( 1 novembre, 2017 )

Une conversation de lord Ebrington avec Napoléon pendant son séjour à l’île d’Elbe.

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On sait, notamment par Pons, que l’Empereur reçut la visite de plusieurs sujets britanniques à l’île d’Elbe. Lord Ebrington eut l’honneur de rencontrer Napoléon par deux fois ; la première de ces entrevues eut lieu le 6 décembre 1814 ; une autre suivra quelques jours plus tard, le 8 décembre. Lord Ebrington sera alors  invité par l’Empereur à partager son dîner. Son récit de cette première entrevue fut reproduit dans l’ouvrage qu’Amédée Pichot a consacré à la période des Cent-Jours (publié en 1873 ).

C.B. 

« Je voyageais en Italie ; je ne voulais pas retourner en Angleterre sans être à l’île d’Elbe, pour tâcher d’y voir l’homme le plus extraordinaire de tous les temps », écrit au début de son texte Lord Ebrington, avant de poursuivre : « Je  fus bien accueilli par Napoléon, et j’ai eu avec lui deux conversations de plusieurs heures. A l’issue de ces entretiens, je ne suis hâté de prendre note de ce qu’il m’avait dit de plus remarquable. Ce fut le 6 décembre 1814 à huit heures du soir, heure indiquée par la lettre de rendez-vous que le grand-maréchal [le général Bertrand] m’avait adressée, que je me présentai au palais de Porto-Ferrajo [Portoferraio]. Après avoir attendu quelques instants dans le salon de service, je fus introduit dans la pièce où se trouvait l’Empereur.  Il me fit d‘abord quelques questions sur moi, sur ma famille, etc. ; puis, s’interrompant vivement, il me dit : « Vous venez de la France ; dites-moi franchement, sont-ilscontents ?- Comme cela, répondis-je.- Cela ne peut-être autrement, reprit-il. Ils ont été trop humiliés par la paix. La nomination du duc de Wellington au poste d’ambassadeur a dû paraître injurieuse à l’armée, ainsi que les attentions particulières que le roi lui témoigne. Si lord Wellington fût  venu à Paris comme voyageur, je me serais fait un plaisir d’avoir pour lui les égards dus à son grand mérite, mais je n’aurais pas été content que vous me l’envoyassiez comme ambassadeur. Il aurait fallu aux Bourbons une femme jeune, jolie et spirituelle pour captiver les français ; c’eut été l’ange de la paix. Ils ont laissé trop prendre d’influence aux prêtres ; et l’on m’a dit que le duc de Berri avait dernièrement, fait bien des fautes. Ils ont eu le malheur de signer la paix à des conditions que je n’aurais jamais consenties. Ils ont abandonné  la Belgique, que la nation s’était habituée à considérer comme faisant partie intégrale de la France. Vous aviez assez gagné à la paix, en assurant votre repos intérieur, en faisant reconnaître votre souveraineté dans l’Inde et en mettant les Bourbons à ma place. La meilleure chose pour l’Angleterre eût été sans doute la partage de la France ; mais, tandis que vous lui avez laissé tous les moyens de redevenir formidable, vous avez en même temps humilié la vanité de tous les français, et fait naître des sentiments d’irritation qui, s’ils ne peuvent pas s’exercer dans quelque contestation extérieure, produiront tout au tard une évolution et la guerre civile. Au reste, ajouta-t-il, ce n’est point de la France que l’on me mande tout cela, car je n’ai de nouvelles que par les gazettes ou les voyageurs. Mais je connais bien le caractère du français ; il n’est pas orgueilleux comme l’Anglais, mais il est beaucoup plus glorieux.  La vanité est, pour lui, le principe de tout, et  sa vanité le rend capable de tout entreprendre.  Les soldats m’étaient naturellement attachés ; j’étais leur camarade. J’avais remporté des succès avec eux, et ils savaient que je les récompensais bien ; ils sentent aujourd’hui qu’ils ne sont plus rien. Ii y a en France à présent 700 000 hommes qui ont porté les armes ; et les dernières campagnes n’ont servi qu’à leur montrer combien ils sont supérieurs à leurs ennemis. Ils rendent justice à la valeur de vos troupes, mais ils méprisent tout cela. ». 

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( 15 mai, 2017 )

Un PERSONNAGE MECONNU : François GATTE, PHARMACIEN en CHEF de l’EMPEREUR à l’ILE d’ELBE…

Un PERSONNAGE MECONNU : François GATTE, PHARMACIEN en CHEF de l’EMPEREUR à l'ILE d'ELBE… dans FIGURES D'EMPIRE elba

François-Charles-Gabriel Gatte, né à Abbeville le 25 février 1789, mort à Lyon le 17 juin 1832, pharmacien de l’École de Paris, prit part aux campagnes de l’Empire dès 1808 comme officier de santé et chirurgien-major. Nommé pharmacien de l’Empereur par Corvisart, il se trouvait à Fontainebleau au moment où Napoléon s’apprêtait à partir pour l’île d’Elbe ; il l’y accompagna et y exerça aussi la fonction de pharmacien de l’hôpital militaire de Portoferraio. De retour en France avec l’Empereur, il fut nommé, le 15 avril 1815, pharmacien de 2ème classe dans la Garde Impériale et, le 30 avril, pharmacien en chef adjoint aux Invalides. La chute de l’Empire entraîna sa destitution le 27 juillet 1815 et le conduisit à exercer la pharmacie à Rouen.  On le retrouve ensuite à Paris, où il obtient d’être nommé pharmacien aide-major à l’hôpital militaire de Lyon ; le 15 février 1832. Il ne s’y rend que pour mourir de phtisie pulmonaire. Ce sont ses enfants qui bénéficièrent de la disposition du testament de l’Empereur en sa faveur.

Pierre JULIEN.

André Pons de l’Hérault, directeur des mines de l’île d’Elbe, évoque Gatte dans ses « Souvenirs et Anecdotes ».

