( 12 juillet, 2014 )

« BONAPARTE » va REVENIR…

Un bulletin de Beugnot, directeur général de la Police. Napoléon est à l’île d’Elbe depuis début mai 1814 mais déjà on le voit ici et là !

Ain. Préfet, 12 juillet 1814. Le bruit s’est répandu dans les campagnes que Bonaparte allait revenir à la tête d’une armée de Turcs, d’Allemands, etc., et qu’à Lyon, on avait déjà quitté la cocarde blanche. Ce bruit absurde a circulé dans plusieurs départements, ce qui porte à croire qu’il doit son origine à la malveillance.

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date, p.70).

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( 11 juillet, 2014 )

FAUSSE JOIE !

FAUSSE JOIE ! dans TEMOIGNAGES soldats

Durant le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe, la police royaliste reste aux aguets. Voici ce que transmettait à Louis XVIII, son responsable, le comte Beugnot, le 11 juillet 1814.

« Loire. Inspecteur de la gendarmerie. Le 29 juin, il se passa à Saint-Etienne un événement. Les habitants manifestèrent des sentiments antifrançais. Le buste du Roi avait été un instant déplacé de l’hôtel de ville pour l’entourer des armes de France. Des malintentionnés saisirent cette occasion pour répandre que Bonaparte était de retour à Paris à la tête de 300.000 Turcs. Les ouvriers s’assemblèrent aussitôt tumultueusement. Des feux d’artifices furent tirés en signe de réjouissance. Un ancien militaire fut arrêté au moment où il tirait des coups de fusils pour manifester sa joie. Des patrouilles de gendarmerie dissipèrent ces attroupements et firent rentrer les ouvriers dans les ateliers. La nuit précédente, on avait affiché à la porte de l’église : Maison à vendre. Prêtre à pendre. Louis XVIII pour trois jours. Napoléon pour toujours. Une deuxième affiche portait : Vive l’Empereur et ses fidèles soldats ! Je charge M. le préfet de la Loire de rechercher avec le plus grand soin les auteurs présumés de pareils scandales et de ne rien négliger pour leur faire subir une punition exemplaire. »

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date).

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( 6 juillet, 2014 )

« La lecture des journaux »…

Une amusante gravure ancienne sur laquelle on peut voir le gros et impotent Louis XVIII demandant à Napoléon s’il a fini sa lecture du « Journal de l’Empire ». Et l’Empereur de répondre par la négative en montrant la personne qui l’a réservé avant lui: son fils Napoléon II, le Roi de Rome !

Gravure

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( 3 juillet, 2014 )

« Porte-drapeaux des armées de Napoléon » n°9…

Paru ce jeudi 3 juillet, ce nouveau numéro représente le porte-aigle du 3ème régiment suisse d’infanterie de ligne. Le prochain, dans quinze jours, sera le porte-guidon du 15ème régiment de chasseurs à cheval. En kiosque, 11.99 euros.

H9

 

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( 2 juillet, 2014 )

A l’île d’Elbe, quand des chevau-légers polonais deviennent canonniers…

Escadron

Instructions de Napoléon en date du 2 juillet 1814, concernant une formation d’une compagnie de canonniers composée de Polonais démontés.

J’ai projet de former une nouvelle compagnie de canonniers dans laquelle on ferait entrer comme éléments tous les chevau-légers polonais qui ne sont pas montés. Je pense que quinze chevau-légers polonais, mamelucks et chasseurs, avec un officier, me suffiront. Comme il y en a cinquante, ce sera donc trente-cinq hommes qui entreront dans la nouvelle compagnie. On pourra y mettre un officier polonais qu’on instruira des manœuvres. Il y aurait une économie dans l’équipement, puisqu’on ne leur donnerait pas de bottes. Chacun de ces cinquante hommes ayant sa selle et son équipement, il faudrait les mettre de côté [les selles et les équipements]. Faites-moi un rapport là-dessus.

(« Le Registre de l’île d’Elbe. Lettres et ordres inédits de Napoléon 1er (28 mai 1814-22 février 1815). Publiés par Léon-G. Pélissier », A. Fontemoing, Éditeur, 1897, pp.26-27)

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( 1 juillet, 2014 )

Une LETTRE de NAPOLÉON au GÉNÉRAL CLARKE, DUC de FELTRE (Ministre de la Guerre)…

Une LETTRE de NAPOLÉON au GÉNÉRAL CLARKE, DUC de FELTRE (Ministre de la Guerre)… dans TEMOIGNAGES napoleonlegrand

Mayence, 31 juillet 1813.

