( 14 juin, 2014 )

La marine à l’île d’Elbe…

Marin

Ordre de Napoléon au général Drouot.

Traitement des marins de la Garde.

Les marins de la Garde seront traités de la manière suivante :

Les sergents, 60 francs.

Les caporauc, 37 francs.

Les marins de première classe, 28 fr. 50.

Les marins de seconde classe, 25 fr.50.

Ils auront de plus, quand ils seront embarqués, les vivres journaliers sans aucune retenue. Toutes les fois qu’ils seront casernés à terre, ils n’auront que la ration de terre.

Il faudra donner des ordres  pour qu’ils aient des chapeaux de paille avec une couverture blanche, et des pantalons et des gilets de coutil, afin que, lorsque ils seront dans les canots et à bord, ils puissent ménager leurs habits de drap.

Il faudra assigner aux sergents et caporaux un grade dans ma marine conforme aux privilèges de la Garde.

Tous les soldats qui sont nouvellement admis dans la Garde seront traités comme le deuxième régiment.

——

Napoléon au grand-maréchal Bertrand.

14 juin 1814.

Entretien des bâtiments de la marine.

Le budget de la marine doit comprendre un chapitre pour l’entretien des bâtiments. Il sera accordé provisoirement six cents francs sur ce chapitre, savoir :

Cinquante francs, pour une boussole, en cuivre pour mon canot.

Quatre cent cinquante francs, pour coussins, tapis, rideaux et autres objets.

Cent francs, pour suiffer la Caroline, peindre les canots, et autres dépenses nécessaires.

Donnez des ordres pour que mon canot ait tout ce qui lui est nécessaire avant la fin de la semaine.

 

(« Le Registre de l’île d’Elbe. Lettres et ordres inédits de Napoléon 1er (28 mai 1814-22 février 1815). Publiés par Léon-G. Pélissier », A. Fontemoing, Éditeur, 1897, pp.8-10)

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( 13 juin, 2014 )

Du côté de Rouen…

Sacken

Le général russe Osten-Sacken (1752-1837), gouverneur général de Paris.

« 13 juin 1814. L’esprit des troupes est peu rassurant dans la Seine-Inférieure [Seine-Maritime]; le préfet s’en plaint depuis longtemps et il attribue les divisions qui se produisent, dans la population, à la présence des militaires. Selon lui, c’est à peu près inutilement qu’on change les troupes ; elles sont remplacées par d’autres corps encore plus mal disposés. Le 4ème chasseurs à  cheval et le 72ème régiment d’infanterie sont à Rouen; ils y étaient déjà lorsque les détachements de la marine Russie ont passé dans cette ville et ils se sont permis les plus violentes injures contre ces détachements. Le général Sacken a, lui-même, été mal accueilli au spectacle. L’air « Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille ? », joué à la demande du général, a été repoussé avec scandale. Néanmoins, l’air « Vive Henri IV ! » chanté après le spectacle, a été universellement applaudi. Le général Sacken, qui s’était montré avec une grande affabilité aux habitants de Rouen et qui s’était promené dans le parterre, en leur adressant des paroles flatteuses, a même été salué, à la sortie du théâtre, par des témoignages d’estime et de respect. »

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.40-41).

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( 13 juin, 2014 )

«L’Empereur a besoin de nous à l’île d’Elbe !»

Napoleon Ile Elbe

Bulletin du 13 juin 1814. Paris.- Ce matin, les ouvriers étaient à la Grève [Place de Grève, actuelle place de l’Hôtel-de-Ville. Cet endroit était connu des ouvriers comme lieu de rassemblement] au nombre d’environ quatre cents, attendant de l’ouvrage. Il en a été employé une vingtaine. Le bruit courait parmi eux que Bonaparte avait des travaux à faire à l’île d’Elbe, et qu’il en occuperait une partie s’ils s’y rendaient. Je fais rechercher avec soin ceux qui accréditeraient de telles fables dans l’intention d’indisposer les esprits.

