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( 13 mai, 2021 )

1821-2021. Irascible et insupportable général Gourgaud !

Général-Gourgaud

Né en 1783, Gaspard Gourgaud, après un passage à l’Ecole polytechnique, devient officier d’artillerie. Il participe aux principales campagnes de l’Empire, de l’Espagne à l’Autriche. En 1812, il est présent en Russie, et à Moscou, il évite de justesse, l’explosion du Kremlin, sauvant du même coup la vie de Napoléon. Plus tard, après avoir traversé par deux fois à la nage la Bérézina pour effectuer une reconnaissance, il reçoit pour ce fait le grade de chef d’escadrons et le titre de premier officier d’ordonnance de l’Empereur (titre crée spécialement pour lui). Le 29 janvier 1814, en pleine campagne de France, à Brienne,  il sauve encore la vie de Napoléon en tuant (avec le général Corbineau)  d’un coup de pistolet à bout portant, un cosaque qui voulait attenter à la vie de Napoléon ! Après la première abdication de l’Empereur, il ne suit pas ce dernier à l’île d’Elbe et rejoint les rangs de l’armée de Louis XVIII.  Gourgaud se rallie à l’Empereur durant les Cent-Jours. Présent lors de la campagne de Belgique, il se bat à Waterloo. Nommé général de brigade et aide-de-camp de Napoléon, il suit l’Empereur à l’île d’Aix, dernière étape sur le sol français avant le voyage qui le conduira à l’île Sainte-Hélène !  A l’origine, Gourgaud ne figure pas sur la liste dressée, par le général Bertrand, de ceux qui doivent suivre le souverain déchu. C’est le capitaine Planat de la Faye qui y figurait et qui devait occuper les fonctions de secrétaire de l’Empereur. L’impétueux Gourgaud protesta avec tant de véhémence, s’emportant avec violence contre le malheureux Bertrand, que Napoléon lui-même dut calmer la chose en remplaçant Planat (absent à ce moment-là sur le navire le Bellérophon) par Gourgaud. Dès son embarquement sur le Northumberland, qui prend la mer vers Sainte-Hélène, le nouvel élu fait preuve d’un caractère difficile. Son animosité vise notamment le général de Montholon et sa femme. Sur l’île,  ce personnage va montrer tous ses travers. Il est jaloux de ses autres compagnons, en particulier du comte de Las Cases. Gourgaud est irascible, susceptible, et Napoléon s’en amusera plus d’une fois s’efforçant de le réconforter tel un enfant. De plus, il fait preuve d’un besoin illimité de reconnaissance, notamment sur le fait qu’il a sauvé à deux reprises la vie de l’Empereur ; en 1812, à Moscou et en 1814, à Brienne, lors de la campagne de France. Dans les souvenirs qu’il a laissés,  Gourgaud évoque des phases d’ennui, de tristesse, à la recherche d’une présence féminine. Aigri, cet officier est le seul des acteurs de la tragédie hélénienne à se plaindre presque constamment. Il à souligner le fait que tout le monde est son ennemi, car lui voudrait être seul sur l’île avec son idole : Napoléon !  Début février 1818, son attitude excessive va provoquer la colère de l’Empereur et… son départ ! En effet, Gourgaud provoque Montholon en duel ! C’en est trop ! Ecarté de Longwood le 13 février, il  quitte Sainte-Hélène  le 14 mars suivant, non sans avoir eu, au passage, un comportement curieux. Non content de révéler les moyens de correspondances secrets mis au point par les exilés, Gourgaud va crier haut et fort, à qui veut l’entendre, que Napoléon songe à s’évader ![1]  En 1840, il fait partie de l’expédition menée à Sainte-Hélène afin de rapporter le corps de l’Empereur en France. A cette occasion encore, Gourgaud fait preuve de sa susceptibilité et de son mauvais caractère. Il s’éteint en 1852.

Christophe BOURACHOT


[1] Arrivé à Londres, devant le sous-secrétaire d’état anglais Goulburn, puis devant le marquis d’Osmond, ambassadeur de Louis XVIII en Angleterre, Gourgaud déclare que l’Empereur a de l’argent, qu’il n’est pas malade et s’évadera quand bon lui semblera. A Lord Bathurst, secrétaire d’état à la Guerre et aux Colonies, Gourgaud dénoncera la bienveillance dont fait preuve le médecin O’Meara à l’égard de l’Empereur, ce qui accélérera son rappel en Angleterre en juillet 1818. Depuis de nombreuses semaines, les rapports d’Hudson Lowe avec O’Meara s’étaient détériorés, mais les bavardages de Gourgaud n’ont rien arrangé. Bien plus tard, le bouillant Gourgaud se bat en duel avec un autre général de la Grande-Armée, Philippe de Ségur, à propos de l’ouvrage que ce dernier fit paraître (en 1824, en 2 volumes) sur la campagne de 1812 et qui connut un grand succès auprès du public. Ségur est blessé lors cette rencontre. Gourgaud fait paraître en 1824 une réfutation de son ouvrage.

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( 12 mai, 2021 )

1821-2021. Fidèle et discret Louis Marchand

Marchand

En 1811, Marchand (né en 1791) entre dans la Maison impériale comme garçon d’appartement. Sa mère est la première des trois berceuses du Roi de Rome, fils de Napoléon. En avril 1814, après la fuite de Constant, valet de chambre de Napoléon, Marchand est choisi pour le remplacer.  Personne de confiance, il est présent à l’île d’Elbe, à Waterloo et suit l’Empereur dans son exil de Sainte-Hélène[1]. D’un dévouement sans bornes, discret et efficace, il tient un rôle primordial durant la captivité de Napoléon. Il fait partie de ceux qui veilleront l’Empereur durant sa terrible agonie et sera son exécuteur testamentaire. Il respecte la volonté de Napoléon en épousant la fille de l’un des  officiers ou soldat de sa Vieille Garde : Mathilde, fille du général Brayer[2]. Le fidèle serviteur de l’Empereur ne mourra qu’en 1876, dans la petite maison dans laquelle il se rendait parfois en villégiature, rue de la Cavée, à Trouville-sur-Mer.[3]

Daniel LEUWEN


[1]  A Sainte-Hélène, Marchand eut une liaison avec Esther Vesey (1800-1838), fille d’un soldat anglais basé dans l’île et d’une habitante.  Un fils naîtra de cette relation en juin 1817. Selon Albéric Cahuet (« Après la mort de l’Empereur. Documents inédits »), ce personnage « qui avait une vingtaine d’années en 1840, était devenu un fort mauvais sujet que l’on avait dû chasser de l’île et transporter au Cap ».

 [2] Dans son testament, Napoléon écrit : « Je lègue à Marchand, mon premier valet de chambre, 400 000 francs. Les services qu’il m’a rendus sont ceux d’un ami. Je désire qu’il épouse une veuve, sœur ou fille d’un officier ou soldat de ma vieille Garde. »  « Louis Marchand, revenu depuis peu de mois de Sainte-Hélène, fut introduit par Montholon dans la maison Brayer », écrit encore A. Cahuet dans son livre précédemment cité.

[3] Napoléon nomma Marchand comme son troisième exécuteur testamentaire et écrivit cette phrase : « J’institue les comtes  [de] Montholon, Bertrand et Marchand mes exécuteurs testamentaires ». Il n’en faut guère plus afin que Marchand interprète d’une façon particulière son nom dans cette phrase et s’imagine que l’Empereur lui donne le titre de comte !  « Napoléon n’a manifestement pas songé à parer son serviteur du titre de ses partenaires [Montholon et Bertrand]. La preuve en est qu’au cours du testament et des codicilles, il cite plusieurs fois « le comte Bertrand », « le comte [de] Montholon » et « Marchand, mon premier valet de chambre ». Pourtant, dès son retour en Europe, le jeune homme va se prévaloir de l’absence d’une virgule entre le nom de Bertrand et le sien pour affirmer que Napoléon l’a anobli. Il signe « comte Marchand » les lettres qu’il écrit aux membres de la Famille impériale et sous ce vocable qu’ils lui répondent affectueusement. Trente-cinq ans plus tard [en fait par des lettres patentes en date du 7 avril 1869], Napoléon III régularisera cette entorse à l’état-civil ; Horace de Viel-Castel, la plus mauvaise langue du Second Empire, l’avait déjà baptisé le comte de la Virgule. «  (G. Godlewski, in Revue du Souvenir Napoléonien, n° 314, novembre 1980).

 

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( 12 mai, 2021 )

Retour sur la vie et le parcours d’un « Brave »: Jean-Marie Putigny (1774-1849).

Putigny portraitJean-Marie Putigny naît en 1774 au hameau des Bordes à Saillenard, aîné de quatre frères et sœurs, il devient à la mort de sa mère et de son père chef de famille, il n’a qu’à peine 16 ans. L’un de ses oncles, des voisins charitables ainsi que la bonté du marquis de Beaurepaire aideront les cinq enfants, sans aucune instruction ni argent à vivre dans leur chaumière du hameau des Bordes avec quelques arpents de terre à cultiver. En 1792, c’est jour de fête à Beaurepaire et avec six de ses camarades il s’engage pour défendre la patrie en danger auprès d’agents recruteurs venus de Louhans. Le dimanche 20 mai de cette même année, après la messe et les adieux, c’est le départ, à pied bien évidemment. Sur la route qui les conduit jusqu’au 5ème régiment de ligne à Valenciennes, quatre d’entre eux retrousseront chemin. A leur arrivée, sur les trois restants, deux seront jugés trop vieux, quant à Putigny, avec ses quatre pieds onze pouces il est trop petit  « N’ai que 17 ans aux dernières moissons, en grandira bien en servant la patrie ». Cette réponse lui valu le droit de rester. Pendant ses classes, le « Bressan » comme il fut baptisé par son caporal qui trouvait que Saillenard était bien trop compliqué à prononcer, appris le maniement des armes ainsi qu’à lire et à écrire.

Commence alors une carrière longue de 24 années de guerre et 60 batailles auxquels il prit part. A Maastricht, avec 15 de ses camarades il repousse la cavalerie hollandaise et lutte seul contre trois cavaliers qu’il mit en fuite, lors de la prise de Furnes, il franchit sur un madrier les fossés de la ville ou il pénétra un des premiers. Le 16 avril 1794, il est nommé caporal. Entre Ypres et Dixmude, il défend un pont avec une poignée d’homme alors que plusieurs milliers de Hessois arrivent. Une première blessure en Vendée contre les chouans qu’il qualifie de guerre répugnante car il doit se battre contre des français failli le priver de l’une de ses jambes, elle lui en coûta quand même cinq mois d’hôpital. En 1797 il participe à la bataille de Rivoli sous les ordres de Bonaparte et des généraux Masséna et Joubert ou il reçoit une balle dans sa giberne et une autre dans son chapeau, mais il est à nouveau blessé à la cuisse, ce qui ne l’empêchera pas de continuer la guerre. Le 15 août 1799, il est nommé sergent après sept années de service.

Un bref passage de quatre jours par Saillenard, après huit années d’absence ou il retrouve ses amis, sa  famille venu l’écouter raconter ses compagnes chez Louis l’aubergiste avant de pouvoir rejoindre son hameau des Bordes.

1804, marque son  retour à Paris où il est choisi comme porte-drapeau pour assister au couronnement de l’Empereur à Notre Dame et à la distribution des aigles au Champ de Mars.