Au moment du départ de Napoléon vers son exil elbois : « L’Empereur allait partir de Fontainebleau, que l’on n’avait pas encore trouvé un pharmacien. M. Gatti [Gatte] tomba sous la main de M. Foureau de Beauregard ; on le prit.  Il n’était pas instruit, il ne chercha pas à apprendre, et il fut moins de briller dans son emploi. Cependant on le critiquait beaucoup moins que le médecin en chef [Foureau de Beauregard] : c’est qu’il ne faisait pas flamboyer sa broderie, c’est que dans l’exercice de ses fonctions, sa parole n’était pas insultante et qu’on le considérait comme un bon camarade. »   (« Napoléon, empereur de l’île d’Elbe. Souvenirs et Anecdotes. Présentés et annotés par Christophe Bourachot », Les Editeurs Libres, 2005, p.94).

A propos de son mariage avec Bianchina Ninci, fille d’un commerçant de l’île, Pons de l’Hérault, toujours aussi sévère à son encontre, note : « M. Gatti [Gatte] avait un bon emploi ; il portait un habit brodé ; il avait l’honneur insigne d’être un des compagnons du grand homme, et il était bon enfant. Tout cela réuni n’en faisait pas pourtant un homme distingué, mais tout cela réuni en faisait un bon parti, surtout dans un pays où les fortunes étaient généralement médiocres. M Gatti [Gatte] comprit sa position ; il chercha à en profiter. Parmi les demoiselles que l’on considérait comme les perles de la cité, Mlle Bianchina tenait un rang distingué, et elle devint l’objet des hommages de M. Gatti [Gatte]. Mlle  Bianchina était trop jeune pour pouvoir réfléchir, elle ne voyait dans le mariage qu’un jour de fête et parure. Elle laissa faire ses parents. M. Gatti [Gatte] fut heureux : l’Empereur signa le contrat de mariage ! «  (Pons, op.cit., p.185).

C.B.

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( 22 février, 2016 )

Un méconnu. Nicolas Raoul…

Un méconnu. Nicolas Raoul… dans FIGURES D'EMPIRE grenadier-ile-delbe

Nicolas Raoul (1788-1850) à ne pas confondre avec un autre officier, Jacques Roul (1775-1840). Raoul, enfant de troupe au 5ème régiment d’artillerie à pied le 21 mai 1802, entre le 1er octobre 1806 à l’École polytechnique et passe comme élève sous-lieutenant au 5ème régiment d’artillerie à pied le 27 juin 1809 pour prendre part aux campagnes d’Allemagne de 1809 à 1811. Il sert au siège de Riga pour être promu capitaine le 22 juillet 1812. Nicolas Raoul participe à la campagne de Russie et entre dans l’artillerie de la Garde Impériale, comme lieutenant le 1er octobre 1812. Il est à Bautzen, Dresde et à Leipzig, en 1813. Il a un cheval tué sous lui à Hanau. En 1814, Raoul se bat à Brienne, Montereau, et à Arcis-sur-Aube. Lors de la première abdication de l’Empereur, il suit le général Drouot, avec le grade de capitaine de la Vieille Garde, à l’île d’Elbe. Il sera notamment chargé de fortifier la petite île de la Pianosa et d’aménager la résidence impériale de San Martino. Au retour de Napoléon, qu’il a suivi jusqu’à Paris, Raoul est nommé chef de bataillon dans l’artillerie de la Garde, avec rang de major dans ligne. Il participe à la campagne de Belgique. Grièvement blessé à Waterloo, il reste sur le champ de bataille, la cuisse brisée. Il est fait prisonnier. Soigné probablement à Bruxelles, Raoul est libéré sur parole et rentre des foyers à Neufchâteau (Vosges) en septembre 1815. Plus tard, il devra fuir la France pour les États-Unis d’Amérique, puis le Guatemala ou il œuvra, afin que ce pays reste indépendant, tout en exploitant une importante propriété agricole. Début 1833, Nicolas Raoul rentre en France. Sur les recommandations des généraux Drouot et Bertrand, Raoul avait été nommé par Louis-Philippe lieutenant-colonel et réintégré sur les contrôles de l’artillerie française. Il occupe donc des postes à Douai, à Lyon, Perpignan et Besançon. Le 19 juillet 1845, il est nommé maréchal de camp, puis le 24 octobre 1848, commandeur de la Légion d’honneur. Enfin, le 7 janvier 1849, Raoul est nommé commandant de l’artillerie de la 1ère division militaire à Vincennes. Il s’éteint le 20 mars 1850, date-anniversaire du retour de Napoléon à Paris…

Concernant Jacques Roul, dont le nom est parfois orthographié Ruhl, cet « officier casseur d’assiettes et tapageur » Napoléon transmet une note à son sujet au grand maréchal Bertrand : « Longone, le 11 septembre 1814. Fonctions du chef d’escadron Roul. Le sieur Roul aura le commandement de toute ma cavalerie : en conséquence, les Polonais, chasseurs, Mamelucks, tant à pied qu’à cheval, seront sous ses ordres ; il m’accompagnera constamment à cheval, et il lui sera donné un cheval de mon écurie  avec deux pistolets ; il commandera mes escortes et prendra les mesures de sûreté convenables ; il se concertera avec le commandant de gendarmerie pour le placement des gendarmes dans les lieux de passage, mais jamais les gendarmes ne devront me suivre… » (Léon-G. Pélissier, « Le Registre de l’île d’Elbe… », pp.113-114). A noter que Roul était «  arrivé à l’île d’Elbe après le débarquement de Napoléon, il se disait chef d’escadron d’artillerie et manifestait une exaltation débordante pour l’Empereur à qui il avait offert ses services. Les soldats de la Garde l’accueillirent avec empressement et Napoléon le nomma premier officier d’ordonnance. On sut rapidement qu’il n’était que capitaine d’où des explications violentes avec des officiers de la Garde. Bien qu’aucun document officiel ne parle de ce premier officier d’ordonnance il est pourtant repris comme tel dans des lettres de l’Empereur ».

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( 26 septembre, 2014 )

« BONAPARTE » A ÉTÉ ENLEVÉ !

