( 7 août, 2017 )

Une LETTRE du GÉNÉRAL LEDRU DES ESSARTS…

Elle est adressée à son frère.

Friedeberg, Silésie, 4 août 1813.

… Ma division est campée depuis six semaines ; adossé à une forêt, appuyée à la Quiess, mon camp dans une position charmante, ayant en face les hautes montagnes de la Bohême ; il est bâti en planches avec beaucoup d’élégance et de régularité. J’ai 15 bataillons, savoir : 6 français, 4 de grenadiers et voltigeurs napolitains, et 5 Westphaliens, dont la garde royale qui est admirable par la beauté et la tenue des hommes, en outre 3 compagnies d’artillerie française, en tout 6900 baïonnettes, et 28 bouches à feu. J’ai l’avantage d’avoir de vieilles troupes.

Les bruits de guerre et de paix se succèdent ici journellement. Nous avons cependant l’espoir de la paix. Friedeberg est à l’extrémité méridionale de la Silésie, à demi-quart de lieue de la Saxe, et une lieue et demie de la Bohême, de manière qu’il m’arrive souvent de me promener à cheval sur le territoire de trois royaumes avant  mon dîner.

Les eaux minérales de Flinsberg, à une lieue, me procurent l’agrément d’une promenade utile à ma santé…

Baron LEDRU DES ESSARTS.

(Source : « Un grand patriote sarthois méconnu. Ledru des Essarts », Le Mans, Jean-Louis Bonnéry, 1988).

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( 3 août, 2013 )

« J’ai PERDU NOMBRE de BRAVES… »

Le général Ledru des Essarts (1765 -1844) a participé aux principales campagnes de l’Épopée. Durant celle d’Allemagne, en 1813, il commande  à la place du général Gérard la 31ème division d’infanterie du 11ème corps de la Grande Armée sous le maréchal Macdonald. Il sert à Bautzen, à Lützen et à La Katzbach. Ledru des Essarts est blessé lors de la bataille de Leipzig. (Renseignements extraits du Dictionnaire de Georges Six).  Cette lettre est adressée à sa cousine, Mlle Lenoir, demeurant à Parigné [Parigné-l’Evêque, département de la Sarthe].

Au camp de Liegnitz, en Silésie, 28 mai 1813.

… Je n’ai rejoint l’armée qu’après la bataille de Lützen, mais j’étais les 20 et 21 à celle de Bautzen. Ma division s’y est distinguée en attaquant et chassant l’aile gauche de l’armée russe, qui était retranchée sur des hauteurs couvertes de bois. J’ai perdu nombre de braves, mais j’ai eu le bonheur de n’être point touché. L’ennemi est en retraite et tous les jours nous combattons et repoussons son arrière-garde. Un malentendu dans l’expédition des ordres du ministère m’a fait voyager de la Bavière en Hollande, et de là sur l’Elbe. Ces courses faites en poste m’ont échauffé et m’ont empêché de recevoir vos lettres et de correspondre avec ma famille. Je suis bien fatigué et j’ai besoin de repos. Si, à la fin de cette campagne, nous avons la paix, comme je l’espère, et si je ne me porte pas mieux, je ferai des démarches pour aller passer quelques mois dans le Maine, au commencement de 1814… Mais il ne faudrait pas se moquer  de ma figure, car je suis changé à faire rire. Au reste, je serai le premier à en plaisanter, pour vous mettre à votre aise …

Baron LEDRU DES ESSARTS,

au 11ème corps de la Grande Armée,

en Allemagne.

(Lettre extraite de l’ouvrage : « Un grand patriote sarthois méconnu. Ledru des Essarts », Le Mans, Jean-Louis Bonnéry, 1988).

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