( 29 octobre, 2014 )

Au hasard de mes lectures…

Au hasard de mes lectures...

Napoléon leadership !

Durant l’automne  2004, Tallandier a fait un paraître un ouvrage au titre hors du commun : « Napoléon et le management ». Je viens de relire cette étude et je suis toujours aussi enthousiaste que lors de sa sortie. L’auteur, Alexis Suchet, passe en revue le règne napoléonien, les moments-clés de sa fondation.  On s’aperçoit  à la  lecture de ce livre, que Napoléon a su, plus que nul autre chef d’état, choisir ses collaborateurs et leur insuffler une ligne conductrice. Sont abordés également, la méthode de travail de l’Empereur ainsi que la façon dont il diffuse ses idées. Un excellent livre donc !

Alexis SUCHET, « Napoléon et le management », Tallandier, 2004, 264 pages. Prix au moment de sa parution : 21,00 €

Management.

 

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( 9 juin, 2014 )

Au hasard de mes lectures…

Au hasard de mes lectures...

Un livre bien utile !

On évoque souvent les campagnes de Napoléon, ses batailles et ses défaites. Avec le dernier livre d’Alain Pigeard, docteur en histoire et président du Souvenir Napoléonien, c’est l’oeuvre civile du Premier Consul puis de l’Empereur qui est inventoriée. Comme le souligne l’auteur dans son avant-propos, « Jamais, en effet, en l’équivalent de deux septennats, un chef d’État n’a donné à la France un tel essor, une telle puissance, de telles réformes en profondeur, admirées, copiées et encore appliquées pour beaucoup d’entre elles ».

L’inventaire (classé par ordre alphabétique) des créations napoléoniennes est monumental ! citons notamment l’instauration de l’École des Arts et Métiers (1803),celle des arrondissements parisiens (1795, dans leurs première version ; celle que nous connaissons est une création de Napoléon III), le rétablissement de la fonction d’avocat (1804), la création du baccalauréat (1808), de la banque de France (1800), du billet de banque (1803), du cadastre général parcellaire (1807), de la Cour des Comptes (1807) des canaux de Bourgogne (achèvement en 1808)et de l’Ourcq (1802), pour ne mentionner que ces derniers ; citons la création du code civil (1804), de celui du commerce (1808), de procédure civile (1804) ; on doit également au futur empereur la création de la fonction de commissaire de police (1800), de celle de commissaire-priseur (1801). Napoléon instaure le conseil de prud’hommes en 1806 ; il est à l’origine du conseil général de chaque département (1800), de la Légion d’honneur (1802), trop galvaudée de nos jours… Il est le maître-d’œuvre de la refonte du musée du Louvre(1800), de la création des lycées (1802), de l’École des Ponts et Chaussées (1804), des préfectures (1800). Et la liste est loin d’être close !

Ce livre incontournable est un précieux vade-mecum, à garder près de soit et à brandir à la figure de ceux (citons Lionel Jospin, par exemple) qui semblent ignorer tout de l’œuvre civile du Premier Consul Bonaparte et de l’empereur Napoléon, de ces 200 réalisations qui changèrent la France et la vie des Français.

C.B.

Alain PIGEARD, « L’œuvre de paix de Napoléon, 1800-1815 », Editions de la Bisquine, 2014, 380 p., 22.00 €. (Paru en avril ).

A . Pigeard

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( 12 mai, 2014 )

Au hasard de mes lectures…

Au hasard de mes lectures...

De la politique patrimoniale de Napoléon : actes et effets.

Voici un livre récent qui porte sur un sujet peu exploité : la politique patrimoniale, foncière et immobilière de Napoléon. L’Empereur parfaitement ordonné dans sa tête et dans ses actes, ne laissa rien au hasard dans ces domaines. Que ce soit dans la réalisation de son « Grand Dessein », la réunion du Louvre aux Tuileries, vaste projet urbain tournant autour d’une refonte complète du centre de Paris (le début du percement de la rue de Rivoli en est un exemple), ou afin de reconstituer le domaine royal du Château de Versailles. Afin que toutes les opérations immobilières se fassent dans la légalité, un « Comité des affaires contentieuses de la Couronne «  est créé. Un chapitre est consacré aux donations immobilières faites par l’Empereur à quelques uns de  ses plus fidèles serviteurs : Lefebvre-Desnouettes, Bertrand, Mouton, comte de Lobau. Un exemple délicat est celui de la donation faite à Camille Illari, qui fut sa nourrice lorsqu’il était enfant.  Joséphine n’est pas oubliée des  générosités de l’Empereur, ainsi qu’Élisa, Pauline, Camille Borghèse, son second époux, Sieyès, Talleyrand. Toutes ces opérations souvent complexes sont effectuées sous la surveillance du Comité cité plus haut. Rien, selon les instructions de l’Empereur, ne doit être bâclé. Les personnes, quel que soit leur rang, ne peuvent pas faire n’importe quoi du bien reçu des mains impérial ; voir à ce titre l’exemple de Pauline avec l’acquisition du château du Raincy, non loin de Paris.

Globalement, et malgré quelques coquilles et de légères répétitions, il s’agit d’une étude intéressante à garder en bonne place dans sa bibliothèque.

Sébastien EVRARD, « L’or de Napoléon. Sa stratégie patrimoniale (1806-1814) », L’Harmattan , 2014 [paru en février], 168 p., (18.00 €).