Donnez ordre que toutes les femmes de généraux, d’officiers d’employés d’administration, toutes les filles, y compris celles travesties en hommes, qui se trouvent à Bayonne ou dans les départements des Landes et des Basses-Pyrénées, venant d’Espagne, soient sur-le-champ renvoyées au-delà de la Garonne, et que, quarante-huit heures après l’ordre que vous ferez donner à ce sujet par le commandant de la division, toutes celles qui n’y auraient pas obéi soient arrêtées par autorité militaire et civile, et conduites chez elles ; les filles seront renfermées à la Salpêtrière. Vous aurez soin que nominativement les femmes des généraux G…, F… et V… soient non seulement renvoyées au-delà de la Garonne, mais renvoyées chez elles.

(« Lettres inédites de Napoléon 1er (An VIII-1815). Publiés par Léon Lecestre » Plon, 1897, Tome II, pp.274-275).

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( 30 juin, 2014 )

Shakos…

Shako

Extrait du bulletin du 30 juin 1814.

« Paris. Il m’avait été transmis hier par une main très respectable une des cent dénonciations ; elle portait que, chez  Poupard, marchand-chapelier au Palais-Royal, il avait été commandé pour le midi un certain nombre de shakos avec l’aigle impériale, et que c’était Mme Poupard elle-même, qui se trouvait alors dans le comptoir, qui avait promis de les faire confectionner pour le jour désigné. J’ai aussi tôt fait prendre des informations pour vérifier un fait qui, s’il avait eu quelque fondement, n’aurait pas été sans gravité. Je me suis assuré : 1° que ni Poupard ni sa femme n’ont plus de boutique au Palais-Royal, et qu’ainsi l’on n’a pas pu leur y faire de commande ; 2° qu’ils sont depuis deux ans remplacés dans leur boutique par un sieur Delaunay, leur ancien associé ; 3° qu’il ne s’est présenté personne dans cette boutique ni pour shakos à aigles, ni pour shakos d’aucune espèce. »

 (« Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du compte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert », R. Roger & F. Chernoviz, s.d)

———

Rappelons que Poupard était le fournisseur de l’Empereur pour ses fameux chapeaux.

09-509283

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( 26 juin, 2014 )

A propos du général Jomini…

Jomini_Antoine-Henri

« Jomini, chef d’état-major du prince de La Moskowa [Maréchal Ney], a déserté. C’est lui qui a publié quelques volumes sur les campagnes et que depuis longtemps les Russes pourchassaient. Il a cédé à la corruption. C’est un militaire de peu de valeur; c’est cependant un écrivain qui a saisi quelques idées saines sur la guerre » (Napoléon, lettre à Cambacérès, Bautzen, 16 août 1813).

« Dans Jomini, il y a d’assez bonnes choses » (Napoléon au général Gourgaud, à Sainte-Hélène, 14 mai 1817).

« J’aurais dû faire expliquer ses guerres [de Frédéric] à l’École polytechnique et aux écoles militaires. Jomini aurait été excellent pour cela » (Au général Gourgaud, à Sainte-Hélène, 15 avril 1817).

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( 24 juin, 2014 )

Bulletin du 24 juin 1814. Extrait…

Théâtre-Français

« Une scène assez vive a eu lieu, hier [23 juin 1814], au Théâtre Français où l’on donnait Hamlet. Il s’y trouve quelques vers injurieux pour les anglais, entre autres celui-ci : « L‘Angleterre en forfaits fut toujours très fertile ». Le parterre a applaudi avec violence. A ce moment, une voix partie des loges, a crié : « Vive les Anglais ! » et a été couverte de huées. Le tumulte a duré pendant dix minutes ; on s’obstinait à vouloir faire sortir de la salle celui qui avait ainsi crié, mais on n’a pu le découvrir et la pièce a continué  »

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897,p.50).

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( 24 juin, 2014 )

Qui veut du riz ?

Garde

Ordre de Napoléon au général Drouot.

24 juin 1814.

Distribution de riz à la Garde (à l’île d’Elbe).

A compter du premier juillet et pendant les mois de juillet, août et septembre, faisant quatre-ving-dix-jours [Sic. Il s’agit ici de mois administratifs], il sera accordé ; des magasins, à chaque homme de la Garde, et sans retenue, une once de riz par jour, comme préservatif [afin de prévenir des] de maladies pendant les chaleurs. Cette distribution ne sera faite qu’à la Garde, infanterie, artillerie et cavalerie.