Le 2 décembre 1805, à Austerlitz, Putigny sauve son drapeau en plongeant, sous les balles dans un étang glacé. Après la victoire, une voix l’appelle et lui demande d’approcher, il reconnaît la voix de Napoléon « tu vas à la pêche avec ton drapeau, allons, rassure-toi, il est encore plus beau qu’avant, tu es un brave, je te donne l’étoile de ma légion d’Honneur ». Le 3 avril 1806, il est nommé sous-lieutenant au choix des officiers du corps. Dans le village de Spielberg, il fait 20 prisonniers après avoir tranché d’un coup de sabre le bras d’un prussien qui le menaçait d’un pistolet. A Eylau, une balle brise sa pipe dans sa poche, un deuxième boulet le blesse au mollet. Devant Ratisbonne, en 1809, il est le premier officier français à escalader les remparts suivi de ses hommes. Napoléon, passant ses soldats en revue le nomme lieutenant, Baron d’Empire sur le front des troupes qui l’acclament et lui accorde une dotation de 4000 francs de revenus. Il est nommé capitaine des grenadiers en 1812, participe à la campagne de Russie. A Bromberg, sur les 138 hommes que compte sa compagnie, il n’en revient que quatre.

C’est de nouveau le retour vers Saillenard, 10 jours de permissions cette fois après 21 ans de guerre. C’est ainsi que le premier juin 1813, raconte Putigny, « vers deux heures de l’après-midi, j’y entrai au grand trop après 13 ans d’absence. J’y revoyais les lieux de mon enfance, les champs que je labourais avec mon père et la pauvre chaumière ou j’étais né presque 39 ans plus tôt, dans le hameau des Bordes. Je retrouvais mon frère Claude, estropié, et ma petite sœur Jeannette, vieillie et malade. Je payais les deux mille francs de dettes à mon frère et achetais une vache laitière à ma belle-sœur et envoyais quatre cents francs pour l’aider à monter son ménage… Les messieurs de Beaurepaire m’invitèrent à dîner le 3 juin au château. Autrefois, j’y étais venu, mais dans la cour, en sabots aux pieds nus et aussi pour prendre la garde au grand mur au début de la Révolution. Jamais à ce moment, je n’aurais pu penser que j’y retournerai un jour en bel uniforme, dans le grand salon, accueilli en héros par ces messieurs…Le dimanche après la messe, Claude Allarme donna en mon honneur un grand banquet servi sur deux longues tables à l’ombre des tilleuls…Dans leur discours le curé et le maire Allarme après des louanges bien exagérées à mon égard me dirent que le plus cher désir des habitants de Saillenard était que je revienne bientôt m’installer au pays… On se serait cru à la fête de Saillenard et j’avais l’impression d’être devenu le héros du pays… Après qu’une petite fille m’offrant un gros bouquet m’ai dit un compliment, Guénot joua de la vielle, Coulon prit son violon et la jolie Marcelle Petitjean vint me faire danser. La joyeuse assemblée se sépara enfin et l’on me fit cortège jusqu’à la maison… »

 Puis Jean-Marie Putigny repart au combat, à Mayence, Luxembourg, Fleurus et St Amand ou il est à nouveau grièvement blessé. Refusant de se faire panser le bras droit en écharpe, il continu de se battre. Le lendemain l’Empereur s’adresse à lui « voici un bras de moins à mon service. Mais cela ne t’empêche pas de te servir de l’autre. Je te nomme chef de bataillon et officier de la légion d’honneur ».

 Le lendemain ce sera Waterloo puis l’abdication. Il connaîtra le licenciement à Murcheau. Démobilisé, Putigny se retire d’abord à Mâcon ou il vit d’une maigre retraite et se trouve souvent confronté aux représentants du gouvernement de Louis XVIII a cause de ses bagarres, de ses duels, que l’on n’ébruite pas compte tenu de son glorieux passé militaire. Le 21 novembre 1821, il épouse Adélaïde Bidat âgée de 27 ans, fille du capitaine Bidat résista face aux Autrichiens, à Tournus; cet acte de bravoure valut  la Légion d’honneur à cette ville. en 1814. Après avoir habité Cuisery, le couple s’installera définitivement dans leur propriété de Tournus appelée « le Clos Putigny ».

 Avant de mourir le 5 mai 1849, jour-anniversaire de la mort de l’Empereur, Jean-Marie Putigny a retracé dans six gros cahiers ses 24 années qui l’avaient éloigné de son cher village natal et conduit  un peu partout à travers le monde.

Aujourd’hui, le souvenir du capitaine Putigny et baron d’Empire est toujours bien présent, au Clos Putigny à Tournus où il finit ses jours, mais aussi bien sûr à Saillenard où il est né et a grandi, en toute simplicité, dans son hameau des Bordes.

Du témoignage qu’il a rédigé, un livre est sorti la première fois en 1950 chez Gallimard, sous les auspices de Bob Putigny ; ce livre a été réédité en 1980 aux Editions Copernic. Une publication intégrale de tout ce qu’a laissé le brave Putigny serait vivement souhaitable !  Bob Putigny  a peut-être arrangé le texte original du récit rédigé par son ancêtre; en tout cas d’importantes coupures ont eu lieu: Putigny, comme dit plus haut, a laissé six gros cahiers  et  le lecteur, depuis 1950, doit se contenter d’un simple  petit volume édité !

Capitaine P. MATZYNSKI

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Chronologie sommaire.

9 juin 1774 : Jean-Marie Putigny naît à Saillenard.
Mai 1792 : après s’être engagé au régiment de Navarre-infanterie, connaît son premier combat près de Moeulde. Son descendant, Bob Putigny, dans le « Dictionnaire Napoléon » (Fayard, 1987), commet l’erreur de nous parler de l’année 1791, date à laquelle la France n’était point en guerre), puis se distingue lors de la prise de Remegy.
1793 : lors du siège de Maastricht, repousse avec quinze compagnons d’armes une sortie de la cavalerie hollandaise ; au bois de Vicogne, contribue au sein d’une unité de tirailleurs à attirer une colonne ennemie sur des batteries françaises dissimulées, poussant cette dernière à la retraite.
1794 : quelques temps après avoir été nommé caporal, entre parmi les premiers dans Furnes.
1795 : combat les chouans de Basse-Normandie ; il sera blessé lors de cette campagne.
8 août 1799 : est nommé sergent.
3 juillet 1801 : est nommé sergent-major.
8 février 1807 : reçoit cinq blessures à Eylau (on raconte qu’une balle brisa la pipe qu’il avait dans une poche de son carrick, et ainsi se détourna de la poitrine).
1809 : après l’assaut de Rastibonne (23 avril), reçoit le grade de lieutenant et le titre de baron d’Empire, avec une dotation de quatre mille francs.
22 juin 1811 : est nommé capitaine.
1814 : est décoré de l’ordre du lys.
16 juin 1815 : après sa blessure, est proposé pour la croix d’officier de la Légion d’Honneur (il ne l’obtint que le 23 novembre 1831).
5 mai 1849 : meurt à Tournus, le jour-anniversaire de la disparition de l’Empereur.

 

 

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( 11 mai, 2021 )

1821-2021. Bas le masque ! ou pourquoi le masque dit « d’Antommarchi » est fantaisiste…

MasqueDès le 6 mai 1821, l’entourage de Napoléon songea à immortaliser les traits du grand homme sous la forme d’un moulage en plâtre. Contacté, par la comtesse Bertrand, le Dr Burton découvre un gisement de gypse au sud de l’île et parvient à se procurer du plâtre. Il convient d’ajouter que les stocks de plâtre du tapissier A. Darling étaient vides et qu’il fallait agir rapidement devant l’état croissant de la décomposition du corps de l’Empereur. Comme Marchand le raconte dans ses « Mémoires », Burton aidé par Antommarchi (et non l’inverse !) et Archambault procède  à la réalisation du moulage. Puis le corps de Napoléon est mis en bière.  Le lendemain, Burton avec l’aide d’Antommarchi réalise un buste après avoir coulé du plâtre dans les empreintes du visage (celles de la face et de l’arrière de la tête). Afin de démouler ce buste, ces empreintes doivent être brisées, ce qui interdit toute réutilisation.  Elles furent mises à sécher sur la cheminée du salon de Longwood. Le lendemain, après les obsèques de l’Empereur, le Dr Burton constate avec effroi que la partie figurant le visage a disparu !  Il lui est répondu que la comtesse Bertrand en a pris possession afin de la remettre à Mme Mère.  L’infortuné Burton ne possède plus que l’arrière du moulage de la tête de Napoléon ! En réalité, c’est Antommarchi qui est l’auteur de ce vol. Avec l’aide du jeune peintre anglais Rubidge [1], arrivé par hasard à Sainte-Hélène en 1820, il « traficote » un buste complet en modelant, à sa manière les parties manquantes (oreille, cou; bas du visage). Avant son départ de Sainte-Hélène, Antommarchi fait réaliser plusieurs moulages dont un sera distribué à la comtesse Bertrand. A son arrivée en Angleterre en août 1821, le Dr Burton tente de faire saisir les malles du comte Bertrand par les douanes anglaises, afin de récupérer son masque (et ignorant qu’Antommarchi en a déjà réalisé des copies !). En vain ! Quant au calculateur Antommarchi, il confie la matrice originelle du masque à l’ambassadeur britannique en poste à Florence, Lord Burghersh. Ce dernier chargera le célèbre Canova d’en réaliser une version en marbre. Cinq ans après la mort du Dr Burton en 1828, Antommarchi lance la souscription de ce fameux masque modifié en apposant son nom bien en évidence; nous sommes en 1833.  Le Dr Burton est définitivement jeté aux oubliettes  et Antommarchi peut imposer son fameux masque « authentique » !  Cet objet, que l’on peut voir dans certains musées de par le monde,  donne une image totalement différente de Napoléon. Le visage très amaigri du masque dit « d’Antommarchi »  est bien à l’opposé toutes les représentations de l’Empereur que nous connaissons, que ce soit au travers des multiples tableaux, gravures, dessins, médailles et autres pièces de monnaie [1]. Il est probable que les nombreuses retouches effectuées par Antommarchi et le peintre Rubidge aient finies par faire disparaître totalement le moulage de base (authentique celui-là) réalisé par le Dr Burton ; offrant ainsi à la postérité une représentation non-conforme au visage que présentait Napoléon peu d’heures après sa mort.

Christophe BOURACHOT


[1] Louis Marchand, dans ses « Mémoires », écrit que le visage de l’Empereur après sa mort était celui du Premier Consul.


[1]  Joseph-William Rubidge (1802-1827). Chaplin nous informe qu’il « resta à Sainte-Hélène jusqu’au milieu de 1821 « et qu’ « il peint un portrait de Napoléon mort, le 7 mai 1821, alors qu’il était allongé sur son lit en uniforme. »

 

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( 10 mai, 2021 )

1821-2021. A Sainte-Hélène, Napoléon se souvient du maréchal Murat…

Murat

« La frégate la Thébaine arriva du Cap le 7 janvier 1816, apportant la nouvelle que Murat ayant débarqué avec quelques hommes en Calabre, y avait été pris et fusillé [le 13 octobre 1815]. L’Empereur s’écria, en saisissant le bras de Las Cases : « Les Calabrais ont été plus humains, plus généreux que ceux qui m’ont envoyé ici. » Il dit encore que la destinée de Murat avait été de lui faire du mal. « Il nous avait perdus, déclara-t-il, en nous abandonnant, et il nous perdit en prenant trop chaudement notre parti : il ne garda plus aucune mesure; il attaqua lui-même les Autrichiens sans plan raisonnable, sans moyens suffisants, et il succomba sans coup férir. Je l’eusse amené à Waterloo, mais l’armée française était tellement patriote, si morale, qu’il est douteux qu’elle eût voulu supporter le dégoût et l’horreur qu’avait inspiré celui qu’elle disait avoir trahi et perdu la France. Je ne me crus pas assez puissant pour l’y maintenir, et pourtant il nous eût valu peut-être la victoire, car que nous fallait-il dans certains moments de la journée? Enfoncer trois ou quatre carrés anglais; or Murat était admirable pour de telles besognes; il était précisément l’homme de la chose; jamais à la tête d’une cavalerie on ne vit quelqu’un de plus déterminé, de plus brave, d’aussi brillant.[1] »


[1] J. Thiry, « Sainte-Hélène », Berger-Levrault, 1976.

