• Accueil
  • > Recherche : marechal davout
( 9 avril, 2015 )

Et à Paris et en Europe…

« A Paris, le café Montansier, auprès du Palais-Royal, était devenu depuis le 20 mars « le rendez-vous de tous les amis de la gloire nationale », parmi lesquels se voyaient de nombreux officiers . Le 23 mars on y chantait des vers improvisés, qui révèlent avec une simplicité pittoresque les sentiments des bonapartistes parisiens :

L’île d’Elbe à noire espérance

A rendu l’objet de nos vœux:

Il reparaît, et de la France

Tous les habitants sont heureux.

Pour les Français ah! Quelle fête!

Ils ont, dans la même saison,

Vu revenir la violette,

Le printemps et Napoléon.

Les Bourbons voulaient à la France

Rendre leurs anciens préjugés.

C’était un acte de démence :

Ils sont partis, ils sont jugés.

O Providence ! Ainsi lu règles

Le sort de notre nation.

La France est faite pour les Aigles,

Les Français pour Napoléon !

Les partisans de Napoléon, dans la capitale, étaient si émus devant « le prodige » du retour qu’ils croyaient de bonne foi à une France unanime dans le culte impérial . L’Empire était rétabli. Cet événement entrainerait-il nécessairement la guerre avec l’Europe, n’impliquait-il point, au contraire, la certitude d’une ère pacifique? C’est sur ce problème que s’exerçaient, au lendemain du 20 mars, les imaginations des Français. Dans la masse de la population parisienne la confiance dans l’Autriche et même dans l’Angleterre se manifestait avec force. Certains bonapartistes s’abusaient complaisamment. Le 22 mars en effet Soulanges-Rodin écrivait de Paris au prince Eugène : « … Déjà même nous ne regardons plus ici l’Autriche comme une puissance étrangère, puisque c’est d’elle que nous nous attendons à recevoir bientôt et l’épouse de l’Empereur et l’héritier de l’Empire» . On parlait d’un sérieux accord entre Napoléon, l’Autriche et l’Angleterre, ou d’une trêve de vingt ans en Europe, et le silence de plusieurs personnages officiels, qui n’osaient sans doute se prononcer, affermissait ces erreurs. On produisait encore des raisonnements presque aussi rassurants : ni l’Autriche, résolument acquise à Napoléon, ni l’Angleterre, malgré ses tenaces jalousies envers la France, ni la Russie, sans argent et absorbée par ses embarras intérieurs, ne songeaient à entrer en lutte avec la France : restait la Prusse, et une guerre avec la Prusse « offrait peu de dangers ». Marie-Louise et le roi de Rome étaient attendus avec obstination. Une brochure, Du Retour de S. M. l’Impératrice Marie-Louise et le roi de Rome, publiée le 3 avril, enregistrait débonnairement le vœu public : Marie-Louise et son fils «ont déjà, sans doute, franchi la barrière qui les sépare du plus cher des époux, du plus tendre des pères… Illustres voyageurs…, votre retour dans la capitale va donner le signal d’une concorde universelle ». Diverses conversations, il est vrai, s’alimentaient de renseignements opposés : on disait que Marie-Louise était «gardée à vue à Presbourg », et que l’empereur d’Autriche avait « livré en otages, comme garants de sa conduite envers les Alliés, le roi de Home et le prince Eugène». De plus on raconte à la fin de mars, parmi le monde de la finance et dans les cafés, que l’armée prussienne entoure Metz, que l’avant-garde du général Zieten a dépassé Liège qu’enfin l’Empereur veut incorporer 300.000 conscrits. Dans la haute société parisienne Napoléon sentit tout de suite de la froideur et du découragement, beaucoup de Parisiens notables, en effet, nourrissaient les plus démoralisantes conjectures sur les événements prochains, et la Déclaration du 13 mars les frappait d’une commune angoisse-.. Il s’y mêlait contre Napoléon une colère faite d’humiliation patriotique : reconnaître le traité de Paris, le réclamer «à genoux », c’était là une altitude non seulement indigne de la France, mais qui ne procurait même pas le moyen d’arrêter la ruée des troupes alliées. Loin de satisfaire à l’orgueil national, Napoléon n’étalait qu’un misérable égoïsme, auquel il sacrifiait criminellement la patrie.

