( 28 janvier, 2014 )

Dans l’Aube, le 28 janvier 1814…

Empire

Cette lettre a été écrite par Eugène Hautefeuille, major au 2ème régiment de cavalerie. L’auteur est envoyé dans le département de l’Aube.

Troyes, 28 janvier 1814.

A son Excellence, Monseigneur le duc de Feltre [général Clarke], ministre de la Guerre.

Monseigneur,

Arrivé depuis trois jours à Troyes où, conformément à vos ordres, je devais aller prendre ceux de M. le général Dulong, chargé d’organiser la levée en masse du département de l’Aube , j’ai été me présenter chez ce général, et les différentes conversations que j’ai eues avec lui ainsi que les renseignements que j’ai pris sur les lieux, m’ont convaincu que la mesure tardive d’une levée en masse dans un département dont les trois quarts sont infestés de partis ennemis-mesure qui doit concourir avec l’organisation de la Garde nationale-devient impossible dans son exécution et nulle dans ses effets.

La conviction où je suis que ces raisons me rendent absolument inutile dans l’emploi où m’avait appelé Votre Excellence et mon désir de partager les peines et les dangers de l’armée dans un moment où son sort tient de si près aux destinées de la France, me déterminent à supplier Votre excellence de vouloir bien me permettre de suivre le quartier-général de M. le duc de trévise [maréchal Mortier] qui est aujourd’hui à Troyes dans le cas où son corps d’armée changerait de position.

(Lettre extraite du volume que l’historien Arthur CHUQUET a consacré à l’année 1814).

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( 28 janvier, 2014 )

Joseph nommé lieutenant général de l’Empire.

Meissonier 1814

[Pièce n°6427]. Saint-Dizier, 28 janvier 1814.

Notre bien-aimé frère le roi Joseph est nommé notre lieutenant général. Il aura au reste en cette qualité le commandement de la Garde nationale de Paris, tel que nous nous l’étions réservé, et celui des troupes de ligne et des Gardes nationales de la 1ère division militaire. Il commandera notre Garde sous les ordres de la Régente [l’impératrice Marie-Louise]. Il prendra toutes les mesures nécessaires pour la défense de notre capitale et de ses environs.

 

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion Editeur, 1912, p.448)

——–

On consultera avec intérêt la correspondance de Joseph, resté à Paris,  à l’Empereur. Il y dépeint sans cesse une situation catastrophique,  les manques de matériels, armes, etc., et ne cache pas son espoir d’une paix à tout prix avec les Alliés ; voir aussi mon volume « Napoléon, la dernière bataille. Témoignages 1814-1815 », paru le 9 janvier 2014 aux Editions Omnibus.

C.B.

 

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( 23 janvier, 2014 )

Les «gobes-mouches»…

Mathieu de Montmorency

Mathieu de Montmorency-Laval (1786-1826).

Lettre de G. de Fontenac au comte Mathieu de Montmorency.

Rome, 23 décembre 1814.

Beaucoup d’Anglais reviennent de l’île d’Elbe et rapportent des détails très rassurants sur un homme dont ferait bien de ne plus parler ou du moins, de moins parler. Les Anglais mettent une fausse générosité à le plaindre et une sotte originalité à admirer le ton qu’il a. Le fait est qu’il les reçoit très bien et donne, comme un oracle, sur les destinées du monde, des prédictions que les gobes-mouches recueillent. Dans ces prédictions il ne ménage point l’Angleterre et annonce sa décadence prochaine. Il écrit ses « Mémoires » [Ce qui est faux en réalité]. Je trouve ces pèlerinages bien inconsidérés ; mais ils n’ont aucune influence sur l’Italie qui est fort tranquille.

(Arthur CHUQUET, « L’Année 1814. Lettres et Mémoires », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914, p.440).

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( 21 janvier, 2014 )

LA CAMPAGNE DE FRANCE VÉCUE PAR UN CHEF D’ESCADRON…(5)

Bataille Paris

Je fis faire un feu bien nourri avec quatre obusiers, ce qui écrasa leur cavalerie, et elle fut obligée de s’éloigner du passage.

Je profitai de ce moment pour faire marcher quatre bouches à feu sur le passage, j’y plaçai de l’infanterie, cette troupe était dans un taillis de dix ans au moins.

Je fis marcher ensuite quatre autres pièces qui se s’arrêtèrent qu’à la sortie du bois. Ensuite l’ennemi vint encore se montrer et voulut fournir une troisième charge, mais mes bouches à feu lui imposaient silence. Enfin, je finis par tout passer ce que j’avais sous mes ordres et je ne rejoignis le corps d’armée que vers minuit.

Nous arrivâmes à Fismes sur les 5 heures dure soir. Je priai le maréchal de faire venir devant lui M. le colonel untel.

« Saviez-vous, Monseigneur, dis-je devant le colonel, que Monsieur faisait partie des postes que vous mîtes hier sous mes ordres ? pourquoi cela ? J’ai besoin de le savoir, Monseigneur !

-Comment, colonel, vous vous trouviez là ? Pourquoi n’étiez-vous pas à votre régiment ?.

-Eh bien, Monseigneur, si j’avais cru Monsieur, nous serions au pouvoir de l’ennemi, je n’ai pas voulu lui permettre de commander l’infanterie, vu, Monseigneur, que vous l’aviez mis sous mes ordres. »

Le colonel fut puni et le maréchal me loua beaucoup sur ce que j’avais fait. On ne parlait au corps d’armée de que de ce qui venait d’avoir lieu. Le général Hubert dit devant tout le monde :

« Il n’y a plus que dans l’artillerie à cheval où on se bat bien. » [Il s’agit dans tout cela de l’intervention de la cavalerie de Tchernitcheff. Note de Camille Lévi, 1910] .

Le 20, à Château–Thierry.

Le 21 et le 22, à Champaubert.

Le 23, à Vertus.

Le 24, à Soudey (Soudé-Sainte-Croix)

Le 25, l’ennemi nous bouscula sens dessus-dessous, nous vînmes coucher dans un village près de Sézanne ; il était minuit.

Le 26, nous fûmes obligés de faire une trouée à Sézanne pour passer. En retraite par échelon de quatre bouches à eu jusque sur La Ferté-Gaucher. Là, l’ennemi y était. Encore une trouée pour nous jeter dans la plaine pour marcher  toute la nuit du 26 au 27, où nous arrivâmes  Provins sur les 7 heures du matin. Nous nous battîmes là jusqu’à 9 heures du soir où nous nous mîmes en marche pour activer le soir du 28 à Melun.

Le 29 au matin, nous quittâmes Melun ey nous vînmes bivouaquer à Charonne où nous passâmes la nuit.

Le 30 au matin, je marchai sur Belleville et Romainville avec quatre batteries d’artillerie à cheval faisant partie du 1er corps de cavalerie commandé, depuis le 5 mars, par le lieutenant général Bordessoulle, il n’y eut que six bouches à  feu de mises en batteries, encore firent-elles peu de choses.

