( 20 octobre, 2013 )

Ordres du maréchal BERTHIER au maréchal MACDONALD…

Ordres du maréchal BERTHIER au maréchal MACDONALD... dans TEMOIGNAGES macdonald 

[Pièce n°2536]. Berthier à Macdonald.

Weissenfels, rive gauche de la Saale, 20 octobre 1813.

L’Empereur ordonne que vous vous mettiez en marche demain avec le 11ème corps d’armée pour vous rendre à Freyburg, mais l’intention de sa majesté est que vous ne partiez qu’après la Garde impériale au plus tôt à 7 heures du matin après vous être bien rallié. L’intention de Sa Majesté est que toutes les mesures soient prises de manière qu’il n’y ait d’autre intervalle dans la marche des corps que celui voulu par l’ordonnance.

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[Pièce n°2537]. Berthier à Macdonald.

Weissenfels, rive gauche de la Saale, 20 octobre 1813.

L’Empereur me charge de vous renouveler l’ordre de m’envoyer tous les soirs un officier pour faire connaître votre quartier-général, l’emplacement de toutes vos troupes, et vous porter les ordres de Sa Majesté.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.- E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, p.234).

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( 19 octobre, 2013 )

19 octobre 1813…

[Pièce n°2534]. Napoléon au roi de Saxe. Leipzig 19 octobre 1813.

J’envoie à Sa Majesté le bataillon saxon de ma Garde pour qu’Elle ait ans cette journée autour d’Elle quelques-unes de ses troupes qui puissent servir de garde à sa famille. J’ai chargé le général Gersdorff de lui réitérer l’assurance de tous mes sentiments qui sont inébranlables et de la peine que j’éprouve des embarras où elle va se trouver. Je prie Votre Majesté de dire où Elle ca se trouver. Je prie Votre majesté de dire à la reine et à la princesse que j’ai pensé à elles pendant la bataille d’hier et qu’elles devaient être bien inquiètes.

 19 octobre 1813… dans TEMOIGNAGES 1813-20131

[Pièce n°2535]. Note au roi de Saxe. Leipzig, 19 octobre 1813.

Sa Majesté désirait que les malades français dans toute la Saxe ne fussent pas prisonniers de guerre. On pourrait le demander en présentant que ce serait un soulagement pour la Saxe, attendu qu’on obtiendrait de la France qu’elle continuât à payer les journées à raison de 30 sous par malade. L’Empereur pense que le roi ne doit pas renoncer à la confédération ni au duché de Varsovie et renvoyer toutes les questions à la paix générale. S’il est contraint d’adhérer à la coalition, il ne doit le faire qu’avec le motif d’arriver à la paix générale en y renvoyant toutes les questions qui ne peuvent se décider qu’alors.  Le roi peut se servir du prétexte de la détresse de son pays pour tâcher d’empêcher qu’on ne l’oblige  à lever des troupes ; si l’on exigeait que le roi, comme duc de Varsovie, ordonnât la remise de Modlin et de Zamosc, il ne faudrait le faire qu’à la condition que les garnisons rentreraient, savoir les troupes saxonnes en Saxe et les troupes françaises en France, et ne seraient point prisonnières de guerre.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.- E. de Boccard Éditeur,  1914-1919, tome II, p.233).

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( 19 octobre, 2013 )

Instructions de NAPOLEON au maréchal BERTHIER…

Instructions de NAPOLEON au maréchal BERTHIER... dans TEMOIGNAGES berthier

[Pièce n°6066]. A Berthier.

Leipzig, 19 octobre 1813.

Donnez l’ordre pour que tous les bataillons qui sont à Leipzig rejoignent le général Durutte et pour que les bataillons badois rejoignent le général Marchand. Avez-vous donné des ordres au général Le Fol ?

(Arthur Chuquet, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815) », Librairie Ancienne Honoré Champion, Éditeur, 1912,  Tome IV, p.300)

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( 18 octobre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(1)


Au hasard de mes lectures...(1) dans TEMOIGNAGES au-hasard-de-mes-lectures.-2

Itinéraire d’un officier de la Grande-Armée…

Il y a près de vingt-cinq ans, fut publiée une biographie du général Pierre Decouz (1775-1814). Elle a été réalisée à partir d’extraits de sa correspondance familiale et militaire; cette dernière étant minoritaire. L’ouvrage fait revivre cette figure militaire de la Révolution et de l’Empire. Ce Savoyard, né à Annecy, servi au siège de Toulon, fut lieutenant dans les rangs de l’armée d’Italie. Plus tard, Decouz, devenu sous-chef d’état-major au 5ème corps de la Grande Armée, est présent à la bataille d’Austerlitz. Il se fera remarquer à Wagram. En 1813, il est nommé commandant du 1er régiment de chasseurs à pied de la Vieille Garde, puis général de division, avant de prendre la tête de la 51ème division d’infanterie. Il se bat encore à Dresde. Le 29 janvier 1814, le général Decouz, commandant la 2ème division de la Jeune Garde, est blessé par deux fois. Il mourra à Paris, le 18 février suivant. Possédant une forte personnalité, cet officier est attachant par cette correspondance dans laquelle il fait preuve d’une extrême tendresse à l’endroit de sa famille. Son nom méritait bien de figurer en bonne place sur l’un des côtés de l’arc-de-Triomphe, à Paris.

« Pierre Decouz par lui-même. Soldat de la Révolution et général d’Empire. Lettres inédites présentées et annotées par Maurice Messiez. Préface de Jean Tulard. Avant-propos d’André Palluel-Guillard », Curandéra, 1989, 205 pages.

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Sur ce personnage, qui repose au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, lire cette page : http://napoleon-monuments.eu/ACMN/Decouz.htm

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Un témoignage inédit sur l’île d’Elbe.

