( 29 janvier, 2019 )

Grouchy…

Grouchy.

Un nom indéniablement lié à la défaite de Waterloo !  Avant la journée historique du 18 juin 1815, Emmanuel marquis de Grouchy, né en 1766,  a eu une longue carrière militaire au plus haut niveau. Entré au service en 1780, comme élève à l’École d’artillerie de Strasbourg, il est nommé six ans plus tard sous-lieutenant dans la Compagnie écossaise des gardes du corps, ce qui lui donne rang de lieutenant-colonel de cavalerie. Réformé en 1787, il reprend du service en 1791. En 1792, Grouchy est colonel du 6ème régiment de hussards. Maréchal de camp, il commande la cavalerie de l’armée des Alpes et participe à la répression de l’insurrection vendéenne. Devenu général de division et chef d’état-major de Hoche il refuse une affectation à l’armée d’Italie en 1796. Commandant le corps de l’armée dirigée par Hoche et  engagé lors de l’expédition en Irlande (afin de prêter main forte aux Irlandais face au Anglais), il fait preuve d’indécision, attendant l’arrivée de la seconde partie de la flotte qui avait séparée par une tempête. On le retrouve en Italie en 1798. Blessé très grièvement lors de la bataille de Novi, Grouchy est fait prisonnier puis libéré après un an de captivité. Il est affecté en 1800 à l’armée du Rhin, sous le général Moreau. Avec l’avènement de l’Empire, il est doté de grands commandements : 2ème division du corps de Marmont en 1805 ; 2ème division de dragons sous Murat en 1806. Présent à Eylau, où il charge de façon héroïque. Il combat  à Friedland.  Grouchy effectue un court séjour à l’armée d’Espagne en 1808, il déploie une grande énergie dans la répression de l’insurrection du 2 mai. En 1809, il est à la tête de la 1ère division de dragons de l’armée d’Italie. Présent à la bataille de La Piave, on le retrouve à Wagram .Durant la campagne de Russie, il dirige le 3ème corps de cavalerie et se bat à Borodino (La Moskowa), à Maloïaroslavets. Fin 1813, il écrit à Napoléon afin de reprendre du service, devant la France menacée d’invasion. L’Empereur le nomme commandant en chef de la cavalerie de la Grande armée. Grouchy se bat avec courage à Saint-Dizier, à Brienne, à La Rothière, à Troyes, à Vauchamps, enfin à Craonne, où grièvement blessé, il doit quitter l’armée. Rallié à Louis XVIII, il est nommé inspecteur général de cavalerie et décoré de la croix de l’ordre de Saint-Louis. Après le retour de Napoléon, il s’oppose dans le sud-est à l’armée du duc d’Angoulême (fils du comte d’Artois, futur Charles X) et accède à la dignité de maréchal. Il participe à la campagne de Belgique. Commandant l’aile droite de l’armée française, , Napoléon le charge, après la bataille de Ligny, de rejeter et de poursuivre avec 30 000 hommes, 100 000 Prussiens. Une mission quasi-impossible. Il ne réussit à retenir que les 25 000 hommes de Thielmann pendant que les autres divisions parviennent à déboucher sur le champ de bataille de Waterloo… Grouchy sauve néanmoins une partie de l’armée française en organisant son repli en bon ordre en direction de Namur et dans des conditions difficiles. Il parviendra à Reims sans avoir connu aucune perte. Après la chute de l’Empire, il doit quitter la France et s’embarque pour les États-Unis. Grouchy en retrouve son pays qu’en 1821. Il s’éteint en 1847.

Son attitude durant la journée du 18 juin 1815 a été longuement et vivement discutée. Refusant de marcher au canon comme le lui indiquait le général Gérard, Grouchy fit preuve d’une passivité incompréhensible, malgré l’envoi d’un message de Napoléon lui ordonnant de se rapprocher du dispositif français. Napoléon déclara à Sainte-Hélène : « … sur ma droite, les manœuvres inouïes de Grouchy, au lieu de me garantir une victoire certaine, ont consommé ma perte et précipité la France dans le gouffre ».

C.B.