Sur les 4 heures, on me donne l’ordre de me rendre avec mes vingt-quatre bouches à feu à la barrière d’Enfer, où, en y arrivant, il n’y avait pas une âme. Je poussai jusqu’à Montrouge où je bivouaquai la nuit du 30 mars au 31. 

A SUIVRE…

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( 18 janvier, 2014 )

Le maréchal Berthier au maréchal Marmont.

Berthier

[Pièce n°6399]. Paris, 18 janvier 1814.

Monsieur le duc de Raguse, l’Empereur me charge de vous écrire de tenir le plus de temps que vous pourrez sur Metz. Sa Majesté désire que vous me fassiez connaître qu’elle est la force de Yorck et de Sacken. Beaucoup d’habitants et de militaires doivent les avoir vus passer et avoir des idées sur l’endroit où ils sont et sur leur force.

 

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion Editeur, 1912, p.428).

 

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( 17 janvier, 2014 )

LA CAMPAGNE DE FRANCE VÉCUE PAR UN CHEF D’ESCADRON…(4)

Montereau

Le maréchal, voyant que la cavalerie était ramenée de la sorte, piqua des deux et fut rejoindre l’infanterie qui suivait son mouvement de retraite et qui ne se doutait pas de ce qui se passait derrière elle, vu qu’un bois lui dérobait notre position.

Je me trouvais donc totalement coupé du corps d’armée. Je me suis mis en mouvement pour suivre la même route au lieu d’aller sur Reims. Je mis seulement six bouches à feu en batterie et les autres à la prolonge et marchant à une petite distance.

Mes postes d’infanterie étaient sous mes ordres, d’après ce que m’avait dit le maréchal. Je les plaçai sur la droite des batteries avec ordre de ne faire feu que quand je l’ordonnerai. Il n’y avait rien de bien rassurant pour nous, maos j’avais grande confiance dans la bravoure des canonniers de ma compagnie. Je me mis en avant et la cavalerie vint à nous, croyant avoir beau jeu. Je marchais toujours.

Les canonniers avaient l’ordre de ne tirer que de très près, de ne rien craindre, en leur disant :

« Soyez tranquilles, mes amis, nous n’avons que de la gloire à acquérir dans la position malheureuse où nous sommes. »

L’ennemi sonne la charge, il vient droit à nous. J’ordonne à mes six bouches à feu de tirer à mitraille et aux six autres de tirer à boulet. Ce feu fit un effet magique sur la cavalerie qui se retira près du bois où était le passage par où le corps avait passé et où nous devions passer aussi.

Le général ennemi m’envoya un officier avec un trompette et cet officier me dit qu’il m’était impossible de me retirer, que son général m’offrait de nous recevoir comme prisonniers, mais que nous irions en France avec notre promesse de ne pas servir contre eux avant un an et un jour.

Je lui dis : « Monsieur, je ne sais pas quel est le sort qui m’est réservé, mais je vous prie de dire à  votre général, en le remerciant de son offre que je n’ai jamais pu croire qu’un officier puisse penser à capituler en plaine ; si je ne peux mieux faire, j’accepterai ses offres. »

Un moment après, l’officier revint et me dit :

« On vous donne vingt minutes pour vous rendre à discrétion- Moi, Monsieur, je vous ne donne dix pour vous retirer. »

Je donnai l’ordre de marcher en avant. Je mis mes 4 obusiers sur la gauche de mes 12 bouches à feu. Le feu de mes batteries faisait sauter hommes et chevaux. Malgré cela ils tentèrent une charge. Je les laissai venir tout près.

Notre infanterie, quoique couverte par mes batteries, murmurait, et parlait de se rendre, il y avait avec elle un colonel et je n’en savais rien. Il voulut s’autoriser de son rang. Je lui dis :

« Mon colonel, après l’affaire je vous répondrai, en attendant, obéissez, je suis le chef ici. »

A SUIVRE…

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( 16 janvier, 2014 )

Encore des mouvements, toujours des mouvements…

N1814

[Pièce n°2246]. Lettre de Napoléon au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la Guerre.

Paris, le 13 janvier 1814.

Monsieur le Duc de Feltre, réitérez les ordres pour l’approvisionnement d’Ostende et de Nieuport. Il y a à Ostende et à Nieuport des canonniers vétérans hollandais. Donnez ordre qu’on les fasse venir dans l’intérieur et faites-les remplacer par des Français.

Donnez ordre au général commandant la 24ème division de visiter les places d’Ostende et de Nieuport et d’y assurer une garnison raisonnable qui mettre ses villes à l’abri d’un coup de main.

Qu’est-ce que la cohorte urbaine d’Ostende ? Si elle se compose des habitants d’Ostende, on ne saurait guère y compter. Il serait préférable d’avoir leurs fusils pour en armer la garnison. Fixez l’attention du général commandant la division sur ces deux places.

——–

[Pièce n°2247]. Lettre de Napoléon au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la Guerre.

Paris, le 13 janvier 1814.

Écrivez au général Berthier [frère du maréchal], commandant en Corse, qu’il peut chasser tous les officiers croates dont il n’est pas sûr, les éloigner, les envoyer à Caprara, dans l’île d’Elbe ou à Toulon et de donner des officiers corses et français aux Croates afin d’en être plus sûr.

(« Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne. Tome II », Honoré Champion, Libraire, 1903 » p.498).

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( 14 janvier, 2014 )

Questions…

 Chasseur à cheval.

[Pièce n°6382]. Note de l’Empereur pour le duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

Paris, le 13 janvier 1814.

Où sont les dépôts des bataillons du train d’artillerie ?

Quels ordres faudrait-il donner pour les grouper autour de Paris ?

Idem pour les dépôts des régiments d’artillerie à pied et à cheval.

Idem pour les régiments de cavalerie.

Idem pour les régiments d’infanterie.

Il faut voir tous les dépôts qui sont dans les places celles du Nord, celles de la Meuse, de la Moselle, de la Meurthe, de la Saône, rapprocher tout cela de Paris et ne laisser dans les places que le nombre de cadres nécessaires d’après le nombre d’hommes, c’est-à-dire un cadre de bataillon pour 800 hommes, etc. et faire revenir sur Paris les autres cadres pour recevoir la levée de 1815. J’entends de Paris à la mer, enfin le centre de la France, de sorte que l’ennemi, masquant les places de la Meuse, de la Moselle, etc., n’empêche pas les corps de se réorganiser. Il faut donc faire un travail là-dessus et le présenter à mon approbation.

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Libraire Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, p.414).

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( 7 janvier, 2014 )

« Vous n’êtes plus roi d’Espagne… »

Joseph

Lettre de Napoléon à son frère Joseph.

