( 15 mai, 2017 )

Un PERSONNAGE MECONNU : François GATTE, PHARMACIEN en CHEF de l’EMPEREUR à l’ILE d’ELBE…

Un PERSONNAGE MECONNU : François GATTE, PHARMACIEN en CHEF de l’EMPEREUR à l'ILE d'ELBE… dans FIGURES D'EMPIRE elba

François-Charles-Gabriel Gatte, né à Abbeville le 25 février 1789, mort à Lyon le 17 juin 1832, pharmacien de l’École de Paris, prit part aux campagnes de l’Empire dès 1808 comme officier de santé et chirurgien-major. Nommé pharmacien de l’Empereur par Corvisart, il se trouvait à Fontainebleau au moment où Napoléon s’apprêtait à partir pour l’île d’Elbe ; il l’y accompagna et y exerça aussi la fonction de pharmacien de l’hôpital militaire de Portoferraio. De retour en France avec l’Empereur, il fut nommé, le 15 avril 1815, pharmacien de 2ème classe dans la Garde Impériale et, le 30 avril, pharmacien en chef adjoint aux Invalides. La chute de l’Empire entraîna sa destitution le 27 juillet 1815 et le conduisit à exercer la pharmacie à Rouen.  On le retrouve ensuite à Paris, où il obtient d’être nommé pharmacien aide-major à l’hôpital militaire de Lyon ; le 15 février 1832. Il ne s’y rend que pour mourir de phtisie pulmonaire. Ce sont ses enfants qui bénéficièrent de la disposition du testament de l’Empereur en sa faveur.

Pierre JULIEN.

André Pons de l’Hérault, directeur des mines de l’île d’Elbe, évoque Gatte dans ses « Souvenirs et Anecdotes ».

Au moment du départ de Napoléon vers son exil elbois : « L’Empereur allait partir de Fontainebleau, que l’on n’avait pas encore trouvé un pharmacien. M. Gatti [Gatte] tomba sous la main de M. Foureau de Beauregard ; on le prit.  Il n’était pas instruit, il ne chercha pas à apprendre, et il fut moins de briller dans son emploi. Cependant on le critiquait beaucoup moins que le médecin en chef [Foureau de Beauregard] : c’est qu’il ne faisait pas flamboyer sa broderie, c’est que dans l’exercice de ses fonctions, sa parole n’était pas insultante et qu’on le considérait comme un bon camarade. »   (« Napoléon, empereur de l’île d’Elbe. Souvenirs et Anecdotes. Présentés et annotés par Christophe Bourachot », Les Editeurs Libres, 2005, p.94).

A propos de son mariage avec Bianchina Ninci, fille d’un commerçant de l’île, Pons de l’Hérault, toujours aussi sévère à son encontre, note : « M. Gatti [Gatte] avait un bon emploi ; il portait un habit brodé ; il avait l’honneur insigne d’être un des compagnons du grand homme, et il était bon enfant. Tout cela réuni n’en faisait pas pourtant un homme distingué, mais tout cela réuni en faisait un bon parti, surtout dans un pays où les fortunes étaient généralement médiocres. M Gatti [Gatte] comprit sa position ; il chercha à en profiter. Parmi les demoiselles que l’on considérait comme les perles de la cité, Mlle Bianchina tenait un rang distingué, et elle devint l’objet des hommages de M. Gatti [Gatte]. Mlle  Bianchina était trop jeune pour pouvoir réfléchir, elle ne voyait dans le mariage qu’un jour de fête et parure. Elle laissa faire ses parents. M. Gatti [Gatte] fut heureux : l’Empereur signa le contrat de mariage ! «  (Pons, op.cit., p.185).

C.B.

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 8 avril, 2017 )

Une LETTRE du GENERAL COMTE DROUOT…

Elle est extraite du « Carnet de la Sabretache » de novembre 1907. Sur ce personnage, lire l’excellente biographie de Jean Tabeur, parue chez Teissèdre en 2004.

