( 25 février, 2019 )

Où l’on PARLE de CAMBRONNE à l’île d’ELBE…

Où l’on PARLE de CAMBRONNE à l’île d’ELBE… dans TEMOIGNAGES cambronne

Général de brigade depuis novembre 1813, Pierre Cambronne avait suivit Napoléon dans son exil elbois et avait été nommé commandant de Portoferraio. La police de Louis XVIII, si irritable à tout ce qui avait un rapport avec l’île d’Elbe, informait le comte Beugnot, nommé lors de la Première Restauration, directeur de la Police. Rappelons au passage qu’il avait  servi Napoléon… Vous découvrirez plus bas, une notice complète sur ce personnage.

Plus tard, lors du retour de l’île d’Elbe, Cambronne commande l’avant-garde la petite armée de l’Empereur en route vers Paris et s’empara le 5 mars 1815 de la citadelle de Sisteron.

Mais revenons à ce « Bulletin » de police en date du 29 juillet 1814, tel que Beugnot le transmet au Roi.

C.B.

« Extrait d’une lettre d’un des délégués de la Direction générale : « Nantes, le 23 juillet 1814. On cite à Nantes [Cambronne était né dans cette ville en 1770] une femme dont le fils, M. Cambronne, a servi dans la Garde Impériale et est allé à l’île d’Elbe auprès de Bonaparte ; on le croit général de brigade. Il écrit quelquefois à sa mère, en lui disant qu’il se trouve bien et qu’il a l’espérance de la revoir dans deux ans. Il lui recommande de ne jamais lui parler politique dans ses réponses ; ses lettres n’en parlent pas non plus. »

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date).

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Quelques mots à propos de l’auteur de ce bulletin. Comte Jean-Claude BEUGNOT (1761-1835). Député à la Législative, puis emprisonné sous la Terreur, Beugnot entre au Ministère de l’Intérieur au lendemain du 18 Brumaire. Préfet de la Seine-Maritime, il devient conseiller d’État en 1806, chargé de l’organisation du Royaume de Westphalie (gouverné par Jérôme Bonaparte). En 1807, il y devient ministre des Finances, puis administrateur du Grand-duché de Berg et chevalier de l’Empire en 1808. En 1809, ce haut fonctionnaire est nommé officier de la Légion d’honneur et comte de l’Empire. Préfet du Nord en 1813, Louis XVIII le nomme en 1814, Directeur général de la Police, puis ministre de la Marine en décembre de la même année (c’est le comte Anglès qui le remplacera dans cette première fonction). Beugnot suit le Roi à Gand (Belgique) durant les Cent-Jours.

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( 23 décembre, 2018 )

Marie Walewska à l’île d’Elbe (1er-3 septembre 1814)…

MW

C’est le 1er septembre 1814, la comtesse débarqua à l’île d’Elbe. La communauté française et les Elbois crurent que c’étaient l’Impératrice et le Roi de Rome, comme le mentionne dans son témoignage André Pons de l’Hérault (Les Éditeurs Libres, 2005).  Marchand, dans ses « Mémoires » (Tallandier, 1985, 2 volumes) indique que Marie Walewska était accompagnée par sa sœur, Emilie Laczinska et par son frère, le colonel Téodor Laczinski.

Frédéric Masson dans son « Napoléon et les femmes. L’Amour », (Paul Ollendorff, 1894), écrit: « C’est à la nuit close qu’elle [Marie Walewska] débarque le 1er septembre ; elle trouve au port une voiture à quatre chevaux et trois chevaux de selle. Elle monte dans la voiture avec son fils ; sa sœur, qui l’accompagne, son frère le colonel Laczinski, en uniforme polonais, se mettent à cheval et l’on part sous un merveilleux clair de lune. ». Mais quel fut l’objectif de sa venue ? Selon G. Godlewski (« Trois cents jour d’exil. Napoléon à l’île d’Elbe », Hachette, 1961), « En fait l’unique but de ce voyage était la restitution du majorat de son fils, d’un revenu de cent-soixante-dix mille francs, accordé par l’Empereur en 1812. Elle dut se montrer persuasive : un décret de Murat signé le 30 novembre, en faveur du petit Alexandre, annula le précédent. » Le colonel Laczynski avait préparé le terrain en rencontrant l’Empereur durant la première semaine d’août 1814, comme en témoigne cette lettre écrite par lui et reproduite dans l’ouvrage de Louise Laflandre-Linden, « Napoléon et l’île d’Elbe » (La Cadière d’Azur, Editions Castel, 1989). Elle est daté du 9 août 1814 :

