( 30 octobre, 2015 )

A bord du « Northumberland »…

embarquement bellerophon

Mme de Montholon monte à bord du Northumberland avec l’Empereur. Deux mois et demi plus tard, le 15 octobre 1815, le bateau arrivera à Sainte-Hélène, petite île volcanique perdue au milieu de l’Océan Atlantique dans laquelle se jouera l’épilogue d’une fulgurante destinée.

« Le 7 août, l’Empereur, après avoir reçu les tristes adieux de ses fidèles serviteurs, fut transféré à bord du Northumberland, portant pavillon de l’amiral Cockburn.

Il y passa sur le canot du Bellerophon.

Avant de quitter ce vaisseau, je dois dire qu’en témoignage de ce qu’il pensait de la conduite qu’avait tenue à son égard le capitaine, l’Empereur lui fit présent d’une tabatière avec son portrait, que le brave marin, tout heureux qu’il était, n’accepta que sous la condition que son gouvernement lui en donnerait la permission.

Nous n’eûmes tous qu’à nous louer des attentions du capitaine et des officiers de son bord.

Le docteur O’Meara, médecin-chirurgien attaché à ce bâtiment, eut la permission de suivre l’Empereur à titre de médecin attaché à sa personne et à son service. Tous ceux qui ne venaient pas à Sainte-Hélène restèrent sur le Bellerophon. Ils furent depuis transportés sur le brick ***, pour être conduits à Malte.

En arrivant à bord du Northumberland, l’Empereur y trouva M. Stanley et M. Hutchinson, tous deux attachés au ministre Castlereagh et membres des Communes, qui l’y attendaient ; il eut avec eux un long entretien.

Dans l’empressement que mit le cabinet anglais à éloigner l’Empereur des côtes d’Angleterre, il ne se trouva qu’un seul gros vaisseau qui fût en état de faire un tel voyage ; le Northumberland fut destiné à nous recevoir. Il venait de l’Inde, et l’on ne prit même pas le temps de changer l’eau et le biscuit ; aussi, toute la traversée, n’eûmes-nous à boire que de l’eau pourrie, et, sur la fin, le biscuit était rempli de vers ; au reste, les vivres étaient bons et abondants. N’ayant pu prévoir un tel voyage, nous demandions à acheter du linge et tout ce qui nous était nécessaire pour ce long trajet. Il eût été bien facile à Plymouth de nous procurer tout ce dont nous avions besoin ; mais, quelles que fussent nos sollicitations à cet égard, on ne nous le permit pas. C’était bien dur, et ce refus nous soumit à de grandes privations.

Le jour de notre installation sur le Northumberland, au moment où nous allions faire voile, nous fûmes témoins d’un triste spectacle dont j’éprouvai une vive impression. Le temps était sombre et frais ; j’étais sur le pont, pensant tristement à notre destination, lorsque je vis un bateau qui se dirigeait vers nous. Il contenait une femme ; c’était une curieuse venue de loin, elle voulait approcher du Northumberland, dans l’espoir d’apercevoir l’Empereur. Elle était avec son enfant et un domestique. Je la vois encore avec sa robe noire. Au moment où elle nous atteignait, un brick croisait, et rencontrant le bateau, il le coula. Nous vîmes l’embarcation disparaître.

A l’instant, les canots furent à la mer, et l’on parvint à sauver la mère et l’enfant qui furent portés sur des vaisseaux différents. La pauvre mère se trouvait à bord du nôtre, elle ignorait que son enfant fût sauvé, et, à peine hors de l’eau, elle criait avec l’accent du désespoir : « My child ! my child ! »

Le serviteur ne fut pas retrouvé. Cet événement était de triste augure ; chacun eut cette pensée.

Le 8, l’Empereur déjeuna dans sa cabine ; c’était son cuisinier qui faisait son déjeuner. Nous trouvâmes à bord le colonel Bingham, qui commandait le bataillon du 53e. Je ne dois pas omettre qu’au moment de l’embarquement sur le Northumberland, on prit la mesure de s’emparer de l’argent qu’avait l’Empereur : 400 000 francs. Il fut convenu que cet argent resterait à sa disposition sur des mandats, mais qu’il ne pourrait l’avoir entre ses mains que par petites sommes. Il ne fut soustrait à l’inquisition anglaise que 80 000 francs. Comme cette somme était en or, elle put être répartie entre les officiers et domestiques qui en portaient chacun une partie sur eux, dans des ceintures.

Dans la nuit du 10 août, le signal fut donné pour mettre à la voile et faire route pour Sainte-Hélène : signal d’exil ! Le bruit du cabestan nous fit en ce moment une triste impression. »

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( 28 octobre, 2015 )

28 octobre 1813…

macdonald.jpgLe maréchal Macdonald.

[Pièce n°2254]. Berthier à Macdonald.

Hünfeld, 28 octobre 1813, 1 heure du matin.

L’intention de l’Empereur est que vous partiez pour suivre le mouvement du général Sébastiani qui a l’ordre de faire une bonne marche sur la route de Francfort. Ayez soin, conjointement avec lui,de faire réparer les ponts.  Vous laisserez suffisamment de troupes à Fulda pour garder la ville jusqu’à ce que le duc de Bellune [maréchal Victor] arrive. L’Empereur suit le mouvement. Faites-moi connaître où vous coucherez.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, p.237).

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( 25 octobre, 2015 )

Une bibliographie utile…

08-500530

Élaborée par M. Jean Dif, en 2012,  elle recense les témoignages publiés en anglais sur la période napoléonienne.

C’est ici: http://jean.dif.free.fr/Histoire/Bibliographie.pdf

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