Fontainebleau, 14 avril 1814

Mon cher compatriote,

Le major Bureau, mon aide-deUne LETTRE du GENERAL COMTE DROUOT... dans TEMOIGNAGES DROUOT-249x300-camp et votre compatriote, se rendant à  Paris, je le charge d’aller vous voir et me rappeler à votre amitié ; je le prie de vous exprimer combien j’aurais été heureux, si j’avais pu vous faire moi-même mes adieux. L’Empereur va partir pour l’île d’Elbe, deux officiers seulement l’accompagneront dans sa retraite. Je suis un de ces officiers. J’ai bien aimé et bien servi mon souverain lorsqu’il était heureux, je le suivrai et j’adoucirai ses peines dans l’adversité. Il m’en coûte beaucoup de renoncer à ma patrie, à ma famille, à mes affections les plus chères. Il m’en coûterait bien plus, si je renonçais à la reconnaissance. J’ai fais mes adieux aux canons, je les aimais cependant beaucoup, et si je nez suis jamais rappelé dans notre bonne France, je n’y servirai pas. Mon intention est de consacrer à l’étude et au bonheur intérieur les années qu’il plaira à la providence de me laisser encore dans cette vallée de larmes. J’emporte en quittant l’état militaire une grande consolation : celle d’avoir toujours été guidé par l’honneur et par la probité. Ayez la bonté de présenter mes amitiés à Mme de Richier et à Mlle de Richier. Conservez-moi une part dans votre bonne amitié et croyez à mon bien sincère et éternel dévouement.

 Signé : DROUOT

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 22 février, 2016 )

Un méconnu. Nicolas Raoul…

Un méconnu. Nicolas Raoul… dans FIGURES D'EMPIRE grenadier-ile-delbe

Nicolas Raoul (1788-1850) à ne pas confondre avec un autre officier, Jacques Roul (1775-1840). Raoul, enfant de troupe au 5ème régiment d’artillerie à pied le 21 mai 1802, entre le 1er octobre 1806 à l’École polytechnique et passe comme élève sous-lieutenant au 5ème régiment d’artillerie à pied le 27 juin 1809 pour prendre part aux campagnes d’Allemagne de 1809 à 1811. Il sert au siège de Riga pour être promu capitaine le 22 juillet 1812. Nicolas Raoul participe à la campagne de Russie et entre dans l’artillerie de la Garde Impériale, comme lieutenant le 1er octobre 1812. Il est à Bautzen, Dresde et à Leipzig, en 1813. Il a un cheval tué sous lui à Hanau. En 1814, Raoul se bat à Brienne, Montereau, et à Arcis-sur-Aube. Lors de la première abdication de l’Empereur, il suit le général Drouot, avec le grade de capitaine de la Vieille Garde, à l’île d’Elbe. Il sera notamment chargé de fortifier la petite île de la Pianosa et d’aménager la résidence impériale de San Martino. Au retour de Napoléon, qu’il a suivi jusqu’à Paris, Raoul est nommé chef de bataillon dans l’artillerie de la Garde, avec rang de major dans ligne. Il participe à la campagne de Belgique. Grièvement blessé à Waterloo, il reste sur le champ de bataille, la cuisse brisée. Il est fait prisonnier. Soigné probablement à Bruxelles, Raoul est libéré sur parole et rentre des foyers à Neufchâteau (Vosges) en septembre 1815. Plus tard, il devra fuir la France pour les États-Unis d’Amérique, puis le Guatemala ou il œuvra, afin que ce pays reste indépendant, tout en exploitant une importante propriété agricole. Début 1833, Nicolas Raoul rentre en France. Sur les recommandations des généraux Drouot et Bertrand, Raoul avait été nommé par Louis-Philippe lieutenant-colonel et réintégré sur les contrôles de l’artillerie française. Il occupe donc des postes à Douai, à Lyon, Perpignan et Besançon. Le 19 juillet 1845, il est nommé maréchal de camp, puis le 24 octobre 1848, commandeur de la Légion d’honneur. Enfin, le 7 janvier 1849, Raoul est nommé commandant de l’artillerie de la 1ère division militaire à Vincennes. Il s’éteint le 20 mars 1850, date-anniversaire du retour de Napoléon à Paris…