Je viens d’achever la lecture des Souvenirs du capitaine Raoul (1788-1850) sur le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe. Cet officier, à son arrivée sur l’île fut nommé directeur du génie militaire par Napoléon. L’Empereur n’eut pas à s’en plaindre. Pons de l’Hérault, dans ses « Souvenirs » dresse un portrait plutôt positif de Raoul. En revanche, le témoignage du capitaine, resté inédit, est d’un intérêt limité. Les encadrés et notes élaborés pour cette édition comportent des erreurs : Napoléon s’embarquant à Fréjus pour l’île d’Elbe alors que c’est depuis Saint-Raphaël; les adieux de Fontainebleau ont lieu le 21 avril 1814… Celles concernant les noms cités et commises par Raoul ne sont pas rectifiées… Autre chose curieuse, pourquoi dans sa préface, la publicatrice, accable Napoléon par les termes d’égoïste, d’autoritaire, de mégalomane et… d’inhumain ? Autant de qualificatifs que montrerait, à l’en croire, ce récit. Ce qui n’est pas le cas.

Ni dans les témoignages Pons, ou dans celui de Peyrusse, pour ne citer que les plus connus; ni dans ceux du sellier Vincent, de l’adjudant Pierre Labadie, ou bien encore du lieutenant du génie Larabit, il ne ressort une quelconque impression de ce type.

« Souvenirs d’un officier de Napoléon à l’île d’Elbe. Le capitaine Raoul », Editions Soteca, [septembre] 2013, 76 pages.

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( 14 octobre, 2013 )

14 octobre 1813…

 14 octobre 1813... dans TEMOIGNAGES 1813-20131

[Pièce n°2533]. Napoléon au roi de Saxe.

Düben, 14 octobre 1813.

Le duc de Bassano [Maret] m’a fait connaître que Votre Majesté préférait se rendre à Leipzig. Elle s’y trouvera environnée d’armées nombreuses, et probablement des événements importants vont se passer. Je verrai Votre Majesté aussitôt que je serai arrivé à Leipzig. Il est probable que je prendrai encore quartier hors de la ville.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914-1919, tome II, pp.232-233). 

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( 13 octobre, 2013 )

13 octobre 1813…

13 octobre 1813... dans TEMOIGNAGES 1813-20131

[Pièce n°1173]. Napoléon au maréchal Berthier.

Düben, 13 octobre 1813, 1 heure du matin.

Donnez ordre au général Pajol de prendre le commandement de tout le 5ème corps de cavalerie. Donnez ordre que tous les détachements et régiments soient réunis, et que les divisions soient formées. Faites connaître au duc de Castiglione [maréchal Augereau] que le 5ème corps de cavalerie est indépendant, entièrement et directement sous les ordres du général Pajol.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1913, tome I, p.312).

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( 13 octobre, 2013 )

Un projet d’évasion de Sainte-Hélène…

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Divers projets d’évasion ont été formés pendant la captivité de l’Empereur à Sainte-Hélène. Il est difficile de savoir lesquels Napoléon a connus. Mais à aucun il n’a jamais prêté la moindre attention. Il savait que son rôle était fini et que son martyre créerait en faveur de son fils un courant d’opinion favorable. Il s’est sacrifié pour son enfant.  La lettre ci-dessous, adressée par l’amiral Plampin, commandant des forces navales anglaise à Sainte-Hélène, à Lord Melville, ministre de la marine, donne sur un plan d’évasion par sous-marin des détails assez curieux.   

Sainte-Hélène, 25 janvier 1818. 

Monseigneur, le 8 de ce mois, j’ai eu l’honneur d’écrire à Votre Seigneurie pour lui rendre compte que j’avais reçu des instructions relatives au docteur O’Meara contenus dans votre lettre du 14 septembre [1817]. Par retour du « Mosquito » de Rio de La Plata, le 19 courant, j’ai reçu une lettre du capitaine Sharpe de l’ « Hyacinthe » datée du 22 décembre [1817], contant des rapports sur des complots et plans d’évasion du général Bonaparte, et dont la copie suit : « J’ai reçu il y a quelques semaines une communication confidentielle de M. Chamberlain, chargé d’affaires, à Rio de Janeiro : elle porte que le duc de Richelieu a avisé M. Malert, chargé d’affaires de France, qu’un plan était en préparation pour secourir Buonaparte ; quatre officiers (pris à Pernambouc et envoyés prisonnier à  Lisbonne) auraient déclaré qu’un général français nommé Brayer, au service de ce gouvernement était le principal acteur de cette affaire. J’ai en conséquence pris toutes [les] mesures en mon pouvoir pour m’assurer qu’un plan de ce genre se préparait- mais sans succès. Le général Brayer commande en ce moment les troupes bloquant Falcaquara ; il a avec lui plusieurs officiers français ; mais aucun d’eux, pendant leur séjour ici, n’a entendu parler d’une participation quelconque aux plans ci-dessous. -Un jeune homme, arrivé il y a quelque temps en Angleterre, a apporté le plan d’un bateau capable d’être mû à la rame sous l’eau. Ce bateau, pouvant contenir six hommes, naviguerait au choix en surface ou sous l’eau pendant plusieurs heures. La personne qui a apporté ce plan a refusé de donner le nom des personnes qui l’emploient en angleterre. J’ai transmis l’affaire à l’Amirauté, qui pourra sans aucun doute découvrir ces personnes ; un brevet d’invention a, je crois, été pris. Le bateau est en fer et peut-être transporté à bord d’un vaisseau de 150 tonneaux. Le Gouvernement de Buenos-Ayres [Buenos-Aires] n’a donné aucune réponse à cette proposition… 

Amiral PLAMPIN. 

Document publié en 1932 dans la « Revue des Etudes Napoléoniennes, avec la mention « Communication de Mlle DECHAUX ». 

 

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( 11 octobre, 2013 )

En première ligne…

Mon 1813, parmi les nouveautés de la FNAC Saint-Lazare (Paris 9ème), ce vendredi après-midi…

En première ligne... dans ON EN PARLE... img-20131011-00392

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( 11 octobre, 2013 )

Automne 1813…

Automne 1813... dans TEMOIGNAGES 1813-20131

Un nouvel extrait du témoignage de G. Peyrusse. Il participa à la campagne de Saxe en tant que Payeur du Trésor de la Couronne, à la suite de l’Empereur.