Incroyable est le genre de bruits qui circulent durant le séjour de l’Empereur à l’île d’Elbe ! En voici un exemple à travers ce rapport du consciencieux Beugnot.

Bulletin du 26 septembre 1814. Paris. On répétait aujourd’hui dans Paris que Bonaparte avait enlevé de l’île d’Elbe et conduit à Malte. Il en a été parlé à M. le Duc de Wellington qui a répondu n’avoir reçu aucune nouvelle de ce genre. Je n’y aurais pas moi-même donné plus d’attention qu’à cent autres bruits qui naissent le matin pour mourir le soir, si je ne trouvais la même assertion consignée dans la lettre qui contient ce bulletin de M. le comte de Bouthilliers, préfet du Var. Cependant si un fait de cette importance était exact, je ne puis croire que l’agent secret que j’ai à l’île d Elbe ne se fût pas empressé de m’en donner connaissance. Les bonapartistes se bercent d’une chimère toute contraire. Ils rêvent que les courtoisies que Bonaparte affecte de prodiguer aux Anglais, depuis qu’il n’ose et ne peut plus les accabler d’outrages et de calomnies, n’auraient pas été sans quelque assistance de la part des Anglais pour améliorer son sort et obtenir quelques indemnité territoriale en remplacement de la pension au paiement de laquelle il croit peu. [Le pouvoir royal ne tient pas ses engagements. En effet, l’article 3 du Traité de Fontainebleau prévoyait à Napoléon le versement « d’un revenu annuel de 2 millions de francs en rente sur le Grand Livre de France, dont 1 million réversible à l’Impératrice ». Ni l’Empereur ni aucun membre de sa famille (car une disposition complémentaire prévoyait que ces derniers reçoivent également une compensation financière), ne perçoivent un centime. Louis XVIII ira même plus loin dans la médiocrité de son geste, en décrétant le 18 décembre 1814, sur proposition de ses ministres, la mise sous séquestre de tous les biens de la Famille Impériale].

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date, pp.215-216).

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( 10 septembre, 2014 )

Marie Walewska à l’île d’Elbe (1er-3 septembre 1814)…

MW

C’est le 1er septembre 1814, la comtesse débarqua à l’île d’Elbe. La communauté française et les Elbois crurent que c’étaient l’Impératrice et le Roi de Rome, comme le mentionne dans son témoignage André Pons de l’Hérault (Les Éditeurs Libres, 2005).  Marchand, dans ses « Mémoires » (Tallandier, 1985, 2 volumes) indique que Marie Walewska était accompagnée par sa sœur, Emilie Laczinska et par son frère, le colonel Téodor Laczinski.

Frédéric Masson dans son « Napoléon et les femmes. L’Amour », (Paul Ollendorff, 1894), écrit: « C’est à la nuit close qu’elle [Marie Walewska] débarque le 1er septembre ; elle trouve au port une voiture à quatre chevaux et trois chevaux de selle. Elle monte dans la voiture avec son fils ; sa sœur, qui l’accompagne, son frère le colonel Laczinski, en uniforme polonais, se mettent à cheval et l’on part sous un merveilleux clair de lune. ». Mais quel fut l’objectif de sa venue ? Selon G. Godlewski (« Trois cents jour d’exil. Napoléon à l’île d’Elbe », Hachette, 1961), « En fait l’unique but de ce voyage était la restitution du majorat de son fils, d’un revenu de cent-soixante-dix mille francs, accordé par l’Empereur en 1812. Elle dut se montrer persuasive : un décret de Murat signé le 30 novembre, en faveur du petit Alexandre, annula le précédent. » Le colonel Laczynski avait préparé le terrain en rencontrant l’Empereur durant la première semaine d’août 1814, comme en témoigne cette lettre écrite par lui et reproduite dans l’ouvrage de Louise Laflandre-Linden, « Napoléon et l’île d’Elbe » (La Cadière d’Azur, Editions Castel, 1989). Elle est daté du 9 août 1814 :

« Marie,

J’ai reçu votre lettre, j’ai parlé à votre frère. Allez à Naples arranger vos affaires ; en allant ou en revenant, je vous verrai avec l’intérêt que vous m’avez toujours inspiré, et le petit  dont on me dit tant de bien que j’en ai une véritable joie et me fais fort de l’embrasser.

Adieu, Marie, cent tendres choses.

Napoléon. »

Le mameluck Ali, écrit dans ses « Souvenirs  (Arléa, 2000) : « L’Empereur avait connu Mme Walewska à Varsovie, lors de la campagne de Pologne. Le jeune garçon était fils de cette dame et de l’Empereur. C’est celui qui est connu à Paris sous le nom de comte Walewski [Alexandre Walewski, 1810-1868]. Mme Walewska avait dû être, dans son jeune âge, une fort belle personne. Bien qu’ayant, lors de son voyage à l’île d’Elbe, la trentaine et peut-être quelque chose de plus [née en 1786, elle avait vingt-huit ans], elle était fort bien. Ce qui la déparait un peu, c’était quelques petites places sanguines, ou rougeurs, qu’elle avait dans la figure. Du reste, elle était très blanche et d’un coloris qui annonçait une belle santé. Elle était de belle taille, avait un embonpoint raisonnable. Elle avait une fort belle bouche, de beaux yeux, les cheveux châtain claire; elle avait l’air fort doux et paraissait être une excellente personne. » 

A propos de son fils, Ali précise encore que « le jeune Walewski était un gentil garçon, déjà grandelet [il avait quatre ans], la figure un peu pâle ; il avait quelque chose des traits de l’Empereur. Il en avait le sérieux ».

Les 2 et 3 septembre 1814, l’Empereur est avec elle à la Madonna (selon l’Itinéraire donné par MM. Garros et Tulard, Tallandier, 1992). Peyrusse, pourtant fidèle témoin, se trompe dans son récit (nouvelle édition : Dijon, Cléa, 2009) en indiquant la date du 22 septembre 1814, comme celle étant de l’arrivée de Marie Walewska.