Et certains regrettaient qu’il n’eût point adopté le seul parti qui put sauver la France, en occupant à la fin de mars la Belgique pour organiser à l’abri du Rhin un solide rempart défensif. A Davout qui, pour le rallier, se servait des dires de Napoléon sur l’Autriche, Macdonald répliquait en tendant la Déclaration du 13 mars, dont il avait rapporté du Nord plusieurs exemplaires. Avec Rapp, Napoléon eut deux entrevues à la fin de mars. Dans la première, comme le général laissait entrevoir quelque souci de l’avenir, Napoléon parla vaguement de ses alliances, mit en relief ses intentions pacifiques, se frappa sur le ventre en s’écriant : « Est-on gros comme moi quand on a de l’ambition ? », puis, au milieu d’éloges et d’embrassades, sans proscrire absolument l’éventualité d’une guerre, il donna à Rapp le commandement de l’armée du Rhin, disant qu’il traiterait avec la Prusse et la Russie, et ajoutant : « J’espère que, d’ici un mois, lu recevras ma femme et mon fils à Strasbourg. »   Le 29 mars 1815, l’Empereur revit Rapp, qui lui objecta la faiblesse numérique de son corps d’armée, alors que la Déclaration du 13 mars « nous menaçait d’un déluge de soldats ». Napoléon repartit avec humeur que cette Déclaration était ,fausse, qu’elle avait été « fabriquée à Paris », mais son langage indiquait, cette fois, la vraisemblance d’une guerre et l’extrême difficulté de négocier 1.Le général Foy appelait  un problème » la révolution du 20 mars, et ne se dissimulait pas que l’Europe « allait se conjurer » contre Napoléon .Le colonel d’artillerie Noël, apprenant l’entrée de Napoléon à Paris et le départ du Roi, concluait de ces deux faits à « une guerre d’invasion ». Les illusions sur l’Autriche persistaient dans les départements. A la fin de mars les habitants de Mulhouse « paraissent persuadés que l’empereur d’Autriche est d’accord avec l’empereur de France, et que, dans tous les cas, il ne nous fera pas la guerre ». A Metz, à Sarrebruck, le retour de Marie-Louise est considéré comme très prochain, bien que son voyage, dit-on, ait été interrompu. Malgré ces espérances se répandait la persuasion que les puissances étrangères et la France entreraient encore une fois en lutte. A Recey-sur-Ource, en Côte-d’Or, le maire, devant ses administrés, interprète la Déclaration du 13 mars comme le signal d’une guerre prochaine. A Lille la présence du maréchal Ney, le 26 mars, donne à penser qu’il « précède un corps d’armée qui se portera sans doute sur le Brabant». Des alarmistes publient à Calais que « tous les vaisseaux anglais sont sortis des ports pour fondre sur notre marine marchande, comme après le traité d’Amiens ». La proximité et l’accroissement des troupes alliées jettent de l’anxiété dans les départements du Nord et du Mont- Blanc. A Metz,  la haine contre Prussiens et Russes est portée « au plus haut degré », et, autour de Metz, « le peuple des campagnes est disposé à se battre jusqu’à la mort si la guerre recommence. Les résolutions du gouvernement impérial attestaient elles-mêmes que la paix ne durerait pas. Le 28 mars Napoléon ordonnait que tous les sous-officiers et soldats absents de leurs corps « par quelque raison que ce soit » les rejoindraient sans délai pour t courir à la défense de la patrie ». Simultanément il créait de nouveaux régiments, augmentait le personnel des manufactures d’armes, prohibait l’exportation des armes à feu. Carnot, en outre, était chargé de l’organisation des gardes nationales, qui, commencée dès la fin de mars, fut réglée par deux décrets du 10 avril. Activité militaire d’autant plus significative que l’Europe, unie contre la France par le traité du 25 mars, refusait de recevoir courriers diplomatiques et émissaires, et que déjà les royalistes, préludant à l’entrée en campagne des Alliés, s’insurgeaient «contre l’Empereur. »

(Emile LE GALLO, « Les Cent-Jours. Essai sur l’histoire intérieure de la France  depuis le retour de l’île d’Elbe jusqu’à la nouvelle de Waterloo », Librairie Félix Alcan, 1923, pp.134-139).