7 octobre A six heures du matin, l’Empereur quitte Dresde. Sa Majesté le Roi de Saxe veut le suivre. Sa voiture, dans laquelle ce prince monte avec la reine et la princesse Augusta, est placée sous l’escorte du grand quartier-général. Les 1er et 14ème corps, commandés par le général comte de Lobau, et M. le maréchal Saint-Cyr, furent chargés de garder Dresde. Le départ du Roi replongea la capitale dans les plus vives angoisses. Le soir, on arrive à Seerhausen.

8 octobre.  A Wurschen.

9 octobre. A Eilenbourg. Sa Majesté passe en revue les troupes saxonnes et les somme, au nom de l’honneur, de combattre en bons compagnons.

10 octobre Après avoir traversé une plaine immense, nous arrivons à Duben sur la Mulde. Les Russes et les Prussiens venaient d’en sortir si précipitamment qu’ils n’avaient pu brûler le pont.

11 octobre.  Séjour. Le général comte Bertrand a une belle affaire avec les Prussiens, devant Wartenbourg, et reste maître des ponts que l’ennemi a laissés derrière lui. Par suite du déblocus de Wittemberg, nous communiquons avec cette place. Sa Majesté reste immobile à Duben. On se perd en conjectures sur les nouveaux projets de Sa Majesté. Cette inaction fait fermenter les têtes. On se demande où l’on va ? Ce que tout cela va devenir ? La fatigue et le découragement gagnent certains commandants très dévoués lorsqu’on marche de succès en succès, mais manquant de cette énergie qui se montre supérieure aux vicissitudes trop longtemps variées de la fortune… Les mouvements militaires des corps aux ordres des généraux Reynier et Bertrand, sont dans la direction de Berlin. Dans l’après-midi, ces corps sont rappelés ; ils traversent Duben et manœuvrent vers Eilenbourg.

15 octobre.  L’ordre de départ est donné ; on marche vers Leipzig. Cette ville est déjà occupée par les ducs de Raguse et de Castiglione, menant le 9e corps, organisé à Wurtzbourg, et le 5e corps de cavalerie aux ordres du général Milhaud. Arrivé à la barrière de Grima, le service longea les boulevards et vint s’établir au petit hameau de Reudnitz. On annonce le Roi de Saxe. Sa Majesté l’Empereur se porte à sa rencontre. Le canon se fait entendre. La famille de Saxe se dirige sur Leipzig. L’Empereur reçoit la visite du Roi de Naples. Ces deux souverains parcourent la plaine et visitent les positions où stationnent les divers corps de notre armée. Le grand mouvement qui s’opère dans le quartier-général, aux ambulances ; l’activité des bureaux du major général, les dispositions dela Garde, annoncent pour demain un choc épouvantable. Sa Majesté est rentrée tard à son quartier-général. Nous occupons une ligne immense. Toute la plaine étincelle des feux des bivouacs. Toutes nos troupes vont être engagées.

16 octobre.  Sa Majesté a quitté son quartier, de très bonne heure ; à neuf heures un quart, une vive décharge d’artillerie annonce le combat. Notre droite, commandée par le Roi de Naples, fut attaquée avec impétuosité. Les efforts de l’ennemi, après avoir échoué sur notre droite, semble s’obstiner sur Liebertvolkwitz. A midi, l’engagement est général. L’artillerie tonne de tous côtés. J’étais parti à dix heures, avec le Trésor, sous la garde du bataillon de service. Nous avions pris un guide pour aller rejoindrela Garde à Probstheida. Étourdi par le feu et mourant de frayeur, il se trompa de route. Quelques coups de canon, tirés sur notre convoi, et partant d’une éminence connue sous le nom de redoute suédoise, nous avertirent que nous faisions fausse route. On s’arrêta ; une reconnaissance eut lieu ; nous nous portâmes à travers champs sur la route à Strassenhauser, et recevant l’ordre de m’arrêter, je me joignis à la réserve de l’artillerie dela Garde, établie sur un plateau en arrière du quartier impérial. De grands mouvements avaient lieu sous mes yeux ; autant l’attaque était audacieuse, autant la résistance était vive ; plusieurs villages étaient en feu. Jusqu’à présent, l’Empereur, resté sur la défensive, avait résisté, à toutes les attaques de l’ennemi. A son tour, il prit l’offensive. 150 pièces de canons dela Garde, réunies sur le centre de notre ligne, à Wachau, arrêtent l’ennemi, qui, pour ne pas être écrasé, est sur le point de chercher son salut dans la fuite, lorsque l’attention de Sa Majesté est portée vers notre extrême droite. L’attaque y est furieuse ; elle est accompagnée de cris terribles. La cavalerie ennemie veut forcer notre extrême droite, du côté de Dolitz. Nos troupes ne peuvent résister à ce choc violent ; elles abandonnent le village. Les Polonais, chargés de la défense de ce point, sont forcés de céder. L’attention de Sa Majesté est toute entière à l’attaque qui se développe devant lui, à Mark-Keeberg. Les Autrichiens attaquent vivement le duc de Castiglione [maréchal Augereau] ; mais ce maréchal résiste vaillamment. A peine le combat est ralenti, que l’Empereur ayant pénétré le secret de l’ennemi, se porte avant tout ce qu’il trouve de troupes disponibles, au secours du prince Poniatowski. Les chasseurs dela Vieille Garde entourent Sa Majesté ; Dolitz est repris. La vivacité de cette attaque déconcerta les Autrichiens ; leur cavalerie fut sabrée. Le général [de] Merfeld qui la commandait fut fait prisonnier avec tout ce qui avait passéla rivière. Depuis le commencement de la bataille, ce n’est qu’un feu roulant d’artillerie et de mousqueterie. Immobile à mon poste, rien ne pouvait me distraire de cette épouvantable détonation et je hâtais de tous mes vœux l’approche de la nuit pour mettre fin à cette effroyable boucherie. Il est quatre heures, nos troupes occupent les positions qu’elles avaient prises avant la bataille : aucun résultat n’est connu. Les Cosaques nous ont repris vingt-quatre pièces d’artillerie ; nous avons fait des pertes immenses sur toute la ligne ; les feux se ralentissent. A six heures, on n’entend plus rien. Sa Majesté veut bivouaquer sur le champ de bataille. Elle fait dresser ses tentes dans un terrain creux, non loin de la bergerie où son quartier avait été établi toutela journée. La Garde Impériale bivouaque autour des tentes. Je fus souper avec les officiers de la maison pour savoir des nouvelles ; et je retournai m’établir dans mon fourgon. Je vis le général [de] Merfeld ; on lui avait rendu son épée et il avait partagé avec les généraux de la maison le souper du bivouac. A onze heures du soir, une vive canonnade se fit entendre ; l’ennemi, profitant de l’obscurité de la nuit, s’était glissé dans un village qu’il fut forcé d’évacuer. Au moment de quitter le quartier de l’Empereur, je vis approcher des chevaux le quartier de l’Empereur, je vis approcher des chevaux de selle de Sa Majesté et je vis M. de Merfeld s’éloigner, conduit par deux officiers. J’en conçus bon augure. Il allait au quartier de l’Empereur d’Autriche.

