( 2 novembre, 2013 )

De Mayence, le 2 novembre 1813…

De Mayence, le 2 novembre 1813... dans TEMOIGNAGES 1813-2013

Un nouvel extrait de la correspondance de G. Peyrusse. Il participa à la campagne de Saxe en tant que Payeur du Trésor de la Couronne, à la suite de l’Empereur.

Mayence, le 2 novembre 1813.

A tous les cœurs bien nés que la patrie est chère !

Me voilà en bonne santé, mon cher André. Je t’ai écrit le 23 d’Erfurt pour t’annoncer que j’y étais arrivé en bonne santé. Le Bulletin du 30me dispense de te tien dire. Tu sais tout. Tu auras vu le bulletin d’Hanau. Tu y auras vu comme nous avons travaillé les Bavarois ; les coups de canon ne me font plus rien : j’en ai tant et tant entendu depuis quelques jours que je m’endors depuis que je suis arrivé à Mayence. J’y suis entré ce matin à cinq heures à la suite de Sa Majesté.[…]

Dis à M. Guizol que je viens de recevoir sa lettre du 14 octobre, que son fil, aide-de-camp du général Sébastiani, se porte bien. Je n’ai pas eu le plaisir de voir l’autre, mais j’engagerai son frère à me l’amener ; mais son père ne m’a rien demandé pour lui. Adieu, je serai bref aujourd’hui, car depuis vingt jours je ne dors que d’un œil. J’ai sauvé mon trésor, et à mes équipages et à mes gens il ne manque pas un poil. J’ai vu avec beaucoup de peine que tout le monde n’était pas aussi heureux. Desgenettes est pris pour la seconde fois. Apparemment cela l’amuse.

(Lettres inédites du baron Guillaume Peyrusse écrites à son frère André, pendant les campagnes de l’Empire, de 1809 à 1814. Publiées d’après les manuscrits originaux, avec une notice sur Peyrusse par Léon-G. Pélissier », Perrin et Cie, 1894, pp.173-174).

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( 8 novembre, 2012 )

«Dans quelques années l’étranger pourra demander sur quelle rive de la Moskowa a existé Moscou.»

Cette lettre de Guillaume Peyrusse est adressée à son frère André est datée de Dorogobouj, 3 novembre 1812.

« Je t’ai écrit de Borovsk le 27 octobre. Depuis nous continuons notre retraite en bon ordre, sur  le même chemin qui nous a conduits à Moscou. Quelques cosaquades ont lieu sur les derrières, mais on fait bonne contenance. Je ne sais pas même dans quelle ville de Pologne nous irons prendre de nouvelles positions et hiverner ; on nous donne à penser que nous irons la campagne prochaine à Saint-Pétersbourg. Ces barbares mériteraient bien qu’on brûlât leur capitale et qu’on finisse la campagne en brûlant le port de Cronstadt. Ce serait les payer de la même manière et affaiblir un peu le poids qu’ils ont dans la balance. Quelques jours après notre sortie de Moscou, les Cosaques sont entrés dans Moscou, mais le maréchal duc de Trévise qui commandait la ville leur a tenu tête. Quelques heures après sa sortie du Kremlin et les principaux édifices qu’il renferme ont sauté en l’air. On a mis le feu aux édifices que les flammes avaient épargnés. Dans quelques années l’étranger pourra demander sur quelle rive de la Moskowa a existé Moscou.

(« Lettres inédites du baron Guillaume Peyrusse écrite à son frère André pendant les campagnes de l’Empire. De 1809 à 1814. Publiées par Léon-G. Pélissier », Perrin et Cie, 1894, pp.108-109). Rappelons que Guillaume Peyrusse assurait les fonctions de Payeur du Trésor de la Couronne, durant cette campagne. Sa correspondance est un bon complément à ses « Mémoires ».

«Dans quelques années l’étranger pourra demander sur quelle rive de la Moskowa a existé Moscou.» dans TEMOIGNAGES gp.

 Guillaume PEYRUSSE (1776-1860)

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