( 31 janvier, 2018 )

Une lettre de Maret, duc de Bassano, écrite de la ferme du Caillou, le 18 juin 1815…

maret.jpg

Elle est adressée au général de Caulaincourt, duc de Vicence, Ministre des Affaires étrangères. Notons que Maret, duc de Bassano, occupait alors les fonctions de Ministre Secrétaire d’Etat de l’Empereur.

Monsieur le Duc,

J’ai reçu les deux tables du chiffre d’après la méthode de M. Henrichs que Votre Excellence a bien voulu me faire connaître si elle a eu la complaisance d’envoyer une table pareille à M. le comte de Berlier pour ma correspondance avec lui.Cette correspondance sera très suivie et ce serait un avantage que de pouvoir se servir alternativement du chiffre ordinaire et du chiffre nouveau. Dans la situation actuelle de l’armée, les communications sont faciles d’un corps à l’autre, mais cet état de choses changera vraisemblablement bientôt. Sa Majesté m’ordonne de me pourvoir d’un certain nombre de tables que je puisse donner au Major Général [le Maréchal Soult] pour cette correspondance.  J’ai l’honneur de vous prier de m’envoyer d’abord six, puis six autres et d’ordonner qu’elles soient différentes de celle que je viens de recevoir. Peut-être même conviendrait-il qu’il n’y eut pas plus de trois tables semblables. Le chiffre d’un des corps d’armée peut tomber entre les mains de l’ennemi et trahirait tous les autres. La campagne a commencé par un très beau succès. La victoire de Ligny sous Fleurus est d’une très haute importance. La droite et le centre ont écrasé l’élite de l’armée prussienne. Le moral de cette armée s’en ressentira longtemps. La gauche n’a pas obtenu des résultats aussi décisifs, mais ils ont aussi leur importance. Lord Wellington commandait en personne au combat des 4 Chemins [Quatre-Bras], entre Sombref [Sombreffe] et Nivelle. Les anglais, surtout les écossais, ont été très maltraités. On évalue leurs tués et leurs blessés à 4 mille hommes. Notre armée est aussi bonne que dans nos temps les plus prospères.  Quoique le temps nous contrarie, nous aurons bientôt d’autres nouvelles à bous annoncer.

A l’exception du général Letort, qui a été grièvement blessé, dès le début et avant les affaires d’importance, toutes les personnes que Votre Excellence connaît à l’armée, se portent bien. Veuillez agréer, Monsieur le Duc, les nouvelles assurances de ma haute considération.

Le Duc de BASSANO

De la Ferme de [sic] Caillou, près Planchenoi [sic], le 18 juin 1815.

 

Document publié dans le Bulletin de la Société Belge Etudes Napoléoniennes (n°75) de juin 1971.

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
|