chirurgiens attachés aux trois divisions d’infanterie et aux deux brigades de cavalerie du Corps hollando-belge.

Seuls restent disponibles pour les soins des blessés les services de santé attachés à la base britannique et à la base de l’armée des Pays-Bas, en territoire belge.

La base britannique comporte 52 membres du Service médical, dont 16 chirurgiens, 3 médecins, 22 aides-chirurgiens d’hôpitaux, 7 pharmaciens et 4 comptables. Ils sont répartis dans cinq hôpitaux généraux, de 500 à 1 000 lits, que les Britanniques ont créés, à partir d’août 1814, le long des deux lignes de communication vers la Grande- Bretagne. Ils sont situés à Ostende, Bruges, Gand, Bruxelles et Anvers (3) (4).

Le service de santé territorial de l’armée du Royaume des Pays-Bas gère une base hospitalière importante sur ce même théâtre d’opérations. Le service de santé de l’armée hollando-belge est dirigé par l’Inspecteur général S. Brugmans, un médecin hygiéniste hollandais qui a fait ses preuves comme organisateur. Quand Louis Bonaparte était roi de Hollande, Napoléon l’avait nommé Inspecteur général du service de santé de l’armée des Pays-Bas. Le roi Guillaume d’Orange l’a confirmé dans cette fonction en novembre 1814. La zone constituée par la partie méridionale du Royaume des Pays-Bas, c’est-à-dire la Belgique actuelle, est d’une grande importance stratégique. Brugmans s’est attelé à y organiser trois lignes d’hôpitaux, en vue des futures hostilités qui, selon les plans des Alliés, devraient commencer le 1er juillet 1815. Les hôpitaux militaires de Bruxelles et Louvain, et les hôpitaux civils de Charleroi, Nivelles et Termonde qui seraient réquisitionnés en cas d’hostilités, constituent la 1ère ligne. La 2ème et la 3ème ligne sont situées plus au Nord, en Hollande (5) (6) (7) (8).

 

Les hôpitaux militaires de Namur, Liège et Maastricht ne relèvent plus du commandement de Brugmans. Ils sont occupés et dirigés par les Prussiens. Ceux de Gand et d’Anvers le sont par les Britanniques.

Au début de juin 1815, Brugmans a confié au 1er officier de santé François Kluyskens (1771-1843) la direction du Service de santé territorial des Provinces méridionales du Royaume des Pays-Bas. Ce service ne comprend que des Belges. Kluyskens, lui aussi est belge. Il est né à Alost. Ce chirurgien militaire chevronné a servi avec distinction successivement dans l’armée autrichienne puis dans l’armée française. En octobre 1814, il s’est rallié à sa nouvelle patrie, créée par le Congrès de Vienne. Il a été le chirurgien en chef de l’hôpital militaire de Gand. Dans l’exercice de ses nouvelles fonctions, il a décidé d’assumer personnellement la direction de l’hôpital militaire de Bruxelles. Celui-ci a une capacité de 500 lits. Le 15 juin 1815, son personnel comprend 5 chirurgiens-majors, 6 chirurgiens aides-majors etl8 sous-aides.

L’hôpital militaire de Louvain possède des effectifs chirurgicaux du même ordre de grandeur.

b. Service de santé de l’armée de Blücher . Dirigé par le chirurgien général Voelzke, il a copié l’organisation française dans ses quatre Corps d’armée. Mais à l’arrière de ceux-ci, il souffre d’une pénurie très grave en personnel chirurgical, le long des lignes de communication vers la Rhénanie. Il en résulte que tous les blessés prussiens, avant de pouvoir atteindre Liège ou Maastricht, seront soignés uniquement par les services de santé britannique et hollando-belge (9), à moins qu’ils ne soient recueillis par des hôpitaux civils. A Anvers, le chirurgien français Claude Louis Sommé, installé dans cette ville depuis qu’il a quitté le Corps de Santé de la Grande Armée en 1806, aura l’occasion d’en soigner beaucoup à l’hôpital civil Sainte- Elisabeth.