Publié dans JOURS D'EPOPEE par
Commentaires fermés
( 9 avril, 2015 )

L’administration après le retour de l’Empereur aux affaires…

08-500530

« L’administration était inerte ou hostile. Le roi avait conservé la moitié des préfets et des sous-préfets de l’empire ; mais leur zèle pour Napoléon, qui avait faibli dès 1813, ne s’était pas ranimé au retour de l’île d’Elbe. Quant aux fonctionnaires nommés par Louis XVIII, quelques-uns seulement remirent leur démission après le 20 mars; les autres, quoique restant à leur poste, étaient plus disposés à trahir qu’à bien servir le gouvernement usurpateur. Dans toutes les provinces s’élevaient contre eux les plaintes et les accusations. Les généraux employés dans les différentes divisions militaires réclamèrent le remplacement immédiat de tous les préfets et sous-préfets Et ce n’était pas là un complot des traîneurs de sabre contre l’autorité civile, puisque de simples particuliers firent parvenir aux Tuileries et au ministère de l’intérieur les mêmes avis et les mêmes doléances. « Les administrations civiles sont gangrenées, lit-on dans une lettre de Bonanay à Carnot. Tous les mérites de l’empereur, l’enthousiasme des citoyens, son retour glorieux dans la capitale après un trajet rapide de deux-cent-vingt lieues où il a été suivi par les acclamations de la multitude, rien ne fera si l’on ne change les préfets, les secrétaires généraux, les sous-préfets, les maires, les adjoints, les commis, les employés de toute sorte ». L’empereur, qui dans le parcours de Cannes à Paris avait déjà prononcé plusieurs révocations, pressait son ministre de l’intérieur de faire une exécution générale. Carnot comprenait aussi bien que Napoléon la nécessité d’un changement complet, mais il voulait y procéder graduellement « de peur d’arrêter le mécanisme administratif ». Le 6 avril seulement, la liste des préfets fut définitivement arrêtée. Des 87 préfets que le précédent gouvernement avait nommés ou conservés, 61 furent révoqués, 22 maintenus ou déplacés . Gamot [beau-frère du maréchal Ney] resta à Auxerre, Plancy à Melun, Girardin à Rouen; Rambuteau passa de la Loire dans l’Allier, Lameth de la Somme dans la Haute-Garonne, Bessières de l’Aveyron dans l’Ardèche. De nombreuses nominations de sous-préfets suivirent celles des préfets. Mais parmi ces nouveaux fonctionnaires, plusieurs mirent peu d’empressement à rejoindre leur poste. Les plus zélés eux-mêmes, comme Harel nommé préfet des Landes, durent compter avec la lenteur dès moyens de locomotion. La plupart d’entre eux n’entrèrent vraiment en fonctions que du 10 au 20 avril 1815. Ainsi, pendant près d’un mois, l’administration était restée aux mains d’un personnel secrètement ou ouvertement hostile à l’empire. En outre, les choix de Carnot ne furent pas tous bons. On nomma des incapables, des maladroits, des gens sans expérience. On destitua des préfets que l’on aurait pu conserver et l’on en garda qu’il eut fallu révoquer, nommément le préfet d’Ille-et-Vilaine qui avait quitté Rennes le 22 mars pour ne pas assister à la proclamation de l’empire, et le préfet du Tarn qui, sur les ordres de Vitrolles, venait de dresser une liste de proscription contre les bonapartistes1. Parmi les fonctionnaires nommés ou maintenus par Carnot, les préfets de Lyon et de Marseille n’ont ni énergie, ni fermeté. Le préfet de Niort fréquente les royalistes sous prétexte « qu’il veut les faire causer » ; le préfet de Bordeaux fait obstacle à tout ce qu’ordonne Clausel; le préfet de Caen entrave l’organisation des fédérés. Le sous-préfet de Senlis refuse de signer l’Adresse des habitants à l’empereur ; celui de Lisieux donne l’ordre d’enlever du clocher le drapeau tricolore, « dans la crainte d’exciter des troubles » ; celui de Rocroi, place frontière, montre de telles dispositions que Vandamme le destitue de sa propre autorité ; celui de Nogent-le-Rotrou fait afficher sous le porche de l’église une proclamation de Louis XVIII. Pendant tout le règne, ce furent de nouvelles destitutions, de nouveaux changements, un chassé-croisé incessant de préfets et de sous-préfets3. Et le 18 juin 1815 encore, le jour de Waterloo, un habitant de l’Aisne écrivait à Carnot: « Le gouvernement veut-il se maintenir ou veut-il remettre les rênes de l’Etat à Louis XVIII? S’il veut se maintenir pourquoi l’administration continue-t-elle à être dans les mains des agents des Bourbons ? » Les préfets étaient mauvais. Les maires étaient pires. Sauf dans l’Est de la France, presque tous étaient d’anciens seigneurs de village émigrés que l’empereur, toujours trop jaloux de rallier à lui la vieille noblesse, avait nommés de 1809 à 1812. Le retour miraculeux des Bourbons, auxquels ils ne pensaient plus guère, avait ranimé leur foi royaliste en même temps qu’il leur avait donné de douces espérances de biens restitués et de privilèges reconquis. La restauration de l’empereur les réveillait de ce rêve. Le dépit et la colère les enflammèrent contre cet intrus, et ils le combattirent sourdement ou ouvertement avec les armes redoutables que lui-même leur avait jadis si légèrement confiées. « Les divers rapports des départements, écrit le 30 mars Fouché à Carnot, s’accordent à me signaler les maires, qui sont la plupart des anciens seigneurs, comme un des principaux obstacles au retour de l’ordre ». Le 15 avril, il écrit de nouveau: « Il m’arrive d’une inimitié de points des plaintes graves contre le mauvais esprit des maires Ils terrifient les bons citoyens, arrêtent l’élan des Français et accréditent les nouvelles désastreuses et les bruits sinistres. » Le 20 avril, Davout s’adresse à l’empereur lui-même: « Tous les rapports expriment la même opinion sur la tiédeur et le mauvais esprit des maires, la plupart pris dans la classe des anciens nobles.»