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Joséphine…

Georges Mauguin, qui fut durant les années 1920/1950 un des plus éminents historiens napoléoniens, a commis un petit volume consacré à l’impératrice Joséphine. Il est composé de notices qui ressemblent beaucoup de par leur forme à des articles. On y parle de l’âge de Joséphine, de son premier mariage avec Alexandre de Beauharnais, de son hôtel de la rue Chantereine (devenue, depuis, rue de la Victoire); ses talents de botaniste sont également évoqués. Le tout se lit agréablement, même s’il présente un intérêt inégal.

 

Georges MAUGUIN, « L’impératrice Joséphine. Anecdotes et Curiosités », J. Peyronnet et Cie, 1954, 102 p.

 

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( 7 mai, 2014 )

Au hasard de mes lectures…

Au hasard de mes lectures...

Un sujet d’actualité…

Aucune surprise à attendre de cet ouvrage publié il y a plus de cinquante ans. « Les maréchaux d’Empire et la première abdication », de MM. Rivollet et Albertini, n’apprendra rien d’inédit au lecteur, sauf, peut-être, le fait que Talleyrand fut hostile à la déportation de Napoléon à l’île d’Elbe, « l’estimant trop près des côtes de France et d’Italie ». Ce livre se contente de retracer des faits historiques connus depuis longtemps et sans tirer aucune analyse, nulle conclusion intéressante. En revanche, on remarquera des erreurs de style et plusieurs fautes quant aux dates et heures de ces premiers mois de l’année 1814 qui virent s’enchaîner tant d’événements.

C.B.

Georges RIVOLLET et Paul-Louis ALBERTINI, « Les maréchaux d’Empire et la première abdication. Avril 1814. Préface d’André Masséna, prince d’Essling », Editions Berger-Levrault, 1957, 174 p.

 

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( 1 mai, 2014 )

Au hasard de mes lectures…

Au hasard de mes lectures...

Napoléon, la presse et les journalistes.

Voici un sujet rarement abordé dans l’époque napoléonienne: celui du journalisme. Avec cette étude, écrite il y a près un siècle, A. Périvier, lui-même ancien directeur du « Figaro », analyse en détail les rapports que général Bonaparte, puis le premier Consul et enfin l’Empereur, entretenait avec la presse et les journalistes.  Périvier n’oublie pas que Bonaparte lui-même « fut un grand écrivain, un maître dans l’art d’exprimer sa pensée ». Durant toutes ses campagnes, Napoléon consacra toujours du temps afin de composer articles de presse mais il garda également un œil attentif sur ce qui était publié dans les quelques journaux autorisés. La censure étant en vigueur à l’époque. La voix de la France, en état de guerre permanent, tant sur le plan intérieur, avec les royalistes et leurs différents complots, qu’extérieur, ne devait se faire entendre qu’avec un contrôle absolu sur tout ce qui paraissait. Il y a aussi les journaux créés de toutes pièces par le futur empereur: citons « Le Courrier de l’armée d’Italie » et « La France vue de l’armée d’Italie », ce dernier ayant pour rédacteur en chef Régnault de Saint-Jean-d’Angély, un homme tout dévoué à Bonaparte. Durant la campagne d’Égypte c’est « Le Courrier d’Égypte » qui voit le jour. « Ce sera le moniteur officiel de la colonie française. On y dira la vérité sur ce qui se passe en Égypte, autant qu’un journal officiel peut dire la vérité », précise Périvier. Un second journal vit aussi le jour : « La Décade égyptienne », imprimé par Marc Aurel, imprimeur de l’armée et c’est Tallien, venu en Égypte, et naguère prote à l’imprimerie du « Moniteur », qui s’en chargea.

Après Brumaire, il n’y aura plus en France qu’un seul journal officiel : « Le Moniteur » auquel celui qui est à présent le Premier Consul, va coordonner. « Son système se résume en quelques mots: après avoir rétabli l’ordre, il a résolu d’imposer le silence. Il se réserve, à lui seul, le droit de parler et d’écrire ». Le 17 janvier 1800, seuls treize journaux ont le droit d’exister, mais sous la surveillance de la police; la situation de la France l’exigeait sans doute, mais cette méthode peut nous paraître choquante. Les journaux venant des pays voisins sont interceptés à la frontière; même chose pour ceux arrivant dans les ports. Fouché, le tout puissant ministre de la Police générale, qui veille au grain, établissant « un cordon sanitaire arrêtant toute feuille suspecte ».

Périvier aborde également la création de la presse clandestine, composée d’ « écrits hostiles, et surtout royalistes, contre le gouvernement ». Toute la période impériale, année par année, est analysée, de 1804 à 1815. « Pendant cent jours, par un coup d’audace inouïe, Napoléon redevient maître de la France et par conséquent de la presse », écrit l’auteur.

La dernière année de l’Empire voit apparaître un certain libéralisme, dans l’esprit de l’Empereur revenu aux affaires. Benjamin Constant est mandé aux Tuileries sitôt l’Aigle revenu à Paris. « Il obéit, non sans crainte. Napoléon le reçoit d’un air riant. C’est à lui qu’il veut parler de liberté et de constitution; c’est à lui qu’il veut s’ouvrir ».  L’Empereur évoque la liberté de la presse comme d’un droit fondamental. Les événements de la campagne de Belgique, la défaite des armées françaises lors de la bataille de Mont-St.-Jean, dite « de Waterloo », et la seconde abdication de Napoléon, empêcheront le début de la création d’un empire aux idées libérales.

