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( 8 janvier, 2020 )

LA CAMPAGNE DE FRANCE VÉCUE PAR UN CHEF D’ESCADRON…(2)

Laubressel 3 mars 1814

Le 28 au matin, nous reprîmes Saint-Dizier et nous fîmes une pointe sur Bar-le-Duc, où nous couchâmes le 28 janvier 1814.

Le 29 au soir, nous partîmes de Bar pour venir dans la nuit à Vassy, où nous arrivâmes à lap ointe du jour.

Nous nous battîmes toute la journée du 30.

Le soir, en retraite sur Montierender, où nous arrivâmes le matin du 31 par une boue épouvantable. On fit la soupe. Le maréchal Marmont me donne l’ordre de doubler les attelages ; je ne l’exécutai pas et je fis bien, car l’artillerie à pied, qui avait laissé la moitié de son matériel à Montiernder, le vit entre les mains des Russes lorsqu’on vint pour le prendre. Nous marchâmes jusqu’à 2 heures du matin pour arriver dans un beau village au-dessus de Brienne, où nous n’étions pas beau, il s’en fallait out.

A la pointe du jour, la bataille de Brienne commence. Nous n’y prîmes aucune part. Nous finîmes par arriver à l’entrée de la nuit près Brienne.

Je reçus l’ordre formel de partir à minuit pour me rendre au pont de Lesmont, où j’arrivai à 8 heures du matin, avec ordre de prendre les ordres du maréchal Ney. Il me dit : « Que voulez-vous que je fasse de vous avec le peu de troupes que j’ai ? Partez et suivez la colonne. ».

Je couchai le 3 février à un village pas loin de Troyes.

Le 4 et le 5, à Troyes.

Le 6, à Nogent-sur-Seine.

Le 7, à Sézanne.

Le 8 et le 9, dans une ferme à quelques lieues de là.

Le 10, la fameuse affaire de Champaubert, où je fus blessé pour la septième fois d’une balle dans la cuisse droite, et le cheval que je montais [fut] tué de deux balles au flanc droit.

Le 11, nous restâmes à Etoges, où je souffrais bien de ma blessure.

Le 12 et 13, idem.

Le 14, sur Montmirail.

Le 15 eut lieu l’affaire de Vauchamps. Le soir couché à Bergères.

Le 17, à Vertus. Parti de là à 10 heures du soir. Marché toute la nuit et, le 18, nous prîmes Montmirail ; je reçus deux balles dans mes vêtements en chargeant sur des tirailleurs russes ; j’en amenai trois à ma batterie !  Le maréchal me dit :

« Vous ne voulez donc pas que nous finissions la campagne ensemble ?  Voyez combien peu il s’en est fallu que nous soyons privés de vos bons services. « 

Nous restâmes là les 19, 20 et 21. [C’est le 19 février 1814 que le capitaine Mathieu fut nommé chef d’escadron. Note de Camille Lévi, 1910.]

Le 22, nous nous portâmes sur Sézanne les 23, 24 et 25.

Le 26, nous nous dirigeâmes sur La Ferté-Gaucher.

Le 27, à la Ferté-Gaucher.

Le 27, à La Ferté-sous-Jouarre.

Le 28, au pont sur la marne ;

Depuis le 18, nous n’eûmes rien avec l’ennemi.

A SUIVRE…

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( 14 juin, 2015 )

Proclamation de la campagne de Belgique en 1815.

Napoléon

Avesnes, 14 juin 1815.

A l’Armée du Nord.

Soldats, c’est aujourd’hui l’anniversaire de Marengo et de Friedland qui décidèrent deux fois du destin de l’Europe. Alors, comme après Austerlitz, comme après Wagram, nous fûmes trop généreux ;nous crûmes aux protestations et aux serments des princes que nous laissâmes sur le trône  ! Aujourd’hui, cependant, coalisés contre nous, ils en veulent à l’indépendance et aux droits les plus sacrés de la France. Ils ont commencé la plus injuste des agressions. Marchons donc à leur rencontre: eux et nous ne sommes-nous plus les mêmes hommes ?

