( 19 mai, 2014 )

«VIVE L’EMPEREUR !»

N14

Un rapport expédié à Louis XVIII par le comte Beugnot, directeur général de la Police de juin à décembre 1814, avant d’être remplacé par le comte Anglès. Napoléon, en route vers l’île d’Elbe, fit étape le 20 avril 1814 à Briare, vers 20h30 et dormit à l’Hôtel de la Poste. M.M. Garros et Tulard dans leur « Napoléon au jour le jour » (Tallandier,1992, p449) indiquent que « le général Cambronne et les 600 grenadiers qui devaient l’accompagner à l’île d’Elbe lui rendirent les honneurs. »

C.B.

Bulletin des 18 et 19 mai 1814.

A son passage à Briare, Bonaparte a été accueilli aux cris de « Vive l’Empereur ! ». Les militaires qui provoquaient ces cris menaçaient de voies de fait les habitants qui n’étaient pas de leur parti. En général les militaires se conduisent très mal et son animés d’un mauvais esprit. Les soldats du train d’artillerie surtout se sont fait redouter par leurs rapines et leurs excès. Le peuple est écrasé de réquisitions de guerre et le pays ruiné pour longtemps.

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date, p.2).

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( 17 mai, 2014 )

Bulletin du 17 mai 1814…

Savary duc de Rovigo

Général Savary, duc de Rovigo.

Paris.- On prétend que Cambacérès, Laborde et Hulin fournissent de l’argent pour exciter les mouvements séditieux qui se manifestent depuis quelque temps parmi les ouvriers de la capitale. Mais on n’a pas pu se procurer encore la preuve matérielle de ce fait. M. Gingembre, inspecteur général de la Monnaie, M. Combe, payeur de l’armée, sont chacun signalés comme auteurs de propos exaspérés et injurieux contre  le gouvernement. Le premier a dit que dans six mois les Bourbons ne régneraient plus en France. Il est étonnant que, lui connaissant de telles dispositions, on lui laisse une place importante. Un jeune homme, parent de M. Combe, a tenu au même sujet les propos les plus révoltants. On le fait surveiller.

M. le duc de Rovigo [général Savary], ancien ministre de la police, a été prévenu que sa présence à Paris n’était pas agréable. Après une longue conversation avec celui qui le remplace, il est convenu qu’il partirait, demain 18, pour la province.

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., pp.1-2).

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( 16 mai, 2014 )

A propos du maréchal Poniatowski…

Poniatowski

« On ne saurait trop faire l’éloge de la conduite du comte Lauriston et du prince Poniatowski dans cette journée [celle de Leipzig]. Pour donner à ce dernier une preuve de sa satisfaction, l’Empereur l’a nommé, sur le champ de bataille, maréchal de France, et a accordé un grand nombre de décorations aux régiments de son corps ».

(Bulletin de la Grande Armée, Leipzig, 16 octobre 1813, au soir).

« Le prince Poniatowski est mort glorieusement [en cherchant à franchir l’Elster, le 19 octobre 1813] après m’avoir rendu de grands services, pour lesquels je l’avais nommé maréchal de France.

(Napoléon à la comtesse Tyskewicz, Mayence, 6 novembre 1813).

 

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( 12 mai, 2014 )

Au hasard de mes lectures…

Au hasard de mes lectures...

De la politique patrimoniale de Napoléon : actes et effets.