(« Le Registre de l’île d’Elbe. Lettres et ordres inédits de Napoléon 1er (28 mai 1814-22 février 1815). Publiés par Léon-G. Pélissier », A. Fontemoing, Éditeur, 1897, pp.17-18).

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( 23 juin, 2014 )

« NE DITES RIEN…»

mortdedesaix.jpg 

Desaix naquit en 1768, dans le département du Puy-de-Dôme.

Il fut tué à Marengo [le 14 juin 1800]. On lui a fait prononcer une belle phrase au moment de sa mort [« La bataille est perdue, il est trois heures. Il reste encore le temps d’en gagner une autre »] mais des témoins oculaires assurent que, frappé du coup mortel, il ne prononça que ces mots : « Ne dites rien ». Cette recommandation de cacher sa mort aux soldats qui pouvaient en être découragés, nous paraît plus sublime, plus digne de Desaix, que les adieux à S. M. [Napoléon] qu’on a mis dans sa bouche. » 

(« Le Spectateur militaire », tome 1er, 1826). 

 

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( 20 juin, 2014 )

BRUITS ABSURDES…

 BRUITS ABSURDES… dans TEMOIGNAGES napoleon

Un rapport expédié à Louis XVIII par le comte Beugnot, directeur général de la Police de juin à décembre 1814, avant d’être remplacé par le comte Anglès. Beugnot est nommé par le Roi, ministre de la Marine. On voit, une nouvelle fois, que durant le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe, l’imagination de certains n’a pas de limites.

Il est vrai qu’en France, on a toujours aimé les bruits et les rumeurs. Ceci est toujours valable aujourd’hui. Le développement d’internet et des réseaux sociaux ne fait qu’augmenter cette « exception française » quelque peu déplorable.

C.B.

Hautes-Alpes, 20 juin 1814. Entre autres bruits absurdes répandu dans le département des Hautes-Alpes, on a prétendu que le prince Eugène avait été empoissonné à Paris. Cette fable avait fait une fâcheuse impression, parce qu’il y a dans ce département beaucoup de troupes de l’armée d’Italie qui conservent un grand attachement à ce prince. On a débité aussi que les maréchaux Oudinot et Marmont s’étaient battus en duel, que le dernier avait été tué, et qu’à Lyon, Bordeaux, Nantes et aux principales villes du Royaume, il y avait deux partis fortement opposés qui se trouvaient en présence. Le préfet cherche à remonter à la source des ces fables qui n’ont point altéré la tranquillité publique.

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date, p.28).

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( 19 juin, 2014 )

Musée de l’armée ou Musée des larmes ?

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Depuis ma visite de juillet 2010 des salles « Empire » du Musée de l’Armée (Paris), et ma déception quant à leur muséographie, peu de médias, voire aucuns, n’avaient souligné l’absurdité avec laquelle les magnifiques objets historiques qu’elles contiennent sont présentés au public. Aussi, quelle a été ma surprise, quand dans « Le Figaro » de ce jeudi 19 juin 2014, je m’aperçois qu’Adrien Goetz abonde dans ce sens. Son article s’intitule « Jeu de massacre au Musée de l’Armée »; avec en sous-titre : « Si l’exposition « Mousquetaires ! »  est une réussite, les chefs-d’œuvre des Invalides sont présentés dans une scénographie ratée ». 

 C.B.

 ———————–

« Dans les salles rénovées en 2010- le parcours qui va du XVIIème  siècle au Second Empire, avec des morceaux de bravoure, l’Indépendance des États-Unis d’Amérique, la Révolution, Napoléon.-, la déception est grande. Domine une esthétique de salle d’honneur de caserne, avec des sabres alignés dans des vitrines au carré, des espaces fragmentés qui semblent plus conçus par un cuisiniste que par un muséographe, des spots alignés comme à la parade. Perdues au milieu de cette morne plaine, quelques reliques qui pourraient faire rêver : Vizir, le cheval emblématique de l’Empereur, le mocassin indien du vicomte de Noailles… Ces salles autrefois avaient un vrai charme, elles l’ont  perdu. Et n’ont guère gagné à se trouver enrichies de ces bornes bien nommées qui racontent sur écran, campagnes et coalitions, jusqu’au désastre de Sedan, pour lequel il ne manque pas un bouton de guêtre.

