( 4 septembre, 2017 )

Une lettre d’un garde d’honneur du 1er régiment…

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Cette lettre, qui fut publiée en avril 1914 dans le « Carnet de la Sabretache », est signée « Serafino Carocci ». L’en-tête de cette dernière  indique « 1er régiment, 6ème escadron, 12ème compagnie ». L’auteur faisait donc partie des quatre régiments de Gardes d’honneur  (1er, 2ème, 3ème et 4ème, de 2.500 hommes chacun) crées par un sénatus-consulte du 3 avril 1813 et rattachés à la Garde Impériale. Carocci dans cette lettre adressée à ses parents, y évoque son arrivée récente à Versailles (le 1er régiment était cantonné dans cette ville), quelques précisions uniformologiques, ses petits tracas financiers sa vie de garnison; et quelques détails encore, le tout dans un style simple et clair. Ajoutons que ce document fut traduit de l’italien lors de sa parution dans le « Carnet de la Sabretache ».

 C.B.

 A Versailles, le 13 septembre 1813.

Le 11 de ce mois, nous sommes heureusement arrivés à Versailles, mais je suis sans nouvelles de vous depuis Turin. En vous répondant de Turin, je vous demandais de m’adresser une lettre à Lyon, mais je n’y ai rien trouvé. J’ai pensé que vous l’aviez envoyé à Pippo pour qu’il me la remette à Versailles et je n’ai rien trouvé ici non plus ; j’en suis fort mélancolique parce que qui sait si et quand je recevrai et vos lettres et l’argent dont je suis tout à fait dépourvu. Et l’on dit que nous allons bientôt partir pour la Grande-Armée, où l’on a déjà envoyé plusieurs escadrons de notre régiment qui se sont même déjà battus.M. le sous-préfet Borgio m’avait recommandé de ne faire aucune dépense. Et voilà qu’à peine arrivés, on nous a adressé l’ordre de nous faire confectionner un grand uniforme, une veste rouge à boutons d’argent à la hussarde, une paire de pantalons longs, un chapeau, un bonnet de police brodé ; le tout se monte à la somme de 200 francs. Quant à ceux qui ne voudront pas se faire faire ces objets, on les mettra hors des Gardes d’honneur. J’ai répondu que pour le moment je n’avais pas d’argent, ayant dépensé en route ; mais que dans 25 jours j’en aurais certainement reçu. Je vous prie de faire cet effort. Car ce serait un grand déshonneur si on me rayait de ce corps et si on m’incorporait comme petit soldat dans un régiment de ligne. Je vous prie aussi de penser au voyage que j’aurais à faire sous peu. Les vivres sont très chers et il est impossible de s’en procurer rien qu’avec notre paye. Pour vous faire comprendre le prix des choses, le vin : une bouteille de gros verre noir, pleine d’un liquide qui ressemble à de l’eau, et moitié moins grande que les nôtres, coûte 25 sous. Mais nous ne buvons que de l’eau parce que nous n’avons pas de vin. Seulement l’eau est très mauvaise et, de temps à autre, il faut bien boire de la bière qui coûte 7 sous la bouteille. C’est du reste à peine si on peut la boire, car c’est un breuvage fait d’un mélange d’orge et d’eau. Du reste je me résignerai et me ferai à tout. Maintenant je veux vous faire une analyse de notre vie et une description de la ville ; Versailles est une belle ville, on l’appelle le village de l’Empereur. Napoléon y a un palais et je vous assure que ce palais est plus grand et plus beau que celui de Monte-Cavallo à Rome. Vous n’y trouverez rien de pareil. Au milieu du jardin, il y a un grand lac et plus bas un autre jardin tout plein de plantes du Portugal aussi hautes que des noyers et enfin un coup d’œil magnifique de tous côtés. Chacune des rues de la ville est trois fois aussi large que le Corso de Rome. Je ne peux vous parler de tout puisque je ne suis arrivé qu’avant-hier. Mais Versailles est beaucoup plus beau que Lyon. Je ne peux rien vous dire de Paris parce que je n’y ai pas été faute d’argent. Mais j’espère bien recevoir un de ces jours les 50 francs que je vous demandais par ma lettre de Turin, à laquelle vous ne m’avez pas encore répondu comme je vous l’ai dit plus haut, mais que je compte bien voir arriver un de ces jours.

Maintenant voici quelle est notre vie. 