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( 10 mai, 2021 )

1821-2021. Le jour au cours duquel le fils Las Cases cravacha Hudson Lowe…

Hudson_Lowe

Le fils de l’auteur du « Mémorial de Sainte-Hélène », a été un des plus jeunes témoins de la captivité de l’Empereur. Né en 1800, il  avait donc quinze ans au début de l’épisode hélénien [1]. Le 30 décembre 1816, son père et lui furent expulsés de l’île. Le texte qui suit est un des rares à aborder l’acte de violence à laquelle se livra Emmanuel de Las Cases sur la personne d’Hudson Lowe, en 1822 à Londres. Ecrit par un certain Gabriel Vauthier, il parut la première fois en 1923, dans la « Revue des Etudes Napoléoniennes ».   

C.B.         

Ci-dessus , portrait d’H. Lowe.                                                                             

On sait quel rôle Hudson Lowe joua auprès de Napoléon. L’Empereur ne fut pas le seul qui eut à souffrir de l’esprit mesquin et agressif de ce personnage. Ses plus dévoués serviteurs ne tardèrent pas à devenir suspects à ce geôlier. Las cases et son fils âgé de quinze ans furent bientôt éloignés de Sainte-Hélène et envoyés au Cap comme prisonniers. Ils y restèrent huit mois. Revenu en Europe, le jeune homme séjourna successivement en Belgique et en Allemagne ; en 1819, il put rentrer en France sous un nom supposé. Il avait toujours sur le cœur la conduite d’Hudson Lowe à l’égard de son père, de sa propre personne, et surtout de l’Empereur. En 1821, Hudson Lowe était revenu d’Angleterre, où on le mit à la tête d’un régiment, et où il fut bien accueilli par le public. Mais la vérité avait fini par filtrer, celle d’O’Meara, ‘Bonaparte en exil ou la voix de Sainte-Hélène’[2]. Cette même année, le fils de l’auteur ‘Mémorial ‘, Emmanuel, se rendit à Londres, et de sa cravache frappa Hudson Lowe en plein visage. Cet affront sanglant appelait une réparation : l’Anglais se tient coi. Or, le 13 novembre 1825, les journaux publiaient dans les faits divers le récit suivant : « La commune de Passy [3], près Paris, a été hier le théâtre d’un horrible attentat. M. Emmanuel de Las Cases, fils de M. le comte de Las Cases, y a été frappé la nuit de deux coups d’une arme à deux tranchants, l’une sur le cœur, auquel n’a échappé que par un bienfait tout particulier de la Providence, le coup ayant traversé son portefeuille et ne s’étant arrêté que sur un paquet de cartes de visite  dont plusieurs sont percées ; le second coup a produit une blessure grave à la cuisse droite, mais qui ne laisse à craindre néanmoins aucune suite fâcheuse. « M. Emmanuel de Las Cases sortait vers les huit heures et demie de chez son père, où il avait dîné, et retournait à Paris. Il avait fait à peine deux cents pas lorsqu’au coin d’une rue isolée -celle du Haut-Moulin [4]- et en communication avec la plaine, il s’est trouvé subitement assailli par deux scélérats. Il en a terrassé un, et allait atteindre l’autre, quand le mauvais état des chemins l’a fait tomber lui-même et a facilité l’évasion des meurtriers. La justice, saisie de cette affaire, est à la poursuite des coupables. » Le ‘Journal des Débats’, d’où est tirée cette citation, termine par ces mots : « M. de Las cases, n’ayant point d’ennemis, pense qu’on s’est trompé. » Cette dernière phrase est bien discrète ; il semble qu’elle ait été écrite à dessein pour empêcher de prononcer un nom que l’on ne tarde pas à avoir sur les lèvres. ‘Le Constitutionnel’ donne des détails plus circonstanciés : « M. de Las Cases se traîna vers la maison de son père, mais son sang coulait avec abondance ; il perdit ses forces et s’évanouit à quelques pas de la porte. Avant de sortir, il avait vu deux hommes à vingt pas auprès la maison. On ignore encore quel a pu être le motif de ce crime. La famille l’attribue à une vengeance particulière, et M. de Las Cases rapporte que l’homme qui l’a frappé parlait à peine français. Le maréchal des logis de la gendarmerie s’est aussitôt rendu sur les lieux pour dresser son procès-verbal et a ordonné une patrouille extraordinaire.

Des détachements de la Garde nationale ont aussitôt parcouru les rues de Passy. Jusqu’à présent toutes les recherches ont été infructueuses. » Cette vengeance particulière, la famille n’en ignorait pas l’auteur. Une citation empruntée par ‘Le Constitutionnel’ au ‘Courrier français ‘ donne ce nom en toutes lettres : « Sir Hudson Lowe, logeant à Paris, rue de Rivoli, Grand hôtel de Paris, avait en même temps un appartement à  Passy, rue Franklin, n°21, qu’i a occupé depuis le 29 octobre jusqu’au vendredi soir 11 novembre. Il a pris en  personne lundi 14 chez M. Laffitte des lettres de crédit sur la Turquie, et il a quitté Paris mardi 15 entre 6 et 7 heures du soir. La veille de son départ, il disait que, puisque la calomnie le poursuivait, il retarderait le voyage qu’il avait projeté jusqu’à ce qu’on eut reconnu les coupables. Le soir même du 11 novembre, jour de l’assassinat[5] de M. Emmanuel de Las Cases, deux hommes de mauvaise mine se présentent plusieurs fois chez M. Emmanuel, rue Neuve-du-Luxembourg, n°13,[6] et demandèrent à son portier s’il était allé à Passy, et à quelle heure. Tous ces détails sont rigoureusement exacts. » Ce qui est singulier, c’est que l’enquête judiciaire n’eut lieu que le 17 novembre : « Le procureur du roi et M. Brière-Valigny, juge d’instruction, dit ‘Le Moniteur’, se sont rendus hier (17) à Passy auprès de M. le baron de Las Cases, et ont procédé conjointement avec M. le baron Dupuytrens et M. le docteur Marc à l’examen des blessures de M. de Las Cases. Les cochers de cabriolets avaient été appelés hier à la préfecture de police pour faire leur déposition sur un fait qui se rattache à la tentative d’assassinat sur la personne de M. de Las Cases. Il paraît que l’on a su que, le 12 octobre, un cabriolet avait amené deux personnes à la porte de Franklin[7] et qu’il les y avait attendues depuis trois heures jusqu’à huit heures et demie. » Le départ précipité d’Hudson Lowe entraîna la presse à penser qu’il était l’auteur du guet-apens. Il fuit, mais ce n’est pas en Angleterre qu’il se rend ; il va en Allemagne, et le 19 novembre, les journaux signalent sa présence à Francfort. Il suivit un singulier chemin pour aller prendre possessions de ses nouvelles fonctions. En effet, il avait été nommé commandant des forces militaires à Ceylan, ce qui était un poste secondaire et une disgrâce. Ce n’était pas la première qu’il éprouvait, car on lui avait refusé une pension après son retour de Sainte-Hélène. Il voulait se venger avant de partir pour un pays où il était difficile de le poursuivre. Les journaux anglais cités par les nôtres s’occupèrent de l’affaire. « L’un d’eux, le ‘Star’, rejette sur ceux qu’il appelle ‘les bonapartistes’  l’assassinat de M. de Las Cases, parce que, dit-il, on voulait faire tomber les soupçons sur Hudson Lowe ».

L’affaire fut classée, et la presse ne parla plus de cet attentat. Les meurtriers restèrent donc inconnus. Rappelons qu’ Emmanuel de Las Cases fut député du Finistère sous Louis-Philippe et sénateur en 1852. Il mourut rue de la Pompe, le 8 juillet 1854.

  Gabriel VAUTHIER.


[1] Il était né le 8 juin 1800 à Vieux-Châtel, près de Brest (Finistère).

[2] Le témoignage du docteur irlandais O’Meara, qui fut publié à Paris, chez Plancher en fait en 1822  (en 2 volumes). Mais il y avait eu une première édition en 1819  chez Chaumerot.

[3]  Le petit village de Passy est une des communes qui furent annexées à Paris en 1860, sous Napoléon III. C’est aujourd’hui une partie (avec l’ancien village de Chaillot) du 16ème arrondissement nord.

[4] Très probablement la rue Scheffer actuelle (16ème arrondissement), appelée à cette époque la rue du Moulin.

[5] Terme un peu excessif, car Emmanuel de Las Cases, fut « juste » grièvement blessé…

[6] C’est actuellement  (2007), la rue Cambon (1er arrondissement).

[7] Appelée aussi à cette époque «Barrière de Franklin ».

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( 9 mai, 2021 )

5 mai 1822…

5 mai 1822... dans TEMOIGNAGES malmaison

« J’ai revu hier la Malmaison, qui est aussi bien tenue que lorsque Joséphine l’habitait ; il n’y manque que la riche collection de tableaux et de statues. J’ai été indigné de voir dans la salle à manger le buste de l’empereur de Russie et de ne trouver nulle part celui de Napoléon. Il ne manque pas un livre à  la bibliothèque ; les cartes de Russie sont amoncelées dans un rayon auprès de la table de travail.

C’est peut-être sur ces mêmes cartes que l’Empereur avait calculé cette funeste marche sur Moscou, qui l’a conduit à Sainte-Hélène ! »

Général LAMARQUE (« Mémoires et souvenirs. Publiés par sa famille »,tome I, 1835).

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( 9 mai, 2021 )

Une lettre inédite de Guillaume Peyrusse, Trésorier de la Couronne durant les Cent-Jours.

G. PEYRUSSE. Lettre écrite à la suite de l'abdication de Napoléon.

Ce document a été écrit par Peyrusse le 26 juin 1815, huit jours après la défaite de la bataille de Mont-Saint-Jean, dite « de Waterloo ». Nous ne savons pas à qui elle s’adresse exactement. Est-ce au ministre de la Guerre ? A  notre connaissance, ce document, lequel se trouve actuellement dans un fonds d’archives privé, n’a jamais été publié.  En voici le contenu:

« Monseigneur, 

Je suis instruit que plusieurs généraux veulent demander des gratifications à l’Empereur et que S. M. [Sa Majesté] veut vous en parler; je crois devoir faire observer à Votre Excellence que les fonds du Trésor s’épuisent et que les fournisseurs doivent passer avant tout.

Je supplie votre Excellence de prendre ma demande en considération. 

Le Trésorier. 

PEYRUSSE

Paris, ce 26 juin 1815. »

G.Peyrusse

Miniature représentant G. Peyrusse. (Musée de Carcassonne).

Ce portrait daterait des années 1820.

Il a été redécouvert dans les réserves du Musée.

A lire: les « Mémoires » de ce personnage dont j’ai donné une édition annotée, parue en 2018, chez AKFG.

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( 8 mai, 2021 )

En souvenir de Sainte-Hélène !

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En 1822, à Londres, eut lieu un incident opposant deux personnages qui s’étaient connus lors de la captivité de Napoléon. Emmanuel de Las Cases, âgé d’une vingtaine d’années,  apostropha Hudson Lowe le geôlier de Sainte-Hélène. Ecoutons-le.

