( 26 juillet, 2012 )

LU: le TEMOIGNAGE d’un MEDECIN MILITAIRE…

On sait que les témoignages de membres du Service de santé, sous l’Empire, sont très souvent d’excellente qualité. Leurs auteurs possèdent toujours un sens développé de l’observation et une instruction permettant de les transcrire d’une façon précise. C’est le cas de Joseph Tyrbas de Chamberet (1779-1870) avec ses « Mémoires » qui étaient jusque là inédits. LU: le TEMOIGNAGE d'un MEDECIN MILITAIRE... dans TEMOIGNAGES Chamberet.-224x300L’auteur sera notamment en Espagne, où il dépeint avec réalisme la misère qui règne dans les hôpitaux militaires, les concussions de certains fonctionnaires qui détournent argent et vivres à leur seul profit, laissant les malades sans confort, sur leur lit de douleur, rongés par la vermine.  En 1815, Tyrbas de Chamberet fait partie de la 9ème division d’infanterie-2ème corps général Foy- et participe à la campagne de Belgique. Il est présent à la bataille de Waterloo mais il se trouvait « derrière les lignes de troupes dans une grande ferme sur la route même de Bruxelles, où l’on avait établi l’ambulance du quartier-général ». Le médecin raconte durant cette campagne, deux anecdotes ; la première se situe le 16 juin 1815 ; l’auteur est alors impressionné de voir « un malheureux soldat, qui depuis deux jours, gisait au beau milieu de la route, dont le sol était défoncé par la pluie et le passage de la cavalerie et l’artillerie de l’amère, dans une mare de boue. Il avait plusieurs membres défoncés et pilés par les chevaux et les fourgons qui étaient passés sur lui, il ne pouvait ni parler, ni remuer » (p.154).  Plus loin, Tyrbas de Chamberet, raconte que Jérôme, frère de l’Empereur, passant à côté d’un prisonnier anglais (nous sommes sans doute le 19 juin 1815) et jugeant qu’il n’avançait pas assez vite l’abat froidement d’un coup de pistolet (p.164). Ce fait, réel ou inventé, auquel l’auteur n’a pas assisté visuellement, vient alimenter son anti-bonapartisme virulent. Un anti-bonapartisme qui finit par assombrir cet intéressant témoignage, tellement Tyrbas de Chamberet « assomme » le lecteur par la lourdeur de ses réflexions répétitives, se plaisant à appeler l’Empereur, « Bonaparte » et à le qualifier de « tyran » toutes les deux pages !

On regrettera aussi la légèreté de l’appareil critique, certaines dates ou noms de lieux inexacts énoncés par Joseph Tyrbas de Chamberet et qui auraient méritées d’être corrigées.Après la chute de cet Empire que l’auteur exècre tant, il est nommé professeur de médecine à Lille puis en 1831, il est envoyé en Pologne afin d’étudier une maladie qui ravage ce pays : le choléra. Il terminera sa carrière comme gouverneur du Val-de-Grâce.Chamberet-2-200x300 Tyrbas de Chamberet dans TEMOIGNAGES

Sur ce personnage on lira en complément deux notices (accessibles sur internet) le concernant :

« Notice biographique sur J.-B. Tyrbas de Chamberet », par M. le médecin-inspecteur Laveran, membre du conseil de santé des armées, in « Recueil de Mémoires de médecine… », Tome XXIV, IIIème série, Victor Rozier, Éditeur, 1870, accessible via le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France.

« Jean-Baptiste Tyrbas de Chamberet (1779-1870), médecin militaire, acteur et témoin de son temps », in « Histoire des Sciences médicales, tome XLIII, n°2, 2008 », accessible sur l’excellent site de la BIUM : http://www.bium.univ-paris5.fr/

Joseph TYRBAS de CHAMBERET, « Mémoires d’un médecin militaire. Présentés et annotés par Erwan Dalbine », Editions Christian, 2001, 266 pages.