Pons de l’Hérault nous apprend que « Mme la comtesse Walewska et son fils restèrent environ cinquante heures auprès de l’Empereur ». Il indique également qu’ « une espèce d’ouragan » vint perturber les conditions météorologiques lors de son départ. L’Empereur voulut la rattraper afin de différer son embarquement, mais en vain. Il envoya un certain Perez, officier d’ordonnance,  « le sot des sots », selon Pons, qui ne s’acquitta pas de sa mission, préférant s’abriter des fureurs de la nuée menaçante.

La comtesse, née en 1786, s’éteignit en 1817, après s’être remariée avec le général d’Ornano.

C.B.

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( 20 juillet, 2014 )

Où l’on PARLE de CAMBRONNE à l’île d’ELBE…

Où l’on PARLE de CAMBRONNE à l’île d’ELBE… dans TEMOIGNAGES cambronne

Général de brigade depuis novembre 1813, Pierre Cambronne avait suivit Napoléon dans son exil elbois et avait été nommé commandant de Portoferraio. La police de Louis XVIII, si irritable à tout ce qui avait un rapport avec l’île d’Elbe, informait le comte Beugnot, nommé lors de la Première Restauration, directeur de la Police. Rappelons au passage qu’il avait  servi Napoléon… Vous découvrirez plus bas, une notice complète sur ce personnage.

Plus tard, lors du retour de l’île d’Elbe, Cambronne commande l’avant-garde la petite armée de l’Empereur en route vers Paris et s’empara le 5 mars 1815 de la citadelle de Sisteron.

Mais revenons à ce « Bulletin » de police en date du 29 juillet 1814, tel que Beugnot le transmet au Roi.

C.B.

« Extrait d’une lettre d’un des délégués de la Direction générale : « Nantes, le 23 juillet 1814. On cite à Nantes [Cambronne était né dans cette ville en 1770] une femme dont le fils, M. Cambronne, a servi dans la Garde Impériale et est allé à l’île d’Elbe auprès de Bonaparte ; on le croit général de brigade. Il écrit quelquefois à sa mère, en lui disant qu’il se trouve bien et qu’il a l’espérance de la revoir dans deux ans. Il lui recommande de ne jamais lui parler politique dans ses réponses ; ses lettres n’en parlent pas non plus. »

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date).

——————

Quelques mots à propos de l’auteur de ce bulletin. Comte Jean-Claude BEUGNOT (1761-1835). Député à la Législative, puis emprisonné sous la Terreur, Beugnot entre au Ministère de l’Intérieur au lendemain du 18 Brumaire. Préfet de la Seine-Maritime, il devient conseiller d’État en 1806, chargé de l’organisation du Royaume de Westphalie (gouverné par Jérôme Bonaparte). En 1807, il y devient ministre des Finances, puis administrateur du Grand-duché de Berg et chevalier de l’Empire en 1808. En 1809, ce haut fonctionnaire est nommé officier de la Légion d’honneur et comte de l’Empire. Préfet du Nord en 1813, Louis XVIII le nomme en 1814, Directeur général de la Police, puis ministre de la Marine en décembre de la même année (c’est le comte Anglès qui le remplacera dans cette première fonction). Beugnot suit le Roi à Gand (Belgique) durant les Cent-Jours.

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( 11 juillet, 2014 )

FAUSSE JOIE !

FAUSSE JOIE ! dans TEMOIGNAGES soldats

Durant le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe, la police royaliste reste aux aguets. Voici ce que transmettait à Louis XVIII, son responsable, le comte Beugnot, le 11 juillet 1814.

« Loire. Inspecteur de la gendarmerie. Le 29 juin, il se passa à Saint-Etienne un événement. Les habitants manifestèrent des sentiments antifrançais. Le buste du Roi avait été un instant déplacé de l’hôtel de ville pour l’entourer des armes de France. Des malintentionnés saisirent cette occasion pour répandre que Bonaparte était de retour à Paris à la tête de 300.000 Turcs. Les ouvriers s’assemblèrent aussitôt tumultueusement. Des feux d’artifices furent tirés en signe de réjouissance. Un ancien militaire fut arrêté au moment où il tirait des coups de fusils pour manifester sa joie. Des patrouilles de gendarmerie dissipèrent ces attroupements et firent rentrer les ouvriers dans les ateliers. La nuit précédente, on avait affiché à la porte de l’église : Maison à vendre. Prêtre à pendre. Louis XVIII pour trois jours. Napoléon pour toujours. Une deuxième affiche portait : Vive l’Empereur et ses fidèles soldats ! Je charge M. le préfet de la Loire de rechercher avec le plus grand soin les auteurs présumés de pareils scandales et de ne rien négliger pour leur faire subir une punition exemplaire. »

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date).

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( 9 juillet, 2014 )

A propos de Jean SARI…

A propos de Jean SARI... dans FIGURES D'EMPIRE ombre1

Jean Sari (1792-1863). Aspirant de marine en 1814, Sari refuse de se rallier à la Première Restauration et gagne l’île d’Elbe. Napoléon le reçoit avec empressement. Il est nommé enseigne en second de l’Inconstant le 9 juillet 1814. Ayant fait preuve d’audace au cours du premier voyage que fit l’Empereur à l’île de la Pianosa, c’est lui qui tient la barre de l’Inconstant dans la nuit 26 février 1815. Sari devient commandant de ce même navire le 27 mai 1815. Rayé des cadres de la marine en juillet 1815, il est obligé de quitterla France. En 1818, Sari est envoyé par Madame Mère au service de Joseph Bonaparte, au États-Unis. Il sera à son service durant quinze ans. Il devient son intendant et effectue pour son compte plusieurs missions en Europe. Sari sera en relation avec le prince Louis Napoléon, futur Napoléon III, dans ses menées bonapartistes.

C.B.