Londres, 23 octobre 1822

Hier matin, je rencontrai Sir Hudson Lowe à Padington Green, vers les neuf heures du matin, au moment où il sortait de chez lui pour monter en fiacre. Une courte altercation eut lieu, à la suite de laquelle je ne pus m’empêcher de le frapper avec une cravache que je tenais à la main allant, monter à cheval. Je lui offris à l’instant une carte [1], mais il la rejeta à terre sans vouloir la lire  et monta dans son fiacre. Je lui en présentai un seconde, puis une troisième, qu’il rejeta pareillement ; sa servante, qui était sortie, avait ramassé les cartes, elle les rapporta dans la maison; Sir Hudson Lowe avait ordonné à son fiacre de partir et je continuai mon chemin. Peu de personnes connaissent les griefs que mon père et moi avons contre cet homme. A Sainte-Hélène, il nous arrêta avec les formes les plus brutales, tout-à-fait indignes de gens d’honneur; il nous garda pendant un mois au secret, nous traitant comme des criminels, j’étais alors fort malade, par suite du climat des tropiques. Les médecins représentaient que la seule chance de rétablissement qui me restât était d’être envoyé en Europe, dans mon climat natal.

Mais Sir H. Lowe n’y eut aucun égard, il nous envoya mon père et moi au cap de Bonne-Espérance, où nous fumes gardés sept mois, prisonniers, en conséquence de ses instructions. Cette captivité, l’éloignement de sa famille, de ses amis, de sa patrie, les peines morales qui en ont été la suite, ont causé à mon père des infirmités qui l’accompagneront jusqu’au tombeau. Après notre départ de Sainte-Hélène, sir H. Lowe employa tous les moyens que la calomnie peut fournir pour noircir le caractère de mon père et le rendre suspect à Napoléon et aux officiers de sa suite.

Lors des jours qui suivirent cet incident, le fils Las Cases, écrivit à deux reprises à Hudson Lowe afin de le rencontrer pour une franche explication.  N’ayant eu aucune réponse, le jeune homme s’en retournât en France, tout en précisant à Lowe qu’il se tenait à sa disposition que ce soit à Paris, à Ostende, en France ou en Belgique. L’affaire en resta là. Mais le 12 novembre 1825, à Passy, qui est à cette époque un petit village situé à l’ouest de Paris,  alors que le jeune Las Cases revenait de dîner chez son père il fut agressé par des inconnus. Il fut blessé de deux coups de couteau : un en direction de la région du cœur qui fut arrêté par miracle, par le portefeuille de la victime contenant un paquet de cartes de visite et l’autre plus grièvement à la cuisse droite.  Est-ce Hudson Lowe qui organisa ce guet-apens ?  On mena une enquête mais les coupables, deux hommes non-identifiés, dont un qui parlait mal le français d’après le fils Las cases, ne furent jamais identifiés. L’affaire en resta là [2].


[1] Carte de visite.

 2]  Selon la presse de l’époque, Hudson Lowe, hormis une chambre au Grand Hôtel de Paris (rue de Rivoli), loua un appartement, au 21, rue Franklin (tout près du lieu de l’agression), du 29 octobre au 11 novembre 1825.

 

 

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( 7 mai, 2021 )

1821-2021. « Quel triste et sublime spectacle ! »

Steuben

Ecoutons Louis-Etienne Saint-Denis (le mameluck Ali): 

Dans la soirée, le 7 mai, on apporta le cercueil, ou pour mieux dire les cercueils, car il y en avait trois : un en fer blanc, matelassé en satin blanc, un second en acajou et un troisième en plomb. Un quatrième, en acajou, qui devait renfermer les trois premiers, ne fut apporté que le lendemain matin.

Toutes choses étant disposées, nous mimes le corps de l’Empereur dans le cercueil de fer blanc. Celui-ci se trouva si court que, le chapeau ne pouvant être mis sur la tête, nous le plaçâmes sur les cuisses ; sous les jambes on mit plusieurs pièces d’argenterie, les plus belles, entre autres une saucière ayant la forme d’une lampe antique, des couteaux, fourchettes, cuillers, (peut-être assiettes), et une certaine quantité de pièces d’or à l’effigie de Napoléon, tant de France que d’Italie, Nous fûmes contraints, au grand regret de tous, nous autres Français, de mettre dans le cercueil les deux vases qui contenaient le cœur et l’estomac (le premier avait été destiné à l’Impératrice) ; mais telles étaient les instructions du gouvernement anglais communiquées aux exécuteurs testamentaires. Les couvercles des deux vases avaient été soudés avec assez de soin pour que l’alcool ne put s’échapper. Au moment que le plombier allait mettre le couvercle du cercueil pour le souder, le grand-maréchal [le général Bertrand] prit une dernière fois la main de l’Empereur et la serra avec la plus vive émotion. Encore un moment et la belle tête de Napoléon allait être cachée à tous les regards. Quel triste et sublime spectacle que cette contemplation religieuse des traits de celui qui avait été pour plusieurs des assistants l’objet de leurs soins les plus assidus, de leur empressement, de leur entier dévouement et de leur culte ! Les larmes étaient dans tous les yeux. Le cercueil soudé fut mis dans le second, dont le couvercle fut fixé par des vis à tête d’argent. Le troisième cercueil, celui de plomb, ayant la même forme que les précédents, les contint et leur servit d’enveloppe. Dès que ce dernier fut soudé, on ôta les matelas du lit ainsi que le fond sanglé, et on le mit à la place, sur des espèces de tréteaux et couvert du manteau ; le lit servit d’encadrement. Quand tout ce travail fut terminé, la soirée étant déjà avancée, tout le monde se retira, à l’exception des serviteurs qui devaient rester pour la garde. Le calme le plus parfait succéda au mouvement. On n’entendait d’autre bruit que celui du cricri [le chant du grillon ?] et le bruissement des feuilles qu’agitait un vent léger. Les factionnaires n’entouraient plus de leurs lignes de baïonnettes l’habitation de l’Empereur ; il n’y avait plus d’autres surveillants à Longwood que l’officier d’ordonnance et le docteur Arnott. Celui-ci, tant que les cercueils n’avaient pas été fermés et soudés, n’avait pas quitté la place et avait exercé la plus active surveillance pour que rien ne fût distrait du corps de l’Empereur. Les serviteurs gardiens passèrent la nuit, moitié en se promenant dans la petite allée qui bordait les fenêtres de la chambre et du cabinet, et moitié assis dans l’intérieur, se livrant à toutes les réflexions et pensant au passé, au présent et à l’avenir. L’Empereur était sous leurs yeux et il fut constamment l’objet de leur entretien… Le jour parut. Au silence de la nuit succéda une nouvelle animation. Hélas ! Dans la journée, l’Empereur devait quitter Longwood et la terre était ouverte pour recevoir sa dépouille.

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( 6 mai, 2021 )

1821-2021. « Tous avaient voulu voir le grand homme. »

s-l1600

Louis-Etienne Saint-Denis (alias le mameluck Ali) fait partie des témoins essentiels de Sainte-Hélène. Voici ce qu’il écrit dans ses « Souvenirs » (Arléa, 2000. Préface et notes de votre serviteur):

Le gouverneur [Hudson Lowe] ayant donné la permission à toutes les troupes de l’ile, de terre et de mer, de venir à Longwood, dans l’après-midi et par un mouvement spontané, officiers, sous-officiers, soldats, tous s’empressèrent d’y accourir. Ces derniers, les uns en uniforme, les autres en veste de travail, arrivèrent couverts de sueur à la maison mortuaire. Malgré l’affluence considérable des visiteurs, tout se passa avec le plus grand ordre. On entrait par l’antichambre des valets de chambre, ensuite la salle de bain, le cabinet et la chambre à coucher ou chapelle ardente, où l’on stationnait quelques instants ; après quoi on sortait par la salle à manger, le salon et le parloir. Pendant le passage des visiteurs, le grand-maréchal était à la tête du lit, MM. de Montholon et Marchand au pied, et les serviteurs rangés du côté opposé près des fenêtres. Dès que la permission de venir à Longwood avait été connue des soldats, le travail avait cessé, tous avaient voulu voir le grand homme, le grand Napoléon : c’est ainsi que les soldats anglais appelaient l’Empereur. Tant qu’il fit jour, les appartements ne désemplirent pas. Nous avons remarqué que la plupart des officiers et soldats, après avoir considéré le corps du héros, paraissaient fort émus du spectacle funèbre qu’ils avaient sous les yeux. Nous avons aussi remarqué que plusieurs s’agenouillèrent après avoir fait, avec le pouce de la main droite, une croix sur le front de l’Empereur : ils étaient probablement Irlandais. Parmi les sous-officiers, il y en eut un qui s’approcha tout près du lit de repos, tenant un enfant par la main, et s’écria en montrant à cet enfant le corps de l’Empereur : « Viens, viens voir le grand homme, le grand Napoléon ! » Cet ancien militaire prononça ces paroles avec tant d’âme et de chaleur que tous les assistants ressentirent la vive émotion qu’il éprouvait lui-même. A la tombée du jour, la foule s’étant écoulée, il ne resta plus à Longwood que ceux qui l’habitaient. Deux ou trois serviteurs eurent la douce, mais bien triste satisfaction, de faire la veille auprès du corps de l’Empereur.

 

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( 5 mai, 2021 )

1821-2021 «Je l’ai vu étendu mort. C’était un spectacle des plus tristes.» Lettres de l’enseigne anglais Duncan Darroch.

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Duncan Darroch, est tout juste âgé de vingt ans quand il arrive à Sainte-Hélène le 29 février 1820.  Enseigne au 20ème régiment d’infanterie. Il a laissé une série de lettres adressées à sa mère sur les événements auquel il assista après la mort de Napoléon. Dans sa correspondance, le jeune Darroch ne cache pas son admiration pour le grand homme.  Les lettres de ce jeune homme furent publiées la première fois à l’issue de l’ouvrage (paru en 1915) regroupant les lettres (en anglais) du capitaine Lutyens. Ce dernier fut un des officiers en poste à Longwood durant la captivité de l’Empereur.

Deadwood, 6 mai 1821.

Ma chère mère bien-aimée,

Avant que cela vous parvienne, vous serez conscient de l’état dans lequel nous sommes ici; vous savez que le général Bonaparte est très gravement malade, un militaire a été expédié il y a quelques jours avec ces nouvelles. Le vieux Nap était malade depuis si longtemps; mais, il y a environ une semaine, il a été délivré. Le navire était déjà parti sans avoir pu emporter la nouvelle de sa mort.

Il était allongé inconscient le soir du du 2 mai ; le matin du 3, il est redevenu conscient et a reconnu les gens autour de lui. Il retomba ensuite dans une sorte d’insensibilité inanimée, et devint progressivement froid, jusqu’à hier matin, le 5, quand vers 11 heures un signal fut fait par le Gouverneur à l’Amiral qu’il expirait, et qu’un signal devait être fait immédiatement qu’il est mort. Les membres du Conseil avaient reçu l’ordre, le 3, de se tenir prêts à se rendre à Longwood  afin de témoigner de sa mort; et quant au gouverneur, il a presque élu domicile dans la nouvelle maison. Les choses ont continué dans cet état jusqu’à environ 10 minutes avant 6 heures du soir, quand il est mort, juste au moment du coucher du soleil. Le commissaire français, l’amiral et toutes les  personnalités étaient immédiatement assemblés pour voir le corps, et des ouvriers étaient employés pour tendre les chambres avec du noir. Des ordres ont été envoyés pour le plâtre de Paris afin de prendre un buste de lui; mais je crois qu’il n’y en a pas assez sur l’île. Ils essaient de savoir comment le ciment romain, qu’ils ont dû utiliser, répondra à leurs attentes.