Une grande étude actualisée reste à réaliser sur les rapports contradictoires, mais riches d’enseignements, entre Napoléon, la presse et les journalistes.

 C.B.

A.PERIVIER, « Napoléon journaliste », Plon, 1918, 434 p.

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( 1 janvier, 2014 )

Au hasard de mes lectures…(5)

Au hasard de mes lectures...

Heurs et malheurs d’un élève de l’Ecole militaire de Saint-Germain…

Voici un document intéressant.  Il s’agit de la correspondance de Desiderio Sertorio, qui retrace ce que pouvait être l’existence d’un élève de l’École Militaire Spéciale de Cavalerie de Saint-Germain-en-Laye. Publiée par ses descendants, tout d’abord en 2004, au sein d’un volume consacré à la famille Sertorio, cette correspondance a été pour la première fois traduite en français cinq ans plus tard. On y partage le quotidien du jeune Desiderio (1792-1857), dont le nom francisé en « Didier Sertorio » figure en suscription des lettres expédiées presque quotidiennement par sa famille génoise ou des proches. Le jeune homme arrive à la fin mai 1812 dans cette institution. Il y retrouve des compatriotes, ce qui rend le séjour un peu plus acceptable. « A quatre et demi le matin, la trompette sonne et il faut se lever [et] recouvrir son lit parfaitement si on veut se lever. Les journées commencent ainsi; à 21 heures, extinction des feux. L’auteur, y évoque les repas, pris debout,  peu élaborés (« dans chaque gamelle peuvent manger 5, 6, 7 élèves, selon le ticket qui se trouve sur la gamelle »); le pain « assez bon » que l’on peut obtenir à profusion tout au long de la journée, ou bien encore le vin rouge qui ressemble à du vinaigre… Le 15 août, jour solennel, les élèves mangent assis et sont servis dans des assiettes avec nappes et serviettes, le tout sous la bienveillance de domestique. Un luxe pour ces braves gens !

La tenue que porte chaque élève est abordée en détail. Cet uniforme est complété par un casque « un long sabre et des gants ».

Les Italiens sont haïs par les autres élèves, ce qui créée un mauvais climat. S’en suivent de fréquents duels, interdits par le règlement. Il y a aussi des vols fréquents dans ces immenses chambrées où l’on gèle, la nuit, en hiver. « Il est interdit de faire du feu dans les dortoirs », précise Sertortio.

« La vie est toujours la même, l’ennui, la fatigue. Je me sens affligé. Ma seule consolation je la trouve en lisant vos lettres et je vous assure qu’elles me sont d’un grand soutien », écrit le jeune élève, déprimé.

En novembre 1813, il est nommé maréchal-des-logis. Le 28 décembre 1813, Desiderio quitte l’École  de cavalerie, sa formation étant achevée. Il va vivre son baptême du feu durant la fameuse campagne de France, dans les rangs du 2ème régiment de dragons. Le 29 janvier 1814, il s’est battu à Brienne, puis il a perdu début février, son cheval, sa selle, ses pistolets, son porte-manteau… « La guerre est affreuse et ils n’onr presque rien à manger. », écrit sa mère, au grand-père de l’auteur, après avoir reçu des nouvelles de son fils. Desiderio aura un pied gelé (le froid encore !) Malgré tout il aurait participé avec courage à toute la campagne de 1814. Après la première abdication de l’Empereur, le 6 avril 1814, il regagnera Paris afin de se soigner avant de rentrer à Gênes, fin 1814. L’auteur de cette correspondance épistolaire, devient, au fil des pages, attachant. Ses lettres méritent de figurer parmi les bons témoignages sur le Premier Empire.

« Correspondance de Desiderio Sertorio.[Présentation [de] Pompeo Sertotio] Suivie de « L’École militaire Spéciale de Cavalerie sous le 1er Empire », par Charles-Henri Taufflieb », Saint-Germain-en-Laye, Editions Hybride, 2009, 264 pages.

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Labédoyère méritait mieux !

Quelle déception en lisant la dernière biographie en date consacrée au général de La Bédoyère ! Ce personnage, au caractère absent de toute modération, est familier des amateurs d’histoire napoléonienne. Plutôt porté sur une carrière littéraire, ami des livres, familier à ses heures de la célèbre Germaine de Staël, Charles de La Bédoyère entame assez tard une vocation militaire. C’est en 1806, qu’il entre aux gendarmes d’ordonnance, avant d’être nommé en septembre 1807 lieutenant au 11ème  régiment de chasseurs à cheval. L’année 1808 le trouve aide-de-camp du maréchal Lannes. La Bédoyère est en Espagne, à Saragosse, puis passe en Autriche, et en Italie; on le retrouve alors aide-de-camp du prince Eugène. Il participera à la campagne de Russie et commandera, durant celle d’Allemagne, le 112ème de ligne. Le 21 octobre 1813, Charles de La Bédoyère épouse Georgine de Chastellux. Le couple s’installe fin janvier 1814 dans une maison de l’élégant Faubourg Saint-Germain, rue de Grenelle, plus exactement. Il convient de souligner que durant toute son existence, La Bédoyère, par sa fidélité sans faille à Napoléon, fera figure de tâche vis-à-vis de sa propre famille, et celle de son épouse, légitimistes l’une et l’autre. Le frère de Charles, Henry, ne cachera jamais ses idées royalistes et sa haine de « l’Usurpateur ». Tout un climat familial avec lequel celui qui est nommé colonel du 7ème de ligne (en octobre 1814) devra composer…

Au retour de l’Empereur, a lieu le fameux ralliement de La Bédoyère et de son régiment aux troupes de Napoléon venant de l‘île d’Elbe. Un grand moment historique et chargé d’une certaine émotion ! Durant la campagne de Belgique, La Bédoyère figure parmi les aides-de-camp de l’Empereur.