Voici un livre récent qui porte sur un sujet peu exploité : la politique patrimoniale, foncière et immobilière de Napoléon. L’Empereur parfaitement ordonné dans sa tête et dans ses actes, ne laissa rien au hasard dans ces domaines. Que ce soit dans la réalisation de son « Grand Dessein », la réunion du Louvre aux Tuileries, vaste projet urbain tournant autour d’une refonte complète du centre de Paris (le début du percement de la rue de Rivoli en est un exemple), ou afin de reconstituer le domaine royal du Château de Versailles. Afin que toutes les opérations immobilières se fassent dans la légalité, un « Comité des affaires contentieuses de la Couronne «  est créé. Un chapitre est consacré aux donations immobilières faites par l’Empereur à quelques uns de  ses plus fidèles serviteurs : Lefebvre-Desnouettes, Bertrand, Mouton, comte de Lobau. Un exemple délicat est celui de la donation faite à Camille Illari, qui fut sa nourrice lorsqu’il était enfant.  Joséphine n’est pas oubliée des  générosités de l’Empereur, ainsi qu’Élisa, Pauline, Camille Borghèse, son second époux, Sieyès, Talleyrand. Toutes ces opérations souvent complexes sont effectuées sous la surveillance du Comité cité plus haut. Rien, selon les instructions de l’Empereur, ne doit être bâclé. Les personnes, quel que soit leur rang, ne peuvent pas faire n’importe quoi du bien reçu des mains impérial ; voir à ce titre l’exemple de Pauline avec l’acquisition du château du Raincy, non loin de Paris.

Globalement, et malgré quelques coquilles et de légères répétitions, il s’agit d’une étude intéressante à garder en bonne place dans sa bibliothèque.

Sébastien EVRARD, « L’or de Napoléon. Sa stratégie patrimoniale (1806-1814) », L’Harmattan , 2014 [paru en février], 168 p., (18.00 €).

——-

Joséphine…

Georges Mauguin, qui fut durant les années 1920/1950 un des plus éminents historiens napoléoniens, a commis un petit volume consacré à l’impératrice Joséphine. Il est composé de notices qui ressemblent beaucoup de par leur forme à des articles. On y parle de l’âge de Joséphine, de son premier mariage avec Alexandre de Beauharnais, de son hôtel de la rue Chantereine (devenue, depuis, rue de la Victoire); ses talents de botaniste sont également évoqués. Le tout se lit agréablement, même s’il présente un intérêt inégal.

 

Georges MAUGUIN, « L’impératrice Joséphine. Anecdotes et Curiosités », J. Peyronnet et Cie, 1954, 102 p.

 

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( 9 mai, 2014 )

« Porte-drapeaux des armées de Napoléon » n°5…

Paru ce vendredi, ce nouveau numéro représente le porte-drapeau du 32ème régiment d’infanterie de ligne (1804). Le prochain, dans quinze jours, sera le porte-étendard du 2ème régiment de hussards (1804-1809). En kiosque, 11.99 euros.

H5

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( 9 mai, 2014 )

« Les plus belles femmes du monde ! »

Elba

Lorsque Napoléon arrive à l’île d’Elbe pour ses trois-cents jours d’exil, Jobit, capitaine le 18 thermidor an VI et chevalier de la Légion d’honneur le 5 septembre 1804, n’est toujours que capitaine. « Là, ce capitaine de 1ère classe au 3ème bataillon de vétérans de la Grande-Armée commande la petite garnison du fort saint-Hilaire, à Porto-Ferrajo [Portoferraio], où il a volontairement  suivi l’Empereur. ». Il va donc rencontrer Napoléon plusieurs fois. Une fois, vers mai 1814, alors qu’il a été invité par l’Empereur en son palais de Portoferraio pour un dîner en l’honneur de la princesse Pauline, il fait appeler Jobit afin de parler quelques instants avec lui :

« -Êtes-vous content ?

-Oui, Sire. 

…Et comme je voyais l’Empereur très gai, j’ajoutai dans un souffle, à son oreille :

-Comment, Sire, ne serions-nous pas contents, nous qui sommes mariés depuis notre débarquement dans l’île ?

-Comment mariés ! dit l’Empereur.

-Oui, Sire. Les insulaires elboises, comme Votre Majesté a dû le constater, sont admirables, en vérité les plus belles femmes du monde ! Chacun de nous les « loue » tant par mois à leurs parents. Les commandants paient 25 francs, les capitaines, comme moi, seulement 18, et les lieutenants-comme mon camarade ici présent-seulement 12 ; mais nous leur donnons campo [champ libre ?] les samedis et les dimanches qu’elles vont passer dans leurs familles.