-Les journaux ont annoncé que général Bertrand était de retour de l’île d’Elbe à Paris ; c’est une imposture.

-Le maréchal Davout est arrivé hier soir à Paris. Il paraît qu’il est arrivé sous un nom supposé de Hambourg à Dunkerque sur un navire marchand.  Je n’ai point encore de rapport de l’autorité locale.

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., pp.8-9).

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( 9 juin, 2014 )

Napoléon à Lyon…

N13

En route pour son exil à l’île d’Elbe, Napoléon était passé à Lyon le 23 avril 1814 : « Le 23 avril [1814] au soir, sa voiture, attelée de six chevaux, entrait à Lyon par la barrière de Vaise ; quelques autres la suivaient ; elles traversèrent la ville rapidement, et ce n’est qu’à La Guillotière qu’on s’arrêta. On avait fait tout ce qu’on avait pu pour laisser ignorer ce passage ; cependant, comme cela arrive toujours dans ces occasions, beaucoup de personnes le savaient, et une foule assez nombreuse, malgré l’heure avancée, voulut en lui adressant un dernier adieu qu’on croyait devoir être éternel, protester contre le nouveau régime. Cette manifestation fut assez forte pour imposer [le] silence à quelques exaltés qui croyaient devoir fêter le retour des Bourbons, en insultant dans son infortune l’homme qu’ils avaient, il y a quelques jours, encensé à genoux. Quoiqu’il en soit, après le temps nécessaire pour relayer, à onze heures précises du soir, la voiture qui emportait l’Empereur continua sa route, laissant derrière elle Lyon, où Napoléon devait encore repasser une fois. »

(Honoré Vieux, « Napoléon à Lyon. Recherches historiques sur ses passages et séjours en cette cité », Lyon, Chez les principaux Libraires, 1848, pp.76-77). 

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( 8 juin, 2014 )

Le général Cambronne à l’île d’Elbe…

Cambronne

« Le général Cambronne aura le commandement de la place de Porto-Ferrajo [Portoferraio]. Il aura également le commandement de… [nom laissé en blanc]. Il sera chargé: 1° d’arrêter le service de la place, et de veiller à ce qu’il se fasse avec la plus grande régularité; 2° il présidera le conseil de santé, afin de veiller à ce que les lois de santé pour les bâtiments qui sont en quarantaine soient exécutées ; 3° il veillera à tout ce qui est police et sûreté ; en conséquence, aucun individu ne débarquera à Porto-Ferrajo [Portoferraio] qu’il n’ait une carte de sûreté de lui, qu’il ne l’ai fait visiter, et qu’il ne connaisse ce qui le conduit dans l’île. Enfin, il sera chargé de tout ce qui est relatif à l’administration de la Garde.

Il sera fait choix d’un capitaine de la Garde pour faire les fonctions de commandant d’armes. Ce choix sera soumis à mon approbation. Le général Cambronne rendra compte de tout au gouvernement. Le capitaine Raoul fera les fonctions de Directeur du génie. Tous les papiers des forts lui seront remis; il en donnera un reçu que le gouvernement gardera. L’artillerie procédera au désarmement de porto-Ferrajo [Portoferraio] et de Longone [Porto Longone en 1873, puis Porto Azzuro depuis 1947], à dater du premier juin. Les projets de désarmement me seront soumis. »

Instructions de Napoléon au général Drouot, 29 mai 1814 («Le Registre de l’île d’Elbe. Lettres et ordres inédits de Napoléon 1er (28 mai 1814-22 février 1815). Publiés par Léon-G. Pélissier », A. Fontemoing, Éditeur, 1897, pp.6-7)

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( 6 juin, 2014 )

« Porte-drapeaux des armées de Napoléon » n°7…

Paru hier, jeudi 5 juin, ce nouveau numéro représente le porte-aigle du 93ème régiment d’infanterie de ligne.

Le prochain, dans quinze jours, sera le porte-fanion de l’escadron des mamelucks. En kiosque, 11.99 euros.

Hachette 7

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( 4 juin, 2014 )

Bulletin des 4, 5, 6 et 7 juin 1814.