Le portrait de Napoléon sur le trône impérial peint par Ingres est la plus grande victime de cette mise en scène à la fois ringarde et high-tech. Ce tableau mondialement connu, aux Invalides depuis Louis-Philippe, était jadis au cœur de la salle des Emblèmes, au milieu des étendards des régiments dissous de l’armée française, et cela n’était pas sans grandeur. Aujourd’hui, entouré de vitrines de grand magasin, avec deux spots en pleine figure, sous un plafond trop bas aux poutres badigeonnées, barré d’un large ruban rouge, entre des plots de mise à distance, il n’est plus une œuvre d’art, il est un document . Pire, il a l’air faux. Comme une image de chocolat collée dans un bel album consacré aux grandes batailles du passé.

A côté de lui, un grand collier de la Légion d’honneur, des uniformes portés par Lannes, c’est intéressant, mais c’est Ingres qu’au passage on a assassiné, et Napoléon aussi. Rendre illisible une œuvre majeure, et si célèbre, c’est navrant. Si la Joconde était au Musée de l’armée, l’accrocherait-on au bout du couloir consacré à Marignan ? Pour faire écho à Clémenceau : le Musée de l’armée doit-il vraiment être à nos musées ce que la musique militaire est à la musique et les tribunaux militaires à la justice ? « 

 Mon reportage de l’époque est en ligne ici : http://lestafette.unblog.fr/2010/07/11/nouvelles-salles-empire-du-musee-de-larmee-paris-quelle-deception/

 Et là : http://lestafette.unblog.fr/2010/07/11/musee-de-larmee-paris-quelques-photos-commentees/

 

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( 19 juin, 2014 )

« Porte-drapeaux des armées de Napoléon » n°8…

Paru ce jeudi 19 juin, ce nouveau numéro représente le porte-fanion de l’escadron des mamelucks de la Garde Impériale (en 1813). Le prochain, dans quinze jours, sera le porte-aigle du 3ème régiment suisse d’infanterie de ligne. En kiosque, 11.99 euros.

H8

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( 19 juin, 2014 )

«Tout n’est point perdu…»

«Tout n’est point perdu…» dans TEMOIGNAGES waterloo

Nous sommes au lendemain de la défaite de Waterloo… Dans cette lettre au roi Joseph, son frère, Napoléon a encore l’espoir de retourner la situation…

Philippeville, 19 juin 1815.

Tout n’est point perdu. Je suppose qu’il me restera, en unissant mes forces, 150,000 hommes. Les fédérés et les gardes nationaux qui ont du cœur me fourniront 100,000 hommes ; les bataillons du dépôt, 50,000. J’aurais donc 300,000 soldats à opposer  de suite à l’ennemi. J’attellerai l’artillerie avec des chevaux de luxe ; je lèverai 100,000 conscrits ; je les armerai avec les fusils des royalistes et des mauvaises gardes nationales ; je ferai lever en masse le Dauphiné, le Lyonnais, la Bourgogne, la Lorraine, la Champagne, j’accablerai l’ennemi ; mais il faut qu’on m’aide et qu’on ne m’étourdisse point. Je vais à Laon : j’y trouverai sans doute du monde. Je n’ai point entendu parler de Grouchy ; s’il n’est point pris, comme je le crains, je puis avoir dans trois jours 50,000 hommes. Avec cela j’occuperai l’ennemi, et je donnerai le temps à Paris et à la France de faire leur devoir. Les Autrichiens marchent lentement ; les Prussiens craignent les paysans et n’osent pas trop s’avancer ; tout peut se réparer encore. Écrivez-moi l’effet que cette horrible échauffourée aura produit dans la Chambre. Je crois que les députés se pénétreront que leur devoir, dans cette grande circonstance, est de se réunir à moi pour sauver la France. Préparez-les à me seconder dignement ; surtout du courage et de la fermeté.

(« Lettres inédites de Napoléon 1er (An VIII-1815). Publiés par Léon Lecestre » Plon, 1897, tome II, pp.357-358).

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( 16 juin, 2014 )

Strasbourg, 16 juin 1814…

Capitaine de la Garde Impériale

Capitaine de la Garde Impériale . (Image d’illustration).