 L’Empereur sourit, puis chuchota, car Son Altesse la princesse Pauline s’avançait vers nous :

-Mais vous sont-elles fidèles ?

-Oui, Sire, je puis assurer à Votre Majesté qu’il est bien rare de trouver un entreteneur [sic] trompé… »

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( 8 mai, 2014 )

L’état d’esprit à Paris…

« En général, la tournure des esprits est telle, qu’à présent on interprète à mal, avec une grande facilité, toutes les actions des souverains alliés qu’on avait accueillis, d’abord, d’une manière beaucoup plus favorable. Cependant, l’opinion publique fait toujours une grande différence en faveur de l’empereur Alexandre ; mais on ne peut parvenir à ôter de la tête de beaucoup de gens que la Prusse et l’Autriche demandent une contribution énorme. Il est vrai que tous les détails connus sur la conduite des généraux autrichiens, dans les pays qu’occupent leurs troupes, est fort propre à aigrir les esprits. Ils lèvent contributions sur contributions dans de misérables localités déjà ruinées de fond en comble. L’observation attentive avec laquelle on suit ce qui se passe dans les groupes, donne lieu de connaître, qu’en général, l’esprit s’y améliore un peu. Hier soir, dans ceux où se trouvaient des militaires français, on parlait assez de Bonaparte et de ce qu’il avait fait dans la dernière campagne. Les militaires, en général, défendaient sa bravoure que quelques personnes voulaient attaquer, mais il n’y avait rien de fort animé de part et d’autre.

 Caricature 1814

En général, il importe d’éviter de publier, d’aucune manière, des choses injurieuses à l’égard de Bonaparte, car on a remarqué que, presque toujours, elles produisaient un effet contraire à celui qu’on entendait. Par exemple, le Préfet de Police a été obligé, aujourd’hui, de faire retirer de beaucoup de boutiques des gravures représentant la figure l’ex-Empereur composée avec des cadavres humains. Cette image avait déjà occasionné beaucoup de murmures de la part de quelques militaires. Hier, un bijoutier, rue Saint-Honoré, avait mis à sa fenêtre un tableau où il représentait Bonaparte sous la figure d’un tigre; la Garde, même nationale, le trouva fort mauvais. On a sagement agi en faisant retirer ce tableau, avant le passage du cortège. »

 

Rapport en date du 4 mai 1814, extrait de l’ouvrage de Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.12-13. Au début de la première Restauration, le comte Anglès (1778-1828) est nommé par Louis XVIII « Commissaire du gouvernement provisoire à la police générale de la police du Royaume par intérim », dépendant du comte Beugnot, ministre de l’Intérieur.

 

 

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( 7 mai, 2014 )

Au hasard de mes lectures…

Au hasard de mes lectures...

Un livre très moyen…

Aucune surprise à attendre de cet ouvrage publié il y a fort longtemps « Les maréchaux d’Empire et la première abdication », de MM. Rivollet et Albertini, n’apprendra rien d’inédit au lecteur, sauf, peut-être, le fait que Talleyrand fut hostile à la déportation de Napoléon à l’île d’Elbe, « l’estimant trop près des côtes de France et d’Italie ». Ce livre se contente de retracer des faits historiques connus depuis longtemps et sans tirer aucune analyse, nulle conclusion intéressante. En revanche, on remarquera des erreurs de style et plusieurs fautes quant aux dates et heures de ces premiers mois de l’année 1814 qui virent s’enchaîner tant d’événements.

C.B.

Georges RIVOLLET et Paul-Louis ALBERTINI, « Les maréchaux d’Empire et la première abdication. Avril 1814. Préface d’André Masséna, prince d’Essling », Editions Berger-Levrault, 1957, 174 p.