17 octobre.  La pluie avait commencé dansla nuit. Au point du jour, tout était calme dans les deux camps. Les convois de blessés sont dirigés sur Leipzig. L’Empereur ne sort pas de sa tente ; il reçoit les divers rapports. Le duc de Raguse a été fort mal traité ; les Suédois sont entrés en ligne ; ils sont aux portes de Leipzig. Sans trop perdre de vue le parc dela Garde, je parcourus à cheval le champ de bataille. Je poussai jusqu’à Liebertvolkwitz. Ce village avait été foudroyé ; une partie avait été réduite en cendres. Les avenues étaient couvertes de débris, de cadavres d’hommes et de chevaux. J’avais sous mes yeux le tableau d’un vaste carnage. Sur ces ruines encore fumantes nos soldats faisait bouillir leurs gamelles et nettoyaient leurs armes. Ils étaient heureux : le présent était pour eux.

18 octobre. A deux heures et demie du matin, les feux des bivouacs, quoique pâles, éclairaient encore les deux lignes. On a levé camp sans bruit ; nous avons eu ordre de nous porter sur Stotterits. La pluie et l’obscurité augmentaient les embarras de notre marche. Des détonations qui se font entendre devant moi, des équipages ayant fait volte-face, des soldats effrayés qui refluent vers nous en annonçant l’ennemi, l’explosion qui continue, tout semble justifier nos craintes. Le commandant du parc fait mettre ses pièces en batterie et se porte sur la route pour la faire déblayer. J’étais en position de ne rien compromettre ; je fis tourner bride et j’allais me mettre en marche pour rejoindre le quartier impérial, lorsque mon domestique, que j’avais laissé au parc, et qui avait suivi le commandant dans sa reconnaissance, vint m’annoncer que nos craintes n’étaient pas fondées, qu’on avait rassemblé des caissons vides pour y mettre le feu, et que parmi ces caissons il s’en était trouvé de pleins. Cette opération était imprudente dans un moment où il convenait de ne pas éveiller l’ennemi. J’arrivai à neuf heures à Stotterits. Sa Majesté était passée devant nous, et après s’être portée sur Reudnitz et Lindenau, elle vint s’établir à Stotterits. A peine l’Empereur eût-il mis pied à terre, que les avant-postes commencèrent à escarmoucher. Il est à présumer que l’ennemi, ayant eu connaissance de notre mouvement concentrique, courut aux armes et se porta sur nous par toutes les directions. Presque au même instant, toute la ligne fut en feu, d’Olehausen, occupé par le duc de Tarente, à Dolitz, que gardaient les Polonais. Le feu n’était pas moins vif devant nous à Robstheida. L’Empereur vient de remonter à cheval pour marcher à l’ennemi. Déjà les boulets sillonnent la plaine. Je reçois l’ordre de traverser Leipzig et de me rendre à Lindenau. Notre marche fut très embarrassée par les nombreux convois de caissons d’artillerie allant à tous les corps d’armée, et par les caissons d’ambulance se dirigeant sur les divers champs de bataille. Les avenues de Leipzig étaient tellement encombrées, qu’il me fut impossible d’y pénétrer. Déjà l’avant-garde suédoise pénétrait dans Reudnitz ; une batterie de douze de la Garde se préparait à lui disputer le passage de la rivière. L’Empereur venait de s’élancer au grand galop et de diriger sur ce point les réserves de la Garde. Déjà les Suédois étaient en vue, dirigeant leurs feux sur la route par laquelle nous débouchions. Pour éviter ce danger pressant, je tentai de nouveaux efforts pour pénétrer dans la ville ; mais, m’étant convaincu que je ne pourrais percer la foule qui obstruait la porte, je me mis avec la batterie de la Garde pour suivre son mouvement. Les décharges d’artillerie se succédaient ; des flots de soldats, de blessés, tous les hommes inutiles se précipitaient vers Leipzig, portant partout l’épouvante. On se battait avec fureur à Reudnitz. A quatre heures, la batterie eut ordre de traverser la ville pour se mettre sur la route de Lindenau et protéger la porte de Hale qui était vivement attaquée. Le commandant donna tête baissée dans cette masse, fit écarter et renverser tous les obstacles, s’empara de la porte, traversa Leipzig au galop, et, malgré le désordre occasionné par les obus, qui déjà éclataient sur la ville, nous atteignîmes la chaussée de Lindenau. C’est la seule avenue qui mène à Leipzig ; elle suffisait à peine à y resserrer les divers corps qui débouchaient vers ce point ; chacun des nombreux ponts qu’il fallait traverser était un obstacle, et on s’étonnait qu’on n’eût pas fait jeter quelques ponts auxiliaires sur la Pleisse ; enfin, engagé à travers la foule, j’arrivai à Lindenau. Le général comte Bertrand était déjà en avant, chargé d’ouvrir la route. La nuit mit fin au carnage. Le canon ne grondait plus. On avait tiré dans la journée quatre-vingt-quinze mille coups de canon. On avait besoin de repos. Vers onze heures du soir, le service de l’Empereur vient s’établir à Lindenau. Les nouvelles qu’on nous donne sont cruelles ; nous avons fait des pertes considérables, mais nos troupes n’ont pas perdu un pouce de terrain, malgré le renfort de cent mille hommes dont les armées alliées avaient grossi leur masse depuis la journée du 16, et malgré la défection de l’armée Saxonne et de la cavalerie Wurtembergeoise, qui passèrent dans les rangs suédois, au moment où le général Reynier, qui la commandait, était fortement engagé avec le général [maréchal] Bernadotte dans Reudnitz. D’après les rapports des commandants de l’artillerie de l’armée, Sa Majesté a ordonné la retraite et son quartier a été marqué à l’hôtel des Armes de Prusse, à Leipzig.

