( 16 novembre, 2014 )

Napoléon au duc de Feltre.

Clarke

Rappelons au passage, que le général Clarke(1765-1818) duc de Feltre, ministre de la guerre (de 1807 à 1814) s’empressera de servir avec zèle les Bourbons. Sous la première Restauration, il est membre de la chambre des Pairs, puis pendant neuf jours (du 11 mars au 20 mars) il est de nouveau ministre de la Guerre. Lors de la seconde Restauration, au retour de Louis XVIII, il occupe ce même poste ( à partir du 26 septembre 1815) et s’applique à licencier l’armée et  à faire poursuivre arbitrairement tous les militaires qui ont servi l’Empereur avec dévouement. Il rétablit les Cours Prévôtales, véritables tribunaux d’inquisitions, chargées de poursuivre  les intéressés…

Clarke est nommé maréchal de France par Louis XVIII en juillet 1816. Connaissant des problèmes de santé, il quitte le Ministère de la Guerre en septembre 1817.

Je conseille à chacun de lire un jour les deux volumes d’Edouard BONNAL, « Les Royalistes contre l’Armée (1815-1820) », Librairie Militaire R. Chapelot et Cie, 1906, 2 volumes. On comprendra mieux le « saccage » de l’armée, son épuration, les jugements arbitraires, emprisonnements et autres exécutions sommaires, de tous ceux soupçonnés d’être ou d’avoir été favorable à Napoléon. Le règne absolu de l’arbitraire comme jamais il n’avait été en France, y compris sous l’Empire !

Louis XVIII n’a pas été le fédérateur de tous les Français. Bien au contraire !

C.B.

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[Pièce n°6225].Paris, 22 novembre 1813.

Je désire que vous ne donniez pas d’ordres de mouvements sans me les avoir soumis. A quoi about-il d’envoyer des vétérans espagnols de Namur à Milan ? Donnez ordre qu’on désarme cette compagnie et qu’on la laisse dans la première petite place où on pourra l’arrêter. Elle y fera le service de police. Si Auxonne est sur sa route, vous pourriez la placer dans cette ville. Les fusils de cette compagnie nous seront utiles ;

Vous ordonnez de faire diriger 500 conscrits de Toulon sur Mayence. Il y a bien loin. Si ces conscrits sont italiens, envoyez-les à Lyon où ils seront incorporés dans le 24ème  de ligne ; ils y seront habillés et de là, ils auront une destination. S’ils sont Français, envoyez-les sur Gênes où ils seront incorporés et habillés dans les régiments qui sont dans cette ville.

Est-ce qu’il y a à Montmédy un régiment d’infanterie de Berg ? Faites-moi un rapport à ce sujet. Ne pouvant pas me fier à ces troupes mon intention n’est pas de leur donner des armées ; je leur donnerais des pioches ou des piques ou mêmes de très mauvais fusils avec lesquels ils feront un service dans l’intérieur.

 

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815. Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Éditeur, 1912 pp.351-352).

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( 1 juillet, 2014 )

Une LETTRE de NAPOLÉON au GÉNÉRAL CLARKE, DUC de FELTRE (Ministre de la Guerre)…

Une LETTRE de NAPOLÉON au GÉNÉRAL CLARKE, DUC de FELTRE (Ministre de la Guerre)… dans TEMOIGNAGES napoleonlegrand

Mayence, 31 juillet 1813.

Donnez ordre que toutes les femmes de généraux, d’officiers d’employés d’administration, toutes les filles, y compris celles travesties en hommes, qui se trouvent à Bayonne ou dans les départements des Landes et des Basses-Pyrénées, venant d’Espagne, soient sur-le-champ renvoyées au-delà de la Garonne, et que, quarante-huit heures après l’ordre que vous ferez donner à ce sujet par le commandant de la division, toutes celles qui n’y auraient pas obéi soient arrêtées par autorité militaire et civile, et conduites chez elles ; les filles seront renfermées à la Salpêtrière. Vous aurez soin que nominativement les femmes des généraux G…, F… et V… soient non seulement renvoyées au-delà de la Garonne, mais renvoyées chez elles.

(« Lettres inédites de Napoléon 1er (An VIII-1815). Publiés par Léon Lecestre » Plon, 1897, Tome II, pp.274-275).

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( 14 février, 2014 )

Le duc de Feltre à Napoléon…

Clarke 2

Clarke fut nommé maréchal de France en 1816, par Louis LXVIII, oubliant tout ce qu’il devait au grand Napoléon !

L’alarme a été un instant dans Paris. Les Alliés marchaient vers Montereau et leurs avant-garde poussaient jusqu’à Fontainebleau et Nemours. Le duc de Feltre, très inquiet, appelle Napoléon  et il prononce à ce propos, un mot mémorable : l’Empereur est le seul qui puisse rétablir les choses ; les maréchaux croient tout savoir mieux que personne ; il faut celui auquel ils sont habitués à obéir.

Paris, 14 février 1814, 5 heures du soir.

Sire, le général Pajol, après avoir fait sauter le pont de Montereau, s’est retiré sur le Châtelet, où il était ce matin à 6 heures. L’artillerie que nous avions à Montereau, n’a pu être emmenée. Le bateau a accroché, il a coulé, c’est la faute des bateliers dont une partie avait fui. Le Roi, votre frère, voulait aller se mettre à la tête de l’armée. J’ai pensé que cela avait beaucoup d’inconvénient : on aurait dit qu’il avait fui Paris et l’Impératrice eût été alarmée, ainsi que votre capitale.

Le duc de Bellune [Maréchal Victor] ne donne pas signe de vie.

J’attends M. Eugène d’Astorg que j’ai envoyé à Nangis.

M. Gourgaud est arrivé ici.

Il me semble qu’il y a pas un instant à perdre pour que Votre Majesté vienne à sa droite, avec la division Leval, avec la Vieille Garde surtout. Voilà des choses poussées à l’extrême. Le Roi [Joseph] fait ce qu’il peur ; mais il faut celui auquel vos maréchaux sont habitués d’obéir ; sans cela, ils croient savoir tout mieux que personne.

(Arthur CHUQUET, « L’Année 1814. Lettres et Mémoires », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914, p.46).

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