c. Service de santé de l’armée française. Il n’intervient évidemment pas dans l’organisation des soins conférés aux blessés hospitalisés en Belgique, à l’issue de la campagne de juin 1815. Une partie de ses membres a accompagné les unités en retraite vers Laon et Reims. Tel est le cas de Percy, chirurgien en chef de l’Armée du Nord. Les autres sont prisonniers à Bruxelles ou à Louvain. Tel est le sort de Dominique Larrey.

d. En conclusion de ces quelques données numériques, il est patent qu’à l’aube du 19 juin 1815, il existe une disproportion énorme entre les moyens des services de santé des vainqueurs et l’étendue des pertes dont les soins leur reviennent.

A suivre…

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( 27 mars, 2017 )

Lettre d’un colonel sur la bataille de La Moskowa…

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Ce témoignage, dont l’auteur est resté anonyme selon A. Chuquet, retrace avec réalisme cette fameuse bataille ; notons qu’il a été rédigé le soir même du 7 septembre 1812.   

 Mojaïsk, le 7 septembre 1812, à 9 heures du soir.  

J’ai vu une des plus terribles batailles qui se soient jamais données, depuis que les hommes étudient l’art de se détruire ; je me suis trouvé, pendant l’action, successivement sur tous les points. Accoutumé à observer froidement l’ensemble des dispositions générales d’une affaire, je crois qu’aucunes de celle-ci ne m’ont échappé : je n’entrerai pas dans les détails, cela nous mènerait trop loin.  Voici la position de l’ennemi, dont j’évalue la force de 110 à 130.000 hommes. Sa gauche était appuyée à un bois, et soutenue par une redoute construite sur un mamelon ; deux redoutes couvraient la ligne ennemie jusqu’au centre, également couvert par trois grandes redoutes placées sur des élévations : la droite, laissant la Kolotcha et le village de Borodino entre elle et notre gauche, s’appuyait à deux mamelons sur lesquels étaient construites les dernières redoutes de la ligne ennemie ; deux profonds ravins couvraient presque en entier l’armée russe, et ajoutaient beaucoup à la force de la position avantageuse qu’elle avait choisie. L’armée française, prenant l’offensive, quitta ses positions désavantageuses au point du jour. La gauche, commandée par le vice-roi [Eugène], surprit, à 6 heures du matin, le village de Borodino. Le 3ème corps attaqua à 7 heures, au centre, secondé par le feu de soixante pièces de canon. Le 1er corps, commandé par le prince d’Eckmühl [Davout], avec le 5ème, aux ordres du prince Poniatowski, placés à l’extrême-droite, avaient déjà commencé leur mouvement pour tourner le bois et la gauche de l’ennemi. Dans cet état de choses, à 7 heures [et] ½, notre armée était entièrement engagée : mille pièces de canon vomissaient la mort sur les deux armées. 