19 octobre. Trop préoccupé pour pouvoir prendre un logement à Lindenau, je m’établis dans mon fourgon. Toute la nuit le passage fut continuel. Au point du jour, les divers corps d’armée occupaient les faubourgs et les barrières de Leipzig ; tout se disposait pour une résistance rigoureuse ; on garnissait de palissades les murs des jardins extérieurs. En même temps, les magistrats de la ville allaient au quartier-général des alliés demander, au nom du Roi de Saxe, que les troupes françaises pussent se retirer sans être molestées. A neuf heures, la ville fut vivement attaquée. La fusillade éclatait de toutes parts ; bientôt elle redouble et semble plus rapprochée. Les Autrichiens pénètrent par les faubourgs du Midi. Les autres faubourgs sont attaqués avec fureur ; la résistance est vive et opiniâtre ; on se défend de maison en maison. L’Empereur était auprès du Roi de Saxe ; mais Sa Majesté, voyant que sa présence ne fait que redoubler les alarmes de toute la famille Royale, n’insiste plus et lui fait ses adieux. Toutes les attaques de l’ennemi avaient échoué ; partout on le retenait. Sa Majesté arrive à travers la foule au dernier pont du moulin de Lindenau. En traversant le grand pont sur l’Elster, elle ordonne qu’on le fasse sauter lorsque le dernier peloton de nos troupes l’aura traversé. Elle s’enferme au 1er étage du moulin pour dicter des ordres.

« Tandis qu’on les expédie, l’Empereur, fatigué, se laisse surprendre au sommeil ; il dort profondément au bruit des soldats et des voitures qui défilent sur la route, et des coups de canon qui retentissent de tous les faubourgs de Leipzig.»(Baron FAIN. Manuscrit de 1813).

Placé au débouché de la route qui conduit à Markranstädt, je voyais avec une vive impression le désordre de notre sortie de Leipzig et l’air effaré de tous ceux qui traversaient Lindenau ; il n’était plus possible de les arrêter ni de réunir les diverses compagnies ; l’encombrement, un désordre affreux dans les équipages, les cris des blessés, des feux successifs de pelotons et de bataillons, l’incendie qui éclatait dans quelques maisons du faubourg ; les cris des fuyards annonçant que les portes avaient été forcées, cet affreux tableau de notre armée me mettait dans une agitation difficile à exprimer ; ce hideux et triste résultat d’efforts qui n’étaient pas sans gloire, m’affecta profondément.

La maison qu’occupait le quartier-général de Sa Majesté étant trop à découvert, nous nous portâmes à une lieue en arrière sur une hauteur. On avait miné le grand pont sur l’Elster pour le faire sauter et ralentir la poursuite de l’ennemi. Cette opération avait été confiée à un caporal qui fit jouer la mine dès qu’il entendit siffler les balles de quelques tirailleurs prussiens qui avaient tourné notre arrière-garde. Tout ce qui se trouvait en deçà du pont fut foudroyé par l’artillerie ennemie. Les corps des maréchaux ducs de Tarente et Poniatowski, des généraux Lauriston et Reynier, traversaient Leipzig en défendant le terrain pied à pied : plus de deux cents pièces de canon étaient encore sur le boulevard, arrêtées par ce refluement de troupes ; enveloppés de toutes parts par l’ennemi, nos soldats se mitraillaient avant de s’être entendus ; les plus braves ne songeaient désormais qu’à vendre chèrement leur vie ; d’autres tentèrent de traverser des marais presque impraticables, mais tous ceux qui n’ont pu nager ont été engloutis. Des flots de fuyards, échappés au désastre de Leipzig, nous eurent bientôt appris cette épouvantable catastrophe. Sa Majesté se porta sur Mark-Randstadt où elle coucha.

20 octobre Nous quittâmes notre position ; nous poussâmes jusqu’à Lützen, que nous trouvâmes en flammes ; la position n’était pas tenable ; nous continuâmes notre marche vers Weissenfels ; nous traversâmesla Saale sur un pont couvert et sous la protection des troupes du général Bertrand. Sa Majesté s’établit dans un pavillon isolé dans une grande vigne. C’est de ce quartier que l’Empereur fit congédier tout ce qui restait d’officiers saxons auprès de sa personne ; ils partirent comblés des marques de sa munificence. Une alerte de Cosaques vint un moment troubler notre établissement à Weissenfels. Des officiers, échappés à la nage, nous confirmèrent tous les malheurs de l’armée. L’Empereur en fut consterné, et apprit avec douleur la perte du maréchal Poniatowski, qui se noya en cherchant à traverser avec son cheval les marais de l’Elster.