« Marie,

J’ai reçu votre lettre, j’ai parlé à votre frère. Allez à Naples arranger vos affaires ; en allant ou en revenant, je vous verrai avec l’intérêt que vous m’avez toujours inspiré, et le petit  dont on me dit tant de bien que j’en ai une véritable joie et me fais fort de l’embrasser.

Adieu, Marie, cent tendres choses.

Napoléon. »

Le mameluck Ali, écrit dans ses « Souvenirs  (Arléa, 2000) : « L’Empereur avait connu Mme Walewska à Varsovie, lors de la campagne de Pologne. Le jeune garçon était fils de cette dame et de l’Empereur. C’est celui qui est connu à Paris sous le nom de comte Walewski [Alexandre Walewski, 1810-1868]. Mme Walewska avait dû être, dans son jeune âge, une fort belle personne. Bien qu’ayant, lors de son voyage à l’île d’Elbe, la trentaine et peut-être quelque chose de plus [née en 1786, elle avait vingt-huit ans], elle était fort bien. Ce qui la déparait un peu, c’était quelques petites places sanguines, ou rougeurs, qu’elle avait dans la figure. Du reste, elle était très blanche et d’un coloris qui annonçait une belle santé. Elle était de belle taille, avait un embonpoint raisonnable. Elle avait une fort belle bouche, de beaux yeux, les cheveux châtain claire; elle avait l’air fort doux et paraissait être une excellente personne. » 

A propos de son fils, Ali précise encore que « le jeune Walewski était un gentil garçon, déjà grandelet [il avait quatre ans], la figure un peu pâle ; il avait quelque chose des traits de l’Empereur. Il en avait le sérieux ».

Les 2 et 3 septembre 1814, l’Empereur est avec elle à la Madonna (selon l’Itinéraire donné par MM. Garros et Tulard, Tallandier, 1992). Peyrusse, pourtant fidèle témoin, se trompe dans son récit (nouvelle édition : Editions AKFG, 2018) en indiquant la date du 22 septembre 1814, comme celle étant de l’arrivée de Marie Walewska.

Pons de l’Hérault nous apprend que « Mme la comtesse Walewska et son fils restèrent environ cinquante heures auprès de l’Empereur ». Il indique également qu’ « une espèce d’ouragan » vint perturber les conditions météorologiques lors de son départ. L’Empereur voulut la rattraper afin de différer son embarquement, mais en vain. Il envoya un certain Perez, officier d’ordonnance,  « le sot des sots », selon Pons, qui ne s’acquitta pas de sa mission, préférant s’abriter des fureurs de la nuée menaçante.

La comtesse, née en 1786, s’éteignit en 1817, après s’être remariée avec le général d’Ornano.

C.B.

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( 26 septembre, 2014 )

« BONAPARTE » A ÉTÉ ENLEVÉ !

Incroyable est le genre de bruits qui circulent durant le séjour de l’Empereur à l’île d’Elbe ! En voici un exemple à travers ce rapport du consciencieux Beugnot.