Sa mort est annoncée dans les ordres d’aujourd’hui et il doit être enterré à Longwood avec les honneurs militaires. Le général comte de Montholon a pris la direction des funérailles: le corps restera en l’état, et nous devons monter ce soir pour le voir. Je serai alors en mesure de vous donner plus d’informations sur cet homme merveilleux, qui a pendant si longtemps gardé le monde en ébullition, et qui repose maintenant  tel un morceau d’argile inanimé, sans personne près de lui! Quel changement !

Le fil de son existence étant rompu a causé dans cette île !

Les gens  qui ont constitué des stocks afin de servir pour servir les troupes vont maintenant les avoir sur les bras. Les chevaux qui valaient 70 livres sterling cette semaine ne rapporteront pas 10 livres sterling. Nos huttes que nous avons été obligés de construire pour y loger nos domestiques, et qui ont coûté de 6 à 10  livres sterling chacune, sont maintenant inutiles, car cette partie de l’île sera inhabitée après notre sortie; de sorte que nous ressentirons tous plus ou moins les effets de sa mort.

Le rapport ici est que nous devons être renforcés  par le 66ème régiment (qui doit rentrer chez nous) et continuer jusqu’à Bombay et remonter le golfe Persique. Il (Nap) a choisi un endroit extraordinaire pour y être enterré, au cas où il ne serait pas renvoyé en Europe, et c’est dans un endroit appelé le Punch Bowl un peu en dessous de la route publique.

Je l’ai vu étendu mort. C’était un spectacle des plus tristes. Nous nous sommes réunis à Longwood vers 4 heures; il y avait presque tous les officiers et  les citoyens de  l’île. Après un peu de temps, nous avons été admis. La première chambre était vide, à l’exception de quelques domestiques. Dans la seconde,  se trouvait la comtesse Bertrand. Elle avait l’air misérablement malade et pâle, les yeux rouges et gonflés. Je suis resté avec des officiers qu’elle connaissait qui lui parlaient. Elle a dit qu’elle n’avait pas pris de repos pendant six jours et six nuits; qu’elle était heureuse que la cause dont il était mort était telle qu’il était impossible de le sauver ou que le climat puisse avoir un effet sur lui: c’était un cancer de l’estomac. Son père en est mort. Elle a dit qu’elle espérait être autorisée à rentrer chez elle, car Maintenant tout était fini ».Peu de temps après, je suis passé par cette pièce (qui était celle dans laquelle il est mort) et la salle à manger, où il reposait. J’ai été emmené par le capitaine Crokat l’officier de l’état-major. Il (le général Bonaparte) était vêtu d’un uniforme complet, vert, retroussé avec du rouge, une culotte et de longues bottes, un bon nombre d’ordres sur sa poitrine, une épée à ses côtés, et  coiffé du chapeau;  avec ses éperons également. Il gisait sur le lit de camp de fer qu’il avait toujours porté avec lui, et sur lequel était étendu son manteau militaire, sur lequel il repose..

Le comte Bertrand se tenait à la tête du lit, vêtu de noir. Le prêtre était agenouillé à côté de lui, et un préposé, qui était la seule personne dans la pièce qui semblait avoir la vie, ne l’a montré qu’en chassant les mouches. Son visage était serein et placide; il avait, certes changé. Ses traits étaient beaux et audacieux, sa main très délicate et petite et une belle couleur. Un crucifix était posé sur sa poitrine. Son nez était particulièrement beau. Ils l’avaient, le tournant dans le lit, un peu meurtri. Voir ainsi un homme, qui avait causé tant de tourment à l’Europe et au monde, allongé dans une petite pièce, sur son manteau militaire et son camp lit, vêtu de son uniforme complet, avec seulement deux de ses officiers généraux près de lui, était une vue terrible. Ça m’a tellement frappé. J’aurais pu le regarder pendant des heures, après lui avoir pris la main et l’avoir embrassée; mais, je pouvais à peine respirer. Pendant que je regardais, je l’ai imaginé dans les différentes situations qu’il a vécues à Lodi, à Marengo ! En fait, même si j’étais à peine deux minutes dans la pièce, plus d’idées se pressaient dans mon esprit, se chassant aussi vite que formées, et dépassant ce que je ne pouvais écrire ce soir. En sortant, j’ai longtemps  médité  sur l’instabilité de la destinée humaine et sur le peu d’utilité que ses conquêtes furent pour lui alors ! Qu’est-ce que des milliers de personnes n’auraient pas donné pour voir ce quej’ai vu ! Il sera déposé dans son cercueil, enveloppé dans son manteau, comme nous l’avons vu. Le premier sera en étain, le deuxième en plomb et le  troisième et le quatrième en bois.

Je serai de garde demain, quand j’essaierai de le revoir. J’ai eu la chance de me procurer une mèche de ses cheveux, aussi un morceau de charpie trempé dans son sang ; des souvenirs curieux, certes, mais tout ce qui appartient à un si grand homme mérite d’être conservé.

—–

7 mai 1821, de garde à Longwood, 7 heures et demie du soir

J’ai eu beaucoup de difficulté toute la journée avec des gens qui souhaitaient voir Bonaparte. Je me suis maintenant débarrassé de tout le monde et j’aurai le temps de vous parler, ma mère bien-aimée. Je suis allé ce matin dans la chambre, peu de temps après avoir monté la garde et, après avoir demandé la permission ; je suis entré dans la pièce. Il gisait comme auparavant; ses traits se sont affaissés un peu plus; il n’y avait que le prêtre et le préposé et moi-même dans la pièce. Je pris sa main et la maintins pendant un certain temps, examinant les doigts et ses traits; cette main que les rois avaient embrassée et qui avait fait tant trembler. Je n’ai jamais vu de ma vie un visage plus serein et placide. Il semblait être plongé un sommeil profond et calme, à l’exception de la couleur livide de ses lèvres et de ses joues. À sa gauche [sur la poitrine], il y avait une étoile et deux ordres. C’étaient tous les ornements autour de lui. Son chapeau était parfaitement uni, avec une boucle noire et une petite cocarde tricolore. Je suis entré ensuite avec nos hommes et, comme il n’y avait que deux officiers, Rae et moi, je me suis tenu au pied du lit pendant que les hommes passaient. Les visages des hommes étaient sévères en regardant le corps. L’odeur à ce moment-là a commencé à être très forte, et j’étais heureux de sortir dès que les hommes étaient partis. J’ai ensuite été sollicité par l’un des médecins  qui me montra son cœur et son estomac, qui se trouvaient dans une urne en argent à côté de lui. Ils étaient couverts de graisse. Dans l’estomac, on m’a montré le trou qui avait causé sa mort ; un trou dans lequel j’aurais pu mettre mon petit doigt. J’ai alors eu l’occasion d’observer l’épée, plutôt vieille, avec en or et poignée en nacre, ceinturon blanc uni, celle que je suppose qu’il portait habituellement. Après être sorti cette fois, je suis entrée dans la pièce où était assise la comtesse [Bertrand]. Après lui avoir parlé  un moment elle m’a conseillé de revenir en arrière et de le regarder à nouveau, comme la dernière fois que je devrais voir ce grand homme. Je l’ai fait, je l’ai pris par la main et lui ai murmuré un adieu ! Je suis rentré encore une fois, quand ils ont pris le plâtre de sa tête; mais, la puanteur était si horrible que je ne pouvais pas rester. Le docteur Burton le prenait avec les médecins français. Environ un quart après quatre heures, le gouverneur est monté et a ordonné au capitaine Crokat d’être à bord du Héron et de naviguer avec les dépêches au coucher du soleil . En conséquence, il  est parti très vite, car le soleil se couche environ un quart avant six heures maintenant.

Nous  devons enterrer le corps de Napoléon Bonaparte près du Devil’s Punch Bowl à 11 heures le mercredi 9 mai. Son cœur et son estomac seront placés dans une urne en argent (soudée) à ses côtés, afin d’être transportés en Europe, si cela est jugé approprié par la suite. Nous devons l’enterrer avec les honneurs militaires les plus élevés possibles. Ce sera un spectacle lugubre, certes, mais plus que cela à l’avenir. Je dois parler, du mieux que je peux, de ce qui se passe actuellement. Une plus belle tabatière, qui a été léguée à la comtesse [Bertrand], m’a été montrée hier. Sur le couvercle se trouvait la miniature de Nap, sertie de diamants les plus gros que j’aie jamais vus de ma vie. La ressemblance était extrêmement réussie lorsqu’il était en bonne santé. Notre anxiété est maintenant de savoir ce que nous deviendrons. Ils disent que nous (le 20ème.) resterons ici, jusqu’à ce que des  ordres arrivent de chez nous pour savoir où nous devons aller; mais, tous conviennent que nous irons en Orient. Si nous le faisons, de nombreuses années vont s’écouler de revoir l’Europe. Une seule chose me ferait souhaiter que nous revenions sur nos pas. Vous pouvez facilement deviner ce que c’est. Pour tout le reste, je suis très content de me rendre en Nouvelle-Zélande, s’ils choisissent de nous y envoyer. J’espère que nous n’irons pas au Cap. Le 66ème  rentrera immédiatement chez lui. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je me sens seul lors de la garde  de ce soir. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi. Je viens de poster les dernières sentinelles.  Je suppose, que je monterai plus la garde autour de sa dépouille. Je ne peux pas chasser son visage de l’œil de mon esprit; cela me hante continuellement, et l’odeur est toujours dans mon nez et sur mes mains.

J’ose dire que cet événement fera beaucoup de bruit en Angleterre avant que vous ne l’appreniez, et vous vous demanderez pourquoi je n’ai pas écrit par le  navire qui prend les dépêches. C’est cependant plus facile à dire qu’à faire. Personne n’a pu, je crois, écrire par ce navire.

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Jeudi 10 mai 1821.

Nous avons enterré Napoléon Bonaparte avec les honneurs militaires. Les funérailles que je vais décrire du mieux que je peux. En premier lieu, vous devez comprendre la  configuration du sol près de Longwood. L’île, en général, est composée de crêtes hautes et étroites de collines qui courent, ou plutôt divergent, du Pic de Diana vers la côte, où elles se terminent brusquement en d’immenses précipices. Les vallées entre elles sont très raides. Longwood est situé sur l’une des crêtes, et l’endroit où Nap a choisi  de reposer  est dans la vallée entre celle-ci et la vallée de Jamestown, où se trouve la ville de Jamestown, et qui, par sa forme circulaire, est appelée, au moins près de la tête de celui-ci, comme je l’ai déjà dit, le Punch Bowl. Cette une partie près de la mer  qui est appelée la Vallée de Rupert. Pour descendre vers la tombe, une route a été faite à partir de la voie publique (que j’ai oublié de mentionner et elle tourne complètement autour du Punch Bowl, à quelques pieds du sommet de la colline), s’inclinant vers le bas dans la vallée, et commençant exactement sur le côté de Longwood. Les troupes, qui étaient environ composées  1 600 hommes ont été  disposées à partir du poste de garde de  Longwood, sur  le bord au-dessus de la route, successivement par ancienneté : 20ème, troupes de marine,  puis 66ème, et ensuite régiment d’artillerie  de volontaires de Sainte-Hélène ; sur la gauche, onze canons de l’artillerie royale désignés afin d’effectuer les tirs [lors de la cérémonie ?]. Nous étions en  bon ordre, présentant nos armes renversées, l’orchestre jouant  un  chant funèbre. Après un peu de temps, le cortège est apparu par la porte. D’abord vint le prêtre, et Henry Bertrand portant l’encensoir; après eux. Le docteur Arnott et le médecin français [Dr Antommarchi]. Ensuite, les pompes funèbres, puis le corps. Le  Il avait été déplacé de sa propre voiture et quelque chose comme un corbillard ouvert avait été mis à sa place. Il était attiré par quatre de ses propres chevaux, avec des postillons dans sa livrée impériale. Il y avait un cercueil simple en acajou et, au lieu d’un voile, son manteau a été jeté dessus. Au sommet, il y avait un grand livre avec son épée posée dessus.