 

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( 5 mai, 2014 )

Il y a 193 ans…

Napoléon 1er

…S’éteignait à l’île de Sainte-Hélène, le 5 mai 1821, l’empereur NAPOLEON 1Er. Si nous sommes là, près de deux siècles après à rappeler sa mémoire, c’est qu’il y a de par le monde, des hommes et femmes, Français ou étrangers, car NAPOLEON est bien universel,  qui savent combien  l’Empereur a marqué l’Histoire d’un sceau indélébile.

Rien, ni personne, aucun pamphlétaire, de Lewis Goldsmith à Lionel Jospin, ne parviendra à gommer par le mensonge, la calomnie et le politiquement correct, l’œuvre napoléonienne accomplie. Des campagnes militaires, face à l’Europe des rois déchaînée contre ce petit Corse, mais aussi une œuvre civile immense ! Cour des comptes, Banque de France, Lycées, Baccalauréat, Conseil de Prud’hommes, Code Civil, Ordre de la Légion d’honneur… Autant d’œuvres encore en  vigueur dans notre pays aujourd’hui ! Et que les Républiques, de la IIIème à la Vème, n’ont jugé utiles de supprimer !

Que les incultes en histoire, les partisans d’amalgames faciles et de raccourcis historiques douteux, sachent aussi que les peuples du monde, de l’Amérique du Sud à la Pologne; de l’Italie à la Grèce lors des combats menés afin de libérer leur patrie respective du joug de l’occupant, se sont toujours réclamés du GRAND NAPOLEON. Ces mêmes pays comptaient dans leurs rangs de nombreux officier ayant servi le célèbre capitaine, d’Arcole à Waterloo.

Enfin, comment oublier l’œuvre de l’Empereur à l’égard de la communauté juive en France ? Aujourd’hui encore, les Juifs de France n’oublient pas que Napoléon fut le créateur du Grand Sanhédrin, ancêtre du Consistoire central. Grâce à lui, ils sont devenus citoyens français avec les droits et les devoirs inhérents à cette qualité.

QU’IL REPOSE EN PAIX SOUS LE DÔME DORE DES INVALIDES !

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( 4 mai, 2014 )

Le débarquement de Napoléon à Portoferraio…

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« Nous avons mouillé hier à Porto Ferrayo [Portoferraio] et aujour’huy [aujourd’hui] nous sommes venus à terre. L’isle [île] est plus jolie que nous le pensions. Suivant le capitaine Campbell et le colonel Vincent [Charles Vincent (1753-1831), officier français résidant sur l’île et directeur des fortifications] qui a demeuré 16 ans à Saint-Domingue, elle ressemble beaucoup aux colonies. Les habitations ne sont pas brillantes, aucune maison ne vaille celle de mon père à Châteauroux. Mais cependant elles sont passables. Il y en a de plus grandes ; les petites maisons de campagne sont nombreuses et assez jolies mais petites… Le climat n’est pas aussi chaud qu’on me l’avait dit et n’approche pas celui des colonies selon le colonel Vincent. Il y a de jolies vallées, des arbres, des futayes [futaies] et de l’eau. Nous irons voir F. [lieu non identifié], Gênes et Livourne, Rome et Florence. Nous avons fait un très bon voyage, pas de tempêtes, tous les officiers anglais de la frégate étaient d’un commerce agréable, de bonnes manières douces  et de bonne éducation… » 

(Lettre du général Bertrand à sa femme, datée de « Porto-Ferraïo [Portoferraio], ce 4 avril [erreur, lire « mai »] 1814 » (Collection particulière).

 

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( 4 mai, 2014 )

Une lettre de Napoléon à Marie-Louise écrite depuis Portoferraio.

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Ma bonne Louise. Je suis resté 4 jours en mer par un temps calme. Je n’ai point du tout souffert. Je suis arrivé à l’île d’Elbe qui est très jolie. Les logements y sont médiocres ; je vais en faire arranger en peu de semaines. Je n’ai pas de nouvelles de toi. C’est ma peine de tous les jours. Ma santé est fort bonne. Adieu, mon amie, tu es loin de moi, mais mon idée est avec ma Louise. Un tendre baiser à mon fils. Tout à toi.