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( 5 juin, 2014 )

Enlever NAPOLEON à l’ILE d’ELBE…

J’ai déjà évoqué sur « L’Estafette » les menaces sur la personne de l’Empereur lors de son séjour à l’île d’Elbe, de mai 1814 à février 1815. Voici une notice rédigée par Arthur Chuquet sur le même sujet. Elle porte le titre de « L’enlèvement de Napoléon ». Dans la seconde lettre, c’est le général Dupont, le vaincu de Bailén, alors Ministre de la Guerre qui écrit à celui qui a trahi tout le monde, excepté lui-même : le perfide Talleyrand…

« Le consul de France à Livourne, Mariotti, nommé à ce poste par Talleyrand, avait mission de surveiller, et, au besoin d’enlever l’Empereur. Le 28 septembre [1814], dans une lettre que Frédéric Masson à donnée (« Napoléon et sa  famille, tome X, p.393) il propose de gagner le lieutenant de vaisseau Taillade qui, moyennant une récompense, pourrit enlever Napoléon et le mener à l’Ile Sainte-Marguerite. Voici deux lettres de ce Mariotti relative à cette combinaison et publiées naguère par Auguste Fournier (Die Geheimplozei auf dem Wiener Kongress, p.219 et 226.) La première, écrite l’encre sympathique, fut adressée par Mariotti à Dalberg qui la déchira et la jeta au panier : mais les morceaux furent ramassés par un agent et recollés.

I. Mariotti à Dalberg. Livourne, 5 octobre 1814.

Monsieur le duc, j’ai adressé le 28 à Paris et le 30 à Vienne, un projet pour enlever le voisin. Ce projet est, à mon avis, le seul qui puisse réussir dans ce moment. Si le capitaine du brick [Taillade] entre dans nos intérêts, le coup est fait. J’ai proposé les moyens à prendre pour le sonder et le séduire. Quant à moi, je fais à présent partir quelqu’un de gênes avec des comestibles et de Florence par Piombino une femme avec des modes. Tout ce qui part d’ici est tellement suspect qu’on ne permet de rester que trois jours. Je fais tout pour réussir ; mais je suis écrasé de frais et je n’ai pas encore reçu une obole. Quand on veut attraper quelqu’un, il faut lui inspirer de la confiance, et nous avons fait le contraire, parce qu’il ne parait pas même encore que la France reconnaisse le prince de l’Elbe ; mais elle a redoublé les obstacles en rendant très difficiles nos relations avec l’île. J’ai des agents sur toutes les côtes, et de ce côté-là je suis tranquille. Le gouvernement toscan n’a pas de repos. Les prisons sont pleines d’individus suspects. Je désire savoir si cet essai réussit à votre gré, et si je dois continuer à m’en servir.

La seconde lettre est adressée par Dupont à Talleyrand interceptée par le cabinet secret de vienne qui n’a pas eu le temps de la copier dans le texte français ; on n’en a qu’un extrait en allemand, que nous traduisons ; mais Dupont n’a fait, il semble, que reproduire la lettre que l’on trouve dans Houssaye (1815, tome I, p. 170) et dans Masson, la lettre que Mariotti envoya le 28 septembre à Talleyrand et avait sans doute envoyée pareillement à Dupont.

 II. Dupont à Talleyrand. Paris, 15 octobre 1814.

Toutes les nouvelles qu’il reçoit de Porto-Ferrajo [Portoferraio] s’accordent sur ce point, qu’il est très difficile d’enlever Napoléon de son île ; surtout contre ceux qui viennent de France ou de Livourne. Il change toujours de logis et il compte sur son militaire et sur un revirement après le Congrès [de Vienne]. Mais Mariotti ne désespère pas de réussir à l’enlever. Napoléon va souvent sur son brick à l’île [de la] Pianosa. Il n’y a pas de maison et il dort à bord. Taillade commande le brick. Il est resté au service de Napoléon. Il est pauvre. Napoléon a, en outre, réduit encore son traitement ; par conséquent, mécontent. On pourrait facilement le gagner. Seulement il faut tâcher de trouver quelqu’un qui lui fasse cette proposition. »

(Arthur CHUQUET, « L’année 1814… », Fontemoing et Cie, Editeurs, 1914, pp.414-415).

Enlever NAPOLEON à l'ILE d'ELBE... dans TEMOIGNAGES grenadier-ile-delbe

Un « vieux de la Vieille » à l’île d’Elbe. En arrière plan, l’Empereur…

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( 9 mai, 2014 )

« Les plus belles femmes du monde ! »

Elba

Lorsque Napoléon arrive à l’île d’Elbe pour ses trois-cents jours d’exil, Jobit, capitaine le 18 thermidor an VI et chevalier de la Légion d’honneur le 5 septembre 1804, n’est toujours que capitaine. « Là, ce capitaine de 1ère classe au 3ème bataillon de vétérans de la Grande-Armée commande la petite garnison du fort saint-Hilaire, à Porto-Ferrajo [Portoferraio], où il a volontairement  suivi l’Empereur. ». Il va donc rencontrer Napoléon plusieurs fois. Une fois, vers mai 1814, alors qu’il a été invité par l’Empereur en son palais de Portoferraio pour un dîner en l’honneur de la princesse Pauline, il fait appeler Jobit afin de parler quelques instants avec lui :

« -Êtes-vous content ?

-Oui, Sire. 

…Et comme je voyais l’Empereur très gai, j’ajoutai dans un souffle, à son oreille :

-Comment, Sire, ne serions-nous pas contents, nous qui sommes mariés depuis notre débarquement dans l’île ?

-Comment mariés ! dit l’Empereur.

-Oui, Sire. Les insulaires elboises, comme Votre Majesté a dû le constater, sont admirables, en vérité les plus belles femmes du monde ! Chacun de nous les « loue » tant par mois à leurs parents. Les commandants paient 25 francs, les capitaines, comme moi, seulement 18, et les lieutenants-comme mon camarade ici présent-seulement 12 ; mais nous leur donnons campo [champ libre ?] les samedis et les dimanches qu’elles vont passer dans leurs familles.

 L’Empereur sourit, puis chuchota, car Son Altesse la princesse Pauline s’avançait vers nous :

-Mais vous sont-elles fidèles ?