Soldats, à Iéna, contre les mêmes Prussiens aujourd’hui si arrogants, vous étiez un contre trois; à Montmirail, un contre six. Que ceux d’entre vous qui ont été prisonniers des Anglais vous fassent le récit de leurs pontons et des maux affreux qu’ils ont soufferts ! Les Saxons, les Belges, les Hanovriens, les soldats de la confédération du Rhin, gémissent d’être obligés de prêter leurs bras à la cause des princes ennemis de la justice et des droits de tous les peuples, lls savent que cette coalition est insatiable. Après avoir dévoré douze millions de Polonais, douze millions d’Italiens, un million de Saxons, six millions de Belges, elle devra dévorer les Etats de deuxième ordre de l’Allemagne. Les insensés ! Un moment de prospérité les aveugle. L’oppression et l’humiliation du peuple français sont hors de leur pouvoir. S’ils entrent en France, ils y trouveront leur tombeau.

Soldats, nous avons des marches forcées à faire, des batailles à livrer, des périls à courir ; mais avec de la constance, la victoire sera à nous : les droits, l’honneur et le bonheur de la patrie seront reconquis.

Pour tout Français qui a du cœur, le moment est arrivé de vaincre ou de périr !

NAPOLEON.

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( 22 février, 2014 )

« Il doit se livrer une bataille qui fixera le sort de la France… »

Claye 28mars1814

L’auteur de cette lettre, François Franconin (1788-1857) est sergent-major au 1er régiment des Grenadiers de la Garde.

 Nogent-sur-Seine, 22 février 1814.

Je saisis l’occasion d’un officier logé dans la même maison que moi, qui va en dépêche à Paris, pour vous apprendre que ma santé est aussi bonne que vous pouvez la désirer et que je me suis retiré sain et sauf de différentes affaires qui ont eu lieu aux environs de Montmirail et de Château-Thierry et dont la Garde a presque fait tous les frais. Nous n’avons pas donné à Nangis et à Montereau.

Avant tous ces succès, l’ennemi se croyait maître de la France et pouvait, encore quelques jours, l’être en effet. Maintenant, à notre approche, il se retire avec la plus grande précipitation. Le bruit court que les débris de l’armée coalisée cherchent à se réunir à l’armée encore intacte que commande le prince de Schwartzenberg ; on dit que, dans deux ou trois jours, il doit se livrer une bataille qui fixera le sort de la France et l’illustrera à jamais.

Si nous sommes heureux, et je n’en doute pas, je vous écrirai de suite afin de diminuer le plus tôt possible l’appréhension affreuse qui, naturellement, viendra peser sur votre cœur sensible.

Je vous embrasse…

J’attends le résultat de cette nouvelle campagne pour remercier aussi amplement que je le dois notre cher parent et son aimable épouse de l’intérêt qu’ils n’ont cessé de prendre à mon sort.

Adieu…

P.-S. – Adressez toujours mes lettres au grand quartier-général.

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( 3 février, 2014 )

Février 1814…

Claye 28mars1814

Quelques pièces intéressantes: ordres et instructions de Napoléon, alors que se déroule la campagne de France.

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Ordre de Napoléon au maréchal Berthier, Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major Général de la Grande Armée, à Brienne.

[Pièce n°1314]. Brienne, 1er février 1814.

Donnez ordre que l’hôpital de Brienne soit évacué, de sorte qu’en cas de mouvement on ne laisse rien dans cet hôpital.

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Instructions de Napoléon au comte Daru, Ministre-Directeur de l’Administration de la guerre, à Paris.

[Pièce n°1316]. Nogent, 7 février 1814.

J’ai ordonné que tous les blessés, éclopés et malades fussent évacués sur des bateaux jusqu’au pont de Choisy. Il est nécessaire qu’ils y trouvent des ordres pour être dirigés par la Loire ou sur Versailles. Par ce moyen ils éviteront Paris.

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Ordre de Napoléon au général Savary, duc de Rovigo, Ministre de la Policé Générale à Paris.

[Pièce n°1317]. Aux Grès, 7 février 1814, au matin.

Il paraît nécessaire de prendre quelque mesure pour arrêter les maraudeurs qui se débandent de l’armée. Les gendarmes, les gardes nationales et des agents civils devraient être employés à cela. J’ai ordonné par un ordre du jour qu’on décimerait les fuyards. La police ne m’a rendu aucun service, sous ce point de vue. Elle aurait pu nous ne rendre de grands, l’année passée. Plus de 40.000 hommes, depuis le passage du Rhin, se sont débandés et aucune mesure n’a été prise.