Nap.

Portoferraio, le 4 mai [1814]

(« Marie-Louise et Napoléon, 1813-1814. Lettres inédites… », Librairie Stock, s.d. [1955], pp.252-253).

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( 1 mai, 2014 )

Au hasard de mes lectures…

Au hasard de mes lectures...

Napoléon, la presse et les journalistes.

Voici un sujet rarement abordé dans l’époque napoléonienne: celui du journalisme. Avec cette étude, écrite il y a près un siècle, A. Périvier, lui-même ancien directeur du « Figaro », analyse en détail les rapports que général Bonaparte, puis le premier Consul et enfin l’Empereur, entretenait avec la presse et les journalistes.  Périvier n’oublie pas que Bonaparte lui-même « fut un grand écrivain, un maître dans l’art d’exprimer sa pensée ». Durant toutes ses campagnes, Napoléon consacra toujours du temps afin de composer articles de presse mais il garda également un œil attentif sur ce qui était publié dans les quelques journaux autorisés. La censure étant en vigueur à l’époque. La voix de la France, en état de guerre permanent, tant sur le plan intérieur, avec les royalistes et leurs différents complots, qu’extérieur, ne devait se faire entendre qu’avec un contrôle absolu sur tout ce qui paraissait. Il y a aussi les journaux créés de toutes pièces par le futur empereur: citons « Le Courrier de l’armée d’Italie » et « La France vue de l’armée d’Italie », ce dernier ayant pour rédacteur en chef Régnault de Saint-Jean-d’Angély, un homme tout dévoué à Bonaparte. Durant la campagne d’Égypte c’est « Le Courrier d’Égypte » qui voit le jour. « Ce sera le moniteur officiel de la colonie française. On y dira la vérité sur ce qui se passe en Égypte, autant qu’un journal officiel peut dire la vérité », précise Périvier. Un second journal vit aussi le jour : « La Décade égyptienne », imprimé par Marc Aurel, imprimeur de l’armée et c’est Tallien, venu en Égypte, et naguère prote à l’imprimerie du « Moniteur », qui s’en chargea.

Après Brumaire, il n’y aura plus en France qu’un seul journal officiel : « Le Moniteur » auquel celui qui est à présent le Premier Consul, va coordonner. « Son système se résume en quelques mots: après avoir rétabli l’ordre, il a résolu d’imposer le silence. Il se réserve, à lui seul, le droit de parler et d’écrire ». Le 17 janvier 1800, seuls treize journaux ont le droit d’exister, mais sous la surveillance de la police; la situation de la France l’exigeait sans doute, mais cette méthode peut nous paraître choquante. Les journaux venant des pays voisins sont interceptés à la frontière; même chose pour ceux arrivant dans les ports. Fouché, le tout puissant ministre de la Police générale, qui veille au grain, établissant « un cordon sanitaire arrêtant toute feuille suspecte ».

Périvier aborde également la création de la presse clandestine, composée d’ « écrits hostiles, et surtout royalistes, contre le gouvernement ». Toute la période impériale, année par année, est analysée, de 1804 à 1815. « Pendant cent jours, par un coup d’audace inouïe, Napoléon redevient maître de la France et par conséquent de la presse », écrit l’auteur.

La dernière année de l’Empire voit apparaître un certain libéralisme, dans l’esprit de l’Empereur revenu aux affaires. Benjamin Constant est mandé aux Tuileries sitôt l’Aigle revenu à Paris. « Il obéit, non sans crainte. Napoléon le reçoit d’un air riant. C’est à lui qu’il veut parler de liberté et de constitution; c’est à lui qu’il veut s’ouvrir ».  L’Empereur évoque la liberté de la presse comme d’un droit fondamental. Les événements de la campagne de Belgique, la défaite des armées françaises lors de la bataille de Mont-St.-Jean, dite « de Waterloo », et la seconde abdication de Napoléon, empêcheront le début de la création d’un empire aux idées libérales.