Sa fidélité ne lui sera jamais pardonnée. Arrêté le 2 août 1815, jugé, douze jours plus tard,  par les tribunaux iniques de Louis XVIII, Charles La Bédoyère termine son existence agitée devant un peloton d’exécution français. Nous sommes le 19 août 1815, vers 18h20, à la barrière de Grenelle (dont l’emplacement est situé non loin de station « Dupleix » de la ligne n°6 du métropolitain, 15ème arrondissement de Paris).

Le général Charles de La Bédoyère vient d’entrer au rang de martyrs de la Terreur Blanche.

Cette attachante figure de l’Épopée méritait mieux en terme de biographie. Pourtant établie à travers sa correspondance inédite elle déçoit par sa mise en page aléatoire, les nombreuses « coquilles », le style quelque fois maladroite de l’auteur. Lequel commet ci et là plusieurs erreurs, comme celle d’écrire (source à l’appui !) que madame de Lavalette, épouse du Directeur général des Postes de Napoléon, vécut avec ses cinq enfants et émigra en 1821 à Saint-Domingue, « où elle mourut tragiquement » (?). Cela est peu probable quand on sait que la pauvre femme, après avoir remplacé son époux prisonnier à la Conciergerie, lui sauvant ainsi la vie, perdit peu à peu la raison avant de s’éteindre à Paris le 18 juin 1855. Elle n’avait à notre connaissance qu’une fille.

Un grand travail de fond reste donc à réaliser sur ce personnage.

Geneviève MAZEL, « Un héros des Vingt-Jours. Le général de La  Bédoyère, à travers sa correspondance inédite. Préface de Jean Tulard », Editions SPM, 2004, 186 pages.

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( 23 novembre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(4)

Au hasard de mes lectures...

Un témoignage inédit…

Raymond Teulet fait partie des ces « acteurs » qui s’illustrèrent sur les champs de bataille de La Révolution puis sur ceux de l’Empire. Né en 1768 à Toulouse, l’auteur s’engage en septembre 1791 dans les rangs du 2ème bataillon de l’Aude. En septembre de l’année suivante, il se bat dans le Comté de Nice. En 1793, promu capitaine le 9 mars, notre officier combat à Hendaye puis à Ispeguy et à Baïgorry. En mars 1794, Teulet affronte les Espagnols lors du méconnu combat du camp de la Croix-des-Bouquets. « Après cette affaire, la 147ème demi-brigade, formée des 2ème et 3ème bataillons des volontaires du département de l’Aude et du «1er bataillon du régiment d’Angoumois 80ème, partit pour l’armée des Pyrénées-Orientales », note Teulet. Il participe à la bataille du Boulou et à ses suites (28 avril/1er mai 1794). Plus tard, en novembre, l’auteur fait le coup de feu lors de celle de la Montagne Noire où sera blessé mortellement le fameux général Dugommier (de son vrai nom Coquille). En 1795/1796, le voici en Italie, prêt à en découdre, toujours dans un des bataillons de chasseurs composant la 147ème demi-brigade, puis dans les rangs de la 4ème demi-brigade (futur 4ème de ligne). Celle-ci est donc affectée à la célèbre armée d’Italie, sous les ordres du général Schérer, division Augereau, brigade Victor. S’étant battu lors de la bataille de Castiglione (5 août 1796), Teulet rédigera plus tard une note concernant la prise d’une importante redoute à laquelle il participé. Elle est destinée à l’éditeur Panckoucke, qui publia après l’Empire, la fameuse fresque des « Victoires et Conquêtes.. ». Car le capitaine Teulet sait manier la plume aussi bien que le sabre. Mais pour le moment, c’est justement un sabre, mais  d’honneur celui-ci, que lui décerne le Premier Consul pour ce fait d’armes valeureux.