A 5 heures du matin la trompette sonne et on va panser les chevaux, puis on leur donne à boire et ensuite l’avoine. Après on va faire l’exercice soit à pied soit à cheval jusqu’à 10 heures du matin. Ensuite, on va déjeuner. Ce repas se compose de la soupe et d’un mets bien accommodé et bien propre, préparé par une femme dans notre chambrée. On est libre jusqu’à 2 heures. A 2 heures, on panse de nouveau les chevaux et après le pansage, on nous rend notre liberté jusqu’à 8 heures, même où l’on va se coucher. Le lit n’est pas mauvais, la chambre non plus et nous ne pouvons pas nous plaindre.  Je vous prie de me répondre courrier per courrier, d’autant plus que nous devons partit sous peu et que j’ai mis 25 jours en route. Mais si je partais, je dirais au maître de poste de me faire suivre la lettre sur telle ou telle ville par laquelle nous passerions, ainsi que la lettre de change ou l’argent qu’elle contiendrait. Par charité, je vous prie de ne pas m’abandonner. Je pourrais sans cela faire quelque mauvais coup. Aussi, je vous recommande de m’écrire de suite. Saluez pour moi les amis, M. Gaetano Moronti, le père, le maître de chapelle. Et si vous voyez le comtesse, dites-lui qu’à 3 étapes de Versailles, un capitaine français qui parlait italien et qui avait été à Ruti et qui me dit que ses fils devaient arriver dans 2 heures.  J’ai beaucoup regretté de n’avoir pu les voir parce qu’il m’a fallu partir avec le détachement, et qu’eux ils allaient à la Grande-Armée ; mais ils étaient en bonne santé. 

Saluez pour moi Luigi, Peppe, Antonio et sa femme. Je vous souhaite bonne santé à tous, à Mamare et à Nonna, et suis, 

Votre fils bien affectionné, 

Serafino CAROCCI. 

 

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( 3 septembre, 2017 )

Quelques témoignages lus…

A partir de la fin des années 1990, les amateurs de témoignages sur l’Épopée eurent la satisfaction  de voir rééditer de nombreux textes militaires. Nous nous approchions alors, afin de l’atteindre, du bicentenaire des grandes batailles de l’Empire.

La maison Teissèdre, avec d’autres (parmi lesquelles la Librairie des Deux Empires, La Vouivre, la Boutique de l’Histoire et LCV), livrèrent à la curiosité du public, comme on disait si bien autrefois, des témoignages souvent difficilement trouvables en édition originale.

Voici quelques titres lus au hasard, ils ont pour point commun d’avoir été publiés par ce même éditeur.

C.B.

« Les Gardes d’Honneur pendant la campagne de 1813-1814 », Librairie Historique Teissèdre, 2000, 108 p.

La première partie de ce livre est composée par le témoignage du jeune Stanislas Girard (né en 1790), du 2ème régiment des Gardes d’Honneur. Son récit fut publié la  première fois, en volume, en 1920 mais il y avait eu une prépublication fragmentaire dans la « Nouvelle Revue Rétrospective en 1903/1904 (ce que n’indique pas la Bibliographie de J. Tulard).Son témoignage couvre en grande partie la campagne de 1813. Il est présent notamment lors de la bataille de Leipzig. Fin décembre 1813, Girard se dirige vers la France. La campagne de 1814 vient de commencer. Mais il ne prend part à aucun combat. Néanmoins son récit, pour ces deux campagnes, est détaillé et intéressant. La réédition de ce texte est donc une bonne initiative. Le témoignage de Stanislas Girard est suivi par des extraits du « Livre d’ordres du 2ème régiment de Gardes d’honneur », formation à laquelle il appartenait. On y trouve essentiellement des ordres du jour

 

« Murat en 1815. Mémoires et Correspondances », Editions Historiques Teissèdre, 2000, 115 p.

Un volume composé par deux textes. Tout d’abord le témoignage du général d’Ambrosio, publié (anonymement) la première fois en 1899 et suivi par : « Documents sur la dernière expédition et la mort de Murat » dûs à Macéroni qui fut secrétaire du Maréchal et qui parurent à l’origine en 1838. Je dois avouer  que j’ai été un déçu par la lecture de ces textes. Il faut réellement s’intéresser aux dernières semaines du roi de Naples afin d’en saisir l’intérêt et d’oublier le côté « soporifique » qu’ils présentent.

« Les mémoires de Jakob Walter, 1812 », Editions Historiques Teissèdre, 2003, 190 p.