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( 16 juin, 2012 )

LU:« Un sans-grade parmi les sans-grades… »

Nicolas PAGE, natif du village de Belrupt, près de Darney, dans les Vosges a laissé un récit sans prétention mais réaliste et qui retrace ses pérégrinations dans les rangs du 9ème léger. Notre homme né en 1788, participe en 1809, après tirage au sort, comme de coutume à l’époque, à la campagne d’Autriche. C’est au château de Schoenbrünn qu’il voit pour la première fois Napoléon. « As-tu mangé de la poudre ? »  lui lance le Petit Caporal. Et Page de LU:« Un sans-grade parmi les sans-grades… » dans INFO Belrupt-230x300répondre : « Sire, pas beaucoup, mais j’espère en manger davantage ». Le voici dans la péninsule espagnole, à Cadix, puis à Séville faisant le coup de feu face aux guérillas. En 1812, Nicolas page est toujours en Espagne. Il est fait prisonnier le 20 décembre de cette même année. Ce sera le début de son calvaire…Maltraités par les espagnols et dépouillés, Page et ses compagnons d’infortune vont traverser toute l’Espagne à pied pour finir à Cadix ; là il tentera l’impossible : l’évasion ! De Cadix, il passera à Gibraltar avant de gagner… Tanger au Maroc !  Affaibli, amaigri, malade, il trouvera encore la force de regagner la France par la mer. En février 1814, il quitte donc le Maroc, fait escale à l’île de Majorque et le voici enfin à Toulon ! Une fois rentré dans ses foyers, à Belrupt, deux ans après quitté ses parents , qui le croyait mort,  Nicolas veut se marier au plus vite afin d’échapper à un nouvel appel des armes. Une circulaire préfectorale aura raison de la volonté du maire : il est désormais interdit de marier tout militaire qui vient de rentrer chez lui.  Bon pour le service une fois de plus, Nicolas page  est dirigé à Longwy  où se trouve le dépôt de son régiment et de là, habillé et équipé de pied en cap, il est expédié en Belgique. Page survivra à la journée du 18 juin 1815. Regroupé sur la Loire avec son régiment il est licencié. Il s’installe alors dans le petit village de Bonvillet, près de Darney, se marie enfin et loue une petit ferme. Sa vie civile ne sera pas plus heureuse que son existence militaire :  à peine installé il perd presque tout son bétail suite à une épidémie, puis son épouse décède ; il se remarie mais cette fois c’est lui qui connaît de sérieux problèmes de santé : réminiscences physiques des souffrances éprouvées en Espagne ? Retiré à la Verrerie de Belrupt, près de la commune d’Hennezel, « dans une petite maisonnette », il y finit sa vie « sans fortune, sans pouvoir travailler ».  Nicolas Page s’éteindra en 1863,non sans avoir couché sur le papier ses « souvenirs »  qui apportent une pierre modeste mais authentique à l’histoire napoléonienne.

« Nicolas de Belrupt. Entre Wagram et Waterloo. Souvenirs d’Espagne du Caporal Nicolas Page », Editions Saône-Lorraine, 1997, 108 pages.

C.B.

Pour se procurer ce livre : http://www.histoire-patrimoine-vosges.org/association-saone-lorraine/informations-pratiques

ou : http://www.la-grange-aux-livres.fr/product.php?id_product=66

(Merci à Thierry Choffat, Président des « Vosges napoléoniennes » pour ces dernières infos).

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( 29 juin, 2011 )

« LES HOMMES DE NAPOLEON. TEMOIGNAGES, 1805-1815″ parmi « LES MEILLEURES LECTURES DE L’ETE »…

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Mon livre fait l’objet d’un bon « papier » dans le numéro hors-série de Juillet-Août 2011 de « MARIANNE/ LE MAGAZINE LITTÉRAIRE » qui l’a sélectionné parmi « LES MEILLEURES LECTURES DE L’ETE ». C’est à la page 85.

En kiosque 5,50 euros.

 

 

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