Napoléon Bertrand [un des fils du général Bertrand] et le valet de chambre [Louis Marchand]  marchaient de chaque côté du corbillard. Six de nos grenadiers, sans armes, ont marché de chaque côté. Après que le corps  soit transféré dans le corbillard, le cheval  qui le tirait a été magnifiquement caparaçonné. De chaque côté, montaient les comtes Bertrand et Montholon. Après eux, une petite voiture avec la comtesse [Bertrand] et deux de ses enfants. Tous les Français étaient en noir. Les officiers  militaires de la marine et de l’état-major ont suivi et, dès que l’ensemble a passé la gauche de la ligne, nous avons inversé les armes et avons suivi. Les troupes ne sont pas descendues dans la vallée, mais se sont formées sur la route immédiatement au-dessus de la tombe, dans le même ordre,  présentant nos armes inversées, pendant la cérémonie. Arrivé au tournant de la route qui descend, corps a été retiré du corbillard et transporté par des grenadiers des 20ème  et 66ème  régiments, sous le commandement du lieutenant Connor. Je dois maintenant décrire la tombe qui a été préparée pour lui. L’endroit qu’il a choisi est à l’extrémité la plus haute d’un petit jardin appartenant à un M. Torbett. Il est complètement surplombé, pour un espace d’une trentaine de mètres carrés ou plus, avec cinq ou six saules pleureurs. Un peu d’un côté était une source de la meilleure eau de l’île, et qu’il utilisait chaque jour. Cela descend la vallée. Aucun  ruisseau n’est perceptible. Près de la tombe, l’humidité est juste suffisante pour garder le gazon complètement vert et l’endroit frais. Ici, la tombe a été creusée. Sa capacité intérieure était de douze pieds de profondeur, huit pieds de long et six pieds de large, entourée d’un mur d’environ trois pieds d’épaisseur tout le long, et enduit de ciment romain. À environ deux pieds du fond et reposant sur des blocs de pierre, le  coffrage en pierre était, construit comme une grande boîte, avec le couvercle ouvert et le couvercle reposant sur l’un de ses bords. Au-dessus de la tombe ont été placées des poutres et des cordes utilisées pour abaisser le cercueil. À chaque extrémité de la tombe, un triangle a été érigé et une poutre a été posée d’un côté à l’autre sur la tombe. Les cordes, les poutres et les poulies étaient couvertes de noir. La tombe était tapissée de tissu noir et le sol, sur environ deux pieds de diamètre, en était recouvert. Le reste était du gazon vert.

Une fois cercueil en bois  descendu dans  le coffrage en pierre, le couvercle en fut fermé et une salve de fusils tirée. Ils ont ensuite procédé aux cérémonies catholiques romaines. Un gardien subalterne nous a alors ordonné de prendre en charge le tombeau ou la tombe, et trois tentes ont été installées pour leur logement. Une immense foule s’est rassemblée pour assister à la cérémonie, et le Punch Bowl ressemblait à un vaste amphithéâtre.

Je vous ai donné une déclaration  inexacte des cercueils. Le premier est en fer blanc, le deuxième en  acajou, le troisième en plomb, le quatrième  en acajou et la cinquième, le coffrage, en pierre.  Ils avaient l’intention de l’enterrer avec une cruche d’argent, une assiette, un couteau, une fourchette et une cuillère, avec du pain et certaines de ses propres pièces de monnaie. Mais ils ont été obligés de laisser de côté la cruche, le pain, l’épée et le manteau, n’ayant pas de place pour eux. Sir Hudson  Lowe n’a autorisé aucune inscription sur le cercueil, donc  il était parfaitement simple. Peu de temps après le départ de la garde, nous sommes partis. J’aurai le plaisir de la monter demain.

Les Français ont exposé  [à Longwood] l’assiette, les armes, les vêtements, etc., etc. de Bonaparte pour que nous puissions les voir, et nous montons dans environ une heure pour les regarder. Nous sommes montés hier, ma mère bien-aimée, pour voir les effets du grand homme. Ses chambres étaient disposées exactement comme elles l’étaient quand il les habitait. C’étaient deux pièces d’environ 14 pieds sur 10 pieds chacune. Elles formaient l’une des ailes de la maison et s’ouvraient les unes aux autres aux extrémités. Celle qui est  a plus proche du corps de la maison ouvre par une porte vitrée sur les jardins. La meilleure façon sera de l’esquisser sur une demi-feuille de papier et de vous la joindre. Il avait un lit dans chaque chambre, exactement semblable les uns aux autres; sommiers portatifs en fer, avec lattes en laiton sur lesquelles le lit peut reposer. Les pièces étaient  tapissées de blanc. Étant des lits de campagne, vous savez, le rail intérieur était bas, et à chacun était attaché un mouchoir de poche blanc[1]Au-dessus de la cheminée, qui était à l’autre bout de la pièce intérieure, étaient accrochés les portraits de sa mère, de Joséphine, Jérôme et  de deux de ses fils à des âges différents. Un canapé était placé près de la cheminée, et par-dessus, était accrochée Marie-Louise et son enfant, magnifiquement peints. Autant que je sache, il s’efforçait de cacher son infortune; mais, après que tout le monde l’avait quitté la nuit, et qu’il se croyait inobservé, cela ressortait d’une manière éclatante. Il avait l’habitude d’aller au canapé d’un lit et de celui à un autre, puis de revenir au canapé; de sorte qu’il ne se reposait presque jamais quatre heures d’affilées.

La vieille maison de Longwood où il vivait est misérable. Je ne savais pas que ça aurait pu être si mauvais. Ses propres appartements qu’il avait arrangés très soigneusement, mais le reste était dans un état horrible. Il n’y a pas une seule fenêtre dans la salle à manger; trois portes s’ouvrent sur d’autres pièces et une quatrième sur le jardin. Je n’aurais pas pu vivre comme lui, j’en suis sûr, la moitié du temps. Il avait certainement assez à manger et à boire, mais  je parle de choses stupides qui ne me concernent pas. Ses vêtements étaient tous disposés dans une seule pièce – manteaux, culottes, chapeaux, chemises, bas, chaussures et bottes,  longue-vues, fusils, pistolets, manteaux, gants, etc. Les  vestes étaient des uniformes ordinaires de différents corps. Pas d’ornements, sauf l’étoile et les épaulettes. J’ai essayé l’un de ses chapeaux armés. Il devait avoir une tête extraordinairement large, car il ne me convenait pas lorsqu’il était mis sur un carré (comme il le portait toujours), mais le faisait quand il était mis en avant et en arrière. Les pistolets étaient les plus beaux que j’aie jamais vus de ma vie. Il y avait seulement un écrin qui en contenait deux paires, magnifiquement sculptés et incrusté d’or et d’argent. Le harnais de son cheval était là aussi, bordé d’écarlate avec de grandes franges d’or. Les fusils étaient des pièces de chasse de différentes sortes. Un lui avait été envoyé par notre roi. Dans l’autre pièce, l’assiette et la porcelaine. Il y avait un jeu complet de couverts en argent. Il y avait un ensemble de couteaux, de fourchettes et de cuillères en or. Pas d’assiettes ni rien d’autre. Bien sûr, l’aigle, avec la couronne sur la tête et la foudre à sa portée, était partout. Il y avait un service à dessert et un service à café en porcelaine, le plus beau, je suppose, qui ait jamais été préparé. Sur chaque assiette était représentée une action de Nap. mais l’assiette la plus curieuse de toutes était une avec la carte de France dessus. Chaque paysage et figure représentés pourraient faire l’objet du regard le plus minutieux. Dans chaque soucoupe, la tête d’une personne était peinte. J’ai encore oublié de mentionner d’où j’écris. Je sais que vous admirez certains des noms que nous donnons à des endroits, vous aurez donc ceci: la Garde du Sépulcre [Tombeau].

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13 mai 1821.

Il est maintenant près de neuf heures. Le vent balaie furieusement le Punch Bowl et sur la tombe du pauvre Napoléon. Il y une sentinelle qui se promène de chaque côté, pour l’attraper s’il se lève de sa tombe. Le tombeau n’est pas fini. Il est recouvert d’une chose comme une porte couverte de tissu noir. Deux Français sont venus lui rendre visite aujourd’hui. Ils ont beaucoup déploré sa perte. On m’a demandé un morceau de saule qui surplombait sa tombe. Je ne pouvais pas le refuser à un vieux serviteur. Il le partagea avec l’autre, et le mit dans les couronnes de leurs chapeaux, et me remercia très chaleureusement, et leur déclara plus de valeur que les couronnes d’or. Ils ont ensuite pris un verre à la source d’eau.

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20 mai 1821.

J’aimerai que cette lettre soit postée ce soir soir. Je dois donc conclure bientôt. Je dois encore vous donner un plan au sol de la maison. Peintre miniature ici, M. Rubidge, a pris une très heureuse ressemblance avec Napoléon après sa mort; il a l’intention de le ramener chez lui et de le graver. J’ai souscrit à deux  exemplaires, que j’ai souhaité destiner à mon père avec M. R Binnie. J’espère que vous les aimerez. Je souhaiterais, si cela est possible, que vous m’en envoyiez une. Mais peut-être pourraient-ils se briser ; alors, gardez-les jusqu’à ce que je vous vois. La ressemblance a été prise le deuxième jour après sa mort, juste avant la formation du plâtre de la tête. Nap a laissé au Dr Arnott, qui est des nôtre et qui l’a assisté, une tabatière en or, sur laquelle, quelques jours avant sa mort, il a gravé  un ‘N’. lui-même, ainsi que 600 Napoléons, d’un jaune brillant, les pièces étant neuves. Le 66ème régiment s’en retourne par certains navires que nous avons ici, et leur embarquement  est prévu dans le courant de la semaine prochaine. Nous leur avons donné un dîner d’adieu hier. Je pense que nous irons en Inde.  Mais quand reviendrons-nous? Dieu seul le sait ! Cependant, je suis content quoi qu’il arrive. Nous devrons brûler nos meubles, je pense, car l’île est maintenant surchargée par le 66ème  régiment qui vend les siens. Nous aurons un feu glorieux de cabanes, de tables et de chaises. Je dois me hâter et vous dire au revoir.

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( 5 mai, 2021 )

29 mars 1815, Napoléon supprime la Traite des Noirs.

Décret impérial.

Si en 1802, Bonaparte, Premier Consul a bien rétabli l’esclavage dans les colonies françaises, en 1815, plus précisément le 29 mars de cette même année, l’Empereur Napoléon supprime, par décret impérial, la Traite des Noirs. Ce qui aurait eu pour conséquence de ne plus alimenter le marché de l’esclavage.  Mais, peu de mois plus tard, avec la défaite de Waterloo, Napoleon doit abdiquer…

Les contempteurs de l’Empereur oublient systématiquement cette décision prise par l’Empereur. Une lecture de l’Histoire à sens unique ? 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           Daniel LEUWEN

 

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( 5 mai, 2021 )

IL Y A 200 ANS…

Napoléon

Le 5 mai 1821, s’éteignait, à  l’île de Sainte-Hélène, le grand NAPOLEON …

 

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( 3 mai, 2021 )

1821-2021. Sainte-Hélène…

Sainte-Hélène 2

Ce passage est extrait de l’incontournable ouvrage d’Arnold Chaplin, « A St.Helena Who’s Who ».