Une grande étude actualisée reste à réaliser sur les rapports contradictoires, mais riches d’enseignements, entre Napoléon, la presse et les journalistes.

 C.B.

A.PERIVIER, « Napoléon journaliste », Plon, 1918, 434 p.

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( 1 mai, 2014 )

«C’était un officier d’espérance…»

Montereau

A propos du général Louis Huguet-Chataux, gendre du maréchal Victor, blessé grièvement lors de la bataille de Montereau le 18 février 1814 et qui mourut le 18 mai suivant.

« Je regrette beaucoup la blessure du général Chataux ; c’était un officier d’espérance » (Lettre au roi Joseph, château de Surville, 19 février 1814, 9 heures du soir).

« Chataux était un brave jeune homme, je l’ai fort regretté. C’est lui qui a pris Brienne », déclara l’Empereur au général Gourgaud, à Sainte-Hélène le 24 mai 1817. Le gendre du maréchal Victor s’empara du château de Brienne, le 29 janvier 1814, et manqua d’y faire prisonnier Blücher).

 

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( 30 avril, 2014 )

Esprit qui règne dans les conversations à Paris.

soldats

« Dans le monde, on continue à parler beaucoup des conditions futures de la paix ; celles de l’armistice inquiètent en faisant présumer que les puissances alliées ne traiteront pas la France avec la générosité qu’elles avaient annoncée. Les Français, qui ont souffert si longtemps de guerres interminables dans lesquelles ils ont presque toujours été victorieuse, ne comprennent pas dans quel état d’épuisement Bonaparte les a laissés et ne peuvent s’accoutumer à l’idée de n’obtenir aucun accroissement de territoire et d’être soumis aux limites de 1789 ; on craint, que, si les Alliés prescrivent des conditions trop dures, la guerre ne se rallume avant quelques années. »

Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.9-10, en date du 29 avril 1814.

Au début de la première Restauration, le comte Anglès (1778-1828) est nommé par Louis XVIII « Commissaire du gouvernement provisoire à la police générale de la police du Royaume par intérim », dépendant du comte Beugnot, ministre de l’Intérieur. En décembre 1814, Anglès prend définitivement la Direction de la Police du Royaume, par suite de la nomination de Beugnot comme ministre de la Marine. Durant les Cent-Jours, il suit Louis XVIII à Gand, en Belgique.

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( 27 avril, 2014 )

Les cheveux me dressent sur la tête des crimes commis par les ennemis…»

Savary duc de Rovigo

Une lettre de l’Empereur au général Savary, ministre de la Police. Elle est pleine de remontrances. Nous sommes lors de la campagne de France.

Nogent[-sur-Seine], le 21 février [1814]

A Savary, Monsieur le duc de Rovigo, il y a bien peu de ressources à la police. Elle sert bien mal. Au lieu des bêtises dont on remplit chaque jour les petits journaux, pourquoi n’avez-vous pas des commissaires qui parcourent les pays d’où nous avons chassé les ennemis, et recueillent les détails des crimes qu’ils y ont commis ? Il n’y aurait rien de plus fort pour animer les esprits que le récit de ces détails. Dans ce moment, il nous faut des choses réelles et sérieuses, et non pas l’esprit en prose et en vers. Les cheveux me dressent sur la tête des crimes commis par les ennemis, et la police ne pense pas à recueillir un seul de ces faits ! En vérité, je n’ai jamais été plus mal servi ! Il est des habitants connus dans les communes et dont les récits excéderaient la croyance. Des juges de paix, des maires, des curés, des chanoines, des évêques, des employés, des anciens seigneurs qui écriraient ce qu’ils nous disent, voilà ce qu’il faut publier. Or, pour avoir ces lettres, il faudrait les leur demander. Il ne faut  pour tout cela ni esprit littéraire, ni littérature. Des femmes de soixante ans, des jeunes filles de douze ans ont été violées par trente ou quarante soldats. On a pillé, volé saccagé et brûlé partout. On a porté le feu à la mairie et dans les communes. Des soldats et des officiers ruses ont dit partout sur leur passage qu’ils voulaient aller à Paris, mettre la ville en cendres après avoir enlevé tout ce qu’ils y trouveraient. Ce n’est pas en faisant un tableau général que l’on persuadera. Le prince de… s’est couvert de boue. Il a volé et pillé partout où il a passé. Pourquoi ne pas citer ce fait ? Il est impossible que les bourgeois de Paris et les hommes du gouvernement ne reçoivent pas des lettres de toutes les parties d’où les ennemis ont été contraints de se retirer. Ne peut-on pas recueillir ces lettres et les imprimer ? C’est alors, après que tous les détails particuliers auront été signalés, que des articles bien faits seront d’un bon résultat. Ce seront des tableaux fait s su les éléments dont tout le monde connaîtra la vérité. Les préfets sont en général des hommes connus et estimés ; ils devraient écrire au ministre de l’Intérieur et celui-ci ferait imprimer leurs lettres. »