Napoléon, entouré de toute sa Garde, dirigeait les attaques du haut d’un plateau hors de la portée de canon. On doit croire que la supériorité de nos troupes et leur extrême bravoure lui firent juger inutiles toutes ces manœuvres qui auraient pu, en épargnant cependant beaucoup de sang, nous donner également la victoire. Car il n’attendit pas le résultat du mouvement du corps commandé par le prince Poniatowski sur notre droite et ne fit ni poursuivre, ni soutenir par la Jeune Garde, comme on s’y attendait, le premier succès du vice-roi à notre gauche. Il fit attaquer les redoutes par l’infanterie et la cavalerie : avec des troupes comme les nôtres, on est certains d’arriver ; mais leurs pertes sont énormes.  Avant que le feu de nos batteries et l’adresse de nos pointeurs eussent produit leur effet ordinaire sur l’artillerie ennemie, et pendant le feu le plus soutenu, nos troupes avaient marché sur ses redoutes, et les avaient attaquées de front. Elles ont été prises et reprises plusieurs fois. A 9 heures, l’ennemi ayant perdu toutes ses positions du centre, qu’il avait vraisemblablement dégarnies pour renforcer sa droite, si vivement menacée trois heures auparavant, voulut les reprendre ; il soutint cette attaque, faite par une partie de sa réserve par la garde impériale russe, avec une grande fermeté, mais avec trop peu d’énergie et de résolution. Ses colonnes furent arrêtées par notre artillerie et restèrent stationnaires pendant plus d’une heure et demie sous notre mitraille, sans perdre un pouce et demi de terrain. Mais enfin une charge du 4ème corps de cavalerie mit fin à leur indécision ; elles se débandèrent. Les troupes ennemies, qui avaient réussis à reprendre leurs redoutes de droite à 9 heures du matin, nous abandonnent leur ligne et le champ de bataille. A 2 heures [de l’] après-midi, la victoire se déclare pour nous. Il ne reste aux Russes qu’une des redoutes de droite, d’où ils font un feu soutenu, jusqu’à la fin de la journée, pour protéger leur retraite. Tout porte à croire qu’à l’heure où je vous écris elle est également abandonnée. Nos trophées consistent en soixante pièces de canon, et quatre à cinq mille prisonniers. Sous le rapport des morts et des blessés, je ne crois pas nos pertes moindres que celles de l’ennemi. Mais je compte pour rien ce que nous avons aujourd’hui. S’il est poursuivi cette nuit par la Garde impériale, comme nous l’espérons, la journée de demain ne se passera pas sans que son artillerie et la majeure partie de ses débris ne soient entre nos mains. Nos forces étaient égales à celles de l’ennemi, distraction faite de la Garde impériale, qui n’a pas donné.  Nos soldats se sont battus à jeun ; leur ardeur leur a fait oublier la faim. Après l’affaire, j’ai vu Napoléon parcourir le champ de bataille ; je l’ai suivi partout ; il était rayonnant, il se frottait les mains en répétant avec satisfaction : « Il y a cinq Russes morts pour un Français ». Je crois qu’il a pris les Allemands pour des russes, etc. Il y a plus de chevaux tués que d’hommes ; notre grosse cavalerie est presque entièrement démontée, mais elle a fait des prodiges de valeur, comme toute l’armée. Nous avons perdu beaucoup de généraux ; plusieurs sont blessés grièvement.   

Document publié dans le volume d’Arthur Chuquet : « Lettres de 1812.1ère série [Seule parue] », Paris, Champion, 1911.      

 

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( 26 mars, 2017 )

Une lettre adressée à M. Colincamp, directeur des estafettes de Sa Majesté, à Tolotzyn.

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La lettre qui suit est extraite du volume de la correspondance de la Grande-Armée interceptée par les Russes; un livre publié en 1913. Le nom du signataire, bien curieux, n’a pas été identifié.

« Sa Majesté se porte bien et a toujours été d’une excellente santé. On a ordre de se tenir prêt au premier moment ; une partie des équipages de Sa Majesté est déjà partie sur la route de Kalouga. On attend le retour d’un courrier qui a été expédié à [Saint-] Pétersbourg au sujet de la paix pour la proposer ; s’ils refusent, on doit évacuer Moscou et détruire toutes les provisions en farines, vins, fourrages et autres que l’on ne pourra pas emporter, afin de ne laisser aucune ressource aux habitants qui resteront ; l’on distribue de l’eau-de-vie aux corps d’armée pour trois mois ; l’on doit donner de la farine à tous ceux qui [des] moyens de transport.  Le militaire est furieusement fatigué, désire la paix fortement ; cependant, il doit y avoir encore une affaire avant d’entrer à Kalouga, car nous n’y sommes pas, et l’on présume qu’elle sera très forte, car Sa Majesté a passé toute sa Garde en revue, et il paraît même qu’elle sera forcée de donner. Du reste, elle ne doit pas être fatiguée, car elle n’a pas encore donné une seule fois.