Concernant Jacques Roul, dont le nom est parfois orthographié Ruhl, cet « officier casseur d’assiettes et tapageur » Napoléon transmet une note à son sujet au grand maréchal Bertrand : « Longone, le 11 septembre 1814. Fonctions du chef d’escadron Roul. Le sieur Roul aura le commandement de toute ma cavalerie : en conséquence, les Polonais, chasseurs, Mamelucks, tant à pied qu’à cheval, seront sous ses ordres ; il m’accompagnera constamment à cheval, et il lui sera donné un cheval de mon écurie  avec deux pistolets ; il commandera mes escortes et prendra les mesures de sûreté convenables ; il se concertera avec le commandant de gendarmerie pour le placement des gendarmes dans les lieux de passage, mais jamais les gendarmes ne devront me suivre… » (Léon-G. Pélissier, « Le Registre de l’île d’Elbe… », pp.113-114). A noter que Roul était «  arrivé à l’île d’Elbe après le débarquement de Napoléon, il se disait chef d’escadron d’artillerie et manifestait une exaltation débordante pour l’Empereur à qui il avait offert ses services. Les soldats de la Garde l’accueillirent avec empressement et Napoléon le nomma premier officier d’ordonnance. On sut rapidement qu’il n’était que capitaine d’où des explications violentes avec des officiers de la Garde. Bien qu’aucun document officiel ne parle de ce premier officier d’ordonnance il est pourtant repris comme tel dans des lettres de l’Empereur ».

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 26 septembre, 2014 )

« BONAPARTE » A ÉTÉ ENLEVÉ !

Incroyable est le genre de bruits qui circulent durant le séjour de l’Empereur à l’île d’Elbe ! En voici un exemple à travers ce rapport du consciencieux Beugnot.

Bulletin du 26 septembre 1814. Paris. On répétait aujourd’hui dans Paris que Bonaparte avait enlevé de l’île d’Elbe et conduit à Malte. Il en a été parlé à M. le Duc de Wellington qui a répondu n’avoir reçu aucune nouvelle de ce genre. Je n’y aurais pas moi-même donné plus d’attention qu’à cent autres bruits qui naissent le matin pour mourir le soir, si je ne trouvais la même assertion consignée dans la lettre qui contient ce bulletin de M. le comte de Bouthilliers, préfet du Var. Cependant si un fait de cette importance était exact, je ne puis croire que l’agent secret que j’ai à l’île d Elbe ne se fût pas empressé de m’en donner connaissance. Les bonapartistes se bercent d’une chimère toute contraire. Ils rêvent que les courtoisies que Bonaparte affecte de prodiguer aux Anglais, depuis qu’il n’ose et ne peut plus les accabler d’outrages et de calomnies, n’auraient pas été sans quelque assistance de la part des Anglais pour améliorer son sort et obtenir quelques indemnité territoriale en remplacement de la pension au paiement de laquelle il croit peu. [Le pouvoir royal ne tient pas ses engagements. En effet, l’article 3 du Traité de Fontainebleau prévoyait à Napoléon le versement « d’un revenu annuel de 2 millions de francs en rente sur le Grand Livre de France, dont 1 million réversible à l’Impératrice ». Ni l’Empereur ni aucun membre de sa famille (car une disposition complémentaire prévoyait que ces derniers reçoivent également une compensation financière), ne perçoivent un centime. Louis XVIII ira même plus loin dans la médiocrité de son geste, en décrétant le 18 décembre 1814, sur proposition de ses ministres, la mise sous séquestre de tous les biens de la Famille Impériale].

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date, pp.215-216).

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 10 septembre, 2014 )

Marie Walewska à l’île d’Elbe (1er-3 septembre 1814)…

MW

C’est le 1er septembre 1814, la comtesse débarqua à l’île d’Elbe. La communauté française et les Elbois crurent que c’étaient l’Impératrice et le Roi de Rome, comme le mentionne dans son témoignage André Pons de l’Hérault (Les Éditeurs Libres, 2005).  Marchand, dans ses « Mémoires » (Tallandier, 1985, 2 volumes) indique que Marie Walewska était accompagnée par sa sœur, Emilie Laczinska et par son frère, le colonel Téodor Laczinski.

Frédéric Masson dans son « Napoléon et les femmes. L’Amour », (Paul Ollendorff, 1894), écrit: « C’est à la nuit close qu’elle [Marie Walewska] débarque le 1er septembre ; elle trouve au port une voiture à quatre chevaux et trois chevaux de selle. Elle monte dans la voiture avec son fils ; sa sœur, qui l’accompagne, son frère le colonel Laczinski, en uniforme polonais, se mettent à cheval et l’on part sous un merveilleux clair de lune. ». Mais quel fut l’objectif de sa venue ? Selon G. Godlewski (« Trois cents jour d’exil. Napoléon à l’île d’Elbe », Hachette, 1961), « En fait l’unique but de ce voyage était la restitution du majorat de son fils, d’un revenu de cent-soixante-dix mille francs, accordé par l’Empereur en 1812. Elle dut se montrer persuasive : un décret de Murat signé le 30 novembre, en faveur du petit Alexandre, annula le précédent. » Le colonel Laczynski avait préparé le terrain en rencontrant l’Empereur durant la première semaine d’août 1814, comme en témoigne cette lettre écrite par lui et reproduite dans l’ouvrage de Louise Laflandre-Linden, « Napoléon et l’île d’Elbe » (La Cadière d’Azur, Editions Castel, 1989). Elle est daté du 9 août 1814 :