Lettre contenue dans l’ouvrage d’A. Périvier, « Napoléon journaliste », Plon, 1918, pp.303-304.

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( 25 avril, 2014 )

« Porte-drapeaux des armées de Napoléon » n°4…

Paru hier (avec un jour d’avance), ce nouveau numéro représente le porte-étendard de l’Escadron des chevau-légers polonais de la Garde à l’île d’Elbe (çà tombe bien : Napoléon y arrivera dans quelques jours !). Une collection Hachette. En kiosque, 11.99 euros.

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( 22 avril, 2014 )

Et la Garde ?

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Extrait d’un rapport en date du 22 avril 1814  et rédigé par le comte Anglès.

« Les renseignements parvenus au Ministère de la Police générale portent que la Garde Impériale qui occupe toute la route, depuis Nevers jusqu’à Fontainebleau, est dans l’attitude la plus menaçante et continue à se montrer dévouée à Napoléon. La division de cette troupe en un corps moins nombreux, sa répartition dans des garnisons éloignées de la Capitale, sont des points bien importants qui doivent fixer l’attention continuelle du Ministre de la Guerre […] On m’a rapporté ce propos que Bonaparte aurait plusieurs fois tenu à son secrétaire, avant son départ de Fontainebleau : « C’est un f… pays que l’île d’Elbe, mais j’aime mieux y mourir que de signer les propositions de paix que l’on me proposait ! »

Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897]. Au début de la première Restauration, le comte Anglès (1778-1828) est nommé par Louis XVIII « Commissaire du gouvernement provisoire à la police générale de la police du Royaume par intérim », dépendant du comte Beugnot, ministre de l’Intérieur. En décembre 1814, Anglès prend définitivement la Direction de la Police du Royaume, par suite de la nomination de Beugnot comme ministre de la Marine. Durant les Cent-Jours, il suit Louis XVIII à Gand, en Belgique.

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( 21 avril, 2014 )

Vive l’Empereur !

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On sait que le 21 avril 1814, Napoléon en route vers son exil elbois, passe à Briare. Voici un rapport adressé par Beugnot à Louis XVIII, dans le courant du mois de mai 1814.

« Bulletin des 18 et 19 mai 1814. A son passage à Briare, Bonaparte a été accueilli aux cris de «Vive l’Empereur !». Les militaires qui provoquaient ces cris menaçaient de voies de fait les habitants qui n’étaient  pas de leur parti. En général les militaires se conduisent très mal et sont animés d’un mauvais esprit. Les soldats du train d’artillerie se sont fait redouter par leurs rapines et leurs excès. Le peuple est écrasé de réquisitions de guerre et le pays ruiné pour longtemps. »

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d. ). Louis XVIII nomme en 1814, le comte Beugnot (1761-1835) Directeur général de la Police, puis ministre de la Marine en décembre de la même année, Beugnot suit le Roi à Gand (Belgique) durant les Cent-Jours.

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