Il n’y a que les carabiniers qui ont donné à l’affaire du 7 [septembre 1812 : bataille de La Moskowa

Lisez et brûlez de suite. 

JATAKA [sic] « 

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( 26 mars, 2017 )

Souvenir de la revue du 24 mars 1815, passée à Paris…

Revue

« Lorsque l’Empereur fut averti que tout était prêt, il parut à cheval et passa dans les rangs de ses soldats. Nous l’accompagnions; j’ai été témoin de tout ce qui s’est passé ce jour-là, mais pour en rendre un compte exact, il faudrait une autre plume que la mienne. Les soldats étaient ivres de joie, leurs schakos étaient au bout de leurs baïonnettes, et l’enthousiasme qui se manifestait en dehors des grilles, sur la place du Carrousel, où était le peuple, était sympathique avec la troupe. ers la fin de la revue, on vit arriver Cambronne à la tête es officiers du bataillon de l’île d’Elbe, qui portaient leurs anciennes aigles; l’esprit militaire en fut doublement exalté, et ces officiers, réunis aux troupes et aux officiers de toutes armes, qui s’étaient rassemblés spontanément, et qu’on nomma depuis le Bataillon sacré, défilèrent au son d’une musique guerrière qui jouait l’air « Veillons au salut de l’Empire » , cherchant ainsi à ressusciter les chants de triomphe et de gloire. Après le défilé, l’Empereur se plaça devant le pavillon de l’Horloge et fut aussitôt entouré par un nombre considérable d’officiers; là, diverses scènes remarquables se passèrent: des aigles, que ses soldats avaient conservées, lui furent présentées, et, s’en emparant, il les pressa sur son cœur en prononçant de ces paroles que lui seul savait rendre si émouvantes. C’est en parcourant ce cercle d’officiers qu’il me reconnut et que, s’avançant vers moi, il me décora de sa main. »

 (« Souvenirs sur le retour de l’empereur  Napoléon de l’île d’Elbe et sur la campagne de 1815 pendant les Cent-jours », par M. LEFOL,  Trésorier de l’Ecole militaire de Saint-Cyr, ancien aide-de-camp du général de division baron Lefol, sous l’Empire », Versailles, imprimerie de Montalant-Bougleux, 1852, pp.17-18).

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( 25 mars, 2017 )

Le général PIRE

Piré«L’Empereur me charge de vous témoigner toute sa satisfaction pour la belle conduite que vous avez tenue, pour le dévouement à sa personne et pour l’amour de la Patrie dont vous avez fit preuve dans ces dernières circonstances »

(Maréchal Davout au général Piré, Paris, 19 avril 1815).

Chargé au retour de Napoléon de l’île d’Elbe, de combattre les royalistes dans le Midi, Piré força le duc d’Angoulême à signer la capitulation de La Palud le 8 avril 1815.

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( 25 mars, 2017 )

Retour sur le 20 mars 1815…

Retour sur le 20 mars 1815… dans TEMOIGNAGES 74-004173

« Que d’événements se sont écoulés depuis huit ans ! Quelle différence dans ma position ! Il y a huit ans que, gouverneur de Paris, j’étais au lever de l’Empereur qui, arrivé la veille, paraissait ne pas avoir cessé de régner. Tout le monde l’entourait, le pressait, le peuple se groupait sous ses fenêtres et faisait retentir l’air de cris de joie ; à chaque moment des troupes arrivaient dans les cours des Tuileries, et, agitant leurs schakos au bout de leurs baïonnettes, elles saluaient par leurs acclamations celui qui les conduisit sois souvent à la victoire ; Savary m’attirait à part et me disait : « L’Empereur m’a déjà parlé de vous, il sait votre réponse au duc de Berry : « Quoi ! Monseigneur, vous appelez au repos une halte dans la boue ! »- C’est, a dit l’Empereur, l’histoire du règne des Bourbons ; vous serez content de lui, vous obtiendrez tout ce que vous voudrez…. » Hélas ! Je ne voulais quez commander une division et marcher aux frontières : j’étais déjà las de la cour, j’avais déjà  trop du commandement de Paris. Le matin, douze espions étaient venus me faire des rapports : un chef de bataillon, nom, je crois, Lelièvre, m’en avait remis un résumé que je devais présenter à l’Empereur et que je me gardai bien de lui donner.