 

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( 24 décembre, 2018 )

Une lettre d’un sergent du Premier Empire…

Ce dOmbre 2ocument fut publié la première fois dans le « Carnet de la Sabretache » en mars 1902. Nous l’avons rétabli dans une orthographe correcte pour une meilleure compréhension ; combien de ces « Braves » écrivirent à leurs proches en langage phonétique !Le sergent Humblot était né en 1780 à Savonnières-devant-Bar (Meuse). Il était caporal au 84ème de ligne lors du fameux combat de Saint-Léonard-sous-Groetz et s’y conduisit en héros.

Fait au camp de Groetz, le 16 août 1809.

Mon cher père et ma chère mère,

La présente pour m’informer de l’état de votre santé. La mienne est fort bonne, Dieu merci. Je souhaite de tout mon cœur que la présente vous trouve de même.Tendres père et mère, je vais vous donner un petit détail de l’entrée en campagne qui a eu lieu le 11 avril. Nous fûmes repoussés par le  nombre 70 lieues en arrière. Le 11 avril à Venzone, le 16 avril à Sacile, le 4 mai à La Piave, le 8 à Brenta, le 16 mai au fort de Prewald, le 22 à Laybach, le 1er juin à Groetz, le 6 juillet eut lieu une bataille à 1 contre 10 comme vous pouvez le lire sur les Bulletins. Tendre père, nous sommes arrivés le 1er juin à Groetz, le fort a été bloqué pendant 3- jours par les Français. Le bombardement a commencé le 6 juin et a duré jusqu’au 6 juillet nuit et jour. Le 6 juillet [le sergent Humblot fait une confusion de dates ; c’est le 25 juin 1809 au soir que se déroula l’héroïque combat de Groetz] 2 bataillons se sont battus depuis 10 heures du soir jusqu’au 7 juillet à 8 heures du soir. Les deux bataillons se montaient à 700 hommes et l’ennemi était de 1,000 hommes [Humblot donne aux 1er et 2ème bataillons un effectif un peu moindre qu’il ne l’était en réalité. Dans son appréciation de la force de l’ennemi il a vraisemblablement oublié un zéro] et nous leur avons fait 600 prisonniers et 2 drapeaux. Sa Majesté l’Empereur et Roi a ordonné à notre colonel de mettre  à nos drapeaux la phrase « Un contre dix ». Le 84ème régiment s’est couvert de gloire et de lauriers. Tendre père, j’ai été blessé au bras mais légèrement. Dans toutes mes campagnes j’ai été renversé 4 fois par le boulet. La 1ère fois à Sacile : le boulet m’a coupé mon shako sur ma tête. La 2ème  fois le boulet a tué 3 hommes. J’étais au serre-file : le boulet tue les deux premiers et au troisième lui coupe la tête. Le choc m’a couché et j’ai été éclaboussé de chair et de cervelle. Les deux autres fois on m’e croyait mort. Tendre père par ma vaillance, par mon courage que j’ai montré au champ d’honneur et par ma bonne conduite, j’ai été nommé par les vœux de l’empereur sergent et en même temps nommé membre de la Légion d’honneur. Ainsi, voyez tendres père et mère la manière dont je me suis conduit.  J’ai été obligé d’emprunter 130 francs à mon capitaine. J’espère que sitôt la présente reçue nous m’honorerez d’une lettre et que vous ferez votre possible afin de m’envoyer au moins 200 francs. Depuis le 11 avril nous n’avons couché dans aucun lit. Tous les jours au bivouac nous sommes mangés par la vermine.

Mon frère Dominique est venu me voir le jour de la fête à Vienne [jour de la bataille de Wagram, le 6 juillet 1809], aimable jour du champ d’honneur auquel on a eu 1000 hommes hors de combat tués et blessés. Je n’ai pas eu le plaisir de l’avoir vu. Mon capitaine et mon lieutenant, le sergent-major ont été tués. Je n’ai pas pu quitter la compagnie. Le fils Burtout a la cuisse coupée. Je finis ma lettre en vous embrasant de tout mon cœur et tout Savonnières, et je suis pour la vie,

Votre fils

HUMBLOT, sergent.