-Oui, Sire, je puis assurer à Votre Majesté qu’il est bien rare de trouver un entreteneur [sic] trompé… »

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( 4 mai, 2014 )

NAPOLÉON DÉCOUVRE son NOUVEAU ROYAUME…

NAPOLÉON DÉCOUVRE son NOUVEAU ROYAUME… dans TEMOIGNAGES frontispice-laborde

Le 4 mai 1814, l’Empereur pose le pied sur l’île d’Elbe. Son navire, l’Undaunted, avait jeté l’ancre la veille. Il y restera  jusqu’à la fin de février 1815.

C’est de nouveau G. Peyrusse que nous écoutons.

« A deux heures, l’Empereur débarqua. Le général Drouot le salua d’une salve de cent coups de canon. La municipalité et les corps de l’État vinrent le recevoir et le haranguer. Sa Majesté était en culottes blanches, souliers à boucles d’or. Elle portait l’uniforme des chasseurs à cheval de sa Garde. L’Empereur, placé sous le dais, fut conduit à la cathédrale, où un Te Deum fut chanté. Les troupes formaient la haie. Après la cérémonie, le cortège se dirigea vers l’Hôtel de ville. Un Trône impérial avait été élevé à la hâte. Sa Majesté ne s’y plaça pas. Elle donna audience et reçut les hommages de toutes les autorités de l’île et leur adressa le discours suivant :

« La douceur de votre climat, le caractère et les mœurs de vos habitants, m’ont décidé à choisir votre île pour mon séjour ; j’espère que vous m’aimerez comme des enfants ; aussi me trouverez-vous toujours disposé à avoir pour vous la sollicitude d’un père. » La joie la plus vive régnait dans toute la ville. Toutes les fenêtres étaient pavoisées d’étoffes de soie. Les rues étaient jonchées de verdure. Aussitôt après l’audience, l’Empereur monta à cheval, visita les fortifications et promit, d’un air de contentement, beaucoup d’améliorations. Mon logement avait été marqué sur la place, maison Outre.La Garde nationale faisait le service. Une sentinelle fut placée à ma porte. J’examinai son costume ; il était bizarre. Pendant que mon domestique faisait transporter mes effets, je m’amusais à parler avec ce soldat ; mes caisses d’or furent placées dans l’allée de la maison, et, de là, portées dans un caveau. J’allais et je venais, pour m’assurer de leur arrangement ; mais je ne veux pas anticiper sur l’événement dont je fus la victime. Sa Majesté nous fit l’honneur de nous inviter à sa table ; elle ne fit les honneurs avec une liberté d’esprit et des manières si franches, qu’elle acheva de gagner tous les cœurs.

Le soir la ville et les forts furent illuminés. »

(Guillaume Peyrusse , « En suivant Napoléon. Mémoires, 1809-1815… » , Dijon, Éditions Cléa, 2009).

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( 2 mai, 2014 )

A PROPOS DE l’ILE d’ELBE : ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE…

Le séjour elbois de Napoléon, qui va du début de mai 1814 à la fin du mois de février 1815, a fait l’objet de nombreux ouvrages. Voici quelques titres sérieux  à consulter.

C.B.

Études.

BARTEL (Paul). « Napoléon à l’île d’Elbe », Perrin, 1947.

BRANDA (Pierre). « La guerre secrète de Napoléon. Ile d’Elbe, 1814-1815″, Perrin, 2014.

GODLEWSKI (Guy), « Trois cents jours d’exil. Napoléon à l’île d’Elbe. Préface de Marcel Dunan », Hachette, 1961. Réédité en 2003 aux Éditions Nouveau Monde.

GRUYER (Paul), « Napoléon roi de l’île d’Elbe », Hachette, 1906. (Une édition abrégée en a été donnée chez le même éditeur en 1936).

Témoignages.

LABORDE (Etienne), « Napoléon et sa Garde ou relation du voyage de Fontainebleau à l’île d’Elbe en 1814, du séjour de l’Empereur dans cette île et de son retour en France à la tête du petit nombre de troupes qui l’y avaient accompagné », Auguste Desrez, 1840.  (Réédité dans mon volume: « NAPOLÉON, LA DERNIÈRE BATAILLE. Témoignages, 1814-1815″, Omnibus, 2014.

LAFLANDRE-LINDEN (Louise), « Napoléon et l’île d’Elbe », Éditions Castel, 1989.

MARCHAND (Louis), « Mémoires. Publiés d’après le manuscrit original par Jean Bourguignon et le commandant Henry Lachouque », Tallandier, 1985, 2 volumes. (le 1er volume aborde la période de l’île d’Elbe). Témoignage réédité en 2003 chez le même éditeur, en un fort volume.

PELISSIER (Léon-G.),  « Le Registre de l’île d’Elbe. Lettres et ordres inédits de Napoléon 1er (28 mai 1814-22 Février 1815) », A. Fontemoing, Éditeur, 1897.

PEYRUSSE (Baron Guillaume), « En suivant Napoléon. Mémoires, 1809-1815. Edition présentée, complétée et annotée par Christophe Bourachot », Dijon, Éditions Cléa, 2003.

PONS DE L’HERAULT (André), « Napoléon, empereur de l’île d’Elbe. Souvenirs et Anecdotes. Présenté et annoté par Christophe Bourachot », Les Éditeurs Libres, 2005.