Paris, 7 janvier 1814.

J’ai reçu votre lettre [Joseph, voyant la France près d’être envahie, avait écrit à l’Empereur pour se mettre à sa disposition.-Note de Léon Lecestre]. Il y a trop d’esprit pour la position où je me trouve. Voici en deux mots la question. La France est envahie, L’Europe tout en armes contre la France, mais surtout contre moi. Vous n’êtes plus roi d’Espagne ; je n’ai pas besoin de votre renonciation, parce que je ne veux pas de l‘Espagne pour moi, ni je ne veux pas non plus me mêler des affaires de ce pays que pour y vivre en paix et rendre mon armée disponible.

Que voulez-vous faire ? Voulez-vous, comme prince français, venir vous ranger auprès du trône ? Vous avez mon amitié, votre apanage, et serez mon sujet, en votre qualité de prince de sang. Il faut alors faire comme moi, avouer votre rôle, m’écrire une lettre simple, que je puisse imprimer, recevoir toutes les autorités et vous montrer zélé pour moi et pour le roi de Rome, ami de la régence de l’Impératrice.

Cela ne vous est-il pas possible ? N’avez-vous pas assez de bon jugement pour cela ? Il faut vous retirer à 40 lieues de Paris, dans un château de province, obscurément. Vous y vivrez tranquille, si je vis. Vous y serez tué ou arrêté si je meurs. Vous serez inutile  à moi, à la famille, à vos filles, à la France ; mais vous ne me serez pas nuisible et ne me gênerez pas. Choisissez promptement et prenez votre parti. Tout sentiment de cœur et hostile est inutile et hors de saison.

(« Lettres inédites de Napoléon 1er (An VIII-1815). Publiées par Léon Lecestre. Tome second (1810-1815) », Plon, 1897, lettre n°1123, pp.306-307).

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( 5 janvier, 2014 )

5 janvier 1814…

N1814

Napoléon au duc de Feltre, ministre de la Guerre.

[Pièce n°6362]. Paris, 5 janvier 1814.

Le 1er régiment de la Vistule sera sur-le-champ armé et habillé à neuf et partira de Sedan pour Epinal où il sera sous les ordres du général de division de la Jeune Garde qui s’y trouve. Aussitôt que la brigade du général Pac, composée des 1er et 2ème régiments de lanciers et du régiment d’éclaireurs polonais sera en état de partir, elle se rendra aussi à Epinal. Donnez ordre qu’elle soit sur-le-champ armée, montée et équipée.

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion Editeur, 1912, p.404).

 

 

 

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( 4 janvier, 2014 )

« J’ai toute l’Europe armée contre moi. »

Louis

Lettre de Napoléon à son frère Louis.

Paris, 4 ou 5 janvier 1814.

J’ai reçu vos deux lettres, et j’ai appris avec peine que vous soyez arrivé à Paris sans ma permission. Vous n’êtes plus roi de Hollande, depuis que vous avez renoncé et que j’ai réuni ce pays à la France. Le territoire de l’Empire est envahi, et j’ai toute l’Europe armée contre moi. Voulez-vous venir comme prince français, comme connétable de l’Empire, vous ranger auprès du trône ? Je vous recevrai, vous serez mon sujet ; en cette qualité, vous y jouirez de mon amitié et ferez ce que vous pourrez pour le bien des affaires. Il faut alors que vous ayez pour moi, pour l’impératrice, pour le roi de Rome, ce que vous devez avoir.

Si, au contraire, vous persistez dans vos idées de roi et de Hollandais, éloignez-vous de 40 lieues de Paris. Je ne veux pas de position mixte, de rôle tiers. Si vous acceptez, écrivez-moi une lettre que je puisse faire imprimer.

(« Lettres inédites de Napoléon 1er .(An VIII-1815). Publiées par Léon Lecestre. Tome second (1810-1815) », Plon, 1897, lettre n°1122 , p.306).

 

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( 2 janvier, 2014 )

Napoléon au duc de Feltre, ministre de la Guerre.

Laubressel 3 mars 1814

[Pièce n°6349]. Paris, 2 janvier 1814.

Le major général  [maréchal Berthier] qui arrive demain 3 janvier à Reims, avec la division de Vieille Garde, cinq à six batteries d’artillerie et la division de Vieille Garde à  cheval, de continuer sa route par Châlons et de se diriger sur Chaumont-en-Bassigny et Langres où il arrivera du 10 au 13 janvier. Mon intention est de réunir une armée de 80.000 hommes à Langres et Chaumont. Il faut donc donner des ordres sur-le-champ pour l’établissement des magasins de vivres et de fourrages nécessaires à l’entretien de cette armée et pour l’établissement d’une manutention.

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion Editeur, 1912, p.397).

 

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( 1 janvier, 2014 )

Au hasard de mes lectures…(5)

Au hasard de mes lectures...

Heurs et malheurs d’un élève de l’Ecole militaire de Saint-Germain…

Voici un document intéressant.  Il s’agit de la correspondance de Desiderio Sertorio, qui retrace ce que pouvait être l’existence d’un élève de l’École Militaire Spéciale de Cavalerie de Saint-Germain-en-Laye. Publiée par ses descendants, tout d’abord en 2004, au sein d’un volume consacré à la famille Sertorio, cette correspondance a été pour la première fois traduite en français cinq ans plus tard. On y partage le quotidien du jeune Desiderio (1792-1857), dont le nom francisé en « Didier Sertorio » figure en suscription des lettres expédiées presque quotidiennement par sa famille génoise ou des proches. Le jeune homme arrive à la fin mai 1812 dans cette institution. Il y retrouve des compatriotes, ce qui rend le séjour un peu plus acceptable. « A quatre et demi le matin, la trompette sonne et il faut se lever [et] recouvrir son lit parfaitement si on veut se lever. Les journées commencent ainsi; à 21 heures, extinction des feux. L’auteur, y évoque les repas, pris debout,  peu élaborés (« dans chaque gamelle peuvent manger 5, 6, 7 élèves, selon le ticket qui se trouve sur la gamelle »); le pain « assez bon » que l’on peut obtenir à profusion tout au long de la journée, ou bien encore le vin rouge qui ressemble à du vinaigre… Le 15 août, jour solennel, les élèves mangent assis et sont servis dans des assiettes avec nappes et serviettes, le tout sous la bienveillance de domestique. Un luxe pour ces braves gens !

La tenue que porte chaque élève est abordée en détail. Cet uniforme est complété par un casque « un long sabre et des gants ».

Les Italiens sont haïs par les autres élèves, ce qui créée un mauvais climat. S’en suivent de fréquents duels, interdits par le règlement. Il y a aussi des vols fréquents dans ces immenses chambrées où l’on gèle, la nuit, en hiver. « Il est interdit de faire du feu dans les dortoirs », précise Sertortio.