Bulletin du 26 septembre 1814. Paris. On répétait aujourd’hui dans Paris que Bonaparte avait enlevé de l’île d’Elbe et conduit à Malte. Il en a été parlé à M. le Duc de Wellington qui a répondu n’avoir reçu aucune nouvelle de ce genre. Je n’y aurais pas moi-même donné plus d’attention qu’à cent autres bruits qui naissent le matin pour mourir le soir, si je ne trouvais la même assertion consignée dans la lettre qui contient ce bulletin de M. le comte de Bouthilliers, préfet du Var. Cependant si un fait de cette importance était exact, je ne puis croire que l’agent secret que j’ai à l’île d Elbe ne se fût pas empressé de m’en donner connaissance. Les bonapartistes se bercent d’une chimère toute contraire. Ils rêvent que les courtoisies que Bonaparte affecte de prodiguer aux Anglais, depuis qu’il n’ose et ne peut plus les accabler d’outrages et de calomnies, n’auraient pas été sans quelque assistance de la part des Anglais pour améliorer son sort et obtenir quelques indemnité territoriale en remplacement de la pension au paiement de laquelle il croit peu. [Le pouvoir royal ne tient pas ses engagements. En effet, l’article 3 du Traité de Fontainebleau prévoyait à Napoléon le versement « d’un revenu annuel de 2 millions de francs en rente sur le Grand Livre de France, dont 1 million réversible à l’Impératrice ». Ni l’Empereur ni aucun membre de sa famille (car une disposition complémentaire prévoyait que ces derniers reçoivent également une compensation financière), ne perçoivent un centime. Louis XVIII ira même plus loin dans la médiocrité de son geste, en décrétant le 18 décembre 1814, sur proposition de ses ministres, la mise sous séquestre de tous les biens de la Famille Impériale].

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date, pp.215-216).

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( 11 juillet, 2014 )

FAUSSE JOIE !

FAUSSE JOIE ! dans TEMOIGNAGES soldats

Durant le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe, la police royaliste reste aux aguets. Voici ce que transmettait à Louis XVIII, son responsable, le comte Beugnot, le 11 juillet 1814.

« Loire. Inspecteur de la gendarmerie. Le 29 juin, il se passa à Saint-Etienne un événement. Les habitants manifestèrent des sentiments antifrançais. Le buste du Roi avait été un instant déplacé de l’hôtel de ville pour l’entourer des armes de France. Des malintentionnés saisirent cette occasion pour répandre que Bonaparte était de retour à Paris à la tête de 300.000 Turcs. Les ouvriers s’assemblèrent aussitôt tumultueusement. Des feux d’artifices furent tirés en signe de réjouissance. Un ancien militaire fut arrêté au moment où il tirait des coups de fusils pour manifester sa joie. Des patrouilles de gendarmerie dissipèrent ces attroupements et firent rentrer les ouvriers dans les ateliers. La nuit précédente, on avait affiché à la porte de l’église : Maison à vendre. Prêtre à pendre. Louis XVIII pour trois jours. Napoléon pour toujours. Une deuxième affiche portait : Vive l’Empereur et ses fidèles soldats ! Je charge M. le préfet de la Loire de rechercher avec le plus grand soin les auteurs présumés de pareils scandales et de ne rien négliger pour leur faire subir une punition exemplaire. »

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date).

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( 9 mai, 2014 )

« Les plus belles femmes du monde ! »

Elba

Lorsque Napoléon arrive à l’île d’Elbe pour ses trois-cents jours d’exil, Jobit, capitaine le 18 thermidor an VI et chevalier de la Légion d’honneur le 5 septembre 1804, n’est toujours que capitaine. « Là, ce capitaine de 1ère classe au 3ème bataillon de vétérans de la Grande-Armée commande la petite garnison du fort saint-Hilaire, à Porto-Ferrajo [Portoferraio], où il a volontairement  suivi l’Empereur. ». Il va donc rencontrer Napoléon plusieurs fois. Une fois, vers mai 1814, alors qu’il a été invité par l’Empereur en son palais de Portoferraio pour un dîner en l’honneur de la princesse Pauline, il fait appeler Jobit afin de parler quelques instants avec lui :

« -Êtes-vous content ?

-Oui, Sire. 

…Et comme je voyais l’Empereur très gai, j’ajoutai dans un souffle, à son oreille :

-Comment, Sire, ne serions-nous pas contents, nous qui sommes mariés depuis notre débarquement dans l’île ?

-Comment mariés ! dit l’Empereur.