21 octobre. Nous arrivâmes au défilé qui mène à Freiburg. Il n’existait qu’un seul pont sur l’Unstrutt, ce qui rendait la marche lente, et Sa Majesté jugeait important de mettre encore ce nouvel obstacle sous les pas de l’ennemi ; aussi, après s’être arrêtée un moment à Freiburg, elle se porta sur les bords de la rivière pour y faire construire un deuxième pont. Je pris la route d’Echartzberg. Je franchis le pont après des efforts extraordinaires. Je commençais à m’établir dans un pré pour faire rafraîchir mes chevaux, lorsque des tirailleurs prussiens se faisant voir derrière nous, sur les collines qui dominent le village, troublèrent notre halte par une vive fusillade. Je levai le pied et continuai ma route. L’approche de l’ennemi donna à tous nos mouvements une précipitation qui multipliait pour moi les embarras dela marche. Sa Majesté, après avoir donné l’ordre de repousser les tirailleurs, ne quitta pas les ponts ; sa présence seule put arrêter le désordre du passage. Pendant tout l’après-dîner, le canon gronda sur notre gauche. Le général Bertrand contenait les Autrichiens et les empêchait d’arriver sur nous. J’arrivai tard à Echartzberg. Les chemins furent difficiles et encombrés.

22 octobre. On tint toute la nuit à Freiburg ; en quittant cette position, à la pointe du jour, le duc de Reggio brûla les ponts ; nous arrivâmes à Erfurt.

23 et 24 octobre.  Séjour. J’avais besoin de repos et j’en profitai pour mettre mes écritures à jour. Un nouvel ennemi se présente ;la Bavière tourne ses armes contre nous. Cette fâcheuse nouvelle me fit prévoir tous les embarras que nous éprouverions avant d’arriver à Mayence. Sa Majesté travailla beaucoup à Erfurt.

25 octobre.  Les Cosaques sont sur nos flancs ; quelquefois ils nous précèdent. On s’arrête à Gotha.

26 octobre. A Vach. Les Cosaques avaient été vus rôdant autour d’Eisenach que nous venions de traverser.

27 octobre.  On ne s’arrêta pas à Fuld. L’arrivée de Sa Majesté calma les vives craintes que la présence des Cosaques avaient données dansla matinée. Leur présence avait été signalée par des réquisitions et l’enlèvement du Préfet. Sa Majesté coucha à Hunefeld.

28 octobre.  A Schlutern. Tous les princes dela Confédération du Rhin, dont les troupes servaient dans nos rangs, sont entraînés dans le tourbillon général qui soulève contre nous toute l’Allemagne. Sa Majesté congédie ce qui reste encore de Badois et de Bavarois. La fortune épuisait sur Sa Majesté ses derniers traits.

29 octobre. Notre avant-garde rencontra l’ennemi près de Gelnhausen et l’en chassa. Sa Majesté mit pied à terre pour faire réparer le pont que l’ennemi avait brûlé. Nos avant-postes occupèrent Langen-Selbod ; le quartier de l’Empereur fut placé dans le château du prince d’Isembourg. Le maréchal duc de Tarente poussa une reconnaissance et vit l’ennemi.

30 octobre.  On fut en présence à neuf heures du matin. Les ducs de Tarente et de Bellune marchent les premiers à l’ennemi ; la forêt dite de Lamboy, ainsi nommée depuis que les affaires qu’y soutint un général de ce nom dans la guerre de trente ans, cachait l’ennemi dont les forces principales couvrent Hanau. Il ne fut pas facile à la cavalerie du général Sébastiani de trouver des clairières pour charger les tirailleurs qui faisaient dans le bois un feu roulant. Placé avec tout le service de la maison à l’entrée de la forêt, j’attendis le résultat d’un engagement que l’éloignement de nos troupes ne permettait pas à Sa Majesté de rendre général. Nos soldats arrivaient au pas de course.La Garde Impériale avait mis en batterie ses premières pièces. Le général Curial, sous la protection de ce feu, débouche à la baïonnette à la tête des chasseurs de la Garde. Nos cuirassiers et nos dragons enfoncent les carrés bavarois et dispersent tout à coups de sabre. La fusillade et une vive canonnade retentissent dansla forêt. Les boulets et les obus sifflaient dans les branchages. Vers trois heures, un feu plus vif éclate sur notre gauche ; je vis un mouvement rétrograde dans notre ligne ; nous le suivîmes. Sa Majesté était arrêtée sur la route ; une foule inquiète l’entourait.La Vieille Garde fut lancée sur l’ennemi. 50 pièces d’artillerie, commandées par le général Drouot, soutinrent ce mouvement. Tout céda à l’impétuosité de cette attaque, et la route de Hanau fut libre. Sa Majesté bivouaqua dansla forêt. Tout son service s’y établit.

31 octobre.  Dans la nuit on prit possession d’Hanau. Les Bavarois, qui avaient passé la rivière, jetèrent sur nous quelques boulets perdus ont un passa sur nos têtes pendant que nous déjeunions. Sa Majesté partit. Devant Hanau, nous saluâmes de quelques décharges d’artillerie une colonne de Bavarois qui remontait le Main. A notre arrivée à Francfort, nous trouvâmes la ville évacuée et le pont brûlé. Sa Majesté prit son logement hors la ville, dans le pavillon du banquier Bethman. J’entrai dans Francfort pour parcourir la ville et voir le désastre du pont.

gp. 1813 dans TEMOIGNAGES

Guillaume PEYRUSSE  (1776-1860)

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( 10 octobre, 2013 )

10 octobre 1813…

10 octobre 1813… dans TEMOIGNAGES 1813-20131

[Pièce n°2531]. Napoléon au roi de Saxe.

Düben, 10 octobre 1813.

Les affaires s’engagent de tous côtés. Les armées de Silésie et de Berlin se sont concentrées sur Dessau en grande hâte; ce qui nous a mis à même de leur faire quelques centaines de prisonniers. J’ai fait lever le siège de Wittenberg où mes premières divisions sont arrivées. Comme le principal but des ennemis était d’arriver à Leipzig et sur la Saale, j’ai pensé qu’il y aurait toujours plus de sûreté à ce que Votre Majesté restât toujours avec l’armée. La fatigue que cela occasionnera à la reine et à la princesses, sera compensée par moins d’inquiétude ;

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914-1919, tome II, p.232).