« La vie est toujours la même, l’ennui, la fatigue. Je me sens affligé. Ma seule consolation je la trouve en lisant vos lettres et je vous assure qu’elles me sont d’un grand soutien », écrit le jeune élève, déprimé.

En novembre 1813, il est nommé maréchal-des-logis. Le 28 décembre 1813, Desiderio quitte l’École  de cavalerie, sa formation étant achevée. Il va vivre son baptême du feu durant la fameuse campagne de France, dans les rangs du 2ème régiment de dragons. Le 29 janvier 1814, il s’est battu à Brienne, puis il a perdu début février, son cheval, sa selle, ses pistolets, son porte-manteau… « La guerre est affreuse et ils n’onr presque rien à manger. », écrit sa mère, au grand-père de l’auteur, après avoir reçu des nouvelles de son fils. Desiderio aura un pied gelé (le froid encore !) Malgré tout il aurait participé avec courage à toute la campagne de 1814. Après la première abdication de l’Empereur, le 6 avril 1814, il regagnera Paris afin de se soigner avant de rentrer à Gênes, fin 1814. L’auteur de cette correspondance épistolaire, devient, au fil des pages, attachant. Ses lettres méritent de figurer parmi les bons témoignages sur le Premier Empire.

« Correspondance de Desiderio Sertorio.[Présentation [de] Pompeo Sertotio] Suivie de « L’École militaire Spéciale de Cavalerie sous le 1er Empire », par Charles-Henri Taufflieb », Saint-Germain-en-Laye, Editions Hybride, 2009, 264 pages.

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Labédoyère méritait mieux !

Quelle déception en lisant la dernière biographie en date consacrée au général de La Bédoyère ! Ce personnage, au caractère absent de toute modération, est familier des amateurs d’histoire napoléonienne. Plutôt porté sur une carrière littéraire, ami des livres, familier à ses heures de la célèbre Germaine de Staël, Charles de La Bédoyère entame assez tard une vocation militaire. C’est en 1806, qu’il entre aux gendarmes d’ordonnance, avant d’être nommé en septembre 1807 lieutenant au 11ème  régiment de chasseurs à cheval. L’année 1808 le trouve aide-de-camp du maréchal Lannes. La Bédoyère est en Espagne, à Saragosse, puis passe en Autriche, et en Italie; on le retrouve alors aide-de-camp du prince Eugène. Il participera à la campagne de Russie et commandera, durant celle d’Allemagne, le 112ème de ligne. Le 21 octobre 1813, Charles de La Bédoyère épouse Georgine de Chastellux. Le couple s’installe fin janvier 1814 dans une maison de l’élégant Faubourg Saint-Germain, rue de Grenelle, plus exactement. Il convient de souligner que durant toute son existence, La Bédoyère, par sa fidélité sans faille à Napoléon, fera figure de tâche vis-à-vis de sa propre famille, et celle de son épouse, légitimistes l’une et l’autre. Le frère de Charles, Henry, ne cachera jamais ses idées royalistes et sa haine de « l’Usurpateur ». Tout un climat familial avec lequel celui qui est nommé colonel du 7ème de ligne (en octobre 1814) devra composer…

Au retour de l’Empereur, a lieu le fameux ralliement de La Bédoyère et de son régiment aux troupes de Napoléon venant de l‘île d’Elbe. Un grand moment historique et chargé d’une certaine émotion ! Durant la campagne de Belgique, La Bédoyère figure parmi les aides-de-camp de l’Empereur.

Sa fidélité ne lui sera jamais pardonnée. Arrêté le 2 août 1815, jugé, douze jours plus tard,  par les tribunaux iniques de Louis XVIII, Charles La Bédoyère termine son existence agitée devant un peloton d’exécution français. Nous sommes le 19 août 1815, vers 18h20, à la barrière de Grenelle (dont l’emplacement est situé non loin de station « Dupleix » de la ligne n°6 du métropolitain, 15ème arrondissement de Paris).

Le général Charles de La Bédoyère vient d’entrer au rang de martyrs de la Terreur Blanche.

Cette attachante figure de l’Épopée méritait mieux en terme de biographie. Pourtant établie à travers sa correspondance inédite elle déçoit par sa mise en page aléatoire, les nombreuses « coquilles », le style quelque fois maladroite de l’auteur. Lequel commet ci et là plusieurs erreurs, comme celle d’écrire (source à l’appui !) que madame de Lavalette, épouse du Directeur général des Postes de Napoléon, vécut avec ses cinq enfants et émigra en 1821 à Saint-Domingue, « où elle mourut tragiquement » (?). Cela est peu probable quand on sait que la pauvre femme, après avoir remplacé son époux prisonnier à la Conciergerie, lui sauvant ainsi la vie, perdit peu à peu la raison avant de s’éteindre à Paris le 18 juin 1855. Elle n’avait à notre connaissance qu’une fille.

Un grand travail de fond reste donc à réaliser sur ce personnage.

Geneviève MAZEL, « Un héros des Vingt-Jours. Le général de La  Bédoyère, à travers sa correspondance inédite. Préface de Jean Tulard », Editions SPM, 2004, 186 pages.

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( 23 novembre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(4)

Au hasard de mes lectures...

Un témoignage inédit…

Raymond Teulet fait partie des ces « acteurs » qui s’illustrèrent sur les champs de bataille de La Révolution puis sur ceux de l’Empire. Né en 1768 à Toulouse, l’auteur s’engage en septembre 1791 dans les rangs du 2ème bataillon de l’Aude. En septembre de l’année suivante, il se bat dans le Comté de Nice. En 1793, promu capitaine le 9 mars, notre officier combat à Hendaye puis à Ispeguy et à Baïgorry. En mars 1794, Teulet affronte les Espagnols lors du méconnu combat du camp de la Croix-des-Bouquets. « Après cette affaire, la 147ème demi-brigade, formée des 2ème et 3ème bataillons des volontaires du département de l’Aude et du «1er bataillon du régiment d’Angoumois 80ème, partit pour l’armée des Pyrénées-Orientales », note Teulet. Il participe à la bataille du Boulou et à ses suites (28 avril/1er mai 1794). Plus tard, en novembre, l’auteur fait le coup de feu lors de celle de la Montagne Noire où sera blessé mortellement le fameux général Dugommier (de son vrai nom Coquille). En 1795/1796, le voici en Italie, prêt à en découdre, toujours dans un des bataillons de chasseurs composant la 147ème demi-brigade, puis dans les rangs de la 4ème demi-brigade (futur 4ème de ligne). Celle-ci est donc affectée à la célèbre armée d’Italie, sous les ordres du général Schérer, division Augereau, brigade Victor. S’étant battu lors de la bataille de Castiglione (5 août 1796), Teulet rédigera plus tard une note concernant la prise d’une importante redoute à laquelle il participé. Elle est destinée à l’éditeur Panckoucke, qui publia après l’Empire, la fameuse fresque des « Victoires et Conquêtes.. ». Car le capitaine Teulet sait manier la plume aussi bien que le sabre. Mais pour le moment, c’est justement un sabre, mais  d’honneur celui-ci, que lui décerne le Premier Consul pour ce fait d’armes valeureux.