« Marie,

J’ai reçu votre lettre, j’ai parlé à votre frère. Allez à Naples arranger vos affaires ; en allant ou en revenant, je vous verrai avec l’intérêt que vous m’avez toujours inspiré, et le petit  dont on me dit tant de bien que j’en ai une véritable joie et me fais fort de l’embrasser.

Adieu, Marie, cent tendres choses.

Napoléon. »

Le mameluck Ali, écrit dans ses « Souvenirs  (Arléa, 2000) : « L’Empereur avait connu Mme Walewska à Varsovie, lors de la campagne de Pologne. Le jeune garçon était fils de cette dame et de l’Empereur. C’est celui qui est connu à Paris sous le nom de comte Walewski [Alexandre Walewski, 1810-1868]. Mme Walewska avait dû être, dans son jeune âge, une fort belle personne. Bien qu’ayant, lors de son voyage à l’île d’Elbe, la trentaine et peut-être quelque chose de plus [née en 1786, elle avait vingt-huit ans], elle était fort bien. Ce qui la déparait un peu, c’était quelques petites places sanguines, ou rougeurs, qu’elle avait dans la figure. Du reste, elle était très blanche et d’un coloris qui annonçait une belle santé. Elle était de belle taille, avait un embonpoint raisonnable. Elle avait une fort belle bouche, de beaux yeux, les cheveux châtain claire; elle avait l’air fort doux et paraissait être une excellente personne. » 

A propos de son fils, Ali précise encore que « le jeune Walewski était un gentil garçon, déjà grandelet [il avait quatre ans], la figure un peu pâle ; il avait quelque chose des traits de l’Empereur. Il en avait le sérieux ».

Les 2 et 3 septembre 1814, l’Empereur est avec elle à la Madonna (selon l’Itinéraire donné par MM. Garros et Tulard, Tallandier, 1992). Peyrusse, pourtant fidèle témoin, se trompe dans son récit (nouvelle édition : Dijon, Cléa, 2009) en indiquant la date du 22 septembre 1814, comme celle étant de l’arrivée de Marie Walewska.

Pons de l’Hérault nous apprend que « Mme la comtesse Walewska et son fils restèrent environ cinquante heures auprès de l’Empereur ». Il indique également qu’ « une espèce d’ouragan » vint perturber les conditions météorologiques lors de son départ. L’Empereur voulut la rattraper afin de différer son embarquement, mais en vain. Il envoya un certain Perez, officier d’ordonnance,  « le sot des sots », selon Pons, qui ne s’acquitta pas de sa mission, préférant s’abriter des fureurs de la nuée menaçante.

La comtesse, née en 1786, s’éteignit en 1817, après s’être remariée avec le général d’Ornano.

C.B.

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 20 juillet, 2014 )

Où l’on PARLE de CAMBRONNE à l’île d’ELBE…

Où l’on PARLE de CAMBRONNE à l’île d’ELBE… dans TEMOIGNAGES cambronne

Général de brigade depuis novembre 1813, Pierre Cambronne avait suivit Napoléon dans son exil elbois et avait été nommé commandant de Portoferraio. La police de Louis XVIII, si irritable à tout ce qui avait un rapport avec l’île d’Elbe, informait le comte Beugnot, nommé lors de la Première Restauration, directeur de la Police. Rappelons au passage qu’il avait  servi Napoléon… Vous découvrirez plus bas, une notice complète sur ce personnage.

Plus tard, lors du retour de l’île d’Elbe, Cambronne commande l’avant-garde la petite armée de l’Empereur en route vers Paris et s’empara le 5 mars 1815 de la citadelle de Sisteron.

Mais revenons à ce « Bulletin » de police en date du 29 juillet 1814, tel que Beugnot le transmet au Roi.