Là, je vis Fouché ; il avait le sourire sur les lèvres et on lisait sa perfidie dans son regard oblique : là, je vis l’infortuné maréchal Ney ; il avait l’air embarrassé, contraint, presque honteux ; il vint à moi, et chercha à m’expliquer sa conduite : il balbutia le mot de « trahison » ; il cherchait à repousser cette pensée qui retombait sur son cœur. Je ne trouvai pas de paroles amères pour un tel coupable, j’aurais voulu le réconcilier avec lui-même. « M. le maréchal, lui dis-je, un homme comme vous ne trahit pas, il embrasse un parti : Turenne et Condé ont souvent changé de bannières, et leurs noms n’en sont pas moins célèbres et vénérés. » Il me serra la main, il releva sa tête et me dit : « Vous me faites du bien ». Je lui recommandai le colonel Dubalon, qui n’avait pas voulu le suivre dans sa défection, et il courut de suite chez le ministre pour le faire employer. Mettez à la place du maréchal plébéien un grand seigneur, un homme de cour. Il n’aura pas un regret, encore moins un remords ; il triomphera du succès et tendra la main pour mendier une récompense. La vertu  roturière a des racines plus profondes dans le cœur ; sa pudeur est extrême, elle s’alarme, elle a besoin d’appuyer sur l’opinion publique. Comment les bourbons n’ont-ils pas senti qu’ils absolvaient Ney en l’assassinant ? Ignoraient-ils donc que, quand la punition surpasse la faute, elle l’efface ?

Ce grand Napoléon, que grandissait encore le succès de son audacieuse entreprise, comme il montrait bon, indulgent ! Comme il disait à ceux qui naguère l’avaient abandonné : « les circonstances ont été plus fortes que les hommes. Il a été vaincu, et ces mêmes hommes, auxquels il avait pardonné une première trahison, l’ont abandonné de nouveau ; et sur son rocher il répétait encore : « Les circonstances sont plus fortes que les hommes. »

Général LAMARQUE

(« Mémoires et souvenirs. Publiés par sa famille », Tome II, H. Fournier jeune, Libraire, 1835, pp.104-106).

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( 24 mars, 2017 )

Une LETTRE du COLONEL ZAEPFFEL au MARECHAL DAVOUT en 1815…

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Pendant que Napoléon marche de Cannes sur Paris [après son débarquement à Golfe-Juan le 1er mars 1815], un régiment, le 6ème régiment d’infanterie légère, commandé par le colonel Zaepffel, s’achemine, par ordre du ministre [de la Guerre] Soult, de Phalsbourg où il tenait garnison sur Lons-le-Saulnier. Le colonel a reçu cet ordre le 6 mars 1815 ; il quitte Phalsbourg le 8 mars ; il arrive à Besançon où le général refuse de lui donner des instructions. Zaepffel arrive à Lons-le-Saulnier où il n’y a plus de général ; il écrit alors au nouveau ministre de la guerre, le maréchal Davout, en remarquant que tout le monde, militaire et civil, acclame Napoléon.

Arthur CHUQUET.