 Bientôt nous reverrons la France ! (Ile d'Elbe, février 1815)

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( 29 avril, 2014 )

Les EFFECTIFS de NAPOLEON à son DEPART pour l’ILE d’ELBE…

Les EFFECTIFS de NAPOLEON à son DEPART pour l'ILE d'ELBE... dans HORS-SERIE etendard-chevau-legers-polonais

« Les Alliés avaient d’abord fixé à 400 le nombre de soldats que Napoléon était autorisé à emmener à l’île d’Elbe. Dans la journée du 6 avril [1814], ils lui accordèrent un bataillon d’infanterie de 610 hommes, une compagnie d’artillerie de 120 hommes et 120 chevau-légers polonais, officiers non comptés. Le général Friant, colonel-général des grenadiers à pied, assisté des généraux Petit et Pelet, de la Garde, fut chargé par l’Empereur de l’organisation immédiate de ces divers détachements. Il y procéda aussitôt sans désemparer, Cambronne, souffrant d’une blessure grave, reçue à Craonne, eut le commandement des troupes. Le bataillon d’infanterie eut à sa tête le colonel Malet du 1er voltigeurs ; son adjudant-major fut le lieutenant-colonel Laborde du 2ème régiment de chasseurs à pied. Les six compagnies, formées de volontaires, furent recrutées [pour] moitié dans les grenadiers, [pour] moitié dans les chasseurs de la Vieille Garde. Mais dans la formation nouvelle, les uns et les autres ne furent plus dénommés que « grenadiers ». On s’était arrêté un moment à l’idée de former ce bataillon de 3 compagnies de chasseurs. Elle fut abandonnée. On ne retint pas davantage la formation de la compagnie d’artillerie que l’on remplaça sous le nom de Compagnie des marins. Enfin, l’escadron des chevau-légers ne réunit pas tout-à-fait 90 sabres. Dès sa constitution, cet escadron prit le nom d’Escadron Napoléon…Cette troupe d’élite ainsi formée, prit le nom de Bataillon de l’île d’Elbe.  Le 7 avril [1814], l’Empereur la passa en revue, dans la cour du palais de Fontainebleau, ainsi que tout le reste de la Garde… Dans la soirée du 6 avril [1814], l’Empereur avait reçu les officiers de la Garde qui allaient l’accompagner à l’île d’Elbe et s’était longuement entretenu avec chacun d’eux ». »

(Capitaine Jean Lasserre « Le Bataillon de l’île d’Elbe », in Bulletin de la Société Belge d’Études Napoléoniennes, 1994, n°22, p.9). 

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( 15 avril, 2014 )

La gratification de l’armée, après le débarquement de Napoléon à Golfe-Juan…

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Pour résister à l’Usurpateur qui vient de débarquer sur les côtes de France, et regagner l’affection des troupes, on les passa en revue, on leur donna une gratification, et le ministre de la Guerre écrivait au général en chef comte Maison, gouverneur de la 1ère Division militaire.

Arthur CHUQUET.

Général, j’ai l’honneur de vous informer que le Roi, désirant donner aux troupes qui sont sous votre commandement une preuve de la bienveillance particulière qu’il leur apporte, Sa Majesté m’a chargé de faire payer la gratification de cinq francs par soldat et demi-mois de solde aux sous-officiers et officiers (qu’elle a accordée aux troupes qui ont été passées en revue le 9 de ce mois) aux autres corps qui se trouvent réunis sous votre commandement et à toutes les troupes qui se rendront dans cette division. Cette gratification sera accordée sur les fonds de la solde, sur des états nominatifs pour les officiers et d’effectifs pour les sous-officiers et soldats, certifiés par les conseils d’administration, visés et arrêtés par les inspecteurs et sous-inspecteurs aux revues. Je donne en conséquence des ordres à M. l’Inspecteur aux revues de la 1ère division afin qu’il prenne à ce sujet toutes les mesures qui pourront être nécessaires.

Veuillez bien, je vous prie, général, faire connaître aux troupes que vous commandez, cette nouvelle marque de leur intérêt que Sa Majesté prend à leur bien-être et leur prescrire de faire former les états qui devront servir au paiement de la gratification dont il s’agit.

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A noter. En l’absence de date sur ce document, le Ministre de la Guerre peut être soit le maréchal Soult (ministre du 3 décembre 1814 au 11 mars 1815), soit le général Clarke (ministre du 11 mars 1815 au 20 mars 1815).

 

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( 13 avril, 2014 )

L’île d’Elbe en perspective…

Ile d'Elbe-Gravure fantaisie allemande

On sait que le traité de Fontainebleau (en date du 11 avril 1814) stipule notamment que Napoléon aura la souveraineté de l’île d’Elbe.Quelques personnages officiels accompagneront l’Empereur de Fontainebleau à son embarquement. Les voici:

Le général Paul Schouvalov, aide de camp du tsar Alexandre 1er, fut chargé d’accompagner Napoléon jusqu’à son embarquement pour l’île d’Elbe. Il a laissé un témoignage sous la forme de cinq longues lettres adressées au comte de Nesselrode qui a été publié (sous le titre : « De Fontainebleau à Fréjus. Avril 1814 ») dans la « Revue de Paris », en avril 1897, repris dans « Napoléon, la dernière bataille. Témoignages, 1814-1815 », (Omnibus, 2014). Schouvalov ne fit pas partie de la traversée vers l’île d’Elbe.

Le général autrichien Koller [/b](1757-1821) fut désigné pour accompagner Napoléon de Fontainebleau à l’île d’Elbe. Il entretint d’assez bon rapport avec l’Empereur, « il lui témoigna les plus grands égards et le protégea des fureurs provençales [allusion aux troubles d’Orgon]. Napoléon l’avait en grande estime et le chargea, lorsqu’il fut rappelé à Vienne, à la fin de mai 1814, de nouer avec lui des rapports commerciaux avec Gênes. » (Guy Godlewski, « Trois cents jours d’exil. Napoléon à l’île d’Elbe… », Hachette, 1961, note, p.245). Koller est le seul des commissaires étrangers, avec l’anglais Campbell, à s’embarquer sur le navire qui emmène Napoléon vers l’île d’Elbe.