Guillaume Joucla, le publicateur de ce témoignage inédit, nous apprend que Teulet participa à l’expédition d’Angleterre puis dans les rangs de l’armée de Hollande, en 1799. Malheureusement notre valeureux officier ne semble pas avoir laissé d’écrits sur cette période. Nommé en décembre 1800 capitaine au régiment des chasseurs à pied de la Garde Consulaire, Teulet, n’arrive que trop tard afin de participer à la bataille de Hohenlinden (le 30 janvier 1801). « Il servit deux ans dans la Garde et se lia d’amitié avec le général Gros et le maréchal Bessières », précise G. Joucla, avant d’ajouter qu’il « commandait alors la 2ème section du 3ème bataillon de chasseurs et ce jusqu’au 22 décembre 1803, date à laquelle il fut nommé major au 12ème  de ligne ». Son témoignage reprend début octobre 1806, sous une forme qu’il ne quittera plus désormais : celle d’une correspondance familiale, adressée à sa femme ou encore à son fils François (né en 1799). Diminué par de mauvaises blessures à la jambe, Teulet se confie dans ses lettres. Sa faiblesse, derrière laquelle on croit deviner une douleur quasi-permanente, rend l’auteur attachant. Puis il passe en juin 1807 dans la 4ème légion de réserve. Cette dernière fait partie quelques mois plus tard au 2ème corps d’observation de la Gironde sous les ordres du général Dupont…

Pour la postérité, amère avec les perdants, un nom associé à Bailén… Le Major Teulet prend la route de l’Espagne, en passant par le Pays Basque. Il écrit à son épouse presque quotidiennement, à son fils aussi, n’oubliant pas de le charger d’embrasser son frère, Alexandre, né en 1807. Il est à Vitoria en décembre 1807, à Briviesca le premier jour de l’année 1808, à Valladolid à la mi-janvier et ce jusqu’en mars. Il quitte cette ville pour Madrid, à la suite de Valladolid. Il y parvient avec son 2ème corps d’observation le 7 avril. Murat le passe en revue,  puis Teulet fait mouvement sur Aranjuez et Tolède. Le 23 mai 1808, le général Dupont se dirige sur l’Andalousie, « avec ordre de débloquer la flotte française à Cadix », nous apprend G. Joucla dans ses intéressants commentaires.

Teulet participe très activement au siège de Cordoue. L’armée est livrée au pillage trois jours durant. Les maux de la guerre…

C’est le 18 juillet que va s’écrire une page importante de l’existence du major Teulet. Lors du combat de Bailén, « combattant à la tête de l’avant-garde, [il] fut blessé trois fois légèrement ; il eut deux chevaux tués sous lui. » Prisonnier comme nombre de ses frères d’armes, à bout de force, il atteint Cadix seulement à la fin de décembre 1808 ! Le major Teulet est expédié sur la « Vieille Castille »,ponton de sinistre mémoire se trouvant dans la rade, puis est dirigé sur « Palma , Ile de Majorque ». Il va y séjourner une grande partie de l’année 1810, avant d’être expédié en Angleterre comme prisonnier sur parole, à Chesterfield, dans le Derbyshire. En 1812, il s’y trouve toujours, alors que la Grande Armée se bat en Russie…

Jamais, à aucun moment, notre officier n’interrompt sa correspondance avec ses proches. Les lettres qu’il envoie ou qu’il reçoit sont, pour lui, comme une lueur d’espoir, lui permettant de lutter contre l’éloignement ce ceux qu’il chéri. Le major Teulet est finalement échangé le 26 mars 1813 contre un lieutenant-colonel de l’armée anglaise, malade et infirme.

Un mois seulement après son retour, l’auteur est affecté au 114ème de ligne. Début décembre 1813, le voici nommé colonel du 67ème de ligne. En février 1814, il est à Lyon. Les Autrichiens menacent nos frontières sur ce point. Le colonel Teulet va les affronter avec la même vigueur qu’autrefois. Puis le voilà en Suisse, avec son régiment, il  prend possession de Genève abandonnée par le général autrichien comte de Bubna (et non Balna comme écrit systématiquement dans la transcription de ses lettres; ce type d’erreur revient plusieurs fois dans cette édition). De retour dans la région lyonnaise il s’oppose de nouveau aux Autrichiens. Forcé d’évacuer la cité des Gaules, sous les regards amers des Lyonnais, le colonel Teulet et son régiment, se replient « derrière l’Isère ». Il est détaché à Crest, alors que « le gros de l’armée est à Valence ». Toujours fidèle à l’Empereur, c’est avec enthousiasme que Teulet apprend son débarquement à Golfe-Juan. Il est nommé maréchal-de-camp par Napoléon et fait baron d’Empire par décret du 19 avril 1815. Après la défaite de Waterloo, Louis XVIII de retour aux affaires,  annule toutes les promotions. Teulet est rétrogradé au rang de colonel. En décembre 1815, notre officier est arrêté pour son engagement en faveur de l’Empereur. Il est écroué à Toulouse « à la sinistre prison des Hauts-Murats ». En septembre 1816, il s’établit à Carcassonne (en résidence surveillé ?), « lieu de mon domicile avant mon entrée au service (où je jouis de ma demi-solde) », ainsi qu’il l’écrit à son fils aîné.

Le colonel Raymond Teulet s’éteint le 30 mars 1828. Il repose au cimetière Saint-Michel de Carcassonne.

Raymond TEULET, « Souvenirs d’un héros de Bailén, 1791-1815. Rassemblés par Guillaume Joucla », Le Livre Chez Vous, 2012, 166 pages.

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Teulet fait l’objet d’une longue notice dans le « Dictionnaire des colonel de Napoléon », de Danielle et Bernard Quintin, Editions SPM, [décembre]1996, pp.824-825.

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( 15 novembre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(3)

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Un ouvrage d’une qualité inégale.