-Oui, Sire. Les insulaires elboises, comme Votre Majesté a dû le constater, sont admirables, en vérité les plus belles femmes du monde ! Chacun de nous les « loue » tant par mois à leurs parents. Les commandants paient 25 francs, les capitaines, comme moi, seulement 18, et les lieutenants-comme mon camarade ici présent-seulement 12 ; mais nous leur donnons campo [champ libre ?] les samedis et les dimanches qu’elles vont passer dans leurs familles.

 L’Empereur sourit, puis chuchota, car Son Altesse la princesse Pauline s’avançait vers nous :

-Mais vous sont-elles fidèles ?

-Oui, Sire, je puis assurer à Votre Majesté qu’il est bien rare de trouver un entreteneur [sic] trompé… »

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( 18 octobre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(1)


Au hasard de mes lectures...(1) dans TEMOIGNAGES au-hasard-de-mes-lectures.-2

Itinéraire d’un officier de la Grande-Armée…

Il y a près de vingt-cinq ans, fut publiée une biographie du général Pierre Decouz (1775-1814). Elle a été réalisée à partir d’extraits de sa correspondance familiale et militaire; cette dernière étant minoritaire. L’ouvrage fait revivre cette figure militaire de la Révolution et de l’Empire. Ce Savoyard, né à Annecy, servi au siège de Toulon, fut lieutenant dans les rangs de l’armée d’Italie. Plus tard, Decouz, devenu sous-chef d’état-major au 5ème corps de la Grande Armée, est présent à la bataille d’Austerlitz. Il se fera remarquer à Wagram. En 1813, il est nommé commandant du 1er régiment de chasseurs à pied de la Vieille Garde, puis général de division, avant de prendre la tête de la 51ème division d’infanterie. Il se bat encore à Dresde. Le 29 janvier 1814, le général Decouz, commandant la 2ème division de la Jeune Garde, est blessé par deux fois. Il mourra à Paris, le 18 février suivant. Possédant une forte personnalité, cet officier est attachant par cette correspondance dans laquelle il fait preuve d’une extrême tendresse à l’endroit de sa famille. Son nom méritait bien de figurer en bonne place sur l’un des côtés de l’arc-de-Triomphe, à Paris.

« Pierre Decouz par lui-même. Soldat de la Révolution et général d’Empire. Lettres inédites présentées et annotées par Maurice Messiez. Préface de Jean Tulard. Avant-propos d’André Palluel-Guillard », Curandéra, 1989, 205 pages.

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Sur ce personnage, qui repose au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, lire cette page : http://napoleon-monuments.eu/ACMN/Decouz.htm

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Un témoignage inédit sur l’île d’Elbe.

Je viens d’achever la lecture des Souvenirs du capitaine Raoul (1788-1850) sur le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe. Cet officier, à son arrivée sur l’île fut nommé directeur du génie militaire par Napoléon. L’Empereur n’eut pas à s’en plaindre. Pons de l’Hérault, dans ses « Souvenirs » dresse un portrait plutôt positif de Raoul. En revanche, le témoignage du capitaine, resté inédit, est d’un intérêt limité. Les encadrés et notes élaborés pour cette édition comportent des erreurs : Napoléon s’embarquant à Fréjus pour l’île d’Elbe alors que c’est depuis Saint-Raphaël; les adieux de Fontainebleau ont lieu le 21 avril 1814… Celles concernant les noms cités et commises par Raoul ne sont pas rectifiées… Autre chose curieuse, pourquoi dans sa préface, la publicatrice, accable Napoléon par les termes d’égoïste, d’autoritaire, de mégalomane et… d’inhumain ? Autant de qualificatifs que montrerait, à l’en croire, ce récit. Ce qui n’est pas le cas.

Ni dans les témoignages Pons, ou dans celui de Peyrusse, pour ne citer que les plus connus; ni dans ceux du sellier Vincent, de l’adjudant Pierre Labadie, ou bien encore du lieutenant du génie Larabit, il ne ressort une quelconque impression de ce type.

« Souvenirs d’un officier de Napoléon à l’île d’Elbe. Le capitaine Raoul », Editions Soteca, [septembre] 2013, 76 pages.

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