« Des scènes vraiment indécentes et criminelles ont eu lieu à Strasbourg. Le sieur Heitz, imprimeur-libraire, avait exposé le portait de Bonaparte avec une notice sur sa déchéance et sur quelques-uns de ses crimes, tels que l’assassinat du duc d’Enghien [Anglès veut dire l’exécution du duc d’Enghien, dans les fossés de Vincennes le 21 mars 1804]. Un officier est entré dans son magasin, lui a enjoint de retirer sa gravure, a visité tous ses tiroirs et a déchiré ce qui n’était pas de son goût, en lui faisant de violentes menaces. Sur ces entrefaites, l’adjoint est survenu ; il a demandé son nom à l’officier qui lui a répondu en lui demandant le sien. L’adjoint s’est alors nommé, mais l’officier s’est borné à lui répondre avec dérision : « Moi aussi, je suis officier de police militaire. »

Le lendemain, le spectacle a été fort orageux: on jouait « Le retour des Lys »; quelques passages de la pièce ont déplu aux officiers ; du bruit, on est passé à des menaces, on a crié « Vive l’Empereur ! » ; on est monté sur la scène dont les décors ont été brisés. Bref, le tumulte était à son comble; l’adjoint a fait tous ses efforts pour rétablir l’ordre, mais sans y réussir. Il en a été tellement affecté, qu’il est mort le soir même. D’autres officiers, qui avaient été prisonnier chez l’ennemi, sont rentrés à Strasbourg avec des cocardes tricolores toutes neuves ; ils s’expriment de la manière la plus violente sur la Restauration.

Je dois ajouter qu’aucun habitant n’a pas participé à ces excès, qui exigent la plus prompte répression de la part de l’autorité militaire. » 

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.41-42).

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( 14 juin, 2014 )

La marine à l’île d’Elbe…

Marin

Ordre de Napoléon au général Drouot.

Traitement des marins de la Garde.

Les marins de la Garde seront traités de la manière suivante :

Les sergents, 60 francs.

Les caporauc, 37 francs.

Les marins de première classe, 28 fr. 50.

Les marins de seconde classe, 25 fr.50.

Ils auront de plus, quand ils seront embarqués, les vivres journaliers sans aucune retenue. Toutes les fois qu’ils seront casernés à terre, ils n’auront que la ration de terre.

Il faudra donner des ordres  pour qu’ils aient des chapeaux de paille avec une couverture blanche, et des pantalons et des gilets de coutil, afin que, lorsque ils seront dans les canots et à bord, ils puissent ménager leurs habits de drap.

Il faudra assigner aux sergents et caporaux un grade dans ma marine conforme aux privilèges de la Garde.

Tous les soldats qui sont nouvellement admis dans la Garde seront traités comme le deuxième régiment.

——

Napoléon au grand-maréchal Bertrand.

14 juin 1814.

Entretien des bâtiments de la marine.

Le budget de la marine doit comprendre un chapitre pour l’entretien des bâtiments. Il sera accordé provisoirement six cents francs sur ce chapitre, savoir :

Cinquante francs, pour une boussole, en cuivre pour mon canot.

Quatre cent cinquante francs, pour coussins, tapis, rideaux et autres objets.

Cent francs, pour suiffer la Caroline, peindre les canots, et autres dépenses nécessaires.

Donnez des ordres pour que mon canot ait tout ce qui lui est nécessaire avant la fin de la semaine.

 

(« Le Registre de l’île d’Elbe. Lettres et ordres inédits de Napoléon 1er (28 mai 1814-22 février 1815). Publiés par Léon-G. Pélissier », A. Fontemoing, Éditeur, 1897, pp.8-10)

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( 13 juin, 2014 )

Du côté de Rouen…

Sacken

Le général russe Osten-Sacken (1752-1837), gouverneur général de Paris.

« 13 juin 1814. L’esprit des troupes est peu rassurant dans la Seine-Inférieure [Seine-Maritime]; le préfet s’en plaint depuis longtemps et il attribue les divisions qui se produisent, dans la population, à la présence des militaires. Selon lui, c’est à peu près inutilement qu’on change les troupes ; elles sont remplacées par d’autres corps encore plus mal disposés. Le 4ème chasseurs à  cheval et le 72ème régiment d’infanterie sont à Rouen; ils y étaient déjà lorsque les détachements de la marine Russie ont passé dans cette ville et ils se sont permis les plus violentes injures contre ces détachements. Le général Sacken a, lui-même, été mal accueilli au spectacle. L’air « Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille ? », joué à la demande du général, a été repoussé avec scandale. Néanmoins, l’air « Vive Henri IV ! » chanté après le spectacle, a été universellement applaudi. Le général Sacken, qui s’était montré avec une grande affabilité aux habitants de Rouen et qui s’était promené dans le parterre, en leur adressant des paroles flatteuses, a même été salué, à la sortie du théâtre, par des témoignages d’estime et de respect. »

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.40-41).