On connaissait parmi les témoignages wurtembergeois, notamment ceux de Faber du Faur, Roos et Suckow; tous portant sur la campagne de Russie. Celui de Jakob Walter était jusqu’à présent inédit en français. L’auteur, fantassin, est affecté à la 25ème division du IIIème corps d’armée (Ney). Son récit est extrêmement détaillé et plonge le lecteur dans un grand réalisme. On regrettera simplement que les nombreuses notes établies par Jean Dif, ne se trouvent pas plus commodément en bas de page.

 

Alexandre de Chéron, « Mémoires inédits sur la campagne de Russie. Présentés par Robert de Vaucorbeil », Editions Historiques Teissèdre, 2001, 81 p.

Ce témoignage comme le laisse entendre le titre n’est pas réellement inédit car il fut publié une première fois dans la « Revue de l’Institut Napoléon », en 1983 (dans son n° 140), du moins jusqu’à la page 51 du livre. Le récit de ce sous-lieutenant au 26ème léger, et qui fut par la suite aide-de-camp du général de la Houssaye peut figurer parmi les bons témoignages sur la campagne de 1812. Alexandre de Chéron sera fait prisonnier début janvier 1813 par les Russes à Königsberg et ne revoit la France qu’en décembre 1814.

Il est regrettable que cette édition ne soit pas assortie d’un appareil critique qui aurait mis en lumière ces mémoires. A noter qu’on trouve à la fin de ce volume quelques pages ayant trait à la campagne de Belgique.

 

 

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( 2 septembre, 2017 )

Une lettre du colonel Esnard au sujet du retour de Napoléon, en mars 1815…

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Le colonel  Esnard, du 20ème régiment de ligne, était à Lyon en mars 1815 lorsque le maréchal Macdonald essaya, en vain, d’arrêter la marche triomphante de Napoléon vers Pais. Dans une note datée d’Issoire, le 25 novembre 1815, il a raconté le rôle qu’il joua dans ces événements, et sa narration rappelle tout à fait celle du duc de tarente. Il mentionne la réunion que Macdonald tint le 10 mars 1815, au matin, dans son logement ; mais Macdonald n’a pas dit dans ses « Souvenirs » que le colonel Esnard proposa de faire marcher les officiers seuls et armés devant les troupes de l’Empereur. C’est Exelmans qui commandait les deux bataillons que le duc de Tarente avait mis en réserve sur la place Bellecour, et qu’il appela en hâte du pont de La Guillotière.

Mais lorsqu’ Esnard arriva -et ici son récit est absolument conforme à celui du maréchal- il vit paraître les hussards de Napoléon qui franchirent les barricades avec l’aide du peuple et entrèrent dans la ville ; dès lors, comme dit le duc de Tarente, tout était fini. 

Arthur Chuquet. 

Je tenais garnison à Montbrison, lorsque, le 5 mars 1815, je reçus, par un officier de l’état-major de la 19ème division militaire, l’ordre du général Brayer de partir le 6 avec mon régiment, pour me rendre à Lyon, et de doubler la seconde journée de marche si la distance le permettait. Ce ne fut que le 7 mars, jour de mon arrivée en cette ville, que j’appris le motif de ce déplacement. J’en fis part de suite au régiment ; j’eus soin de rappeler, tant aux officiers qu’aux soldats leurs devoirs. Je leur recommandai surtout de repousser toute suggestion qui tendrait à les faire dévier du chemin de l’honneur dans lequel ils avaient constamment marché, et de suivre toujours l’exemple de leur chef. 

J’avais lieu de croire, qu’après la subordination et la bonne discipline qui régnait dans ce corps, que mes conseils auraient été suivis.

Cependant, je ne tardai pas à m’apercevoir que les soldats avaient été travaillés et que je devais peu compter sur eux dans une circonstance aussi critique. Dans une conférence que j’eux le 9 mars avec M. le Lieutenant-général Digeon, je ne lui dissimulai pas la mauvaise disposition de l’esprit des troupes ; mais je l’assurai en même temps que les officiers feraient leur devoir.  Le 10 au matin, lorsque M. le maréchal duc de Tarente rassemble chez lui les officiers de tous les corps de la garnison, je tins encore le même langage, et, pour preuve de mon dévouement et de celui des officiers de mon régiment, je proposai de faire armer ces derniers et de marcher à leur tête au-devant des troupes de Bonaparte pour les arrêter.  Si cette proposition, qui fut entendue de tous les officiers des trois corps qui se trouvaient alors à Lyon, eût été adoptée, peut-être mon exemple eût-il été suivi, et fût-il résulté un grand bien. Son Excellence, après nous avoir fait envisager les malheurs incalculables qu’attirerait sur la France la désobéissance des troupes, ordonna que chacun se rendit à son poste. Le 20ème régiment était en colonne serrée sur la place Bellecour.