Guillaume Joucla, le publicateur de ce témoignage inédit, nous apprend que Teulet participa à l’expédition d’Angleterre puis dans les rangs de l’armée de Hollande, en 1799. Malheureusement notre valeureux officier ne semble pas avoir laissé d’écrits sur cette période. Nommé en décembre 1800 capitaine au régiment des chasseurs à pied de la Garde Consulaire, Teulet, n’arrive que trop tard afin de participer à la bataille de Hohenlinden (le 30 janvier 1801). « Il servit deux ans dans la Garde et se lia d’amitié avec le général Gros et le maréchal Bessières », précise G. Joucla, avant d’ajouter qu’il « commandait alors la 2ème section du 3ème bataillon de chasseurs et ce jusqu’au 22 décembre 1803, date à laquelle il fut nommé major au 12ème  de ligne ». Son témoignage reprend début octobre 1806, sous une forme qu’il ne quittera plus désormais : celle d’une correspondance familiale, adressée à sa femme ou encore à son fils François (né en 1799). Diminué par de mauvaises blessures à la jambe, Teulet se confie dans ses lettres. Sa faiblesse, derrière laquelle on croit deviner une douleur quasi-permanente, rend l’auteur attachant. Puis il passe en juin 1807 dans la 4ème légion de réserve. Cette dernière fait partie quelques mois plus tard au 2ème corps d’observation de la Gironde sous les ordres du général Dupont…

Pour la postérité, amère avec les perdants, un nom associé à Bailén… Le Major Teulet prend la route de l’Espagne, en passant par le Pays Basque. Il écrit à son épouse presque quotidiennement, à son fils aussi, n’oubliant pas de le charger d’embrasser son frère, Alexandre, né en 1807. Il est à Vitoria en décembre 1807, à Briviesca le premier jour de l’année 1808, à Valladolid à la mi-janvier et ce jusqu’en mars. Il quitte cette ville pour Madrid, à la suite de Valladolid. Il y parvient avec son 2ème corps d’observation le 7 avril. Murat le passe en revue,  puis Teulet fait mouvement sur Aranjuez et Tolède. Le 23 mai 1808, le général Dupont se dirige sur l’Andalousie, « avec ordre de débloquer la flotte française à Cadix », nous apprend G. Joucla dans ses intéressants commentaires.

Teulet participe très activement au siège de Cordoue. L’armée est livrée au pillage trois jours durant. Les maux de la guerre…

C’est le 18 juillet que va s’écrire une page importante de l’existence du major Teulet. Lors du combat de Bailén, « combattant à la tête de l’avant-garde, [il] fut blessé trois fois légèrement ; il eut deux chevaux tués sous lui. » Prisonnier comme nombre de ses frères d’armes, à bout de force, il atteint Cadix seulement à la fin de décembre 1808 ! Le major Teulet est expédié sur la « Vieille Castille »,ponton de sinistre mémoire se trouvant dans la rade, puis est dirigé sur « Palma , Ile de Majorque ». Il va y séjourner une grande partie de l’année 1810, avant d’être expédié en Angleterre comme prisonnier sur parole, à Chesterfield, dans le Derbyshire. En 1812, il s’y trouve toujours, alors que la Grande Armée se bat en Russie…

Jamais, à aucun moment, notre officier n’interrompt sa correspondance avec ses proches. Les lettres qu’il envoie ou qu’il reçoit sont, pour lui, comme une lueur d’espoir, lui permettant de lutter contre l’éloignement ce ceux qu’il chéri. Le major Teulet est finalement échangé le 26 mars 1813 contre un lieutenant-colonel de l’armée anglaise, malade et infirme.

Un mois seulement après son retour, l’auteur est affecté au 114ème de ligne. Début décembre 1813, le voici nommé colonel du 67ème de ligne. En février 1814, il est à Lyon. Les Autrichiens menacent nos frontières sur ce point. Le colonel Teulet va les affronter avec la même vigueur qu’autrefois. Puis le voilà en Suisse, avec son régiment, il  prend possession de Genève abandonnée par le général autrichien comte de Bubna (et non Balna comme écrit systématiquement dans la transcription de ses lettres; ce type d’erreur revient plusieurs fois dans cette édition). De retour dans la région lyonnaise il s’oppose de nouveau aux Autrichiens. Forcé d’évacuer la cité des Gaules, sous les regards amers des Lyonnais, le colonel Teulet et son régiment, se replient « derrière l’Isère ». Il est détaché à Crest, alors que « le gros de l’armée est à Valence ». Toujours fidèle à l’Empereur, c’est avec enthousiasme que Teulet apprend son débarquement à Golfe-Juan. Il est nommé maréchal-de-camp par Napoléon et fait baron d’Empire par décret du 19 avril 1815. Après la défaite de Waterloo, Louis XVIII de retour aux affaires,  annule toutes les promotions. Teulet est rétrogradé au rang de colonel. En décembre 1815, notre officier est arrêté pour son engagement en faveur de l’Empereur. Il est écroué à Toulouse « à la sinistre prison des Hauts-Murats ». En septembre 1816, il s’établit à Carcassonne (en résidence surveillé ?), « lieu de mon domicile avant mon entrée au service (où je jouis de ma demi-solde) », ainsi qu’il l’écrit à son fils aîné.

Le colonel Raymond Teulet s’éteint le 30 mars 1828. Il repose au cimetière Saint-Michel de Carcassonne.

Raymond TEULET, « Souvenirs d’un héros de Bailén, 1791-1815. Rassemblés par Guillaume Joucla », Le Livre Chez Vous, 2012, 166 pages.

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Teulet fait l’objet d’une longue notice dans le « Dictionnaire des colonel de Napoléon », de Danielle et Bernard quintin, Editions SPM, [décembre]1996, pp.824-825.