 

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( 31 octobre, 2018 )

Grouchy…

Grouchy.

Un nom indéniablement lié à la défaite de Waterloo !  Avant la journée historique du 18 juin 1815, Emmanuel marquis de Grouchy, né en 1766,  a eu une longue carrière militaire au plus haut niveau. Entré au service en 1780, comme élève à l’École d’artillerie de Strasbourg, il est nommé six ans plus tard sous-lieutenant dans la Compagnie écossaise des gardes du corps, ce qui lui donne rang de lieutenant-colonel de cavalerie. Réformé en 1787, il reprend du service en 1791. En 1792, Grouchy est colonel du 6ème régiment de hussards. Maréchal de camp, il commande la cavalerie de l’armée des Alpes et participe à la répression de l’insurrection vendéenne. Devenu général de division et chef d’état-major de Hoche il refuse une affectation à l’armée d’Italie en 1796. Commandant le corps de l’armée dirigée par Hoche et  engagé lors de l’expédition en Irlande (afin de prêter main forte aux Irlandais face au Anglais), il fait preuve d’indécision, attendant l’arrivée de la seconde partie de la flotte qui avait séparée par une tempête. On le retrouve en Italie en 1798. Blessé très grièvement lors de la bataille de Novi, Grouchy est fait prisonnier puis libéré après un an de captivité. Il est affecté en 1800 à l’armée du Rhin, sous le général Moreau. Avec l’avènement de l’Empire, il est doté de grands commandements : 2ème division du corps de Marmont en 1805 ; 2ème division de dragons sous Murat en 1806. Présent à Eylau, où il charge de façon héroïque. Il combat  à Friedland.  Grouchy effectue un court séjour à l’armée d’Espagne en 1808, il déploie une grande énergie dans la répression de l’insurrection du 2 mai. En 1809, il est à la tête de la 1ère division de dragons de l’armée d’Italie. Présent à la bataille de La Piave, on le retrouve à Wagram .Durant la campagne de Russie, il dirige le 3ème corps de cavalerie et se bat à Borodino (La Moskowa), à Maloïaroslavets. Fin 1813, il écrit à Napoléon afin de reprendre du service, devant la France menacée d’invasion. L’Empereur le nomme commandant en chef de la cavalerie de la Grande armée. Grouchy se bat avec courage à Saint-Dizier, à Brienne, à La Rothière, à Troyes, à Vauchamps, enfin à Craonne, où grièvement blessé, il doit quitter l’armée. Rallié à Louis XVIII, il est nommé inspecteur général de cavalerie et décoré de la croix de l’ordre de Saint-Louis. Après le retour de Napoléon, il s’oppose dans le sud-est à l’armée du duc d’Angoulême (fils du comte d’Artois, futur Charles X) et accède à la dignité de maréchal. Il participe à la campagne de Belgique. Commandant l’aile droite de l’armée française, , Napoléon le charge, après la bataille de Ligny, de rejeter et de poursuivre avec 30 000 hommes, 100 000 Prussiens. Une mission quasi-impossible. Il ne réussit à retenir que les 25 000 hommes de Thielmann pendant que les autres divisions parviennent à déboucher sur le champ de bataille de Waterloo… Grouchy sauve néanmoins une partie de l’armée française en organisant son repli en bon ordre en direction de Namur et dans des conditions difficiles. Il parviendra à Reims sans avoir connu aucune perte. Après la chute de l’Empire, il doit quitter la France et s’embarque pour les États-Unis. Grouchy en retrouve son pays qu’en 1821. Il s’éteint en 1847.

Son attitude durant la journée du 18 juin 1815 a été longuement et vivement discutée. Refusant de marcher au canon comme le lui indiquait le général Gérard, Grouchy fit preuve d’une passivité incompréhensible, malgré l’envoi d’un message de Napoléon lui ordonnant de se rapprocher du dispositif français. Napoléon déclara à Sainte-Hélène : « … sur ma droite, les manœuvres inouïes de Grouchy, au lieu de me garantir une victoire certaine, ont consommé ma perte et précipité la France dans le gouffre ».

C.B.

 

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