Ce fut vers les 4 heures du soir que je reçus l’ordre de me porter avec les deux bataillons qui me restaient (le 1er bataillon se trouvait détaché), au pont de La Guillotière. Je me mis aussitôt en marche. Mais à peine eus-je débouché sur le quai, que j’aperçus sur le pont les hussards du 4ème régiment formant l’avant-garde de Bonaparte.

Dans ce même moment, passa M. le maréchal Macdonald à qui je demandai ses ordres. Son Excellence me dit de me porter en toute hâte à la tête du pont de La Guillotière. Mais lorsque j’y arrivai, la populace s’était portée en barricades et ouvert le passage aux hussards qui déjà s’étaient répandus dans la ville. Alors le général Brayer, que je rencontrai, me donna l’ordre de retourner prendre mon emplacement sur la place Bellecour.

Il sera facile de se convaincre de la véracité de tous ces faits, et que je n’ai souffert aucun drapeau ni fanion tricolore dans mon régiment jusqu’après la distribution des aigles. Ce qui a été si bien reconnu de l’Usurpateur que je suis le seul de tous les colonels qui se trouvaient à Lyon à cette malheureuse époque, qui n’ait eu ni avancement ni récompense, quoique l’un des p lus anciens de grade. Si, depuis, je suis resté à la tête de mon régiment, c’est que, guidé par un faux amour-propre, j’aurais craint, en me retirant au moment où il allait entrer en campagne, qu’on eût pensé que c’était par lâcheté. 

Le ministre saura apprécier les motifs qui m’ont déterminé à ne point abandonner mes drapeaux, et j’ose espérer qu’il ne me confondra pas avec ces hommes dangereux et dont on redoute l’influence. Au reste, ma conduite dans mes foyers prouvera que je suis digne de l’indulgence que Sa Majesté [Louis XVIII] daigne accorder à ceux de ses sujets qui ont été forcés de suivre l’impulsion de leurs chefs. 

(Document extrait de l’ouvrage d’Arthur CHUQUET, « Lettres de 1815. Première Série [seule parue] », Paris, Librairie Ancienne, Honoré Champion, Editeur, 1911). 

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( 1 septembre, 2017 )

Une lettre du baron Bacler d’Albe à sa femme.

Rappelons que le mUne lettre du baron Bacler d’Albe à sa femme. dans TEMOIGNAGES Bacler-263x300éconnu Louis Bacler d’Albe (1761-1824) était alors adjudant commandant chef du cabinet topographique de l’Empereur.

En 1813 il est nommé général de brigade. 

[Au] Kremlin, 15 octobre [1812

Tu manges probablement, ma bonne gloutonne, du bon raisin de Fontainebleau, ou plutôt de ton jardin, tu ranges tes pommes, tes poires d’hiver, etc., et nous ici nous calculons combien de temps encore nous aurons des pommes de terre et des choux pour aider à avaler la vache. Il y a aujourd’hui trois pouces de neige sur la terre. Je ne dirai pas sur les toits. Il n’y en a plus. J’ai heureusement trouvé un grenadier qui a bien voulu faire de nouvelles doublures chaudes à mes habits. J’ai fait ajuster une bonne pelisse (quoique vieille) pour monter à cheval, mon chapeau a été aussi dégraissé par un hussard fort adroit, un chasseur raccommode mes bottes et m’a même promis une paire de bottines de peau pour mettre par-dessus ces bottes.

 J’ai fait couvrir de petit-gris ma casquette de Paris ; ainsi, me voilà réhabilité chaudement. Joson [son fils aîné Joseph-Albert, alors capitaine aide de camp du général Philippe de Ségur] est aussi assez bien avec une bonne fourrure de loup, et nous voilà prêt à tout événement. J’ai de nouveaux domestiques français pour remplacer les prisonniers, de bons cognats [petit cheval russe très résistant et utilisé habituellement par les cosaques]. Sappe peut faire du pain pour quinze jours, on ramasse un peu d’avoine, on emballe du rhum et du vin, du sucre, du thé, voire même du café et du chocolat. 

Il reste encore un peu de tablettes de bouillon avec quelques jambons ; tu vois qu’avec tout celle on peut faire 150 lieues [environ  600 kilomètres] dans un sens ou dans l’autre. Nous saurons probablement à quoi nous en tenir dans deux jours. Il serait très possible que notre mouvement soit tellement combiné et si singulier que nous soyons pendant quelques jours sans recevoir si sans envoyer d’estafettes.  Connaissant ta bonne tête, je dois te prévenir de cela parce que je ne veux pas qu’elle batte la campagne. Nous serons en bonne et nombreuse compagnie ; ainsi sois sans inquiétude et ne t’étonne pas de notre silence. Aussitôt que je le pourrais j’écrirai, et probablement nous serons plus voisins.