Je viens de terminer l’ouvrage collectif, paru récemment et intitulé « Les Suisses de Napoléon à la Bérézina ». Je suis un peu déçu. Le livre commence par un article de Bénédict de Tscharner, président de la Fondation pour l’Histoire des Suisses dans le Monde : « Les Suisses de Napoléon et le Musée de Penthes [Musée des Suisses dans le Monde] ». Rien à dire, l’exposé est honnête avec cette neutralité (normal pour la Suisse…) qui permet une bonne compréhension. Mais quelle ne fut pas ma surprise en lisant le texte suivant, rédigé par François Walter, professeur d’histoire moderne… Là on tombe dans le dogmatisme anti-napoléonien « de base ». Napoléon est un « despote » (p.17), on y parle de « la démesure du despote » (p.20). L’auteur laisse entendre que les causes de la campagne de Russie sont dues à des aspirations nationales, à l’exemple de l’Espagne révoltés et des pays germaniques. C’est exact pour ces deux pays mais ce n’est pas le cas pour la Russie, au début de la campagne de 1812. Ce n’est pas un nationalisme exacerbé qui entre en ligne aux débuts des hostilités mais la violation par les Russes du blocus, cause initiale de l’entrée de l’armée française en Russie. Plus loin (p.21) il écrit : « D’un demi-million d’hommes en 1808, les effectifs vont rapidement doubler pour les campagnes de 1812 et de 1813 ».  Encore une inexactitude. 500 000 hommes en Espagne ? Cela voudrait supposer que la Grande Armée comprenait dans ses rangs 1 million d’hommes tant en Russie que dans les plaines de Saxe ? Invraisemblable quand on sait que 611.000 hommes entrent en Russie en juin 1812, sur un effectif maximal de 700.000 hommes (selon Alain Pigeard -dans son « Dictionnaire des batailles de Napoléon »- qui s’y connaît plutôt en terme de campagnes). L’historien Vilatte des Prugnes (« Revue des Études Historiques », 1913) estime à 104.000 le nombre des effectifs au sortir de la campagne de 1812. On est loin du million ! Le lecteur comprendra aisément qu’il est impossible à Napoléon de réunir le même chiffre pour la campagne d’Allemagne (162 000 hommes dans les rangs français pour démarrer cette campagne). Passons  à l’article suivant. Il est consacré à la bataille de la Bérézina, rédigé par Fred Heer, président de la Fondation Maison Thomas Legler. Intéressant, il permet au lecteur d’avoir une bonne vision de ces journées au cours desquelles fut découvert le fameux gué de Studianka, par le général Corbineau, la construction des ponts, et le franchissement du cours d’eau, sous le feu des Russes. Les chiffres avancés par l’auteur sur les pertes françaises, entre 25 000 et 40 000 hommes, forment un contraste avec ceux fournis par A. Pigeard. Ce dernier, concernant la bataille proprement dit,  annonce 2 000 tués et de 7 000 à 10 000 prisonniers dans les rangs français, auxquels il faut ajouter les 4 000 hommes (tués, blessés et prisonniers) de la division Partouneaux.

Le philosophe Hans Jakob Streiff, nous offre un exposé sur le méconnu « Chant de la Bérézina ». Il nous apprend que c’est à l’aube du 28 novembre 1812 que le lieutenant Thomas Legler (1784-1835) du 1er régiment suisse fut invité par le commandant Blattmann à chanter le « Chant de nuit » de Giseke. Il sera appelé bien plus tard « Chant de la Bérézina ». A la fois mélancolique et patriotique, cette mélodie fait désormais partie du patrimoine suisse. Il est dommage que l’auteur de cet article intéressant a cru bon de préciser en conclusion : « A l’époque, la Suisse n’était ni indépendante, ni neutre ; cela nous rappelle que plus jamais, les Suisses ne devront devenir les victimes d’un individu obsédé de pouvoir ! ». Sans commentaire.

Avec l’article « La Bérézina et son impact sur l’histoire suisse » par Alain-Jacques Czouz-Tornare, on respire enfin (l’air des montagnes). Le sérieux de cet auteur n’est plus à démontrer.

Les deux derniers exposés, de Beat Aebi et Anselm Zurfluh, portant sur les beaux dioramas que le visiteur peut désormais admirer dans le musée de Penthes et cet endroit proprement dit, viennent achever ce livre.

D’une qualité inégale, « Les Suisses de Napoléon à la Bérézina » viendra compléter, fort à propos, celui de Th. Choffat et d’Alain-Jacques Czouz-Tornare, « La Bérézina. Suisses et Français dans la tourmente de 1812 », Cabédita, 2012).

Les amateurs d’histoire napoléonienne, n’oublieront pas que nos voisins helvètes, de la Révolution Française jusqu’à la fin de l’Empire, des Gardes suisses aux Tuileries, en 1792, aux berges de la Bérézina, ont servi la France avec courage, avec dévouement.

« Les Suisses de Napoléon à la Bérézina », par B.de Tscharner, F. Walter, F. Heer, H.J., Streiff, A.-J. Czouz-Tornare, B. Aebi, A. Zurfluh. Cabédita, 2013, 80 pages. Paru en France le 29 octobre 2013.

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( 12 novembre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(2)

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Un très long voyage…

Je viens d’achever la lecture d’un livre que je voulais découvrir depuis longtemps et enfin réédité : les péripéties des frères Bacheville obligés de fuir leur patrie pour aller se perdre à l’autre bout de l’Europe. En effet il s’agit plus d’un récit de voyage que de souvenirs sur l’Empire ; seuls trois courts chapitres se rapportent à ce dernier (Chapitre IV-Séjour à l’île d’Elbe ; Chapitre V-Retour en France et Chapitre VI-Campagne de Waterloo).

Après le 18 juin 1815, jour sombre dans l’histoire napoléonienne, de retour dans leur foyer, à Trévoux (Ain) Barthélémy et Antoine Bacheville vont vivre un incident qui va les contraindre à fuir la France. Le 4 mars 1816, à Villefranche-sur-Saône, au retour d’une visite leur oncle, ils sont filés dans un café par un maréchal des logis et un commissaire de police, ces derniers ayant été prévenus par « quelques personnes charitables », selon le mot employé. Sur le point d’arriver à Trévoux, ces mêmes hommes leur demandent leurs passeports, qu’ils n’ont pas, habitant tout près. On veut les arrêter. C’est mal connaître les deux frères qui ne comprennent pas cet arbitraire. Le ton monte. Barthélémy empoigne son pistolet. Débute alors une fuite qui va durer trois ans et demi. La tête des frères Barthélémy est mise à prix. On parle de conspiration. Tout est bon dans cette France de la Restauration pour accabler, accuser, voire exécuter les anciens soldats et officier de Napoléon. Un procès s’ouvre devant la cour prévôtale, sans la présence ses accusés. Qu’importe ! L’arbitraire royal n’e connaît point de barrière !