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( 13 juin, 2014 )

«L’Empereur a besoin de nous à l’île d’Elbe !»

Napoleon Ile Elbe

Bulletin du 13 juin 1814. Paris.- Ce matin, les ouvriers étaient à la Grève [Place de Grève, actuelle place de l’Hôtel-de-Ville. Cet endroit était connu des ouvriers comme lieu de rassemblement] au nombre d’environ quatre cents, attendant de l’ouvrage. Il en a été employé une vingtaine. Le bruit courait parmi eux que Bonaparte avait des travaux à faire à l’île d’Elbe, et qu’il en occuperait une partie s’ils s’y rendaient. Je fais rechercher avec soin ceux qui accréditeraient de telles fables dans l’intention d’indisposer les esprits.

-Les journaux ont annoncé que général Bertrand était de retour de l’île d’Elbe à Paris ; c’est une imposture.

-Le maréchal Davout est arrivé hier soir à Paris. Il paraît qu’il est arrivé sous un nom supposé de Hambourg à Dunkerque sur un navire marchand.  Je n’ai point encore de rapport de l’autorité locale.

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., pp.8-9).

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( 9 juin, 2014 )

Au hasard de mes lectures…

Au hasard de mes lectures...

Un livre bien utile !

On évoque souvent les campagnes de Napoléon, ses batailles et ses défaites. Avec le dernier livre d’Alain Pigeard, docteur en histoire et président du Souvenir Napoléonien, c’est l’oeuvre civile du Premier Consul puis de l’Empereur qui est inventoriée. Comme le souligne l’auteur dans son avant-propos, « Jamais, en effet, en l’équivalent de deux septennats, un chef d’État n’a donné à la France un tel essor, une telle puissance, de telles réformes en profondeur, admirées, copiées et encore appliquées pour beaucoup d’entre elles ».

L’inventaire (classé par ordre alphabétique) des créations napoléoniennes est monumental ! citons notamment l’instauration de l’École des Arts et Métiers (1803),celle des arrondissements parisiens (1795, dans leurs première version ; celle que nous connaissons est une création de Napoléon III), le rétablissement de la fonction d’avocat (1804), la création du baccalauréat (1808), de la banque de France (1800), du billet de banque (1803), du cadastre général parcellaire (1807), de la Cour des Comptes (1807) des canaux de Bourgogne (achèvement en 1808)et de l’Ourcq (1802), pour ne mentionner que ces derniers ; citons la création du code civil (1804), de celui du commerce (1808), de procédure civile (1804) ; on doit également au futur empereur la création de la fonction de commissaire de police (1800), de celle de commissaire-priseur (1801). Napoléon instaure le conseil de prud’hommes en 1806 ; il est à l’origine du conseil général de chaque département (1800), de la Légion d’honneur (1802), trop galvaudée de nos jours… Il est le maître-d’œuvre de la refonte du musée du Louvre(1800), de la création des lycées (1802), de l’École des Ponts et Chaussées (1804), des préfectures (1800). Et la liste est loin d’être close !

Ce livre incontournable est un précieux vade-mecum, à garder près de soit et à brandir à la figure de ceux (citons Lionel Jospin, par exemple) qui semblent ignorer tout de l’œuvre civile du Premier Consul Bonaparte et de l’empereur Napoléon, de ces 200 réalisations qui changèrent la France et la vie des Français.

C.B.

Alain PIGEARD, « L’œuvre de paix de Napoléon, 1800-1815 », Editions de la Bisquine, 2014, 380 p., 22.00 €. 

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( 9 juin, 2014 )

Napoléon à Lyon…

N13

En route pour son exil à l’île d’Elbe, Napoléon était passé à Lyon le 23 avril 1814 : « Le 23 avril [1814] au soir, sa voiture, attelée de six chevaux, entrait à Lyon par la barrière de Vaise ; quelques autres la suivaient ; elles traversèrent la ville rapidement, et ce n’est qu’à La Guillotière qu’on s’arrêta. On avait fait tout ce qu’on avait pu pour laisser ignorer ce passage ; cependant, comme cela arrive toujours dans ces occasions, beaucoup de personnes le savaient, et une foule assez nombreuse, malgré l’heure avancée, voulut en lui adressant un dernier adieu qu’on croyait devoir être éternel, protester contre le nouveau régime. Cette manifestation fut assez forte pour imposer [le] silence à quelques exaltés qui croyaient devoir fêter le retour des Bourbons, en insultant dans son infortune l’homme qu’ils avaient, il y a quelques jours, encensé à genoux. Quoiqu’il en soit, après le temps nécessaire pour relayer, à onze heures précises du soir, la voiture qui emportait l’Empereur continua sa route, laissant derrière elle Lyon, où Napoléon devait encore repasser une fois. »

(Honoré Vieux, « Napoléon à Lyon. Recherches historiques sur ses passages et séjours en cette cité », Lyon, Chez les principaux Libraires, 1848, pp.76-77). 