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( 15 novembre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(3)

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Un ouvrage inégal…

Je viens de terminer l’ouvrage collectif, paru récemment et intitulé « Les Suisses de Napoléon à la Bérézina ». Je suis un peu déçu. Le livre commence par un article de Bénédict de Tscharner, président de la Fondation pour l’Histoire des Suisses dans le Monde : « Les Suisses de Napoléon et le Musée de Penthes [Musée des Suisses dans le Monde] ». Rien à dire, l’exposé est honnête avec cette neutralité (normal pour la Suisse…) qui permet une bonne compréhension. Mais quelle ne fut pas ma surprise en lisant le texte suivant, rédigé par François Walter, professeur d’histoire moderne… Là on tombe dans le dogmatisme anti-napoléonien « de base ». Napoléon est un « despote » (p.17), on y parle de « la démesure du despote » (p.20). L’auteur laisse entendre que les causes de la campagne de Russie sont dues à des aspirations nationales, à l’exemple de l’Espagne révoltés et des pays germaniques. C’est exact pour ces deux pays mais ce n’est pas le cas pour la Russie, au début de la campagne de 1812. Ce n’est pas un nationalisme exacerbé qui entre en ligne aux débuts des hostilités mais la violation par les Russes du blocus, cause initiale de l’entrée de l’armée française en Russie. Plus loin (p.21) il écrit : « D’un demi-million d’hommes en 1808, les effectifs vont rapidement doubler pour les campagnes de 1812 et de 1813 ».  Encore une inexactitude. 500 000 hommes en Espagne ? Cela voudrait supposer que la Grande Armée comprenait dans ses rangs 1 million d’hommes tant en Russie que dans les plaines de Saxe ? Invraisemblable quand on sait que 611.000 hommes entrent en Russie en juin 1812, sur un effectif maximal de 700.000 hommes (selon Alain Pigeard -dans son « Dictionnaire des batailles de Napoléon »- qui s’y connaît plutôt en terme de campagnes). L’historien Vilatte des Prugnes (« Revue des Études Historiques », 1913) estime à 104.000 le nombre des effectifs au sortir de la campagne de 1812. On est loin du million ! Le lecteur comprendra aisément qu’il est impossible à Napoléon de réunir le même chiffre pour la campagne d’Allemagne (162 000 hommes dans les rangs français pour démarrer cette campagne). Passons  à l’article suivant. Il est consacré à la bataille de la Bérézina, rédigé par Fred Heer, président de la Fondation Maison Thomas Legler. Intéressant, il permet au lecteur d’avoir une bonne vision de ces journées au cours desquelles fut découvert le fameux gué de Studianka, par le général Corbineau, la construction des ponts, et le franchissement du cours d’eau, sous le feu des Russes. Les chiffres avancés par l’auteur sur les pertes françaises, entre 25 000 et 40 000 hommes, forment un contraste avec ceux fournis par A. Pigeard. Ce dernier, concernant la bataille proprement dit,  annonce 2 000 tués et de 7 000 à 10 000 prisonniers dans les rangs français, auxquels il faut ajouter les 4 000 hommes (tués, blessés et prisonniers) de la division Partouneaux.

Le philosophe Hans Jakob Streiff, nous offre un exposé sur le méconnu « Chant de la Bérézina ». Il nous apprend que c’est à l’aube du 28 novembre 1812 que le lieutenant Thomas Legler (1784-1835) du 1er régiment suisse fut invité par le commandant Blattmann à chanter le « Chant de nuit » de Giseke. Il sera appelé bien plus tard « Chant de la Bérézina ». A la fois mélancolique et patriotique, cette mélodie fait désormais partie du patrimoine suisse. Il est dommage que l’auteur de cet article intéressant a cru bon de préciser en conclusion : « A l’époque, la Suisse n’était ni indépendante, ni neutre ; cela nous rappelle que plus jamais, les Suisses ne devront devenir les victimes d’un individu obsédé de pouvoir ! ». Sans commentaire.

Avec l’article « La Bérézina et son impact sur l’histoire suisse » par Alain-Jacques Czouz-Tornare, on respire enfin (l’air des montagnes). Le sérieux de cet auteur n’est plus à démontrer.

Les deux derniers exposés, de Beat Aebi et Anselm Zurfluh, portant sur les beaux dioramas que le visiteur peut désormais admirer dans le musée de Penthes et cet endroit proprement dit, viennent achever ce livre.

D’une qualité inégale, « Les Suisses de Napoléon à la Bérézina » viendra compléter, fort à propos, celui de Th. Choffat et d’Alain-Jacques Czouz-Tornare, « La Bérézina. Suisses et Français dans la tourmente de 1812 », Cabédita, 2012).

Les amateurs d’histoire napoléonienne, n’oublieront pas que nos voisins helvètes, de la Révolution Française jusqu’à la fin de l’Empire, des Gardes suisses aux Tuileries, en 1792, aux berges de la Bérézina, ont servi la France avec courage, avec dévouement.

« Les Suisses de Napoléon à la Bérézina », par B.de Tscharner, F. Walter, F. Heer, H.J., Streiff, A.-J. Czouz-Tornare, B. Aebi, A. Zurfluh. Cabédita, 2013, 80 pages. Paru en France le 29 octobre 2013.

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( 12 novembre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(2)

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Un très long voyage…

Je viens d’achever la lecture d’un livre que je voulais découvrir depuis longtemps et enfin réédité : les péripéties des frères Bacheville obligés de fuir leur patrie pour aller se perdre à l’autre bout de l’Europe. En effet il s’agit plus d’un récit de voyage que de souvenirs sur l’Empire ; seuls trois courts chapitres se rapportent à ce dernier (Chapitre IV-Séjour à l’île d’Elbe ; Chapitre V-Retour en France et Chapitre VI-Campagne de Waterloo).