La fuite commence par Lyon, en direction de la Suisse (à Constance le colonel Combe qui a servi l’Empereur, lui aussi, leur procure un passeport) puis c’est l’Allemagne : Munich puis Dresde.  A huit lieues de  la première, dans le château de Berg, Barthélémy et Antoine y trouvent le général Triaire, chambellan d’Eugène de Beauharnais qui leur apporte un peu d’aide financière. A Dresde, ils parcourent le fameux champ de bataille. Ils sont à Breslau, à Varsovie. Dans cette ville ils rencontrent un certain Chauveau, « ancien officier de bouche de Napoléon » qui y tient un restaurant. Ce lyonnais héberge les fugitifs, leur offre un bon dîner. Le répit est de courte durée. La menace policière les suit à distance, à travers les états. Il faut fuir de nouveau. Les deux ex-officiers séjournent à Cracovie et apprennent que non loin, demeure le général Morand. Ils vont pouvoir se débarrasser de leurs haillons, prendre un bain bien chaud, dormir quelques heures avant de reprendre la route. Plus loin, ils passent en Galicie, et parviennent en Moldavie. Les deux frères finissent par se séparer. Nous sommes le 18 avril 1818. Barthélémy prend la route de Constantinople (depuis 1930 Istanbul, en Turquie) afin d’y trouver un navire qui les conduirait en Amérique « ou une caravane pour aller en Perse ». Cette séparation est douloureuse. Déjà, Barthélémy a le pressentiment que celle-ci est définitive. Il verra juste…

Le voici donc à Constantinople, avant de s’embarquer pour Smyrne (actuelle Izmir, en Turquie). Il y arrive alors que la peste fait des ravages. Puis sur l’île de Naxos, en Grèce. Il y sauve du suicide Méloé, une ravissante hellène. Son père, un certain Souzo, lui confie en remerciement un secret : la recette de fabrication d’une « Eau des Odalisques », ce qui lui permettra de subsister, une fois rentré en France, attendant pendant trois longues années  une retraite qui n’arrive pas… Mais revenons dans les pas de Barthélémy Bacheville. Il est à Athènes, avant de passer à Janina, où il entrera au service du légendaire et terrible Pacha. Les âmes sensibles ne s’attarderont pas à cet endroit du récit, où sont décrites les horreurs commises par le monstrueux Pacha… Bacheville, horrifié, prend le parti de fuir cet enfer en miniature. L’air du large le trouve à Leucade, une île Ionienne, appelée alors Sainte-Maure, puis à celle de Corfou,  à Cattaro (Kotor , au Monténégro) et à Raguse (actuelle Dubrovnik, en Croatie). Barthélémy parvient à Trieste, où il rencontre André Pons de l’Hérault qui se trouve près de Maret, duc de Bassano. Encore inquiété par la police toujours en alerte, il doit quitter la ville dans les vingt-quatre heures. Il arrive à Ancône puis à Rome. C’est là qu’il a l’honneur d’être présenté à Madame Mère, par l’intermédiaire du colonel Laborde, qu’il a connu autrefois. La mère de l’Empereur lui fait porter deux-cents francs.

Puis c’est Louis, ancien roi de Hollande qui accueille Barthélémy. Il lui remet « un rouleau de trente napoléons d’or ».

Bacheville reprend sa route, réconforté par ce passage a Rome, mais inquiet de ne plus avoir de nouvelles directes d’Antoine, son frère… Le 1er janvier 1819, il part pour Florence, en passant par Livourne, où il se retrouve quasi-ruiné par l’indélicatesse d’un négociant. Il sera heureusement secouru par une âme charitable ! Les nuages s’éclaircissent du côté de la  France. Barthélémy adresse même une « Pétition » à la Chambre des Députés. Il peut espérer rentrer en France très bientôt.

Le voici dans la principauté de Lucques, puis de passage à Gênes, et enfin à Turin. Ayant obtenu un sauf-conduit pour rentrer en France, Barthélémy Bacheville arrive à Chambéry le 28 août 1819 « un peu fatigué mais plein d’espérance ».

Il n’était pas tout à fait au bout de ses peines. Le 16 décembre 1820, après avoir lancé des recherches auprès de tous les consulats français dans le Levant afin de retrouver la trace de son frère Antoine, sans résultat pendant des mois durant, la nouvelle tombe : Antoine Bacheville a succombé « aux fatigues du désert » à Mascate (actuellement Muscat, dans le Sultanat d’Oman) près du détroit d’Ormuz. Il était parti se mettre au service du fils du Shah de Perse.

C’est par cette disparition que s’achève le témoignage du capitaine Barthélémy Bacheville.

Il fut sans doute rédigé d’après le  récit verbal de Barthélémy Bacheville (étayé par un itinéraire succinct des pais qu’il avait traversés) par deux anciens capitaines de la Grande Armée : Hippolyte Dumas de Lamarche et Jean-Baptiste Thiriet (qui fera paraître en 1822 (chez Delaunay), sous forme de vers, « Mes Souvenirs ou les prisonniers français en Pologne… ».

Paru la première fois en 1822 (Paris, Béchet aîné), cet ouvrage connut un certain succès sous la Restauration.

Les frères Bacheville, anciens officiers de la Grande Armée, personnages attachants, victimes de l’arbitraire des Bourbons, comme tant d’autres, ont laissé à la postérité ce récit passionnant qui entraîne le lecteur jusqu’aux confins de l’Europe, où commence l’Asie. Le dépaysement est assuré. N’est-ce pas l’un des objectifs d’un bon livre ?

——

Capitaine Barthélémy Bacheville, « Itinéraires d’un officier de la Garde. Une chasse à l’homme à travers l’Europe : les « Voyages » du capitaine Bacheville, de l’île d’Elbe à Waterloo, Munich, Varsovie, Constantinople, Athènes (1814-1820) » Cahors, La Louve Editions, 2013, 300 pages.(Paru en septembre 2013).

 

 

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( 10 novembre, 2013 )

10 novembre 1813…

10 novembre 1813... dans TEMOIGNAGES 1813-20131

[Pièce n°6148]. Napoléon au duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

Mayence, 10 novembre 1813.

Faites-moi connaître quand le régiment croate arrivera à Lyon. Si les chevaux et les selles de ce régiment sont en bon état, peut-être conviendrait-il de le démonter et de donner les chevaux et les selles à un régiment français, car il est probable que ces Croates déserteront.

(Arthur Chuquet, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815) », Librairie Ancienne Honoré Champion, Éditeur, 1912,  Tome IV, p.326).

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( 8 novembre, 2013 )

8 novembre 1813…

8 novembre 1813... dans TEMOIGNAGES 1813-20131

[Pièce n°2583]. Berthier à Macdonald.

Mayence, 8 novembre 1813.

L’Empereur m’a ordonné de parcourir la ligne de la frontière du Rhin et de passer la revue des différents corps d’armée. Je finirai ma course sur le haut Rhin d’où je dois aller rendre compte à l’Empereur. L’intention de Sa Majesté est qu’en votre qualité d’aide-major général, vous me remplaciez. L’Empereur a accordé un congé de quinze jours au général Monthion pour se rendre près de sa femme. Comme vous avez besoin de repos pour votre blessure, l’Empereur consent qu’au retour du général Monthion, vous lui remettiez le détail et qu’ensuite vous vous rendiez à Paris.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, pp.246-247).