Le colonel Neil Campbell,  est le commissaire anglais chargé de la surveillance de l’Empereur à l’île d’Elbe. Le 15 avril 1814, à Fontainebleau, Campbell fait partie des commissaires étrangers présentés à Napoléon: « J’éprouvai une étrange confusion lorsque l’aide de camp, après m’avoir annoncé, se retira en fermant la porte et que je me trouvais soudain [en] tête à tête avec l’homme extraordinaire dont le nom avait été, pendant des années, la pierre de touche de mes sentiments, soit comme Anglais, soit comme militaire… » (« Napoléon à l’île d’Elbe. Chronique des événements de 1814 et de 1815… », E.Dentu, 1873). La fuite de Napoléon de son exil elbois restera pour Campbell le drame de sa vie. Il est absent de son poste lors de cet événement historique : parti quelques jours en Italie pour un voyage diplomatique (et galant)…

Waldbourg-Truchsess(1776-1844), commissaire prussien a publié dès 1815 (chez Panckoucke), une « Nouvelle relation de l’itinéraire de Napoléon à Fontainebleau à l’île d’Elbe » qui est à consulter avec beaucoup de précaution, compte tenu des erreurs volontairement orientés que cet ouvrage contient… « M. Waldbourg [-Truchsess] est prussien ; cela seul nous apprend que, dans son récit, il n’a pas cherché à être favorable à l’Empereur », écrit André Pons de l’Hérault dans son « Mémoire aux puissances alliées…», (Alphonse Picard et fils, 1899). A Sainte-Hélène, Napoléon estima que les deux ouvrages qui lui avait fait le plus de mal étaient celui de l’Abbé de Pradt, ancien ambassadeur de France en Pologne, («Histoire de l’ambassade dans le grand-duché de Varsovie en 1812 », Pillé, 1815), et celui de Waldbourg-Truchsess.

Le comte Clamm, était chambellan de l’empereur d’Autriche et aide de camp de Schwartzenberg. Il est adjoint au général Koller en tant que premier aide-de-camp.

C.B.

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( 11 novembre, 2013 )

Un AUTRE PORTRAIT de Guillaume PEYRUSSE…

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Un de mes amis m’a fait parvenir l’image ci-dessus. Celle-ci est extraite du fameux (et très beau) tableau de Joseph Beaume représentant le départ de Napoléon de l’île d’Elbe le 27 février 1815. « Et si le personnage dont j’ai grossi l’image était Guillaume Peyrusse ? », me lance cet ami. Hypothèse séduisante et même troublante car en effet, cet homme qui se trouve derrière l’Empereur, entre Cambronne et le vertueux Drouot, ressemble beaucoup au portrait de Peyrusse figurant dans mon édition de ses « Mémoires » (Dijon, Editions Cléa, septembre 2009). On sait que Guillaume Peyrusse, personnage de qualité, suivit Napoléon durant les 300 jours de son exil elbois. Il fut en charge de toute la trésorerie du souverain et même des finances publiques. Il est donc très probable que l’anonyme du tableau soit celui que l’Empereur appelait avec son accent méditerranéen « Peyrousse ».

C.B.

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( 18 octobre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(1)


Au hasard de mes lectures...(1) dans TEMOIGNAGES au-hasard-de-mes-lectures.-2

Itinéraire d’un officier de la Grande-Armée…

Il y a près de vingt-cinq ans, fut publiée une biographie du général Pierre Decouz (1775-1814). Elle a été réalisée à partir d’extraits de sa correspondance familiale et militaire; cette dernière étant minoritaire. L’ouvrage fait revivre cette figure militaire de la Révolution et de l’Empire. Ce Savoyard, né à Annecy, servi au siège de Toulon, fut lieutenant dans les rangs de l’armée d’Italie. Plus tard, Decouz, devenu sous-chef d’état-major au 5ème corps de la Grande Armée, est présent à la bataille d’Austerlitz. Il se fera remarquer à Wagram. En 1813, il est nommé commandant du 1er régiment de chasseurs à pied de la Vieille Garde, puis général de division, avant de prendre la tête de la 51ème division d’infanterie. Il se bat encore à Dresde. Le 29 janvier 1814, le général Decouz, commandant la 2ème division de la Jeune Garde, est blessé par deux fois. Il mourra à Paris, le 18 février suivant. Possédant une forte personnalité, cet officier est attachant par cette correspondance dans laquelle il fait preuve d’une extrême tendresse à l’endroit de sa famille. Son nom méritait bien de figurer en bonne place sur l’un des côtés de l’arc-de-Triomphe, à Paris.

« Pierre Decouz par lui-même. Soldat de la Révolution et général d’Empire. Lettres inédites présentées et annotées par Maurice Messiez. Préface de Jean Tulard. Avant-propos d’André Palluel-Guillard », Curandéra, 1989, 205 pages.

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Sur ce personnage, qui repose au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, lire cette page : http://napoleon-monuments.eu/ACMN/Decouz.htm

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Un témoignage inédit sur l’île d’Elbe.

Je viens d’achever la lecture des Souvenirs du capitaine Raoul (1788-1850) sur le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe. Cet officier, à son arrivée sur l’île fut nommé directeur du génie militaire par Napoléon. L’Empereur n’eut pas à s’en plaindre. Pons de l’Hérault, dans ses « Souvenirs » dresse un portrait plutôt positif de Raoul. En revanche, le témoignage du capitaine, resté inédit, est d’un intérêt limité. Les encadrés et notes élaborés pour cette édition comportent des erreurs : Napoléon s’embarquant à Fréjus pour l’île d’Elbe alors que c’est depuis Saint-Raphaël; les adieux de Fontainebleau ont lieu le 21 avril 1814… Celles concernant les noms cités et commises par Raoul ne sont pas rectifiées… Autre chose curieuse, pourquoi dans sa préface, la publicatrice, accable Napoléon par les termes d’égoïste, d’autoritaire, de mégalomane et… d’inhumain ? Autant de qualificatifs que montrerait, à l’en croire, ce récit. Ce qui n’est pas le cas.

Ni dans les témoignages Pons, ou dans celui de Peyrusse, pour ne citer que les plus connus; ni dans ceux du sellier Vincent, de l’adjudant Pierre Labadie, ou bien encore du lieutenant du génie Larabit, il ne ressort une quelconque impression de ce type.

« Souvenirs d’un officier de Napoléon à l’île d’Elbe. Le capitaine Raoul », Editions Soteca, [septembre] 2013, 76 pages.

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