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( 9 octobre, 2013 )

9 octobre 1813…

9 octobre 1813... dans TEMOIGNAGES 1813-20131

[Pièce n°2530]. Allocution aux troupes saxonnes.

Eilenbourg, 9 octobre 1813.

Braves Saxons, vous avez été malheureux dans les dernières affaires. Mais je viens me mettre à votre tête et vous offrir votre revanche. Je n’ai pas fait la paix parce que les ennemis voulaient avoir l’Elbe pour frontière. Il n’y a rien de nouveau à voir les aigles françaises unies aux drapeaux saxons. Depuis la guerre sept Français et Saxons ont combattu ensemble en nombre d’occasions, à Friedland, à Wagram. Le roi, votre père, a remis son armée dans mes mains. Un homme qui ne s’est élevé qu’en servant la France [Thielmann], a été traître envers vous et sa patrie. Ceux de vous qui ont passé à l’ennemi, ne peuvent avoir voulu que le malheur de votre pays. Ceux qui ne veulent pas être fidèles à leur roi, n’ont qu’à s’en aller. Braves Saxons, puis-je compter sur votre fidélité à la première bataille ??

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914-1919, tome II, pp.231-232).

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( 1 octobre, 2013 )

Désertions…

Désertions… dans TEMOIGNAGES 1813-20131Dresde, 1er octobre 1813

[Pièce n°2504].L’Empereur est instruit que les soldats espagnols attachés à la 1ère compagnie du 10ème bataillon du train des équipages employés au 1er corps d’armée ont déserté avec leurs chevaux dans la journée du 28 septembre. Sa Majesté ordonne que tous les Espagnols qui sont employés aux équipages militaires, soient renvoyés en France et remplacés par des Français, attendu que dans ce moment nous avons plus de soldats du train que de chevaux.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914-1919, tome II, p.224). 

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( 30 septembre, 2013 )

Un ordre de Napoléon au maréchal Kellermann.

Un ordre de Napoléon au maréchal Kellermann. dans TEMOIGNAGES 1813-20131

Dresde, 30 septembre 1813.

[Pièce n°2502]. Ordre d’arrêter à Mayence les fuyards et traînards qui quittent en foule l’armée, et les mettre dans la citadelle et, après les avoir réarmés et rééquipés, de les faire retourner en bataillon de marche à l’armée.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914-1919, tome II, p.224). 

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( 26 septembre, 2013 )

« Il devient inutile de guerroyer isolément… »

Extrait d’une lettre de Guillaume Peyrusse à son frère André. Elle est datée de Dresde le 26 septembre 1813.

« S.M. est rentrée ici avant-hier [24 septembre], et nous y sommes encore. Une sixième tentative que S.M. a été faire à Bautzen lui a donné l’assurance que les ennemis n’accepteront jamais un engagement avec S.M. ; ils étaient le 19 à Schmiedelfield, la poste après Dresde. S.M. s’est présentée. Ils se sont postés au-delà de Bichornda. Alors, il devient inutile de guerroyer isolément, il faut se masser sur un point et voir venir. C’est, je crois, ce que va faire l’Empereur. Dans mes diverses courses, j’ai eu l’occasion de voir Salex., il est dans le 149ème. Ce régiment a eu de belles affaires à Lowenberg. Salex, voyant son régiment faiblir, s’est emparé du drapeau et s’est porté de sa personne en avant : il a électrisé son régiment qui s’est fort bien conduit. En outre, sur la montagne de Goldberg, Salex en a débusqué les ennemis au pas de charge, et il a reçu au genou une balle qui lui a occasionné une forte contusion. Il a reçu la croix de légionnaire. Il veut absolument un régiment parce qu’il est brave et qu’il se présente bien. Je l’aime beaucoup. Il est un peu hâbleur, mais il blague bien. Il a des chevaux à vendre, etc., etc. Chartrand a été fait général de brigade le 9 septembre, lors de la réorganisation du corps du général Vandamme. Il veut être aide-de-camp de S.M… »

(Lettres inédites du baron Guillaume Peyrusse écrites à son frère André, pendant les campagnes de l’Empire, de 1809 à 1814. Publiées d’après les manuscrits originaux, avec une notice sur Peyrusse par Léon-G. Pélissier », Perrin et Cie, 1894, pp.170-171).

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( 20 septembre, 2013 )

«Le public a bien été aise d’apprendre que 12 mille prisonniers étaient arrivés à Francfort.»

«Le public a bien été aise d’apprendre que 12 mille prisonniers étaient arrivés à Francfort.» dans TEMOIGNAGES 1813-20131

Une lettre de Cambacérès adressée à Napoléon.

20 septembre 1813

Sire,

Je n’ai à rendre compte à Votre Majesté d’aucun objet important.

Les deux articles qui sont aujourd’hui dans le Moniteur, contenant des nouvelles positives, ont mis un terme aux bruits contradictoires qui circulaient depuis quelques jours. Le malheur qu’a éprouvé le Prince de La Moskowa [Maréchal Ney] paraît moins considérable qu’on ne le croyait, d’après ces mêmes bruits [Ney n’avait pu ramener ses troupes que dans le plus affreux désordre à l’intérieur de Torgau. Le « Moniteur » minimise considérablement l’événement].

Le public a bien été aise d’apprendre que 12 mille prisonniers [Ils avaient été capturés notamment à la bataille de Dresde] étaient arrivés à Francfort et que d’autres colonnes étaient attendues. Ici, l’on avait dit que la plus grande partie de ces prisonniers avait trouvé le moyen de se remettre en liberté.

L’Impératrice s’est promenée hier dans le Parc de Saint-Cloud, S.M. a reçu de la part d’un public très nombreux, des témoignages de respect et d’empressement. A Paris, tout s’est bien passé. Le temps était très beau, la population entière était en mouvement. En sorte qu’il y a eu du monde partout, et je puis assurer Votre Majesté que ce monde était tranquille et content.