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( 7 novembre, 2013 )

7 novembre 1813…

7 novembre 1813... dans TEMOIGNAGES cuirassier-blesse

[Pièce n°2578]. Berthier au duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

Mayence, 7 novembre 1813.

D’après les intentions de l’Empereur, je donne l’ordre à M. le maréchal Duc de Valmy [Kellermann] de partir de Mayence, de porter son quartier-général à Metz et d’y prendre le commandement de toutes les troupes qui se forment dans cette ville ainsi que dans la 2ème et 3ème divisions militaires.

[Pièce n°2579]. Berthier au duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

Mayence, 7 novembre 1813.

Des ordres sont donnés pour que le général de brigade comte Pac soit reconnu comme étant employé près de Sa Majesté l’Empereur à dater du 16 avril 1813

[Pièce n°2580]. Berthier à Macdonald.

Mayence, 7 novembre 1813.

D’après les instructions de l’Empereur, je donne l’ordre au général Charpentier de se mettre en marche le 10 de ce mois avec tout ce qui compose le 11ème corps d’armée pour se rendre à Cologne où il sera à votre disposition.

[Pièce n°2581]. Berthier à Macdonald.

Mayence, 7 novembre 1813.

L’Empereur me charge de vous réitérer l’ordre de faire venir sur la rive gauche du Rhin tous les bateaux, ponts volants, etc., de la rive droite. L’intention  de sa majesté est aussi que vous fassiez établir deux chaloupes canonnières à Wesel ; les marins de la Garde seront chargés de les servir ; on peut faire venir deux petites chaloupes de Hollande.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, pp.245-246).

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( 6 novembre, 2013 )

6 novembre 1813…

6 novembre 1813... dans TEMOIGNAGES 1813-20131

[Pièce n°2576]. Berthier au général Sébastiani.

Mayence, 6 novembre 1813.

L’Empereur ordonne qu’avec le 2ème corps de cavalerie que vous commandez, vous continuiez votre marche de Coblentz pour vous rendre à Cologne où vous serez sous les ordres du maréchal duc de Tarente [maréchal Macdonald]. Vous serez chargé de surveillance le Rhin jusqu’à Wesel.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, p. 244).

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( 4 novembre, 2013 )

4 novembre 1813…

4 novembre 1813... dans TEMOIGNAGES nap-et-et-ses-officiers

[Pièce n°2568]. Le général Drouot au Duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

4 novembre 1813.

Le dépôt de la Garde établi à Mayence sera envoyé à Metz et les 9.000 conscrits destinés à compléter les régiments de voltigeurs seront dirigés sur Metz au lieu d’être envoyés à Mayence, leur première destination.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, p. 240).

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[Pièce n°2569]. Napoléon à Cambacérès.

Mayence, 4 novembre 1813.

J’ai écrit  au ministre de la Guerre pour les drapeaux à présenter à l’impératrice. Ils le seront dans la salle du trône autour duquel seront réunies toutes les autorités. Au sortir de là, le ministre portera ces drapeaux aux Invalides. J’ai envoyé à l’Impératrice la réponse qu’elle doit faire. Il serait convenable que, quelques jours après, une députation de trente invalides, parmi lesquels il y aurait plusieurs centenaires, ayant leur gouverneur à leur tête, vinssent remercier l’Impératrice de ce qu’elle a dit soit d’eux, soit de la supériorité du courage de l’armée française. Vous aurez soin de soigner le discours du gouverneur ; vous trouverez ci-joint une note indiquant comme je le conçois.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, p. 242).

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( 3 novembre, 2013 )

3 novembre 1813…

[Pièce n°2566]. Berthier au duc de Feltre.

Mayence, 3 novembre 1813.

D’après les intentions de l’Empereur, je donne l’ordre aux troupes polonaises commandées par le général Dombrowski actuellement en marche pour Deux-Ponts de continuer leur route pour se rendre à Sedan où ces troupes achèveront de se réorganiser.

[Pièce n°2567]. Berthier au duc de Feltre.

Mayence, 3 novembre 1813.

L’intention de l’Empereur est que tous les Polonais qui sont à  Düsseldorf, se rendant au dépôt de Sedan.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, p. 240).

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( 2 novembre, 2013 )

2 novembre 1813…

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[Pièce n°2561]. A Carra Saint-Cyr.

Mayence, 2 novembre 1813.

Ordre de ne point compromettre les troupes confiées à son commandement et de se retirer sur Wesel aussitôt qu’il y sera forcé par un nombre supérieur de troupes ennemies.

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[Pièce n°2562]. Berthier à Dombrowski.

Mayence, 2 novembre 1813.

L’intention de l’Empereur est que vous partiez de Mayence avec le 8ème corps d’infanterie polonais pour vous rendre à Deux-Ponts où vous réunirez ce corps et où vous resterez jusqu’à nouvel ordre.

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[Pièce n°2563]. Berthier au duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

Mayence, 2 novembre 1813.

D’après les intentions de l’Empereur, je donne ordre au général Fontanelli de réunir à Kaiserlautern tous les Italiens qui sont à  l’armée, infanterie, cavalerie et artillerie, et de partir avec eux pour se rendre à Milan en passant par le Simplon ; l’intention de Sa Majesté est qu’il fasse partir en poste les généraux et officiers dont il jugera la prompte arrivée plus utile en Italie et qu’il s’y rendre lui-même en poste.

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[Pièce n°2564]. Berthier au duc de Feltre.

Mayence, 2 novembre 1813.

Conformément aux intentions de l’Empereur, j’ai autorisé M. le baron de Vence, colonel du 4ème régiment de chasseurs à cheval, à se rendre au dépôt de son régiment pour se guérir de la blessure qu’il a reçue le 30 du mois dernier.

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[Pièce n°2565]. Berthier au duc de Feltre.

Mayence, 2 novembre 1813.

Conformément aux ordres de l’Empereur, j’ai donné des congés de convalescence aux officiers ci-après désignés pour se rendre à Paris et s’y faire traiter de leurs blessures.

M. le général de division comte Gérard, employé au 11ème corps : 3 mois.

M. le colonel Vincent, commandant le 19ème régiment de chasseurs : 2 mois.

M. l’adjudant commandant Tancarville, chef d’état-major du 4ème corps de cavalerie : 3 mois.

M. le capitaine Sainte-Marie, aide-de-camp du général penne : 3 mois.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, pp.239-240).

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( 1 novembre, 2013 )

1er novembre 1813…

[Pièce n°2560]. Berthier à Macdonald.

Höchst, 1er novembre 1813.

L’intention de l’Empereur est que vous laissiez le commandement du 11ème corps d’armée au général Charpentier en le chargeant d’exécuter tous les ordres qui vous ont été donnés et que de votre personne vous vous rendiez en poste et en toute diligence à Cologne pour prendre le commandement de la frontière du Rhin depuis la Moselle jusqu’à Zwolle.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, pp.238-239).

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