Lons-le-Saulnier, 24 mars 1815

Monseigneur, j’ai l’honneur de rendre compte à Votre Excellence que, d’après les ordres de M. le maréchal duc de Dalmatie [Soult] qui me sont parvenus le 6 de ce mois, j’ai quitté Phalsbourg le 8 avec mes deux premiers bataillons pour me diriger sur Lons-le-Saulnier et y rester stationné. Arrivé à Besançon, je me suis présenté avec deux officiers supérieurs chez M. le général Bessières qui nous adit qu’il ne se trouvait là que pour le maintien du bon ordre et qu’il n’avait aucun ordre à me donner. J’ai donc continué ma route jusqu’ici où j’ai trouvé le général Jarry, commandant le département ; cet officier général est parti ce matin sans m’en prévenir ; j’ignore s’il reviendra bientôt. Je crois, par conséquent, [être] de mon devoir de m’adresser directement à Votre Excellence et de lui demander ses ordres. L’esprit de la troupe et de tous les habitants est entièrement prononcé pour l’Empereur ; tous montrent le plus vif enthousiasme pour Sa Majesté.

(Témoignage extrait de l’ouvrage d’Arthur Chuquet, « Lettres de 1815. Première Série [seule parue] », Paris, Librairie ancienne, Honoré Champion, Editeur, 1911.)

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( 23 mars, 2017 )

Aux Tuileries…

« 23 mars 1815. Sa Majesté me nomma son Trésorier général. Je fus au lever de Sa Majesté pour la remercier. Les salons étaient pleins, les uniformes frais et brillant; le mien se ressentait de la campagne que je venais de faire et la broderie était mince. J’étais un personnage très nouveau pour tous ces courtisans, et je voyais dans leurs regards que je ne leur faisais pas grand effet ; mon habit me valait cela. On annonça l’Empereur. Toute la foule se presse pour se trouver sur ses pas, généraux, préfets, conseillers d’état, chacun, comparant sa broderie à la mienne, croit pouvoir m’effacer et se mettre devant moi. Je savais que je ne perdrais pas pour attendre. Sa Majesté, entrant dans le cercle, le faisait agrandir ; les rangs diminuaient ; Sa Majesté m’aperçut, un sourire gracieux m’accueillit. Elle me poussa dans l’embrasure d’une croisée ; tous les regards étaient fixés sur moi. Sa Majesté me demanda si j’avais rendu à la Banque les fonds pris à Lyon, et en même temps me demanda un état de situation de la caisse des Tuileries. Je m’empressai de faire mes remerciements à Sa Majesté de la haute marque de confiance qu’elle avait bien voulu me donner. – « Venez tous les matins, me dit-elle, j’aurai divers ordres à vous donner. » Sa Majesté rentra dans le cercle et me quitta d’un air bienveillant. Je fus dès lors l’objet de beaucoup de prévenances apparentes ; on chercha les occasions de lier un entretien avec moi. Quand j’annonçai que je venais de l’île d’Elbe, on s’empressa autour de moi. Je poussai jusqu’au salon du trône, où ceux qui m’avaient interrogé n’avaient pas le droit de me suivre. » (Guillaume PEYRUSSE, Mémoires).

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« J’allai aux Tuileries, et je trouvai l’appartement intérieur de l’Empereur rempli de monde. Déjà les anciens grands officiers de l’Empire avaient repris leurs fonctions […]. Les sénateurs qui n’avaient pas été nommés pairs par le Roi reparaissaient avec leurs habits sénatoriaux ; les conseillers d’État avaient également endossé leur ancien costume. Des ministres, des maréchaux, des généraux et un grand nombre d’officiers de tout grade étaient accourus, et la cocarde tricolore parait de nouveau sur les chapeaux des militaires. La métamorphose était aussi subite que complète. Au milieu de cette foule empressée, Napoléon se montra calme, et l’on ne remarquait dans ses yeux aucun signe d’étonnement ou d’exaltation. Il semblait que rien d’extraordinaire ne fût arrivé et qu’il se trouvât là, comme s’il n’avait jamais cessé d’y être. » (MIOT DE MELITO, Mémoires., tome III, pp.378-379).

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