Après le 18 juin 1815, jour sombre dans l’histoire napoléonienne, de retour dans leur foyer, à Trévoux (Ain) Barthélémy et Antoine Bacheville vont vivre un incident qui va les contraindre à fuir la France. Le 4 mars 1816, à Villefranche-sur-Saône, au retour d’une visite leur oncle, ils sont filés dans un café par un maréchal des logis et un commissaire de police, ces derniers ayant été prévenus par « quelques personnes charitables », selon le mot employé. Sur le point d’arriver à Trévoux, ces mêmes hommes leur demandent leurs passeports, qu’ils n’ont pas, habitant tout près. On veut les arrêter. C’est mal connaître les deux frères qui ne comprennent pas cet arbitraire. Le ton monte. Barthélémy empoigne son pistolet. Débute alors une fuite qui va durer trois ans et demi. La tête des frères Barthélémy est mise à prix. On parle de conspiration. Tout est bon dans cette France de la Restauration pour accabler, accuser, voire exécuter les anciens soldats et officier de Napoléon. Un procès s’ouvre devant la cour prévôtale, sans la présence ses accusés. Qu’importe ! L’arbitraire royal n’e connaît point de barrière !

La fuite commence par Lyon, en direction de la Suisse (à Constance le colonel Combe qui a servi l’Empereur, lui aussi, leur procure un passeport) puis c’est l’Allemagne : Munich puis Dresde.  A huit lieues de  la première, dans le château de Berg, Barthélémy et Antoine y trouvent le général Triaire, chambellan d’Eugène de Beauharnais qui leur apporte un peu d’aide financière. A Dresde, ils parcourent le fameux champ de bataille. Ils sont à Breslau, à Varsovie. Dans cette ville ils rencontrent un certain Chauveau, « ancien officier de bouche de Napoléon » qui y tient un restaurant. Ce lyonnais héberge les fugitifs, leur offre un bon dîner. Le répit est de courte durée. La menace policière les suit à distance, à travers les états. Il faut fuir de nouveau. Les deux ex-officiers séjournent à Cracovie et apprennent que non loin, demeure le général Morand. Ils vont pouvoir se débarrasser de leurs haillons, prendre un bain bien chaud, dormir quelques heures avant de reprendre la route. Plus loin, ils passent en Galicie, et parviennent en Moldavie. Les deux frères finissent par se séparer. Nous sommes le 18 avril 1818. Barthélémy prend la route de Constantinople (depuis 1930 Istanbul, en Turquie) afin d’y trouver un navire qui les conduirait en Amérique « ou une caravane pour aller en Perse ». Cette séparation est douloureuse. Déjà, Barthélémy a le pressentiment que celle-ci est définitive. Il verra juste…

Le voici donc à Constantinople, avant de s’embarquer pour Smyrne (actuelle Izmir, en Turquie). Il y arrive alors que la peste fait des ravages. Puis sur l’île de Naxos, en Grèce. Il y sauve du suicide Méloé, une ravissante hellène. Son père, un certain Souzo, lui confie en remerciement un secret : la recette de fabrication d’une « Eau des Odalisques », ce qui lui permettra de subsister, une fois rentré en France, attendant pendant trois longues années  une retraite qui n’arrive pas… Mais revenons dans les pas de Barthélémy Bacheville. Il est à Athènes, avant de passer à Janina, où il entrera au service du légendaire et terrible Pacha. Les âmes sensibles ne s’attarderont pas à cet endroit du récit, où sont décrites les horreurs commises par le monstrueux Pacha… Bacheville, horrifié, prend le parti de fuir cet enfer en miniature. L’air du large le trouve à Leucade, une île Ionienne, appelée alors Sainte-Maure, puis à celle de Corfou,  à Cattaro (Kotor , au Monténégro) et à Raguse (actuelle Dubrovnik, en Croatie). Barthélémy parvient à Trieste, où il rencontre André Pons de l’Hérault qui se trouve près de Maret, duc de Bassano. Encore inquiété par la police toujours en alerte, il doit quitter la ville dans les vingt-quatre heures. Il arrive à Ancône puis à Rome. C’est là qu’il a l’honneur d’être présenté à Madame Mère, par l’intermédiaire du colonel Laborde, qu’il a connu autrefois. La mère de l’Empereur lui fait porter deux-cents francs.

Puis c’est Louis, ancien roi de Hollande qui accueille Barthélémy. Il lui remet « un rouleau de trente napoléons d’or ».

Bacheville reprend sa route, réconforté par ce passage a Rome, mais inquiet de ne plus avoir de nouvelles directes d’Antoine, son frère… Le 1er janvier 1819, il part pour Florence, en passant par Livourne, où il se retrouve quasi-ruiné par l’indélicatesse d’un négociant. Il sera heureusement secouru par une âme charitable ! Les nuages s’éclaircissent du côté de la  France. Barthélémy adresse même une « Pétition » à la Chambre des Députés. Il peut espérer rentrer en France très bientôt.

Le voici dans la principauté de Lucques, puis de passage à Gênes, et enfin à Turin. Ayant obtenu un sauf-conduit pour rentrer en France, Barthélémy Bacheville arrive à Chambéry le 28 août 1819 « un peu fatigué mais plein d’espérance ».