NN1Var, Préfet, 24 mai 1814Buonaparte, dans un entretien qu’il a eu, lors de son passage, avec le préfet du Var [le 26 avril 1814], lui a dit : « La trahison de Marmont ayant livré Paris et amené la révolution qui vient de s’opérer, il me restait encore la guerre civile. J’ai abdiqué pour en épargner les maux à la France et à mes amis qui auraient tout perdu. J’avais encore de grandes ressources dans les armées de Paris et de Lyon. Sur ma route, les soldats ont crié « Vive l’Empereur ! » et m’aurait délivré si je leur eusse dit un mot. Ma Garde a voulu me suivre: je m’y suis opposé [inexact, puisqu’on sait que de nombreux éléments de la fidèle Garde Impériale débarquèrent à l’île d’Elbe le 25 ou le 26 mai 1814 –selon les sources-]. A Lyon on a été obligé de prendre des précautions pour rendre sans effet les dispositions bienveillantes manifestées en ma faveur. » Malgré les folles illusions qu’indique encore ce discours, Bonaparte n’a pu dissimuler au préfet que depuis Orgon, la  plus violente effervescente avait éclaté contre lui dans toute la Provence, et qu’il y avait partout injurié et menacé [exagération de la part de Beugnot. Le 25 avril 1814, à Orgon, l’Empereur des mouvements populaires fort hostiles ; à Orange et à Avignon, lors du passage de l’Empereur, la foule cria également son hostilité].

Le séjour de Mme Borghèse [la Princesse Pauline Bonaparte] dans le département du Var n’a produit aucun effet sur l’opinion ; elle y était à peine aperçue. Le 19 mai, elle s’est embarquée à Saint-Raphaël sur une frégate napolitaine pour aller prendre les eaux d’Ischia: elle parlait de se rendre ensuite à l’île d’Elbe. Une frégate anglaise s’est rendue à Villefranche pour la prendre. Le capitaine a paru très fâché de ne pas l’emmener. C’est le même qui avait été chargé de conduire Bonaparte à l’île d’Elbe [Le capitaine Thomas Ussher commandant le navire, l’Undaunted]. Il tenait, disait-il, infiniment à l’honneur d’avoir conduit ce grand homme. M. le lieutenant général Köller [Koller], commissaire autrichien, écrivait à Mme Borghèse que « S. M. l’Empereur, qui avait fait ce voyage sur cette frégate, avait été extrêmement satisfait des attentions et des soins qu’il avait trouvés ; qu’il se louait beaucoup du capitaine; que l’amiral anglais, commandant les escadres britanniques dans la Méditerranée, avait mis la frégate à la disposition de S.M. l’Empereur ». Tel est le texte de la lettre de M. Köller [Koller].

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., pp.7-8).

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( 4 juin, 2014 )

Le mécontentement de l’armée…

France 2

L’armée telle qu’elle fut sous l’Empire.

« La situation de Paris s’améliore; les ateliers, longtemps fermés, s’ouvrent successivement et les ouvriers en bâtiments donnent moins d’inquiétude. En résumé, le bonapartisme s’affaiblit chaque jour dans l’esprit du peuple, mais on ne peut pas dissimuler qu’il règne, parmi les militaires, un mécontentement qui n’a point encore cédé; il y a six mois, l’’armée était tout et elle ne saurait se résoudre à n’être plus que quelque chose. Elle a été nourrie dans un tel degré d’insolence envers tout ce qui n’était pas Bonaparte, qu’on ne peut aujourd’hui en obtenir du respect pour rien. Aussi, des personnages élevés parmi les militaires disent, hautement, que l’armée ne peut rien espérer d’un gouvernement de capucins, désignant de la sorte MM. De Talleyrand, de Montesquiou et Louis. Les maréchaux se servent encore, dans la conversation, du mot de pékin pour désigner tout ce qui n’est pas militaire, sans exception, et, pour le moindre caporal, le chancelier de France n’est encore qu’un pékin. Aux spectacles, dans les lieux publics et jusque dans les sociétés privées, les militaires promènent ce ton farouche et tranchant, ces détestables manières qu’il fallait subir autrefois et dont on est fort impatient aujourd’hui. Ils s’y répandent en moqueries, en jactance, en prétentions et y donnent leurs vœux pour des espérances.