(« Cambacérès. Lettres inédites à Napoléon. Tome II, avril 1808-Avril 1814. Présentation et notes par Jean Tulard », Éditions Klincksieck, 1973, Lettre n°1277, p.1055).

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( 18 septembre, 2013 )

«Les premiers succès du Prince Vice Roi n’ont pas été secondés par la droite de son armée.»

«Les premiers succès du Prince Vice Roi n’ont pas été secondés par la droite de son armée.» dans TEMOIGNAGES 1813-20131

Une lettre de l’archichancelier Cambacérès adressée à Napoléon.

18 septembre 1813

Sire,

Ayant été ce matin à Saint-Cloud, pour la signature, S.M. l’Impératrice m’a fait connaître, qu’il lui avait été adressé, par les ordres de Votre Majesté, deux articles pour le Moniteur, et que l’un de ces articles, contenait les détails de l’échec qu’a éprouvé le Prince de La Moskowa [maréchal Ney] et des pertes qui en avaient été le résultat.

Malgré que cet événement fût déjà en partie connu, il a paru à Votre Majesté qu’il serait inconvenant de lui donner une sorte d’authenticité, le jour destiné à chanter le Te Deum pour la bataille de Dresde. J’ai partagé entièrement cette manière de voir ; en sorte que l’Impératrice s’est déterminée à différer jusqu’à lundi l’insertion au Moniteur de ces désagréables nouvelles.

Les premiers succès du Prince Vice Roi [Eugène de Beauharnais] n’ont pas été secondés par la droite de son armée. Le ministre de la Guerre a reçu des dépêches qu’il envoie en original à V.M. et qui l’instruiront de l’état des choses dans cette partie. L’évacuation de Trieste dont on parlait depuis quelques jours, se trouve confirmée dans cette dépêche

(« Cambacérès. Lettres inédites à Napoléon. Tome II, avril 1808-Avril 1814. Présentation et notes par Jean Tulard », Éditions Klincksieck, 1973, Lettre n°1275, p.1054).

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( 13 septembre, 2013 )

«Ces nouvelles m’affligent.»

«Ces nouvelles m’affligent.» dans TEMOIGNAGES 1813-20131

Une lettre de l’archichancelier Cambacérès adressée à l’Empereur.

13 septembre 1813

Sire, Deux dépêches du duc de Bassano [Maret], écrites de Dresde le 8, m’apprennent les événements de Silésie et l’échec qu’a éprouvé le prince de La Moskowa [maréchal Ney], du côté de Berlin [la défaite de Dennewitz]. Ces nouvelles m’affligent. Toutefois, j’espère que le génie de V.M. réparera ces pertes et rendra les chances de la guerre plus heureuses pour nous qu’elles ne l’ont été dans les premiers jours de ce mois. Le duc de Bassano, après m’avoir instruit de ce qui s’est passé en Silésie, me fait entendre qu’au lieu de publier sa lettre sous son nom, il serait mieux d’en insérer un extrait au Moniteur, à l’article Partis, en disant qu’on peut regarder les faits comme certains. Je compte profiter de cette indication, et j’en ai prévenu S.M. l’Impératrice à qui j’ai rendu compte du contenu de la dépêche de M. de Bassano. Pour ce qui est des détails relatifs au prince de La Moskowa, comme ils se trouvaient dans une dépêche chiffrée, et que le ministre me les donne confidentiellement, je n’en ai parlé et n’en parlerai à qui que ce soit. Le ministre de la Guerre, qui a reçu aussi une lettre, fera de même de son côté, en sorte que jusqu’à nouvel ordre, nous garderons sur cet article le silence le plus absolu. Mais tout se sait, et j’ai déjà eu l’honneur de dire à V.M. qu’on m’avait appris par la voie du commerce, que nous avions été repoussés du côté de Berlin.

S.M.l’Impératrice n’a point encore pris un dernier parti, relativement au Te Deum. Demain, dans petit conseil, convoqué par les ordres de S.M. la question sera examinée sous ses différents rapports. Elle se complique davantage à raison du temps qui s’est écoulé depuis la victoire de Dresde et des événements moins heureux qui l’ont suivie.

(« Cambacérès. Lettres inédites à Napoléon. Tome II, avril 1808-Avril 1814. Présentation et notes par Jean Tulard », Éditions Klincksieck, 1973, Lettre n°1269, pp.1049-1050).

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( 8 septembre, 2013 )

8 septembre 1813…

8 septembre 1813... dans TEMOIGNAGES general-mouton

Voici une nouvelle lettre du général Mouton à son épouse, Félicité. Rappelons que depuis le 3 septembre, le comte de Lobau est à la tête du 1er corps, après la déroute du général Vandamme à Kulm (30 août).

Raechnitz, près Dresde, le 8 septembre 1813.

Ma chère Cité [Félicité], l’Empereur a passé hier la revue du corps d’armée qui m’est confié et quoiqu’il ait été malheureux sous le général Vandamme, S.M. a daigné le traiter avec beaucoup de bienveillance. Je t’avoue que cela m’a fait grand plaisir. Perrin a été nommé adjudant, commandant à cette revue sur ma demande, et d’après l’idée que m’en avait donné le grand écuyer [général de Caulaincourt] qui est toujours un excellent homme. Sois tranquille sur mon sort, ma bien-aimée Cité. Quelque part que je me trouve, je ferai mon devoir et partout je t’aimerai par inclination ; tu m’es chère au plus haut point.

Tu rirais aux éclats si tu voyais mon ménage. Hier soir, nous étions à peu près onze à table et nous avions, je crois, trois assiettes ; comme grand personnage j’avais la mienne et je crois même en avoir changé.

Bonjour, mon enfant, je t’aime beaucoup, ta fille presque autant et toutes deux je vous embrasse très tendrement.

LOBAU

« Lettres d’un lion. Correspondance inédite du général Mouton, comte de Lobau (1812-1815). [Publiée et annotée par Emmanuel de Waresquiel] », Nouveau Monde Éditions, 2005, p.160.

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