Dès le 27 mars 1815, Carnot avait autorisé les préfets à suspendre les maires mal intentionnés. Les préfets de Louis XVIII étaient encore, pour la plupart, à la tête des départements. Ils s’abstinrent naturellement d’user des pouvoirs que leur conférait le ministre. Dans la seconde quinzaine d’avril seulement, leurs remplaçants prononcèrent quelques suspensions. Il fallait une mesure générale. Aux termes d’un décret, rendu le 20 avril, tous les maires et adjoints durent cesser leurs fonctions à l’arrivée, dans les départements, des commissaires extraordinaires chargés de procéder au renouvellement des municipalités. Mais sous l’influence des idées libérales régnantes, l’empereur se ravisa. On lui avait persuadé que l’opinion publique réclamait l’élection des maires par les communes. Le 30 avril donc, nouveau décret qui annule le précédent et porte que dans toutes les communes au-dessous de 5,000 âmes, les maires seront élus par les citoyens actifs composant les assemblées primaires. A peine le décret est-il publié qu’arrivent de tous côtés les observations les mieux fondées et les prédictions les plus alarmantes. On représente que les maires en fonctions, qui depuis cinq ou six ans se sont fait de nombreuses créatures et qui ont pour eux les fermiers, les employés, les fournisseurs, seront réélus en grande majorité, d’autant que beaucoup des plus ardents partisans de, l’empereur, ouvriers et tâcherons, ne seront point admis à voter faute d’être portés au rôle. On demande l’annulation du décret du 30 avril, on pro pose que du moins les ci-devant nobles soient déclarés inéligibles ou encore que la possession de domaines nationaux devienne une condition d’éligibilité1. Ces objections sont trop tardives. L’empereur a pu rapporter une mesure autoritaire, il n’ose point revenir sur une mesure démocratique. Les élections municipales eurent lieu au mois de mai et donnèrent les résultats prédits. Les deux tiers des anciens maires que le gouvernement espérait voir remplacés furent-réélus. Or, comme l’écrivait le général Lucotte, commandant à Périgueux, tout dépendait des maires : contributions, départ des rappelés, organisation des gardes nationales, élections, esprit public3. Pour se faire élire, quelques-uns avaient promis qu’aucun habitant de la commune n’aurait à payer un sou d’imposition ni à rejoindre l’armée. Ils tinrent parole. Forts des suffrages de leurs concitoyens, ils bravaient préfets, généraux, commandants de gendarmerie. Celui-ci ordonnait au bedeau de jeter bas, la nuit, le drapeau tricolore ; celui-là suspendait les poursuites contre les contribuables ; un troisième faisait arracher les affiches administratives aussitôt après les avoir fait poser. D’autres entravaient la mobilisation des gardes nationales, opposaient aux engagements volontaires des formalités insurmontables, refusaient le logement aux détachements de passage, cachaient chez eux les réfractaires, répandaient le bruit de l’assassinat de Napoléon. Un maire du Pas-de-Calais disait qu’il vaudrait bien mieux « marcher contre l’infâme tyran que contre les Alliés », et un maire d’Ille-et-Vilaine s’écriait en pleine place publique qu’au retour des Bourbons il n’aurait plus besoin de chevaux, car il ferait traîner sa voiture par des bonapartistes. Le roi émigré avait aussi des auxiliaires parmi les magistrats, les prêtres, les professeurs, les agents du fisc, les juges de paix, les employés subalternes de toutes les administrations. Le premier président et neuf conseillers de la cour de Rennes, la cour d’Aix tout entière, les tribunaux de Marmande, de Périgueux de Libourne, de Loudéac refusèrent le serment. La cour de Bordeaux se posa ce cas de conscience : « Pouvons-nous condamner ceux qui crient: Vive le roi ! Nous qui avons condamné, il y a un mois, ceux qui criaient : Vive l’empereur ! » Des juges de paix de l’Ouest se faisaient agents de guerre civile . Le 27 avril 1815, un conseiller à la cour de Nîmes entraîna les habitants de Saint- Gilles à une révolte qu’il fallut de l’infanterie et de la cavalerie pour maîtriser. Des fonctionnaires se montraient sans cocarde tricolore au chapeau. On négligeait de rétablir les aigles sur les bâtiments de l’Etat ; d’où ces réflexions des paysans et des ouvriers : « Il faut que l’administration elle-même ait bien peu de confiance dans la durée de l’empire !» Le proviseur de Lyon défendait aux élèves de crier: Vive l’empereur ! dans la cour du lycée. M. de Wailly agit de même au lycée Napoléon; il y eut de sévères punitions qui provoquèrent une révolte générale, et le grand-maître de l’Université donna raison au proviseur ! Un rapport du préfet de l’Hérault mentionne qu’un instituteur de Lodève a pris la fuite après avoir imprimé au fer rouge une fleur de lys sur le bras de plusieurs de ses écoliers. Ce bourreau d’enfants était bien digne du nom de « convulsionnaire royaliste » que les patriotes lorrains donnaient à leurs adversaires. »