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( 8 juin, 2014 )

Le général Cambronne à l’île d’Elbe…

Cambronne

« Le général Cambronne aura le commandement de la place de Porto-Ferrajo [Portoferraio]. Il aura également le commandement de… [nom laissé en blanc]. Il sera chargé: 1° d’arrêter le service de la place, et de veiller à ce qu’il se fasse avec la plus grande régularité; 2° il présidera le conseil de santé, afin de veiller à ce que les lois de santé pour les bâtiments qui sont en quarantaine soient exécutées ; 3° il veillera à tout ce qui est police et sûreté ; en conséquence, aucun individu ne débarquera à Porto-Ferrajo [Portoferraio] qu’il n’ait une carte de sûreté de lui, qu’il ne l’ai fait visiter, et qu’il ne connaisse ce qui le conduit dans l’île. Enfin, il sera chargé de tout ce qui est relatif à l’administration de la Garde.

Il sera fait choix d’un capitaine de la Garde pour faire les fonctions de commandant d’armes. Ce choix sera soumis à mon approbation. Le général Cambronne rendra compte de tout au gouvernement. Le capitaine Raoul fera les fonctions de Directeur du génie. Tous les papiers des forts lui seront remis; il en donnera un reçu que le gouvernement gardera. L’artillerie procédera au désarmement de porto-Ferrajo [Portoferraio] et de Longone [Porto Longone en 1873, puis Porto Azzuro depuis 1947], à dater du premier juin. Les projets de désarmement me seront soumis. »

Instructions de Napoléon au général Drouot, 29 mai 1814 («Le Registre de l’île d’Elbe. Lettres et ordres inédits de Napoléon 1er (28 mai 1814-22 février 1815). Publiés par Léon-G. Pélissier », A. Fontemoing, Éditeur, 1897, pp.6-7)

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( 6 juin, 2014 )

« Porte-drapeaux des armées de Napoléon » n°7…

Paru hier, jeudi 5 juin, ce nouveau numéro représente le porte-aigle du 93ème régiment d’infanterie de ligne.

Le prochain, dans quinze jours, sera le porte-fanion de l’escadron des mamelucks. En kiosque, 11.99 euros.

Hachette 7

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( 4 juin, 2014 )

Bulletin des 4, 5, 6 et 7 juin 1814.

NN1Var, Préfet, 24 mai 1814Buonaparte, dans un entretien qu’il a eu, lors de son passage, avec le préfet du Var [le 26 avril 1814], lui a dit : « La trahison de Marmont ayant livré Paris et amené la révolution qui vient de s’opérer, il me restait encore la guerre civile. J’ai abdiqué pour en épargner les maux à la France et à mes amis qui auraient tout perdu. J’avais encore de grandes ressources dans les armées de Paris et de Lyon. Sur ma route, les soldats ont crié « Vive l’Empereur ! » et m’aurait délivré si je leur eusse dit un mot. Ma Garde a voulu me suivre: je m’y suis opposé [inexact, puisqu’on sait que de nombreux éléments de la fidèle Garde Impériale débarquèrent à l’île d’Elbe le 25 ou le 26 mai 1814 –selon les sources-]. A Lyon on a été obligé de prendre des précautions pour rendre sans effet les dispositions bienveillantes manifestées en ma faveur. » Malgré les folles illusions qu’indique encore ce discours, Bonaparte n’a pu dissimuler au préfet que depuis Orgon, la  plus violente effervescente avait éclaté contre lui dans toute la Provence, et qu’il y avait partout injurié et menacé [exagération de la part de Beugnot. Le 25 avril 1814, à Orgon, l’Empereur des mouvements populaires fort hostiles ; à Orange et à Avignon, lors du passage de l’Empereur, la foule cria également son hostilité].