Sainte-Hélène a été découverte par Juan de Nova-Castella, un navigateur portugais, le 21 mai 1502, et a obtenu son nom du fait que le jour de la découverte était l’anniversaire de la fête d’Hélène, la mère de l’empereur Constantin. En 1651, la Compagnie des Indes orientales prit possession de l’île et, le 3 avril 1661, Charles II. a accordé à la Société une charte. En 1672, les Hollandais ont pris possession de l’île, mais l’année suivante ont été chassés par Sir Richard Munden et le capitaine Keigwin. Le 16 décembre 1673, Charles II. a réintégré l’île à la Compagnie des Indes orientales, et en leur possession, elle est restée jusqu’en 1815, date à laquelle, ayant été choisi comme résidence pour Napoléon, un arrangement a été pris, par lequel le gouverneur devait être nommé par la Couronne avec pleins pouvoirs, et le L’East India Company devait supporter la dépense, équivalente à une moyenne des trois années précédentes. Le reste des dépenses liées à la garde de Napoléon a été pris en charge par le gouvernement britannique. Après la mort de Napoléon, l’île est revenue à la Compagnie des Indes orientales, et cela s’est poursuivi jusqu’au 22 avril 1834, date à laquelle elle a été reprise par le gouvernement britannique.

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( 2 mai, 2021 )

1821-2021. Un « Mameluck » à Sainte-Hélène…

Sainte Hélène.

De son vrai nom Louis-Etienne Saint-Denis, né à Versailles en 1788, ce personnage est plus connu sous le nom de « Mameluck Ali », que lui attribua Napoléon (faisant doute allusion à un autre Ali, ramené  d’Egypte, mais tellement mauvais sujet qu’on avait dû l’affecter gomme garçon d’appartement à Fontainebleau)[ 1]. En 1806, il entre au service des équipages de la maison de l’Empereur, grâce à l’appui d’une connaissance de son père : le général de Caulaincourt, grand-écuyer de Napoléon. Il suit le souverain en Espagne, en Allemagne et en Hollande. En décembre 1811, il passe au service intérieur comme second mameluck; le premier étant Roustam. Saint-Denis participe à la campagne de Russie et à une grande partie à celle d’Allemagne, en 1813. Après la fuite de Roustam, en avril 1814, il devient premier mameluck.  Saint-Denis  suit Napoléon à l’île d’Elbe, puis est présent non loin lui lors de la bataille de Waterloo. En 1815, il fait partie, avec son ami Louis Marchand (premier valet de chambre de l’Empereur), des personnes choisies pour accompagner l’Empereur à Sainte-Hélène. Sur place, il remplit de multiples tâches qui lui laissent peu de loisir. Très polyvalent, Saint-Denis est bibliothécaire, classant et distribuant livres et gazettes ; copistes, possédant une belle écriture très fine ;  gardien des armes de l’Empereur, il doit subvenir à leur entretien et les tenir toujours prêtes ! Second valet de chambre, il sert Napoléon à table. La nuit, il veille sur le sommeil de l’Empereur, l’oreille toujours en éveil. Après la mort de Napoléon, Louis-Etienne Saint-Denis s’établit à Sens, avec son épouse Mary (d’origine anglaise) qu’il rencontra et épousa en 1819 à Sainte-Hélène. Il fonde une famille avant de s’éteindre en 1856 à Sens.

Christophe BOURACHOT


[1]  Ce personnage a laissé d’intéressants « Souvenirs » qui furent publiés la première fois en 1926. Ils ont été réédités par mes soins en 2000 aux Editions Arléa.

 

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( 1 mai, 2021 )

1815 : une année décisive !

Napoléon le Grand2

20 mars. Napoléon, après son retour fulgurant de l’île d’Elbe (où il était retenu prisonnier depuis début mai 1814, après sa première abdication), arrive à Paris.

5 avril. Les troupes anglaises  se positionnent en Belgique, commandées par Arthur Wellesley, duc de Wellington.

22 avril. Proclamation de l’Acte additionnel aux constitutions de l’Empire, rédigé par Benjamin Constant.

26 mai. Le tsar de Russie, le roi de Prusse et l’empereur d’Autriche quittent Vienne pour se mettre à la tête de leurs armées et lutter contre la France.

1er  juin. Cérémonie du Champ-de-Mai, à Paris.

9 juin. L’acte final du Congrès de Vienne est signé par les plénipotentiaires des grandes puissances alliées présentes. Il avait été ouvert le 1er novembre 1814.

12 juin. Napoléon quitte Paris pour la Belgique.

15 juin. Napoléon chasse les Prussiens de Charleroi et décide de s’attaquer à Blücher pendant que Ney est prié d’occuper les Quatre-Bras, carrefour stratégique.

16 juin. Bataille de Ligny et bataille des Quatre-Bras.

18 juin. Bataille de Mont-Saint-Jean, appelée par les Anglais Bataille de Waterloo et par les Prussiens Bataille de La Belle-Alliance.

21 juin. Napoléon est de retour à Paris.

22 juin. L’Empereur abdique en faveur de son fils.

25 juin. Napoléon quitte le Palais de l’Elysée et arrive au château de Malmaison.

29 juin. Après un court séjour, L’Empereur prend le chemin de l’exil.

30 juin. Arrive la veille au soir au château de Rambouillet il le quitte en fin de matinée. Napoléon passe par Chartres, Châteaudun et Vendôme.

1er juillet. L’Empereur arrive à Tours dans la nuit. Après une longue halte à Poitiers, il arrive à Niort vers 22 h.

3 juillet. Napoléon quitte Niort à l’aube ; passe par Mauzé, Surgères, Muron, Saint-Louis. L’Empereur parvient à Rochefort-sur-Mer.

8 juillet.  Napoléon embarque sur la Saale. Ce même jour, Louis XVIII revient à Paris.

9 juillet. L’Empereur visite l’île d’Aix et retourne à bord de la Saale.

12  juillet.  Napoléon s’installe à l’ile d’Aix.

15 juillet. A l’aube, il s’embarque à bord du brick de guerre l’Épervier, sous pavillon parlementaire, qui le conduit jusqu’au Bellérophon, navire britannique.

« Je suis venu me placer sous la protection de votre prince et de vos lois », déclare l’Empereur.

7 août. En rade de Plymouth, Napoléon est transféré sur le Northumberland qui le conduira à l’île de Sainte-Hélène.

15 octobre. Arrivée du  Northumberland devant Sainte-Hélène. L’Empereur débarque sur l’île le lendemain.

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( 1 mai, 2021 )

1821-2021. Une « dame de cœur » à Sainte-Hélène: Albine de Montholon…

AlbineNée en 1779, divorcée à deux reprises, elle quitte son domicile conjugal sur un coup de foudre avec le comte Charles de Montholon (qu’elle peut enfin épouser en 1812). La comtesse de Montholon suit son nouveau mari à Sainte-Hélène, avec leur fils Tristan (1810-1831).  Elle y arrive, attendant un heureux événement : le 18 juin 1816, elle est accouchée d’une fille,  Napoléone de Montholon [1], conçue sur le Northumberland. Durant son séjour dans l’île Albine de Montholon est d’une humeur constante, elle ne se plaint pas de l’inconfort de la situation, des médisances des uns et des autres. Sa combativité contraste avec la personnalité de la comtesse Bertrand, déprimée, toujours à se plaindre sur son sort et qui se ronge d’ennui. Après le départ de Las Cases, fin décembre 1816, les relations entre Napoléon et la comtesse de Montholon semblent devenir plus intimes… Ce que ne manque pas de remarquer le général Gourgaud, d’une jalousie maladive à l’égard de toute personne attirant l’attention de Napoléon. Le 26 janvier 1818, Albine de Montholon donne naissance à une fille : Joséphine[2]. Mais une rencontre va marquer la comtesse de Montholon: celle qu’elle fait fin 1818, en la personne du séduisant Basil Jackson, lieutenant anglais  de l’état-major du général Hudson Lowe. Une idylle débute et certaines personnes de l’entourage de Napoléon, ne manquent pas de lui en rapporter les moindres détails. L’Empereur est furieux, au contraire de Charles de Montholon qui ne fait aucun commentaire.  Le 2 juillet 1819, pour raisons de santé, la comtesse de Montholon quitte l’île avec ses trois enfants[3], peu de jours avant le lieutenant Jackson qui s’embarquera le 8 pour l’Angleterre. Ils se retrouveront à Bruxelles. Napoléon fut très ému par le départ de celle qui lui apporta un peu de tendresse, de douceur, et peut-être un peu plus dans son exil sans issu. La comtesse Albine de Montholon décède en 1848.

Christophe BOURACHOT


[1] Elle vivra assez longtemps pour ne s’éteindre que le 17 septembre 1907 à Montpellier.

[2]  Décédée à Bruxelles le 30 septembre 1819.

[3] Elle avait quitté Longwood la veille, 1er juillet 1819.

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( 30 avril, 2021 )

1821-2021… Le Dr Francis Burton (1784-1828), seul auteur du Masque mortuaire de Napoléon.

Masque

Après un apprentissage en chirurgie exercé à Belfast, Burton pratique son art de 1804 à 1807 dans les hôpitaux de Dublin [1].  En mars 1807,  Burton entre dans l’armée en tant que chirurgien-adjoint puis est transféré l’année suivant dans les rangs du 36ème régiment d’infanterie. En septembre 1813, c’est en tant que chirurgien à part entière que le Dr Burton rejoint les rangs du 4ème régiment d’infanterie. Il a participé à la campagne d’Espagne, à et à l’expédition de Walcheren. Il était présent à Waterloo. En décembre 1819,  Francis Burton est nommé chirurgien au 1er bataillon du 66ème régiment d’infanterie et reçoit l’ordre de rejoindre Sainte-Hélène. Il y arrive le 31 mars 1821.  Lors de la dernière phase de la terrible maladie de Napoléon, il ne fut pas sollicité. Toutefois,  6 mai 1821, le Dr Burton est présent lors de l’autopsie de Napoléon et  en signa le rapport officiel. Laissons parler l’historien anglais A. Chaplin [2] : « À la fin de l’examen post-mortem de Napoléon, il a été suggéré de prendre un moule de la célèbre tête afin de conserver à jamais les caractéristiques classiques. Un plâtre brut de Paris [3] a été obtenu, et Antommarchi a fait la tentative, mais a échoué. Burton, cependant, ayant eu peu d’expérience dans ce genre de travail, a proposé d’essayer et a réussi à se faire une idée du visage, à partir duquel un moulage a été réalisé. Mais le lendemain matin, quand il est allé chercher son plâtre, il a découvert qu’il avait été enlevé par les Bertrand et, bien qu’il ait tenté à plusieurs reprises d’en reprendre possession, il ne l’a jamais revu. En 1833, cinq ans après la mort de Burton, Antommarchi a annoncé que le moulage était le sien… »

Christophe BOURACHOT


[1]  Francis Burton était né à Tuam, en Irlande.

[2] Tous les renseignements que contient cette notice sont extraits de l’ouvrage (paru en 1914) qu’Arnold Chaplin a consacré au médecin anglais Thomas Shortt et à quelques autres figures médicales de Sainte-Hélène.  Le Dr F. Burton en fait partie.

[3] Il s’agit d’une catégorie de plâtre. Cela ne signifie pas qu’il provient de cette capitale.