Il n’était pas tout à fait au bout de ses peines. Le 16 décembre 1820, après avoir lancé des recherches auprès de tous les consulats français dans le Levant afin de retrouver la trace de son frère Antoine, sans résultat pendant des mois durant, la nouvelle tombe : Antoine Bacheville a succombé « aux fatigues du désert » à Mascate (actuellement Muscat, dans le Sultanat d’Oman) près du détroit d’Ormuz. Il était parti se mettre au service du fils du Shah de Perse.

C’est par cette disparition que s’achève le témoignage du capitaine Barthélémy Bacheville.

Il fut sans doute rédigé d’après le  récit verbal de Barthélémy Bacheville (étayé par un itinéraire succinct des pais qu’il avait traversés) par deux anciens capitaines de la Grande Armée : Hippolyte Dumas de Lamarche et Jean-Baptiste Thiriet (qui fera paraître en 1822 (chez Delaunay), sous forme de vers, « Mes Souvenirs ou les prisonniers français en Pologne… ».

Paru la première fois en 1822 (Paris, Béchet aîné), cet ouvrage connut un certain succès sous la Restauration.

Les frères Bacheville, anciens officiers de la Grande Armée, personnages attachants, victimes de l’arbitraire des Bourbons, comme tant d’autres, ont laissé à la postérité ce récit passionnant qui entraîne le lecteur jusqu’aux confins de l’Europe, où commence l’Asie. Le dépaysement est assuré. N’est-ce pas l’un des objectifs d’un bon livre ?

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Capitaine Barthélémy Bacheville, « Itinéraires d’un officier de la Garde. Une chasse à l’homme à travers l’Europe : les « Voyages » du capitaine Bacheville, de l’île d’Elbe à Waterloo, Munich, Varsovie, Constantinople, Athènes (1814-1820) » Cahors, La Louve Editions, 2013, 300 pages.(Paru en septembre 2013).

 

 

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( 18 octobre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(1)


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Itinéraire d’un officier de la Grande-Armée…

Il y a près de vingt-cinq ans, fut publiée une biographie du général Pierre Decouz (1775-1814). Elle a été réalisée à partir d’extraits de sa correspondance familiale et militaire; cette dernière étant minoritaire. L’ouvrage fait revivre cette figure militaire de la Révolution et de l’Empire. Ce Savoyard, né à Annecy, servi au siège de Toulon, fut lieutenant dans les rangs de l’armée d’Italie. Plus tard, Decouz, devenu sous-chef d’état-major au 5ème corps de la Grande Armée, est présent à la bataille d’Austerlitz. Il se fera remarquer à Wagram. En 1813, il est nommé commandant du 1er régiment de chasseurs à pied de la Vieille Garde, puis général de division, avant de prendre la tête de la 51ème division d’infanterie. Il se bat encore à Dresde. Le 29 janvier 1814, le général Decouz, commandant la 2ème division de la Jeune Garde, est blessé par deux fois. Il mourra à Paris, le 18 février suivant. Possédant une forte personnalité, cet officier est attachant par cette correspondance dans laquelle il fait preuve d’une extrême tendresse à l’endroit de sa famille. Son nom méritait bien de figurer en bonne place sur l’un des côtés de l’arc-de-Triomphe, à Paris.

« Pierre Decouz par lui-même. Soldat de la Révolution et général d’Empire. Lettres inédites présentées et annotées par Maurice Messiez. Préface de Jean Tulard. Avant-propos d’André Palluel-Guillard », Curandéra, 1989, 205 pages.

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Sur ce personnage, qui repose au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, lire cette page : http://napoleon-monuments.eu/ACMN/Decouz.htm

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Un témoignage inédit sur l’île d’Elbe.

Je viens d’achever la lecture des Souvenirs du capitaine Raoul (1788-1850) sur le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe. Cet officier, à son arrivée sur l’île fut nommé directeur du génie militaire par Napoléon. L’Empereur n’eut pas à s’en plaindre. Pons de l’Hérault, dans ses « Souvenirs » dresse un portrait plutôt positif de Raoul. En revanche, le témoignage du capitaine, resté inédit, est d’un intérêt limité. Les encadrés et notes élaborés pour cette édition comportent des erreurs : Napoléon s’embarquant à Fréjus pour l’île d’Elbe alors que c’est depuis Saint-Raphaël; les adieux de Fontainebleau ont lieu le 21 avril 1814… Celles concernant les noms cités et commises par Raoul ne sont pas rectifiées… Autre chose curieuse, pourquoi dans sa préface, la publicatrice, accable Napoléon par les termes d’égoïste, d’autoritaire, de mégalomane et… d’inhumain ? Autant de qualificatifs que montrerait, à l’en croire, ce récit. Ce qui n’est pas le cas.

Ni dans les témoignages Pons, ou dans celui de Peyrusse, pour ne citer que les plus connus; ni dans ceux du sellier Vincent, de l’adjudant Pierre Labadie, ou bien encore du lieutenant du génie Larabit, il ne ressort une quelconque impression de ce type.

« Souvenirs d’un officier de Napoléon à l’île d’Elbe. Le capitaine Raoul », Editions Soteca, [septembre] 2013, 76 pages.

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