Le séjour de Mme Borghèse [la Princesse Pauline Bonaparte] dans le département du Var n’a produit aucun effet sur l’opinion ; elle y était à peine aperçue. Le 19 mai, elle s’est embarquée à Saint-Raphaël sur une frégate napolitaine pour aller prendre les eaux d’Ischia: elle parlait de se rendre ensuite à l’île d’Elbe. Une frégate anglaise s’est rendue à Villefranche pour la prendre. Le capitaine a paru très fâché de ne pas l’emmener. C’est le même qui avait été chargé de conduire Bonaparte à l’île d’Elbe [Le capitaine Thomas Ussher commandant le navire, l’Undaunted]. Il tenait, disait-il, infiniment à l’honneur d’avoir conduit ce grand homme. M. le lieutenant général Köller [Koller], commissaire autrichien, écrivait à Mme Borghèse que « S. M. l’Empereur, qui avait fait ce voyage sur cette frégate, avait été extrêmement satisfait des attentions et des soins qu’il avait trouvés ; qu’il se louait beaucoup du capitaine; que l’amiral anglais, commandant les escadres britanniques dans la Méditerranée, avait mis la frégate à la disposition de S.M. l’Empereur ». Tel est le texte de la lettre de M. Köller [Koller].

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., pp.7-8).

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( 4 juin, 2014 )

Le mécontentement de l’armée…

France 2

L’armée telle qu’elle fut sous l’Empire.

« La situation de Paris s’améliore; les ateliers, longtemps fermés, s’ouvrent successivement et les ouvriers en bâtiments donnent moins d’inquiétude. En résumé, le bonapartisme s’affaiblit chaque jour dans l’esprit du peuple, mais on ne peut pas dissimuler qu’il règne, parmi les militaires, un mécontentement qui n’a point encore cédé; il y a six mois, l’’armée était tout et elle ne saurait se résoudre à n’être plus que quelque chose. Elle a été nourrie dans un tel degré d’insolence envers tout ce qui n’était pas Bonaparte, qu’on ne peut aujourd’hui en obtenir du respect pour rien. Aussi, des personnages élevés parmi les militaires disent, hautement, que l’armée ne peut rien espérer d’un gouvernement de capucins, désignant de la sorte MM. De Talleyrand, de Montesquiou et Louis. Les maréchaux se servent encore, dans la conversation, du mot de pékin pour désigner tout ce qui n’est pas militaire, sans exception, et, pour le moindre caporal, le chancelier de France n’est encore qu’un pékin. Aux spectacles, dans les lieux publics et jusque dans les sociétés privées, les militaires promènent ce ton farouche et tranchant, ces détestables manières qu’il fallait subir autrefois et dont on est fort impatient aujourd’hui. Ils s’y répandent en moqueries, en jactance, en prétentions et y donnent leurs vœux pour des espérances.

Un général de beaucoup d’esprit et d’expérience et qui connait toute l’armée, le général Mathieu Dumas, prétend que le gouvernement fait fausse route avec elle, que toute, insolente, toute prétentieuse, toute mal élevée qu’on la suppose, elle a été, malgré ses défauts et malgré son extrême mécontentement de Bonaparte, depuis l’expédition de Russie, gouvernée, maîtrisée, sacrifiée avec une extrême facilité ; que le fond de son caractère est l’obéissance passive et que le Roi en fera tout ce qu’il voudra avec de la fermeté ; qu’il ne faut ni la caresser, ni la laisser dans l’incertitude, mais continuer de la maîtriser en tout et pour tout.

Rapport du comte Anglès en date du 3 juin 1814. (Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.24-26).

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( 3 juin, 2014 )

Les Russes quittent Paris avec fracas !

Officiers russes

Rapport du comte Anglès, 3 juin 1814. « Le départ des troupes russes a été marqué par quelques désordres. On a été prévenu, dans la nuit, qu’elles se proposaient de mettre le feu aux casernes dont on avait, déjà, jeté les meubles par les fenêtres. On y a dirigé, de suite, une compagnie de pompiers et une force suffisante de gendarmerie, avec ordre de sabrer sur le champ ceux qui se livreraient à ces excès. Des agents de police ont pénétré dans les casernes pour vérifier d’où venait ce mouvement. Il n’était l’effet ni d’un complot, ni d’aucun ressentiment, mais de cet instinct des peuples slaves pour ce qui ce fut, de tout temps, un besoin de détruire ce qu’ils abandonnent. Au reste, on a préservé les casernes. Le mobilier seulement a été brûlé. C’est, avec des Russes, en être quitte à bon marché. »

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], p. 24).

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