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( 7 avril, 2019 )

Reconnaissance de la région de Waterloo par Hudson Lowe en mars 1814.

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Ce document a été publié la première fois dans la « Revue des Etudes napoléoniennes », en 1935 (Janvier-juin, pp.352-353).

Pendant la campagne de France, le colonel Hudson Lowe était attaché à l’état-major de l’armée prussienne. M. Emile Brouwet a possédé une lettre adressée à  Lord Bathurst, de Fismes, le 21 mars 1814, rendant compte de la position et des forces de Blücher (« Napoléon et son temps, I, n°214 [catalogue de la collection Brouwet]).

M. Emmanuel Fabius [grand antiquaire des années 1920/1930, à Paris] nous signale un autre document de haut intérêt. C’est un rapport autographe en anglais envoyé à sir Bunbury, le 17 juillet 1814, à la suite d’un voyage de reconnaissance le long des frontières belges, de Liège à Tournai.

Les renseignements donnés sont relatifs aux fortifications de Liège, Huy, Namur, Charleroi, Mons, Ath, Tournai et à leur valeur stratégique.

Au sujet de la défense de Charleroi-où précisément Napoléon devait franchir la Sambre, le 15 juin 1815, -Hudson Lowe écrit notamment : « Here the works have been completely destroyed and the are the strongest difficulties of nature to struggle against. Its proximity to Brussels and its central position along the frontier however will not admit it to be overlooked ».

Il est facile de traduire: “Ici les ouvrages fortifies ont été détruits en totalité et il faut lutter contre les obstacles naturels les plus rudes. La proximité de Bruxelles et la position centrale sur la frontière ne permettent pas que ces travaux soient négligés.

Hudson Lowe précise l’ordre d’urgence des travaux à effectuer, conseille l’établissement de relais télégraphiques le long des grands chaussées qui vont droit d’une ville à une autre et qui, pavées en leur milieu, offrent le seul moyen de communication utilisable pour les opérations d’une grande armée.

Il ajoute quelques considérations d’ordre politique sur l’importance pour l’Angleterre de la défense des Pays-Bas…

Ainsi, par une double coïncidence, c’est le futur geôlier de l’Empereur à qui échoit, en 1814, le soin d’établir ce rapport militaire sur la région de Waterloo; quant au destinataire du dit rapport, Sir Henry Bunbury, c’est à lui qu’incombera la mission, comme sous-secrétaire d’état, de notifier à Napoléon la décision du Gouvernement anglais de l’envoyer à Sainte-Hélène.

G.M. [Georges MAUGUIN ?]

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( 20 janvier, 2019 )

Une histoire de drapeaux: une lettre de Napoléon en 1814…

Une histoire de drapeaux: une lettre de Napoléon en 1814... dans TEMOIGNAGES 04507287

Adressée à Clarke, duc de Feltre, qui, après la chute de l’Empereur, s’empressera d’oublier ce dernier, j’ai trouvé son texte dans un vieux catalogue d’autographes datant de 1960. La voici. 

Monsieur le duc de Feltre, je vous envoie 4 drapeaux, deux prussiens, un autrichien, et un russe.

Deux doivent être arrivés avec les prisonniers, ce qui fait six. Il y en a quatre autres russes qu’on ne trouve pas, mais on en a pris dix bien comptés. Vous les présenterez à l’Impératrice, mon officier d’ordonnance Mortemart qui les porte, vous accompagnera, mais c’est vous qui parlerez, ensuite on les portera aux Invalides.  On va chercher les 4 autres drapeaux russes, mais si on ne les trouve pas, vous ferez prendre 4 drapeaux russes pour y suppléer.  Vous ferez mettre dans la Gazette que vous présentez un drapeau un drapeau autrichien, 4 drapeaux prussiens et cinq drapeaux russes, en tout dix drapeaux pris sur les trois grandes puissances de l’Europe.  Il me semble convenable qu’il y ait une revue de la Garde Nationale, devant laquelle passeront ces drapeaux avec la Musique Militaire.

Vous direz que ces drapeaux ont été pris à la bataille de Montmirail, à celle de Vauchamp et au combat de Montereau.  

Sur ce, je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. 

Montereau, le 19 février 1814. 

NAPOLEON. 

 

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( 13 octobre, 2018 )

Quelques mots à propos de la Librairie des Deux Empires…

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Cette librairie, que j’avais créée en septembre 1994 a fonctionné jusqu’en 2003, année au cours de laquelle elle ferma ses portes. Puis l’appelation « Librairie des Deux Empires » devint un label d’édition, propriété de la société LCV Services. 

Spécialisée à l ‘origine exclusivement dans la vente d’ouvrages anciens sur le Premier et le Second Empires, la librairie diffusait chaque mois par voie postale un catalogue rassemblant ses acquisitions.

A partir de 1996, la Librairie des Deux Empires, s’est lancée dans la réédition de témoignages sur l’épopée napoléonienne. Une soixantaine de titres ont été ainsi édités. Le premier a été le récit du passage de la Bérézina par le comte Corbineau. Un des derniers fut  composé par les « Souvenirs » du colonel Trefcon.

Peut-être êtes-vous un de ses anciens clients, vous qui lisez ces lignes … 

CB 

 

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( 21 janvier, 2018 )

Napoléon cavalier… (3ème et dernière partie).