Un général de beaucoup d’esprit et d’expérience et qui connait toute l’armée, le général Mathieu Dumas, prétend que le gouvernement fait fausse route avec elle, que toute, insolente, toute prétentieuse, toute mal élevée qu’on la suppose, elle a été, malgré ses défauts et malgré son extrême mécontentement de Bonaparte, depuis l’expédition de Russie, gouvernée, maîtrisée, sacrifiée avec une extrême facilité ; que le fond de son caractère est l’obéissance passive et que le Roi en fera tout ce qu’il voudra avec de la fermeté ; qu’il ne faut ni la caresser, ni la laisser dans l’incertitude, mais continuer de la maîtriser en tout et pour tout.

Rapport du comte Anglès en date du 3 juin 1814. (Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.24-26).

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( 3 juin, 2014 )

Les Russes quittent Paris avec fracas !

Officiers russes

Rapport du comte Anglès, 3 juin 1814. « Le départ des troupes russes a été marqué par quelques désordres. On a été prévenu, dans la nuit, qu’elles se proposaient de mettre le feu aux casernes dont on avait, déjà, jeté les meubles par les fenêtres. On y a dirigé, de suite, une compagnie de pompiers et une force suffisante de gendarmerie, avec ordre de sabrer sur le champ ceux qui se livreraient à ces excès. Des agents de police ont pénétré dans les casernes pour vérifier d’où venait ce mouvement. Il n’était l’effet ni d’un complot, ni d’aucun ressentiment, mais de cet instinct des peuples slaves pour ce qui ce fut, de tout temps, un besoin de détruire ce qu’ils abandonnent. Au reste, on a préservé les casernes. Le mobilier seulement a été brûlé. C’est, avec des Russes, en être quitte à bon marché. »

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], p. 24).

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( 2 juin, 2014 )

Un mot en 5 lettres…

Cambronne

S’il y a un général  connu dans la Grande-Armée pour son « mot » c’est bien le général Pierre Cambronne (1770-1842). Au soir de la journée mémorable de Waterloo  en réponse aux Anglais qui le sommaient de se rendre,  il aurait lancé à la figure de l’ennemi ce mot violent, tel un dernier coup de canon. Mais rien n’est moins sûr ! En effet l’intéressé s’est toujours défendu de l’avoir prononcé ; mais le cœur y était certainement ! Et voilà Cambronne, vaillant officier ayant connu le baptême du feu à Jemappes en 1792, s’étant illustré sur presque tous les champs de batailles de l’Empire, qui entre dans l’Histoire. Lui qui commandait le 1er régiment des chasseurs à pied de la Garde le 18 juin 1815 et qui se retrouva dans un des derniers carrés face aux Britanniques, épousera plus tard une… Anglaise après avoir été nommé vicomte par Louis XVIII.

C.B.

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( 31 mai, 2014 )

« Le Roi nous ignore ! »

soldats

Rapport du 31 mai 1814.- Il circule dans Paris un grand nombre d’officiers qui, dans les lieux publics, s’exaspèrent et tiennent de fort mauvais propos. Ceux du 58ème régiment d’infanterie de ligne se plaignent de ce que le Roi ne leur ai rien dit, hier, lorsqu’ils lui ont été présentés. Le Roi dit naturellement si bien, qu’il n’est pas étonnant qu’on prenne son silence pour une disgrâce. 

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], p.19).