C.B.

« Extrait d’une lettre d’un des délégués de la Direction générale : « Nantes, le 23 juillet 1814. On cite à Nantes [Cambronne était né dans cette ville en 1770] une femme dont le fils, M. Cambronne, a servi dans la Garde Impériale et est allé à l’île d’Elbe auprès de Bonaparte ; on le croit général de brigade. Il écrit quelquefois à sa mère, en lui disant qu’il se trouve bien et qu’il a l’espérance de la revoir dans deux ans. Il lui recommande de ne jamais lui parler politique dans ses réponses ; ses lettres n’en parlent pas non plus. »

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date).

——————

Quelques mots à propos de l’auteur de ce bulletin. Comte Jean-Claude BEUGNOT (1761-1835). Député à la Législative, puis emprisonné sous la Terreur, Beugnot entre au Ministère de l’Intérieur au lendemain du 18 Brumaire. Préfet de la Seine-Maritime, il devient conseiller d’État en 1806, chargé de l’organisation du Royaume de Westphalie (gouverné par Jérôme Bonaparte). En 1807, il y devient ministre des Finances, puis administrateur du Grand-duché de Berg et chevalier de l’Empire en 1808. En 1809, ce haut fonctionnaire est nommé officier de la Légion d’honneur et comte de l’Empire. Préfet du Nord en 1813, Louis XVIII le nomme en 1814, Directeur général de la Police, puis ministre de la Marine en décembre de la même année (c’est le comte Anglès qui le remplacera dans cette première fonction). Beugnot suit le Roi à Gand (Belgique) durant les Cent-Jours.

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 11 juillet, 2014 )

FAUSSE JOIE !

FAUSSE JOIE ! dans TEMOIGNAGES soldats

Durant le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe, la police royaliste reste aux aguets. Voici ce que transmettait à Louis XVIII, son responsable, le comte Beugnot, le 11 juillet 1814.

« Loire. Inspecteur de la gendarmerie. Le 29 juin, il se passa à Saint-Etienne un événement. Les habitants manifestèrent des sentiments antifrançais. Le buste du Roi avait été un instant déplacé de l’hôtel de ville pour l’entourer des armes de France. Des malintentionnés saisirent cette occasion pour répandre que Bonaparte était de retour à Paris à la tête de 300.000 Turcs. Les ouvriers s’assemblèrent aussitôt tumultueusement. Des feux d’artifices furent tirés en signe de réjouissance. Un ancien militaire fut arrêté au moment où il tirait des coups de fusils pour manifester sa joie. Des patrouilles de gendarmerie dissipèrent ces attroupements et firent rentrer les ouvriers dans les ateliers. La nuit précédente, on avait affiché à la porte de l’église : Maison à vendre. Prêtre à pendre. Louis XVIII pour trois jours. Napoléon pour toujours. Une deuxième affiche portait : Vive l’Empereur et ses fidèles soldats ! Je charge M. le préfet de la Loire de rechercher avec le plus grand soin les auteurs présumés de pareils scandales et de ne rien négliger pour leur faire subir une punition exemplaire. »

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date).

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 9 juillet, 2014 )

A propos de Jean SARI…

A propos de Jean SARI... dans FIGURES D'EMPIRE ombre1

Jean Sari (1792-1863). Aspirant de marine en 1814, Sari refuse de se rallier à la Première Restauration et gagne l’île d’Elbe. Napoléon le reçoit avec empressement. Il est nommé enseigne en second de l’Inconstant le 9 juillet 1814. Ayant fait preuve d’audace au cours du premier voyage que fit l’Empereur à l’île de la Pianosa, c’est lui qui tient la barre de l’Inconstant dans la nuit 26 février 1815. Sari devient commandant de ce même navire le 27 mai 1815. Rayé des cadres de la marine en juillet 1815, il est obligé de quitterla France. En 1818, Sari est envoyé par Madame Mère au service de Joseph Bonaparte, au États-Unis. Il sera à son service durant quinze ans. Il devient son intendant et effectue pour son compte plusieurs missions en Europe. Sari sera en relation avec le prince Louis Napoléon, futur Napoléon III, dans ses menées bonapartistes.

C.B.