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S’il n’est donc point mauvais cavalier, il ne monte pas à cheval pour l’art équestre ; le cheval lui est un outil comme le serait une longue-vue. Mais il lui faudrait un animal aussi impassible qu’un escabeau pour réfléchir et penser en selle comme il le ferait assis dans sa berline. Aussi le Grand Ecuyer cherchait-il à dresser ses coursiers pour les rendre insensibles aux manifestations extérieures : on agite des drapeaux et des vêtements devant leur tête, on tire des salves et on fait partir des boîtes d’artifices, on gesticule et on hurle à leur portée, on fait défiler devant eux  des groupes tant montés qu’à pieds.

Lorsque les chevaux ainsi traités restent calmes, on les livre à l’Empereur. 

Napoléon se portait au besoin dans des observatoires très avancés ; or, la couleur blanche est bien visible alors que cette visibilité s’atténue si le blanc se salit. Il est donc peu vraisemblable que l’Empereur ait monté des chevaux blancs, au moins en campagne, mais plutôt des chevaux gris.  Les écuries impériales (Paris, Saint-Cloud, Meudon, Viroflay) se fournissaient normalement dans trois haras dont un à Saint-Cloud.  En fait, ces haras de ces écuries abritaient des chevaux aux robes diverses, ainsi « la Lydienne » est une jument baie, mais, d’après Maze-Sencier [auteur d’un ouvrage sur les fournisseurs de Napoléon 1er et des deux impératrices, et paru en 1893], il n’ y a aucun cheval blanc parmi les chevaux de selle inscrits aux écuries impériales, du moins sur les nombreuses listes qu’il a examinés.  Cependant, il devait y avoir au moins un cheval blanc. Maze-Sencier cite en effet « Tamerlan », sans indication sur la robe, peint par Horace Vernet en 1813. Ce doit être le « Tamerlan » peint aussi par Théodore Géricault te figurant  au « Catalogue  de l’œuvre de Géricault » établi par Ch. Clément ; donné par le sultan en 1810, il est de race arabe de robe blanche. Mais, de fait, sur une liste de cent chevaux, la robe est explicitement indiquée pour soixante-quatre, tous gris. 

Aux Archives Nationales, à Paris et dans l’étude de Maze-Sencier, on relève au hasard : « le Ramier » gris truité, « le Diomède » gris pâle, « la Truite », gris truité, « la Lyre » gris moucheté, « la Nymphe », gris légèrement moucheté, « la Nymphe » gris légèrement moucheté à la tête, au cou, aux épaules ; « l’Olmütz », gris légèrement vineux.  « Le Sélimé », gris sale, a pu être monté par Napoléon, le 16 avril 1806, à Rambouillet ; ce cheval sera donné au Tsar en 1807. Trois chevaux, envoyés en 1808, à Erfurt, pour les services de Sa Majesté -qui les a très probablement montés -sont gris : « le Corceyre [sic] », gris blanc, « l’Artaxerce » gris clair et « l’Aly » gris sale marqué de feu. Très probablement aussi ont été montés par Napoléon, « l’Hector » gris blanc, « le Soliman » gris moucheté, « le Jaspe » gris ardoise, « le Boukarre » blanc gris, mort au retour de Russie. 

En avril 1808, le général Sébastiani achète à Constantinople, où il réside comme ambassadeur, huit chevaux de selle arabes et trois turcs pour le service de Sa Majesté ; cinq sont certainement de robe grise.

Le 20 mars 1815, deux chevaux reviennent de l’île d’Elbe, « Pallas » et « Nadir » ; leur robe est grise.

Les tableaux peints postérieurement aux événements ne peuvent pas être pris comme témoins, la légende ayant été vite établie que Napoléon ne pouvait être  placé que sur un cheval blanc. Les seuls qui seraient instructifs sont du général baron Lejeune ; on concluait plutôt, d’après ses toiles, que Napoléon montait des chevaux à robe claire qu’à robe blanche. 

 Edmond SOREAU 

 Cet article a été publié en 1970 dans la « Revue de l’Institut Napoléon » 

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( 16 avril, 2015 )

A propos de J. Hobhouse…

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« Hobhouse [1786-1869] détestait les Bourbons réactionnaires autant que le gouvernement britannique, son ministre Castlereagh et l’autrichien Metternich. Quand Napoléon rentra de l’île d’Elbe, Hobhouse se précipita à Paris pour voir son héros. Il écrivit un livre sur les Cent-Jours dont les épreuves furent lues par Benjamin Constant et Charles de Flahaut. Edité en français  en 1816 [1816 est l’année de publication pour la version anglaise (Londres, Ridgways, 2 volumes, selon le catalogue de la BnF.  Une première édition en langue française a  paru à Gand (Belgique) en 1817 (en 2 volumes); puis une autre à Paris en 1819], il fut traduit en français et publié à Pari: le traducteur  [un certain Moreau,] et l’éditeur [Domère pour la version en français (en un fort volume)] furent emprisonnés. Hobhouse envoya un exemplaire à Sainte-Hélène à Napoléon, qui le lut avec plaisir et qui dicte des notes à son sujet: notes qui ne furent jamais envoyées à Hobhouse. Las Cases lui envoya une lettre de félicitations de Liège le 20 avril 1820.

Pendant la campagne de Waterloo, Hobhouse souffrit de ses sympathies partagées. Son frère combattait dans l’armée anglaise, mais il ne voulait pas voir la défaite de Napoléon et la disparition finale des idéaux de la Révolution. Son frère fut tué aux Quatre-Bras ».

(Morna DANIELS, in « Revue de l’Institut Napoléon », n°156, 1991-I, pp.53-54).

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