—–

Comte Jules Angles

Quelques mots sur l’auteur de ce rapport. En 1799, le comte Jules Anglès (1778-1828) entre à l’École Polytechnique. En 1806, on le retrouve comme auditeur au Conseil d’État, puis intendant en Silésie, la même année. En 1809, il est en Autriche et devient maître des requêtes au Conseil d’État, chargé du 3ème arrondissement de la Police générale englobant les départements italiens. Au début de la première Restauration, Anglès est nommé par Louis XVIII « Commissaire du gouvernement provisoire à la police générale de la police du Royaume par intérim », dépendant du comte Beugnot, ministre de l’Intérieur. En décembre 1814, Anglès prend définitivement la Direction de la Police du Royaume, par suite de la nomination de Beugnot comme ministre de la Marine. Durant les Cent-Jours, il suit Louis XVIII à Gand, en Belgique et ne revit à paris qu’après Waterloo ; en septembre 1815 il devient préfet de police de Paris (jusqu’en décembre 1821).Ses rapports viennent compléter les Bulletins que le comte Beugnot adresse quotidiennement à Louis XVIII.

C.B.

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( 31 mai, 2014 )

A Paris, l’imagination des habitants…

1814 à Paris

Dans cette France de la première Restauration, les bruits les plus délirants vont bon train. Comment imaginer Napoléon prenant la tête des armées autrichiennes ? Cela dépasse tout entendement !

C.B.

Bulletin du 31 mai 1814. On apprend de l’île d’Elbe que Bonaparte fait des plans de palais, de ports, d’établissements publics. Les nouvelles sont arrivées au père du général Bertrand, ci-devant grand maréchal du palais qui les a communiquées à quelques affidés du parti. On se berce dans ce parti du rêve que si l’Autriche a jamais fait la guerre avec la France, elle appellera Buonaparte pour commander ses armées. Cette guerre avec l’Autriche s’est placée, on ne sait comment, dans toutes les prévoyances. »

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., pp.6–7).

 

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( 31 mai, 2014 )

Le départ des troupes alliées…

Hussard prussien

« Rien n’est égal à la joie qu’on ressent à Paris du départ des troupes étrangères. Cette joie s’est manifestée, dans les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau, par des propos et des chants qui décèlent un patriotisme grossier mais ferme. Dans l’un de ces quartiers, quelques malveillants ont essayé de mettre à  profit le goût que montre le peuple pour l’air de « Vive Henri IV ! », en y appropriant des mots à la louange de Bonaparte ». Comte Anglès, rapport en date du 31 mai 1814.

Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], p. 21).

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( 27 mai, 2014 )

La Garde a débarqué à l’île d’Elbe !

GI

« Le 26 mai [1814], beau temps, le vent variable du nord-ouest au sud-est, presque calme. De très grand matin, le souverain de l’île d’Elbe se rendit au quai où les transports anglais étaient accostés pour donner des ordres et assister lui-même au débarquement de ses troupes, des effets et des bagages. A six heures du matin, il fit armer à la hâte l’un de ses canots et se rendit inopinément à bord de la Dryade [frégate commandée par le capitaine Peytis de Moncabrié], accompagné de son grand maréchal du palais, du général Cambronne, commandant la Garde, qui venait d’arriver, de plusieurs autres officiers supérieurs, et du commandant des transports anglais. Comme on ne s’attendait pas à cette visite, du moins d’aussi bonne heure, on était encore occupé à laver et à nettoyer la frégate. Cela n’empêcha pas ce souverain de faire le tour du bâtiment sur les gaillards et les passe-avants. Chemin faisant, il demanda à plusieurs marins leurs nom, celui de leur quartier, leurs fonctions à bord. Ensuite, arrivé sur le gaillard d’arrière, il s’adressa à M. le commandant de Moncabrié pour s’informer de l’époque de son départ de Toulon et de l’objet de sa mission. Le commandant ayant satisfait à ses demandes, Napoléon se retira en lui disant :

- Capitaine, je viendrai vous voir dans un autre moment.