(Henry HOUSSAYE, « 1815. La première Restauration.-Le retour de l’île d’Elbe.-Les Cent-Jours », Perrin et Cie, 1893, pp.500-507).

Publié dans HORS-SERIE par
Commentaires fermés
( 8 avril, 2015 )

Rapport du capitaine Laplace à Napoléon…

06509433.jpg

Le capitaine Laplace, le fils de l’illustre savant (qui sera officier d’ordonnance de l’Empereur le 6 décembre 1812 et qui deviendra, sous le gouvernement de la Monarchie de Juillet, lieutenant-général et sous le Second Empire sénateur) a été chargé par Napoléon le 6 novembre 1812, de lui rendre compte des mouvements de Ney et de Davout. Il remarque, dans son rapport, que Ney fait sa retraite « dans le plus grand ordre », sans se laisser arrêter par l’ennemi, et disperse les Cosaques, lorsqu’ils deviennent trop nombreux, par quelques volées de canon. On sait, et Gourgaud nous l’a dit, que Ney ne cessait de « montrer à ses soldats combien ces troupes de Cosaques étaient peu redoutables ». 

Arthur CHUQUET. 

6 novembre 1812. 

Je me suis rendu auprès du maréchal duc d’Elchingen qui commençait à se mettre en mouvement. On avait remarqué le matin quelques cavalerie régulière russe. Lorsque j’ai quitté le corps d’armée du maréchal sur les midi, à hauteur du château où avait couché l’Empereur avant la journée de Dorogobouje, son arrière-garde n’avait été suivie que par très peu de Cosaques, et la retraite se faisait dans le plus grand ordre. Dès qu’il se présentait une masse un peu considérable de Cosaques, M. le maréchal la dispersait en tirant quelques coups de canon. Il devait s’arrêter en arrière de l’Osma. En revenant j’ai vu M. le maréchal prince d’Eckmühl en avant de Dorogobouje, qui m’a dit ne pouvoir suivre les routes qui lui avaient été indiquées, à cause du mauvais état des ponts qui étaient impraticables pour l’artillerie, et même des routes. Il suivait la route de Smolensk. 

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 3 avril, 2015 )

Napoléon écrit au maréchal Davout…

Lettre de Napoléon au maréchal Davout, prince d’Eckmühl,

Ministre de la Guerre, à Paris.

Paris, 3 avril 1815.