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 5 juin, 2014 )

Enlever NAPOLEON à l’ILE d’ELBE…

J’ai déjà évoqué sur « L’Estafette » les menaces sur la personne de l’Empereur lors de son séjour à l’île d’Elbe, de mai 1814 à février 1815. Voici une notice rédigée par Arthur Chuquet sur le même sujet. Elle porte le titre de « L’enlèvement de Napoléon ». Dans la seconde lettre, c’est le général Dupont, le vaincu de Bailén, alors Ministre de la Guerre qui écrit à celui qui a trahi tout le monde, excepté lui-même : le perfide Talleyrand…

« Le consul de France à Livourne, Mariotti, nommé à ce poste par Talleyrand, avait mission de surveiller, et, au besoin d’enlever l’Empereur. Le 28 septembre [1814], dans une lettre que Frédéric Masson à donnée (« Napoléon et sa  famille, tome X, p.393) il propose de gagner le lieutenant de vaisseau Taillade qui, moyennant une récompense, pourrit enlever Napoléon et le mener à l’Ile Sainte-Marguerite. Voici deux lettres de ce Mariotti relative à cette combinaison et publiées naguère par Auguste Fournier (Die Geheimplozei auf dem Wiener Kongress, p.219 et 226.) La première, écrite l’encre sympathique, fut adressée par Mariotti à Dalberg qui la déchira et la jeta au panier : mais les morceaux furent ramassés par un agent et recollés.

I. Mariotti à Dalberg. Livourne, 5 octobre 1814.

Monsieur le duc, j’ai adressé le 28 à Paris et le 30 à Vienne, un projet pour enlever le voisin. Ce projet est, à mon avis, le seul qui puisse réussir dans ce moment. Si le capitaine du brick [Taillade] entre dans nos intérêts, le coup est fait. J’ai proposé les moyens à prendre pour le sonder et le séduire. Quant à moi, je fais à présent partir quelqu’un de gênes avec des comestibles et de Florence par Piombino une femme avec des modes. Tout ce qui part d’ici est tellement suspect qu’on ne permet de rester que trois jours. Je fais tout pour réussir ; mais je suis écrasé de frais et je n’ai pas encore reçu une obole. Quand on veut attraper quelqu’un, il faut lui inspirer de la confiance, et nous avons fait le contraire, parce qu’il ne parait pas même encore que la France reconnaisse le prince de l’Elbe ; mais elle a redoublé les obstacles en rendant très difficiles nos relations avec l’île. J’ai des agents sur toutes les côtes, et de ce côté-là je suis tranquille. Le gouvernement toscan n’a pas de repos. Les prisons sont pleines d’individus suspects. Je désire savoir si cet essai réussit à votre gré, et si je dois continuer à m’en servir.

La seconde lettre est adressée par Dupont à Talleyrand interceptée par le cabinet secret de vienne qui n’a pas eu le temps de la copier dans le texte français ; on n’en a qu’un extrait en allemand, que nous traduisons ; mais Dupont n’a fait, il semble, que reproduire la lettre que l’on trouve dans Houssaye (1815, tome I, p. 170) et dans Masson, la lettre que Mariotti envoya le 28 septembre à Talleyrand et avait sans doute envoyée pareillement à Dupont.

 II. Dupont à Talleyrand. Paris, 15 octobre 1814.

Toutes les nouvelles qu’il reçoit de Porto-Ferrajo [Portoferraio] s’accordent sur ce point, qu’il est très difficile d’enlever Napoléon de son île ; surtout contre ceux qui viennent de France ou de Livourne. Il change toujours de logis et il compte sur son militaire et sur un revirement après le Congrès [de Vienne]. Mais Mariotti ne désespère pas de réussir à l’enlever. Napoléon va souvent sur son brick à l’île [de la] Pianosa. Il n’y a pas de maison et il dort à bord. Taillade commande le brick. Il est resté au service de Napoléon. Il est pauvre. Napoléon a, en outre, réduit encore son traitement ; par conséquent, mécontent. On pourrait facilement le gagner. Seulement il faut tâcher de trouver quelqu’un qui lui fasse cette proposition. »

(Arthur CHUQUET, « L’année 1814… », Fontemoing et Cie, Editeurs, 1914, pp.414-415).

Enlever NAPOLEON à l'ILE d'ELBE... dans TEMOIGNAGES grenadier-ile-delbe

Un « vieux de la Vieille » à l’île d’Elbe. En arrière plan, l’Empereur…

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
12
Page Suivante »
|