La Garde était sous les armes, le tambour battit « Aux Champs ! ». Il ne fut point fait de salut à la voix. L’équipage resta immobile, et dans le plus grand silence. En sortant de la Dryade où Napoléon avait passé environ dix minutes, le souverain se rendit à bord de la frégate anglaise où il resta à peu près le même temps. En débordant pour se rendre à terre, il fut salué, par l’équipage de cette frégate, de cinq cris de « Hourra ! » Tous les bâtiments anglais et autres qui étaient sur la rade, à l’exception de la Dryade et du brick l’Inconstant, le saluèrent également, les anglais par des « Hourra ! » Les autres par des cris de « Vive l’Empereur ! ». A neuf heures et demie du matin, les capitaines anglais de la frégate [Ussher] et du brick, et le colonel Campbell vinrent faire une visite à M. de Moncabrié. Ce commandant les invita à déjeuner pour le lendemain. »

(Vicomte de Charrier-Moissard, « Journal », in « Toute l’Histoire de Napoléon. La Déportation de Napoléon à l’île d’Elbe », n°3-Avril 1952, Editions Académie Napoléon, pp.48-49).
———
« La Garde était joyeuse de revoir son chef, et l’Empereur joyeux de se trouver au milieu de ses vieux grognards. Les habitants étaient dans l’ivresse : ils arrivaient de toute part. Ils disaient : « La disgrâce de l’Empereur fera la bonheur de l’île d’Elbe ».

(« Mes souvenirs de l’île d’Elbe » par Vincent, sellier de l’Empereur, in « Documents sur le séjour de Napoléon 1er à l’île d’Elbe », dans la « Nouvelle Revue Rétrospective », 1895).

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( 25 mai, 2014 )

« On s’entretient du sort de « Bonaparte » à l’île d’Elbe. »

N1

Bulletin des 25 et 26 mai 1814. Cafés, lieux publics.- On s’entretient du sort de Bonaparte à l’île d’Elbe. L’autorité dont il jouit donne lieu à beaucoup de commentaires. On se demande si les puissances n’ont pas une arrière-pensée en lui conservant une existence politique.

Journaux, pamphlets.- Les ordres les plus sévères ont été données aux journalistes de s’abstenir de parler de Bonaparte et de sa famille. La rédaction des feuilles sera attentivement surveillée…

Addition autographe de Beugnot. Des précautions ont été prises pour la stricte exécution de ces ordres. L’exposition des caricatures de Bonaparte et  sa famille a été sévèrement prohibée.

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., pp.4-5).

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( 22 mai, 2014 )

« Porte-drapeaux des armées de Napoléon » n°6…

Paru ce jeudi 22 mai, ce nouveau numéro représente le porte-étendard du 2ème régiment de hussards. Le prochain, dans quinze jours, sera le porte-aigle du 93ème régiment d’infanterie de ligne. En kiosque, 11.99 euros.

H6

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( 22 mai, 2014 )

Oubliez « Bonaparte » !

Journal des Débats

L’Empereur est à l’île d’Elbe depuis le début du mois de mai 1814, certes,  mais le pouvoir royal si peu sûr de lui, veille au grain. Il ne s’agit pas de rappeler le souvenir de l’Usurpateur comme le souligne le comte Beugnot à Louis XVIII ! J’apprécie beaucoup ces bulletins quotidiens auxquels le grand public n’avait point connaissance et qui dépeignent assez bien le climat fragile qui régnait alors en France.

C.B.

Bulletin des 22, 23 et 24 mai 1814.

Le « Journal du débats » du 23 [mai 1814] contenait un article sur l’entrée de Napoléon dans l’île d’Elbe, et cet article a été inséré le 24 dans quelques autres journaux. Toutes les personnes attachées à la famille royale ont remarqué avec peine que l’on cherchât encore à rappeler l’attention des lecteurs sur un homme que, pour le repos de la France, on ne saurait trop tôt oublier. J’ai invité les commissaires des journaux à empêcher qu’il ne fût dorénavant parlé de Bonaparte.

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., p.4).

N13

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( 19 mai, 2014 )

On en parle…

Mon dernier livre (« Napoléon, la dernière bataille… », Omnibus, 2014) a été évoqué dans « Le Figaro Magazine » du 16 mai 2014.

Le Figaro-Magazine 16 mai 2014

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