Vous me dites qu’il faut faire un dépôt pour tous les hommes rappelés dont les régiments ont été supprimés, mais ces régiments ont été incorporés dans d’autres ; ainsi il n’y a pas de régiments supprimés. Faites imprimer tous les décrets qui rappellent les militaires avec les tableaux et envoyez-les aux départements auxquels on peut les adresser. On verra après si on doit les mettre au Moniteur. Ce serait une erreur de croire que tout ce qui s’imprime sur l’administration soit connu de l’étranger. Je voudrais voir ce tableau, il y a eu six jours de perdus : il faudrait qu’il fût imprimé dans la nuit. Je vois que vous évaluez le total des militaires rappelés à 50.000 hommes. Si une bonne impulsion est donnée à la nation, ce nombre sera plus considérable, mais il n’y a aucune espèce de doute que cette mesure qui est suffisante aujourd’hui ne le serait plus si nous avions la guerre et qu’il faudrait avoir recours à la conscription.

(« Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne », H. Champion, Libraire, 1898, tome II, p.559, pièce n°1388).

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 27 mars, 2015 )

A propos du général Boinod.

06-513391

2281. — NAPOLÉON AU  MARÉCHAL DAVOUT, PRINCE D’ECKMUHL,

Ministre de  la Guerre, à Paris.

Paris, 27 mars 1815.

Le sieur Boinod (1), inspecteur aux revues, qui m’a rejoint à l’île d’Elbe et qui est revenu avec moi, a été chargé quelque temps du service de l’armée. C’est un homme distingué par son activité, son zèle et son attachement à ma personne. Placez-le d’une manière avantageuse dans vos bureaux ou à Paris et faites-lui donner une gratification de 12.000 francs pour remplacer ses appointements qu’il n’a pas touchés à l’île d’Elbe.

D’après la minute. Arch. Nat. AF IV, 907.

 

1. Boinod (Jean-Daniel-Mathieu) baptisé à Vevey, canton de Vaud (Suisse), le 29octobre1756, admis à la retraite et pourvu d’une pension le 1″ octobre 1819 (Bulletin des lois, 1820,I, 214-215); légataire de Napoléon 1er  (Note de Léonce de Brotonne.).

———–

Il me semble qu’il repose au cimetière Montparnasse, à Paris.

(« Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne », Tome II, Honoré Champion, Libraire, 1903, p.516).

 

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 25 mars, 2015 )

Promotion pour quelques officiers…

 

Davout

2279. – NAPOLÉON AU MARÉCHAL DAVOUT, PRINCE D’ECKMUHL,

Ministre de la Guerre, à Paris.

Paris, 25 mars 1815.

Tous les officiers du détachement de cuirassiers qui se sont présentés ce matin à notre parade et ont décidé du mouvement à Orléans seront avancés d’un grade. Ils sont 6. Proposez-moi la destitution du colonel et le remplacement des 7 officiers qui se sont le plus mal conduits parmi ceux qu’on avait ôtés et qui étaient à Paris avec le général Exelmans. Enfin, proposez-moi un bon colonel pour ce régiment. Donnez ordre que tout le régiment se réunisse à Paris. Faites-moi connaître où est son dépôt.

D’après la minute. Arch. Nat. AF IV, 907.

(« Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne », Tome II, Honoré Champion, Libraire, 1903, p.515)

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 13 juin, 2014 )

«L’Empereur a besoin de nous à l’île d’Elbe !»

Napoleon Ile Elbe

Bulletin du 13 juin 1814. Paris.- Ce matin, les ouvriers étaient à la Grève [Place de Grève, actuelle place de l’Hôtel-de-Ville. Cet endroit était connu des ouvriers comme lieu de rassemblement] au nombre d’environ quatre cents, attendant de l’ouvrage. Il en a été employé une vingtaine. Le bruit courait parmi eux que Bonaparte avait des travaux à faire à l’île d’Elbe, et qu’il en occuperait une partie s’ils s’y rendaient. Je fais rechercher avec soin ceux qui accréditeraient de telles fables dans l’intention d’indisposer les esprits.

-Les journaux ont annoncé que général Bertrand était de retour de l’île d’Elbe à Paris ; c’est une imposture.

-Le maréchal Davout est arrivé hier soir à Paris. Il paraît qu’il est arrivé sous un nom supposé de Hambourg à Dunkerque sur un navire marchand.  Je n’ai point encore de rapport de l’autorité locale.

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., pp.8-9).

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
12345
« Page Précédente
|