 

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( 29 avril, 2021 )

1821-2021. Le général Charles de Montholon…

ApMontholonrès s’être engagé à l’âge de seize ans, en 1799, dans les rangs de l’armée d’Italie, on le retrouve en 1805 au service du maréchal Berthier en tant qu’officier d’ordonnance à l’état-major de la Grande-Armée. Nommé colonel en 1809, il est nommé par la suite ministre plénipotentiaire.  Montholon, promis à une carrière honorable commet un faux-pas en épousant une femme divorcée et d’une réputation de femme volage, malgré l’avis contraire de Napoléon : Albine de Vassal.  L’Empereur le destitue de son poste. Rien de très marquant dans la carrière de Montholon. Rallié à Napoléon après son retour à Paris, le 20 mars 1815,  il avait été nommé général durant la Première Restauration. Montholon ne participe pas à la campagne de 1815 en Belgique. Au lendemain de Waterloo, il est nommé aide-de-camp de l’Empereur. Il se met à la disposition de Napoléon, persuadé que ce dernier partira en exil en Amérique. Ce sera Sainte-Hélène mais Montholon, qui a entraîné dans l’aventure sa femme Albine et Tristan, leur jeune fils, sont du voyage.  Nous le retrouvons donc dans l’île parmi les proches de l’Empereur, le couple étant l’objet de leurs dissensions parmi ces derniers. Fin 1816, Las Cases (et son fils), qui était l’interlocuteur privilégié de Napoléon quitte l’île ; puis en 1818, c’est au tour de l’irascible Gourgaud. La situation ne peut que profiter à Montholon qui possède du tact une personnalité moins fade que celle du général Bertrand et qui a en poche un atout magistral : sa femme, encore jolie, n’entretient-elle pas des rapports privilégiés avec Napoléon ? En juillet 1819, Albine de Montholon quitte Sainte-Hélène. Les rapports de Montholon avec l’Empereur deviennent plus étroits, presque filiaux à un tel point que l’Empereur lui lègue par testament la moitié des fonds dont il peut disposer.  Après la mort de Napoléon, on retrouve Montholon en  Europe, alternant appels en faveur de Napoléon II, le fils de l’Empereur et opérations financières qui tournent à l’échec. Montholon réside en Suisse, pays où il fait la connaissance de Louis-Napoléon, le futur Napoléon III. Il soutiendra ce prince dans l’une de ses deux tentatives de prise de pouvoir, celle de Boulogne-sur-Mer, en 1840. Il est arrêté, jugé et condamné à six ans de prison qu’il passe ainsi aux côtés du neveu de Napoléon.  Montholon s’éteint en 1853. 

Christophe BOURACHOT

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( 28 avril, 2021 )

1821-2021. Infortuné Planat (de la Faye) !

Portrait de Planat

C’est cet officier (et non l’impétueux Gourgaud)  qui figurait sur la liste établie par le général Bertrand et qui désignait les personnes devant accompagner l’empereur à Sainte-Hélène. Ecoutons-le :

« Entré au service en 1806, aide-de-camp du général Lariboisière pendant la campagne de Russie, du général Drouot pendant celles de Saxe et de France, je fus nommé officier d’ordonnance de l’Empereur à son retour de l’île d’Elbe au mois de mars 1815[1]. L’admiration mêlée de réserve, qui jusque-là avait prédominé dans mes sentiments pour l’Empereur, se changea à cette époque en un dévouement sans bornes, et bientôt en un véritable culte pour le grand homme malheureux. Après le revers de Waterloo, je suivis l’Empereur à Rochefort et je montai avec lui sur le Bellérophon. Le 7 août 1815 je fus séparé de sa personne par ordre du gouvernement anglais[2]; le Northumberland emporta l’Empereur à Sainte- Hélène, un autre bâtiment anglais me transporta avec les généraux Lallemand, Savary et autres, à Malte où nous fûmes retenus pendant une année dans une étroite captivité. Relâché en août 1816, mais rayé des cadres de l’armée française, ne pouvant ni ne voulant, au moment de la plus furieuse réaction, rentrer dans ma patrie, je dirigeai mes premiers pas vers Rome. Une partie de la famille de l’Empereur y résidait auprès du cardinal Fesch, son nouveau chef. La nature et les motifs secrets de l’hospitalité accordée par la cour de Rome à l’ex-famille impériale ressortiront surabondamment des pièces que je publie; les mêmes motifs n’existant pas à mon égard, je fus invité, sur la demande de l’ambassadeur de France, M. de Blacas, à quitter Rome sous vingt-quatre heures. Je partis pour Florence, mais la persécution de M. de Blacas m’y suivit et me força bientôt de quitter Florence et l’Italie et de me réfugier en Autriche, malgré ma répugnance. L’année suivante,  le comte de Las Cases revint en Europe [3]. Il m’écrivit que l’Empereur avait, à plusieurs reprises, exprimé le vif regret de ne pas m’avoir auprès de lui… »

Illustration: Portrait de  Planat dans sa vieillesse .


[1] C’est seulement en 1818, par Las Cases, que le capitaine Planat de la Faye apprit qu’il avait été choisi par Napoléon afin de l’accompagner à Sainte-Hélène.


[2] Le dossier militaire de Planat (autorisé, par décret impérial du 31 mars 1860,  à ajouter à son nom celui de « de la Faye »), ne mentionne pas  le fait qu’il fut nommé officier d’ordonnance de l’Empereur. Cela ne veut pas dire que Planat ment mais que cette nomination n’a pas été actée par écrit. Voir la base « Léonore » de la Légion d’honneur, accessible librement sur internet. Cote du dossier Planat : LH/2175/62. Planat de la Faye était né en 1784; il s’éteint en 1864.

[3] Planat a la délicatesse de ne pas raconter ici la crise de nerfs que fit le caractériel Gourgaud afin de le remplacer sur la liste établie par le général Bertrand ! Cette attitude incroyable est inacceptable de la part d’un officier de la Grande-Armée ! Il convient de souligner que le 7 août 1815, au moment au cours de laquelle éclate cette crise, Planat se trouve depuis dix jours sur l’Eurotas, un autre navire de l’escorte du Bellérophon. Gourgaud avait une carte d’avance sur l’infortuné Planat : il se trouvait déjà sur ce navire et pu, immédiatement, faire éclater ces récriminations !

 

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( 27 avril, 2021 )

1821-2021. «Vous êtes un brigand, un assassin ! »

Montholon

A Sainte-Hélène, l’animosité existant entre Gourgaud et Montholon n’était un secret pour personne…

« Gourgaud avait un caractère difficile, emporté, susceptible et jaloux. Il s’était ligué avec Montholon contre Las Cases. Celui-ci parti, Gourgaud se dressa contre son ancien allié au point de concevoir des pensées meurtrières. Il eut une attitude réellement insupportable, faite de bouderies, de manque de respect, et de violences. L’Empereur eut, pour lui, une patience infinie, car il connaissait le dévouement profond de Gourgaud, mais celui-ci eut le tort de se rapprocher de Lowe qui lui faisait des politesses. Gourgaud, depuis des mois, voulait quitter Sainte-Hélène et Bertrand, informé, essaya de le calmer. Mais son interlocuteur s’emporta et parla de provoquer Montholon en duel. Le 2 février 1818, l’Empereur, quoique fort mécontent, accueillit cependant Gourgaud gracieusement. Il tenta de le ramener à des sentiments raisonnables, mais Gourgaud exprima son intention de provoquer Montholon. « Si vous menacez Montholon, s’écria l’Empereur, vous êtes un brigand, un assassin ! — Voilà mes cheveux, répondit Gourgaud, que depuis plusieurs mois je n’ai pas coupés, je ne les couperai qu’après m’être vengé du polisson qui me réduit au désespoir ! Votre Majesté m’appelle brigand ! Elle abuse du respect que je lui porte. Assassin ! Je ne crois pas qu’on puisse me le dire, je n’ai tué personne, c’est moi qu’on veut assassiner! On veut me faire mourir de soucis. — Je vous défends de menacer Montholon, je me battrai pour lui, si vous-même… Je vous donnerai ma malédiction. — Sire, je ne puis me laisser maltraiter sans m’en prendre à l’auteur…, c’est le droit naturel… je suis plus malheureux que les esclaves, il y a des lois pour eux et pour moi il n’y a que celles du caprice. Je n’ai jamais fait de bassesses et n’en ferai jamais ! » L’Empereur, s’étant calmé, lui dit que s’il se battait, Montholon le tuerait. « Sire, répondit Gourgaud, j’ai toujours eu pour principe qu’il vaut mieux mourir avec honneur que de vivre avec honte. » Ces mots ranimèrent la colère de Napoléon qui marcha à grands pas dans le salon en parlant confusément. Le grand-maréchal, consterné, ne disait rien. Gourgaud lui rappela que, depuis longtemps, il lui avait demandé de parler à l’Empereur. Bertrand ne répondit pas. Tout à coup, l’Empereur changea de ton, soit qu’il fût las d’une telle querelle, soit qu’il eût de l’amitié pour Gourgaud. « Je vous prie, dit Napoléon, d’oublier ces expressions… » Gourgaud s’engagea alors à ne pas provoquer Montholon si l’Empereur lui en donnait l’ordre, Napoléon essaya de faire abandonner à Gourgaud son projet de départ. — « On vous retiendra au Cap, dit-il, on vous mettra peut-être en prison » — « Perdu pour perdu, j’aime mieux mourir en faisant mon devoir » — « Ah !, dit Napoléon en haussant les épaules, je suis certain que vous serez bien reçu ! Lord Bathurst vous aime… » — « Comment cela ? » — « Oui, vous lui avez plu par votre correspondance » — « J’ai toujours dit que je me portais bien pour ne pas effrayer ma mère. Je ne tiens pas à la vie. Je n’ai rien à me reprocher ». — « Il faut déclarer, dit alors l’Empereur, que vous êtes malade; je vous ferai donner des certificats par O’Meara. Mais écoutez mon conseil, il ne faut vous plaindre à personne, ne pas parler de moi, et une fois en France, vous verrez l’échiquier sur lequel vous devez jouer. » Le lendemain, Gourgaud provoqua Montholon. Celui-ci sur l’ordre de l’Empereur, refusa de se battre. « Tout duel entre nous, dit-il, serait un grand scandale et un surcroît d’affliction à ajouter à la position de l’Empereur. » Napoléon était consterné de la folie de Gourgaud, il aurait même parlé de le faire arrêter » [1]

Ci-dessus, portrait du général de Montholon. 


[1] Lettre de Stürmer à Metternich du 23 février 1818. Ce long passage est extrait de l’ouvrage de J. Thiry sur Sainte-Hélène.

 

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( 27 avril, 2021 )

1821-2021. Officiers généraux en poste à Longwood…

 NapoléonD’après l’ouvrage d’ Arnold Chaplin, « A St.Helena Who’s Who » (Fonthill, 2014)

Capitaine Thomas William Poppleton, 53ème régiment d’infanterie. Du 10 décembre 1815 au 24 juillet 1817.

Capitaine Henry Pierce Blakeney, 66ème  régiment d’infanterie. Du 25 juillet 1817 au 16 juillet 1818.

Lieutenant-colonel Thomas Lyster, inspecteur des côtes et des volontaires. Du 16 juillet au 25 juillet 1818.

Capitaine Henri Pierce Blakeney, 66ème régiment d’infanterie. Du 25 juillet au 5 septembre 1818.

Capitaine George Nicholls, 66ème régiment d’infanterie. Du 5 septembre 1818 au 9 février 1820.

Capitaine Engelbert Lutyens, 20ème  régiment d’infanterie. Du 10 février 1820 au 26 avril 1821.

Capitaine William Crokat, 20ème  régiment d’infanterie. Du 26 avril au 6 mai 1821.

 

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( 26 avril, 2021 )

LE LIVRE-ANNIVERSAIRE (1821-2021) !

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