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Ordre de Napoléon au général Savary, duc de Rovigo, Ministre de la Policé Générale à Paris.

[Pièce n°1319]. Nogent, 9 février 1814.

Envoyez à Meaux et à la Ferté-sous-Jouarre des commissaires civils. Envoyez une vingtaine de gendarmes d’ élite et une vingtaine de gendarmes de paris pour arrêter les traînards et les décimer, c’est-à-dire, en fusiller un sur dix, conformément à mon ordre du jour. Le ministre de la Guerre [Général Clarke, duc de Feltre] donnera un commandant de gendarmerie et les officiers supérieurs nécessaires pour former cette commission.

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Ordre de Napoléon au maréchal Berthier, Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major Général de la Grande Armée, à Montmirail.

[Pièce n°1320]. Montmirail, 15 février 1814.

Donnez au duc de Raguse [Maréchal Marmont] le même ordre que vous avez donné au général Dulauloy de brûler les caissons et affûts  ennemis et d’enterrer les pièces en faisant dresser procès-verbal des lieux où cela sera fait.

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Lettre de Napoléon au maréchal Victor, duc de Bellune, Commandant le 2ème corps de la grande armée, à Montereau.

[Pièce n°1322]. Nangis, 18 février 1814, 8 heures du matin.

Mon Cousin, je suppose que lorsque vous recevrez cette lettre vous serez sur les hauteurs de Montereau. Cela étant, mon intention est que vous dirigiez sur-le-champ toute la cavalerie, même celle de Pajol, entre Donnemarie et Bray. L’ennemi est tellement embarrassé que le prince Schwarzenberg vient d’écrie pour demander un armistice. Pendant que vous vous occuperez à établir le pont de Montereau, la cavalerie aura le temps de revenir sur vous et cependant la présence de la cavalerie du côté de Donnemarie-en-Bray nous procurera de nouvelles forces pour balayer toute cette rive. Je me rends d’abord à Villeneuve-le-Comte où j’espère apprendre que vous êtes maître des hauteurs de Montereau. Je me porterai alors à Donnemarie, vis-à-vis Bray.

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Instructions de Napoléon au général Clarke, duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris.

[Pièce n°1324]. Château de Surville, 19 février 1814.

Vous m’avez annoncé 600 Polonais. Envoyez-les ici, afin que je les réunisse dans les détachements de Polonais que j’ai dans ma Garde. Il m’est possible de tirer un bon service des Polonais que dans ma Garde où je les mêle avec les anciens et où ils servent sous mes ordres. Comme il y a beaucoup de cadres de Polonais, peut-être serait-il convenable de les recruter parmi les prisonniers pour compléter un ou deux bataillons et le régiment des éclaireurs.

[Pièce n°1325]. Château de Surville, 19 février 1814.

Faites venir à Paris les officiers démissionnaires du service de Naples. Je désire que vous me fassiez connaître quel grade ils avaient au service de Naples et depuis combien de temps. Faites-leur connaître que mon intention est de les traiter favorablement, qu’on mettra dans la Jeune Garde tous ceux qui seront susceptibles d’y être admis. Envoyez-en l’état au général Drouot. Témoignez ma satisfaction de leurs sentiments.

[Pièce n°1327]. Château de Surville, 19 février 1814.

Vous m’écrivez que vous avez 40.000 coups de canon à Vincennes. Cela est peu de chose, car si j’ai une bataille générale, j’en dépenserai 100.000. Activez donc la confection des munitions.

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Ordre de Napoléon au général Savary, duc de Rovigo, Ministre de la Policé Générale à Paris.

[Pièce n°1329]. Troyes, 26 février 1814.

Quelque chose que vous puisiez dire, aucun bulletin de nos victoires n’est arrivé à Troyes, ni dans aucun des pays occupés par l’ennemi, ce qui prouve que la police n’avait pas pris les mesures nécessaires pour les y faire parvenir. Je ne dis pas qu’on n’a pas imprimé les bulletins à Paris : l’avidité seule des libraires était suffisante pour cela, mais je répète que la police n’a pas réussi à les faire parvenir dans les pays occupés par l’ennemi.

 

(« Lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne », Honoré Champion, Libraire, 1898, pp.529-535. Ce volume contient 1500 lettres de l’Empereur qui ne figurent pas dans la grande édition de sa « Correspondance », publiée sous le Second Empire.)

Laubressel 3 mars 1814

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