Buvez à notre santé en attendant, sans impatience surtout, cela fait de mauvais sang et il n’ y a  raison d’en avoir. 

Joson ne peut t’écrire, il est à présent à 20 lieues d’ici avec plusieurs autres officiers et un petit service dela Maison. Il a un bon domestique et trois bons chevaux ; il suivra le mouvement du roi de Naples qui le connaît et l’aime. S’il peut m’écrire il le fera, mais j’en doute, je connaîs les difficultés ?

Nous nous rejoindrons dans quinze jours, alors nous pourrons causer librement avec toi et rire surtout. En attendant mon tout je te gronde, ainsi que Marc, de ta paresse. Voilà douze jours que je n’ai de tes nouvelles. Si c’est ta faute, c’est mal, sinon tu vois que tous ces morceaux de papier appelés « lettres » ne courent pas comme on veut. 

Bonsoir tous ; une claque pour toi, des baisers pour tout le monde. 

BACLER. 

Sur ce personnage, n’hésitez pas à consulter l’excellente notice biographique que lui a consacrée Wikipédia. 

C’est ici :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Albert_Guislain_Bacler_d’Albe 

 

( 31 août, 2017 )

De l’ALLEMAGNE à l’ESPAGNE…

De l'ALLEMAGNE à l'ESPAGNE... dans TEMOIGNAGES napoleonparmauzaisseLettre de Napoléon au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la Guerre.

Mayence, 1er août 1813.

Il sera convenable de rendre compte au public des affaires d’Espagne. Il ne faut parler ni de l’affaire ni de Vitoria ni du roi. La première note que vous mettrez dans le « Moniteur » sera conçue de la manière suivante : «  Sa Majesté a nommé le duc de Dalmatie [maréchal Soult] son lieutenant général commandant ses armées en Espagne. Ce maréchal a pris le commandement le 12, et a fait sur-le-champ ses dispositions pour marcher contre les Anglais qui assiégeaient Pampelune et Saint-Sébastien ».  Après cela, vous ferez insérer la première lettre du général Rey relative à l’assaut de Saint-Sébastien, et ensuite les lettres relatives aux événements qui auront eu lieu les 25, 26 et 27. Il sera convenable que vous augmentiez un peu le nombre des prisonniers et le nombre des pièces de canon prises, non pas à cause de la France, mais à cause de l’Europe. Comme je fais mettre la lettre du général Rey dans le Journal de Francfort, et que j’y ai fait des changements, afin qu’elle paraisse de même dans le Moniteur.

(« Lettres inédites de Napoléon 1er (An VIII-1815). Publiés par Léon Lecestre » Plon, 1897, 2 volumes, p.277).

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( 30 août, 2017 )

Deux anecdotes sur l’Empereur…

Napoléon 6 semaines avant Waterloo

« M. Dunod, trois ans huissier de la chambre de l’Empereur, m’a conté plusieurs faits assez curieux que j’ai notés. Napoléon était très douillet; pour un rien, il se plaignait, se lamentait au-delà de toute expression. Dans sa carrière militaire, bien qu’il s’exposât beaucoup, il n’éprouva pas d’accident. La blessure reçue à Ratisbonne [23 avril 1809], dont on a tant parlé, n’était qu’une simple contusion, sans effusion de sang, produite par une balle morte. Napoléon était, de plus, très superstitieux, intraitable sur le nombre treize et sur le vendredi. Ainsi, pour un déplacement, le quantième du mois avait été fixé sans tenir compte du jour. Ce jour-là était un vendredi. L’Empereur en étant informé, avança son départ et partit le jeudi. »

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Camille Dunod, né le 18 juillet 1795, à Châtel-Gérard (Yonne), fut huissier de la Chambre de l’Empereur du 1er avril 1811 au 1er avril 1814. Successivement commis aux Bureaux de la Guerre, attaché au secrétariat du duc de Berry et percepteur des contributions directes, il devint maire de Montereau en 1848, conseiller d’arrondissement et chevalier de la Légion d’honneur. Il mourut le 20 septembre 1864. (Note de Joseph Durieux, annotateur de l’édition de ce témoignage).

(Docteur POUMIES DE LA SIBOUTIE (1789-1863), « Souvenirs d’un médecin de Paris… », Plon, 1910, p.99).

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